Ait Ikhlef

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Ait Ikhlef (At Yexlef) est l'un des plus anciens villages de la commune de Bouzeguène (Daïra de Bouzeguène, Wilaya de Tizi-Ouzou, Algérie).

Historique de Ait Ikhlef[modifier | modifier le code]

vue d'ensemble

Ait Ikhlef ou lεarc Nat yeǧar est situé sur une colline (aqacuc lqarn) au nord-Est de Bouzeguène, à un peu plus d’un kilomètre de la forêt d’Akfadou, réputée pour sa flore et sa faune. Le village est proche de Tizouyine à l’Ouest, Ait Mizare à l’Est, Ihatoussene au Sud et enfin imuɣlawen et lqelεa au Nord.

Il compte environ 1600 habitants dont la plupart vivent ailleurs (Tizi-Ouzou ville, Alger, un peu partout en Algérie et aussi à l’étranger surtout en France). Sept familles y vivent  : Slimani (At Σiciwt), Belkhir (Ibelxiren), Kashi (At Σli), Messaoudene (Imesεuden), Messaoudi (At Mesεud), Mettouche (At Mḥend), et Rabia (At Rabaḥ).

Ait Ikhlef est un village historique qui a participé à la révolution, comme la majorité des villages de Kabylie, en donnant les meilleurs de ses enfants et un foyer pour la résistance au cours de la guerre de libération nationale et bien avant. On citera aussi le marché hebdomadaire Ssuq n tlata organisé chaque mardi qui était un champ pour la résistance et qui servait de recruter des combattants au service du FLN. Le village a payé le prix fort pour avoir soutenu la guerre de libération, une stèle est construite à leur mémoire au milieu du village. Le village d’Ait Ikhlef se distingue aussi par la construction de la première école de la région située à 500 mètres du village en 1898 par la France, elle a été fréquentée par de nombreuses personnes venant de tous les coins de la région.

La poste de Bouzeguène porte à ce jour le nom du village « poste d’Ait Ikhlef » et cela depuis sa construction durant la période coloniale.

L’organisation sociale au sein du village est restée toujours suivant le mode ancestrale « tajmaεt » même si elle a perdu un peu de son authenticité, Le village s'est modernisé avec l’électricité en 1982, l’eau et bientôt le gaz de ville et il nous reste encore à trouver la solution pour une bonne gestion des ordures.

L'école primaire d'Ait Ikhlef[modifier | modifier le code]

École primaire Ait Ikhlef

L'école Ait Ikhlef est l'une des plus anciennes écoles en Algérie en particulier en Kabylie. Elle est construite en 1898 par les français puis fermée en 1957[1]

Un reportage sur l’école d’Ait Ikhlef réalisé par Mr KASHI Hammou : L’école d’Ait Ikhlef : Depuis l’indépendance notre école s’est agrandie de 9 salles de classe, de 4 logements de fonction et d’une cantine scolaire. Avant il n’y avait que deux salles de classe et deux logements. La mairie de Bouzeguene avait construit aussi une crèche communale et une bibliothèque dans le grand jardin de l’école sans se soucier de l’environnement. Mais il reste encore un grand espace. Je crains que le prochain projet sera implanté a Ait Ikhlef vu le manque de foncier à Bouzeguene centre. Durant la deuxième guerre mondiale, et dès huit heures du matin les élèves étaient entrainés dans le travail par cette chanson ayant pour titre : le travail à l’école.

A l’œuvre amis sans relâche ; Que rien n’arrête notre essor ; Accomplissons bien notre tâche ; Sans le travail point de trésor ;

Tous joyeux rentrons à l’école ; Allons amis vite au devoir ;

Au travail donnons une large part ; Celui qui vit dans la paresse ; S’en repentira mais trop tard.

C’est à l’école d’Ait Ikhlef que le colonel Mohand Oulhandj a fait ses études primaires. Il faisait une heure de marche à pied le matin pour aller à l’école et une heure le soir pour rentrer chez lui. Ni le froid de l’hiver, ni l’éloignement de l’école le l’ont dissuadé à y renoncer. La volonté de s’instruire a pris de dessus. Plusieurs officiers et sous-officiers de la glorieuse armée de libération nationale sont passés par l’école d’Ait Ikhlef. MOHAMMEDI Si Mohand Sadek ancien cadre de la fédération de France du FLN a aussi fréquenté l’école d’Ait Ikhlef. Les premiers cadres du FLN de la kasma de Bouzeguene sont passés par l’école d’Ait Ikhlef. Même certains cadres de l’APC de Bouzeguene sont passés par l’école d’Ait Ikhlef. C’est pour vous dire que l’école d’Ait Ikhlef a bien formé des cadres : des médecins, des infirmiers, des instituteurs, des professeurs, des ingénieurs …

