Aires protégées de Côte d'Ivoire

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Implantation des zones protégées en 2008

La Côte d'Ivoire a mis en place une politique de protection de zones sauvages qui module la protection allouée à ces aires. Ainsi, en 2008, le pays compte huit parcs nationaux reconnus de catégorie II par la Commission mondiale des aires protégées[1] et près de 300 réserves naturelles de plusieurs types dont quinze réserves botaniques[2] ainsi que bon nombre de forêts classées. Six zones protégées sont inscrites à la convention de Ramsar, trois le sont au patrimoine mondial de l'UNESCO et deux sont des réserves de biosphère.

La gestion gouvernementale[modifier | modifier le code]

La création et l’aménagement des aires protégées participent de la volonté du gouvernement ivoirien de protéger l’environnement, notamment le couvert forestier en nette régression et certaines espèces animales rares ou en voie de disparition. Le ministère ivoirien de l'Environnement, de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable assure la mise en œuvre de la politique de gestion de l’environnement et des aires protégées. Des plans de réintroduction d’animaux, notamment pour le rhinocéros noir et la girafe qui avaient disparu de certaines zones ont été menés à bien, par exemple dans la nouvelle Réserve d'Aboukouamékro. Le gouvernement doit aussi faire face, comme ailleurs, au problème du trafic d’animaux auquel, de l’avis de certains observateurs, une solution satisfaisante n’a encore pu être trouvée. En 2002 en effet, l’on recense 1 554 kg d’ivoire dans les boutiques pour touristes d’Abidjan[3].

La protection est placée sous l'autorité de deux ministères différents, le ministère de l'environnement et du cadre de vie et le ministère de l'environnement et des forêts. La direction de la protection de la nature, sous la direction du premier est responsable des zones protégées. La direction de la protection de la faune et de la pêche en eau continentale et la Société de développement des forêts gère elles les forêts classées. Les fonctionnaires de ces administrations sont en place dans les régions, près des zones protégées d'où ils gèrent ces zones. Ils sont directement responsables du respect des lois, mais selon certains observateurs, n'ont pas les moyens matériels d'effectuer cette tâche.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1974, la chasse a été déclarée illégale. Dès 1982, le parc national de Taï a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. En 1994, la Côte d'Ivoire a signé la convention sur la diversité biologique et la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction. Jusqu'en 1995, la gestion était centralisée, indépendamment des contingences locales. En 1996, le projet cadre de gestion des aires protégées a été lancé afin de permettre une protection efficace des aires.

Les parcs[modifier | modifier le code]

Parmi les parcs, figure le Parc national de la Comoé fondé en 1968, qui couvre 1 150 000 hectares et 500 km de pistes carrossables. Il occupe près du quart de la zone forestière du pays et est l’une des plus grandes aires protégées d’Afrique. Y ont été recensés notamment 75 000 cobs de buffon, 14 000 bubales, 3 000 hippotragues, 6 000 buffles, 1 200 éléphants, 700 hippopotames et environ 250 lions, mais le parc de la Comoé renferme aussi de très nombreuses autres espèces d’antilopes comme le céphalophe, dont six familles différentes ont été identifiées, des singes, des hyènes, des panthères, des mangoustes, d’innombrables oiseaux. Le Parc national de Taï (350 000 hectares), prolongé au nord par la réserve de faune du N'Zo (70 000 hectares), est surtout axé sur la préservation de la forêt primaire (forêt vierge). Un embranchement permet d’atteindre, à l’intérieur de celui-ci, le mont Niénokoué qui le domine, ainsi que les derniers géants végétaux. Le Parc national de la Marahoué s’étend sur 100 000 hectares[4]. Le Parc national du Mont Péko (34 000 hectares) est surtout réputé pour sa végétation : flore de montagne et forêt primaire. Le Parc national d’Asagny est situé au bord de l’océan à l’embouchure du Bandama, sur 30 000 hectares essentiellement constitués de savane marécageuse avec des palmiers, où l’on peut apercevoir des troupeaux d’éléphants et de buffles. La réserve de faune du Haut-Bandama (123 000 hectares) couvre une zone de savane et abrite des éléphants, des buffles et antilopes. Le Parc national du Mont Sangbé, d’une superficie de 95 000 hectares est entièrement situé en zone montagneuse (14 sommets de plus de 1 000 m dans les monts du Toura) ; il est giboyeux et abrite une flore particulière. Le Parc de Kossou, né de la nécessité de reloger les animaux menacés de la noyade par la montée des eaux du barrage de Kossou, s'étend sur 5 000 hectares. Le Parc national du Banco (3 000 hectares), situé aux portes d’Abidjan, est un exemple de forêt primaire avec des acajous, framirés, avodirés, niangons, espèces devenus très rares. Le Parc national des îles Ehotilé, un parc marin créé en 1974 et situé sur la lagune d'Aby à l’est d’Abidjan, présente un intérêt particulier pour les recherches historiques et archéologiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « National Park », sur unep-wcmc.com, UNEP et WCMC
  2. « Botanical Reserve », sur unep-wcmc.com, UNEP et WCMC
  3. Marianne Courouble, Francis Hurst et Tom Milliken, « More Ivory than Elephants: Domestic Ivory Markets in Three West African Countries », sur assets.panda.org,‎ décembre 2003
  4. (fr) « La réserve naturelle de la Marahoué », Abidjan.net (consulté le 28 juin 2008)