Aléxandros Schinás

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Aléxandros Schinás

Aléxandros Schinás (en grec : Αλέξανδρος Σχινάς), souvent appelé Alékos Schinás (Αλέκος Σχινάς), est né à Serrès dans les années 1870 et est mort à Volos le 6 mai 1913. C'est un anarchiste grec[1] qui a assassiné le roi Georges Ier de Grèce, à Thessalonique, le 18 mars 1913.

Biographie[modifier | modifier le code]

Schinás avait travaillé dans un hôtel de la Cinquième Avenue à New York, et un serveur se souvenait de lui comme de quelqu'un qui aimait lire ce qui concernait le socialisme et qui passait ses nuits à Manhattan, à « se créer des amitiés avec des gens aux idées extrémistes »[2]. Il était contre les gouvernements et surtout contre l'aristocratie et la monarchie.

Il avait commencé par créer dans sa ville natale une école anarchiste que le gouvernement grec avait fermée pour diffusion d'idées antigouvernementales. Deux des dirigeants de l'établissement avaient été condamnés à des peines de prison, mais Schinas avait pu s'échapper. Les autorités avaient également saisi un certain nombre de livres et de brochures publiés par l'école et dont on constata qu'ils exposaient une doctrine anarchiste et dénonçaient le roi[3].

Le 18 mars 1913, aux environs de 17 heures 15, Schinas (âgé alors d'environ 40 ans) abattit d'une balle dans le dos le roi Georges Ier qui se trouvait à deux pas de lui et se promenait à Salonique près de la Tour Blanche. Entrée sous l'omoplate du roi, la balle lui traversa le cœur et les poumons avant de sortir par l'estomac. Au moment où le roi arriva à l'hôpital, il était déjà mort[4].

Placé immédiatement en garde à vue, Schinas refusa d'abord d'expliquer le motif de son crime, mais quand un policier lui demanda s'il n'avait pas eu de « pitié » pour son pays, il répondit qu'il était contre les gouvernements. Comme il restait tout le temps calme, on supposa qu'il n'était pas « responsable de ses actes »[4]. Par la suite il déclara qu'il avait tué le roi parce que ce dernier avait refusé de lui donner l'argent qu'il avait demandé[5]. Le gouvernement grec publia des déclarations assurant que Schinas était un vagabond alcoolique[6].

Tout au long de la nuit suivante Schinas fut torturé, pour le « forcer à se soumettre à des examens », mais il refusa de livrer les noms des complices éventuels[7]. Le 6 mai, il se serait suicidé en sautant par la fenêtre du poste de police de Thessalonique[8], mais il est possible que ce soit tout simplement la police qui l'ait défenestré.

Explications du meurtre[modifier | modifier le code]

Diverses théories sur ses motivations circulèrent par la suite, et notamment que son action était dirigée par la Bulgarie qui voulait se venger de la perte de ses territoires, par l'Autriche-Hongrie, pour des raisons politiques, ou par l'Allemagne pour des raisons dynastiques, cependant aucune de ces suppositions n'a jamais été prouvée[9]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. King of Greece Murdered at Salonika; Slayer Mad; Political Results Feared By Marconi Transatlantic Wireless Telegraph New York Times March 19, 1913; pg. 1
  2. The Assassin Lived Here. Special to The New York Times. New York Times; March 20, 1913; pg. 3
  3. King’s Murderer Is Educated Anarchist, by Marconi Transatlantic Wireless Telegraph; New York Times; March 20, 1913; pg. 3
  4. a et b Died Before Reaching Hospital. New York Times; March 19, 1913; p. 1
  5. Sorrow Throughout Greece, by Marconi Transatlantic Wireless Telegraph; New York Times; March 19, 1913; p. 2
  6. The Times (London); 20 March 1913; p. 6
  7. New York Times; March 20, 1913; pg. 3
  8. King's Slayer A Suicide. New York Times; May 7, 1913; pg. 3
  9. Why Powers Forced Kings on Greece, by Walter Littlefield. New York Times, March 16, 1924; p. E7

Sources[modifier | modifier le code]