Le jardin de l’école : Notre école possède un vaste jardin planté d’arbres fruitiers. Avant la fermeture de l’école par l’armée française en 1957 les branches des arbres pliaient (se courbaient) sous le poids de leur fruits. Mais maintenant ce jardin est tombé aux jachères. Il est abandonné. Les nonces, les genêts et les aubépines ont envahi le beau jardin. Les arbres fruitiers sont presque tous morts. Il ne reste plus que quelques squelettes qui ne produisent plus, par ce qu’ils ne sont pas piochés, ni taillés, pas de fumier, pas d’engrais. Il y a un proverbe kabyle qui dit « le noir a la tête (l’homme) n’est pas reconnaissant, c’est un ingrat. Il n'y a que l’arbre qui est reconnaissant, car si tu le pioches tu le tailles et tu lui apportes du fumier, il te donnera de beaux fruits. ». Dans notre beau jardin il nous reste plus que des frênes … Adieu les beaux pommiers ; Adieu les beaux poiriers ; Adieu les beaux cerisiers ; Adieux les beaux amandiers qui fleurissaient les premiers ; Adieu les beaux mûriers ; Adieu le grenadier aux fleurs d’un rouge vif ; Adieu le figuier aux figues tardives : au mois de novembre on cueillait des figues fraîches ; Adieu le joli lilas aux grappes de fleurs violettes ; Adieu les joli fleurs qui répandaient leur parfums : les roses, les œillets, les bleuets, le jasmin …

Le châtaignier : Dans la cour de l’école il y avait un châtaignier. Quand il y avait du vent la cour se couvrait du châtaignier. Mais aucun élève ne pouvait se baissait pour prendre une ou deux châtaigniers l’éducation et la discipline étant plus fort.


La nostalgie : Actuellement c’est la désolation et la tristesse. Notre beau jardin sera-t-il un jour ‘’ réhabilité ‘’ ? On ne le sait pas. La question reste posée. Nous espérons qu’un jour ce beau jardin sera replanté et retrouvera sa splendeur d’avant. Dans la vie il faut toujours espérer …

Association Culturelle Ait Ikhlef (ACA)[modifier | modifier le code]

L’association culturelle d’Ait Ikhlef (ACA) a été créée par les jeunes du village en avril 2007 pour promouvoir la culture, lutter contre les fléaux sociaux et tisser les liens de fraternité entre les villageois. Elle lutte contre la pollution de l'environnement et essaie de créer une dynamique positive et un civisme dans l'esprit de chaque villageois.

La vie économique dans le village[modifier | modifier le code]

Le village possède trois commerces d’alimentation, un spécialisé dans l’habillement :

Plusieurs dont « Dda Maḥmud » faisaient les approvisionnements avec son cheval noir qu’il pleuve ou qu’il neige, quand l’accès au village est impossible pour les voitures et lors des crises économiques et politiques.

Le commerce enregistre son plus haut niveau durant la saison estivale avec l’arrivée d' habitants les autres régions d’Algérie et à l’étranger.

La mosquée du village[modifier | modifier le code]

l-jamaε (mosquée)

La mosquée du village est l’un des plus prestigieux édifice de notre village, avec sa grandeur elle domine Tajmaεt en lui donnant un charme, et une vue inégale car celle-ci est visible de très loin. La mosquée est construite en 1970 par la bonne volonté des villageois et leurs sacrifices, chacun de son coté, maçons, manœuvres travaillent chaque jour, parfois même la nuit, pour ceux qui travail la journée pour subvenir aux besoins de la famille, ça ne les empêchent pas tout de même de donner un coup de main comme ils le peuvent. Ce qui est intéressant c’est que la mosquée a mis du temps pour voir le jour, les travaux prirent fin en 1973 et ça n’a pas découragé les volontaires malgré qu’une toute minorité voulait tout arrêter et abandonner le projet. En fin la mosquée fut terminer, elle qui est le symbole du courage, de la bonne volonté et de la fraternité s’est vue couler des années au village et assister des imams tel que chikh Sidi Mohand de Ait Timizar (village voisin), METOUCHI Mahfoud et en fin, aujourd'hui c’est chikh Idris qui occupe ce poste qui est très important pour la coordination entre les citoyens du village.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]