Aimée du Buc de Rivery

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Aimée du Buc de Rivery

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Aimée du Buc de Rivery

Naissance 4 décembre 1776
Le Robert, Martinique
Décès 10 novembre 1817
Istanbul, Empire ottoman
Nationalité Française puis Ottomane
Pays de résidence Martinique, puis Empire ottoman
Descendants

Aimée du Buc de Rivery, née le 4 décembre 1776[réf. nécessaire] à Le Robert lieu-dit Pointe-Marlet, et morte le 10 novembre 1817, est une fille de planteurs de La Martinique, considérée par certaines sources comme la sultane validé (Reine Mère) Nakchidil, mère adoptive du futur sultan ottoman Mahmoud II.

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Son père est Henri Jacob du Buc de Rivery, né le 19 juin 1748 au Robert, mort le 29 mai 1808 dans la même ville, planteur et maître d’habitation à Pointe-Royale et Pointe-La-Rose, propriétaire de la sucrerie du Robert, membre du Directoire de l’Assemblée coloniale, intendant des habitations du Buc de Bellefonds à la presqu’île de La Caravelle pendant l’absence de son cousin, marié le 24 mai 1773 au Robert à Marie Anne d’Arbousset-Beaufond (1739-1811). Elle était par ses cousins les Gaignerons Jollimont de Marolles, une lointaine cousine par alliance de l'impératrice Joséphine de Beauharnais[1],[2].

Légende[modifier | modifier le code]

Lors de son retour de France vers la Martinique en 1788 son navire disparait. C'est le point de départ de nombreuses histoires à son sujet. L'une d'elles raconte qu'elle fut enlevée par les pirates[3]. Selon cette légende, la jeune fille fut emmenée à Alger, centre du commerce des esclaves[4] pour y être vendue. Elle fut ensuite offerte par le dey d’Alger (Baba-Mohamed-Ben-Osman) au sultan Abdul-Hamid Ier, convertie à la religion musulmane, élevée au rang de quatrième Kadine (quatrième épouse) du harem du Palais de Topkapı à Constantinople. Mère adoptive du futur sultan Mahmoud II (né en 1785) elle devint en 1808 la Sultane validé « Nakchidil »[5] , c’est-à-dire « Reine-Mère Empreinte du Cœur, la plus belle des belles, la beauté sculpturale » de l’Empire ottoman.

Pour Jacques Petitjean Roget, historien et spécialiste incontournable de la Martinique, toute cette histoire n’est qu’une légende, inspirée par une pièce de théâtre et colportée par des membres de la famille. Dans son livre J'ai assassiné la sultane Validé, il livre la généalogie des Dubuc de la Martinique et critique les ouvrages parus sur le sujet[6].

La famille d'Aimée du Buc de Rivery était alliée par des cousins communs à celle de Joséphine Rose Tascher de La Pagerie[réf. nécessaire], future impératrice Joséphine[7] et femme de Napoléon Ier. Une telle alliance ne pouvait que renforcer sa situation politique de 1799 à la chute de l'Empire français en 1814[réf. nécessaire]. Son cousin, l'ambassadeur créole Gallet de Saint-Aurin lui aurait rendu visite dans le cadre d'accords entre la France et la Turquie. Ce dernier relate dans un courrier qu'il lui aurait parlé et que cette dernière aurait répondu en créole. Boulerversée, elle s'éloigna sans un mot[1].

Aimée aurait reçu, avec autorisation du sultan, les derniers sacrements de l’Église des mains du Père Chrysostôme (supérieur du couvent des Capucins à Constantinople)[8]. Elle mourut le 10 novembre 1817 (ou le 23 décembre), au palais de Dolmabahçe à Beşiktaş, une résidence impériale.

Le tombeau de la sultane validé Nakchidil se trouve dans le quartier de Fatih[9].

Commémorations en Normandie et à Paris[modifier | modifier le code]

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La famille Du Buc a rendu hommage à Aimée du Buc de Rivery le 14 juin 2009 au Château du Fontenil dans l'Orne (Normandie) lors du millénaire de cette famille avec inauguration d'une plaque souvenir, ainsi que pendant les journées du Patrimoine les 18 et 19 septembre 2010 : une délégation turque a été reçue au dit château du Fontenil où une exposition sur la sultane blonde française avait été organisée grâce aux Du Buc et à l'écrivain scientifique Philippe Lherminier.

Un des membres de la famille Dubuc, l'écrivain Yvan Brunet-Dubuc[1], dit Yvan Brunet du Buc de Mannetot, héritier de souvenirs familiaux et coloniaux par son oncle Jean-Marie Dubuc, a été reçu le 26 mars 2010 à l'Institut Français d'Istanbul, et s'est rendu au mausolée d'Aimée du Buc avec l'autorisation ministérielle et religieuse. Les Turcs de ce quartier religieux de Fatih, où se trouve le tombeau de la sultane d'origine française, ont rappelé leur attachement à Aimée du Buc, leur sultane, qui a été généreuse envers les pauvres, les malades, et les orphelins d'Istanbul en construisant fondations et hôpitaux. Par respect de ce lieu de recueillement, une prière religieuse en turc et en arabe a été faite à la fin de cette visite familiale avec un imam. La dernière visite des Du Buc avait eu lieu en 1927. La famille impériale ottomane a donné officiellement en juillet 1867 un portrait d'Aimée du Buc en sultane à la famille Du Buc au Palais de l'Élysée lors du séjour du sultan Abdulaziz en France. Ce sultan avait été invité par Napoléon III. À nouveau en 1932, la famille impériale ottomane retirée en France avait renouvelé sa sympathie à la famille du Buc, notamment à Mme Martin du Theil, écrivain et descendante des Du Buc de Martinique.

Lors du Tricentenaire des Antilles Françaises en 1935, le Sénateur Henry Lémery présida la conférence du 22 mai 1935 à Paris (100 rue de Richelieu) du Docteur William Dufougeré auteur de « Madinina, Reine des Antilles » (Éditions Berger-Levrault sises au 5, rue Auguste-Comte à Paris 6e arrdt 1931, édité à seulement 55 exemplaires), sur Aimée du Buc de Rivery, avec la collaboration de Mme Martin du Theil (petite-fille Du Buc). Ce livre est presque disparu aujourd’hui. Mais le nouveau livre « la Saga des Du Buc » par Yvan Brunet du Buc de Mannetot[1] et F. Renard-Marlet, cite un long chapitre sur la vie de l’impératrice Joséphine et de sa cousine Aimée du Buc de Rivery. Ces deux écrivains essayent d’élucider la question de l’existence de la Sultane Aimée du Buc de Rivery.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel de Grèce, La nuit du Sérail, 1982
  • Jacques Petitjean Roget, J'ai assassiné la sultane Validé, Société d'Histoire de la Martinique, 1990 (430 pages)
  • Yvan Brunet du Buc de Mannetot, Si la Martinique m'était contée à travers l'histoire des chevaliers du Buc de la Normandie à la Martinique… en passant par la Turquie, Paris, Éditions du Buc, Paris.
  • Yvan Brunet du Buc de Mannetot avec la collaboration de Fabrice Renard-Marlet, la Saga des Du Buc, Éditions du Buc, Paris, 2013
  • Maurizio Costanza, La Mezzaluna sul filo - La riforma ottomana di Mahmûd II, Marcianum Press, Venezia, 2010 (appendix.1)
  • Charles Lambolez, Saint-Pierre - Martinique 1635-1902 : Annales des Antilles françaises – Journal et album de la Martinique, naissance, vie et mort de la cité créole – livre d’or de la charité, Paris, Berger-Levrault,‎ 1905, 224 p. (lire en ligne), p. 121-125
  • Anne-Marie Martin du Theil, Silhouettes et documents du XVIIIe siècle : Martinique, Périgord, Lyonnais, Ile-de-France, Périgueux, Imprimerie commerciale et administrative,‎ 1932, 142 p. (lire en ligne), p. 11 à 45

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Yvan Brunet du Buc de Mannetot, Si la Martinique m'était contée à travers l'histoire des chevaliers du Buc de la Normandie à la Martinique… en passant par la Turquie, 2008, Ed. du Buc.
  2. Anne-Marie Martin du Theil, Silhouettes et documents du XVIIIe siècle : Martinique, Périgord, Lyonnais, Île-de-France, Périgueux, Imprimerie commerciale et administrative, 1932.
  3. La légende de la sultane Validé « Tandis qu'elle rejoignait sa famille, quelques années plus tard, le bateau qui la transportait fut attaqué par des corsaires au large des îles Majorque »
  4. Histoire du royaume d'Alger, Jacques Philippe Laugier de Tassy, Amsterdam, 1775. : Lorsqu'un Corsaire a fait prise, pour peu qu'elle soit considérable, il quitte sa croisière & conduit sa prise à la remorque. Si c'est peu de chose, il prend les Chrétiens & met dessus un Soute-Rais & quelques Maures pour la conduire à Alger.
  5. Souvent orthographié Nakchidil en français, Nakshidil en anglais, et Naksidil en turc.
  6. J'ai assassiné la sultane Validé, Société d'Histoire de la Martinique (1990)
  7. Pas de lien de parenté connu entre Aimée du Buc de Rivery et Joséphine Tascher de La Pagerie, impératrice des Français
  8. Aimée du Buc de Rivery la sultane Validé de la Martinique
  9. Mausolée de la sultane Naksidil