Aigle des singes

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Aigle des singes

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Pithecophaga jefferyi

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Accipitriformes
Famille Accipitridae

Genre

Pithecophaga
Ogilvie-Grant, 1896

Nom binominal

Pithecophaga jefferyi
Ogilvie-Grant, 1896

Statut de conservation UICN

( CR )
CR C1 :
En danger critique d'extinction

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 17-02-2005

L’Aigle des singes (Pithecophaga jefferyi), rebaptisé en 1978 Great Philippine eagle[1], est une espèce de rapace endémique des Philippines. C'est la seule espèce du genre Pithecophaga. Il a été décrit en 1896 par William Robert Ogilvie-Grant.

Description[modifier | modifier le code]

Ce rapace mesure de 86 à 102 cm pour une masse de 4,5 à 8 kg et une envergure de 2,50 m.

Libres d'évoluer en dehors de la concurrence d'autres grands prédateurs, les aigles sont devenus les chasseurs dominants des forêts philippines. En raison de leur taille, un vaste territoire de forêt pluviale leur est indispensable pour se nourrir.
Les couples reproducteurs préfèrent les hauts arbres aux cimes dégagées. Les nids sont construits à des altitudes allant de 25 à 50 m et servent souvent pour les nidifications suivantes. Chaque couple a besoin de 70 à 130 km2 pour élever un seul poussin, ce qui rend l'espèce vulnérable à la déforestation.

Distribution[modifier | modifier le code]

Cette espèce peuple les plus grandes îles du nord et de l'est des Philippines (Luçon, Leyte, Samar et Mindanao où se trouve la plus grande population). Elle est endémique des Philippines[2].

Menace d'extinction et mesures conservatoires[modifier | modifier le code]

Classé en 1988 dans la catégorie « menacé » de la liste rouge de l'UICN, l'Aigle des singes est désormais considéré comme « en danger critique d'extinction » (catégorie CR), du fait du nombre très faible et en déclin de sa population (l'effectif total de l'espèce est estimé à moins de 250 individus adultes[3]). La raréfaction de son habitat, par l'exploitation forestière, le défrichement ainsi que la chasse de subsistance et la pollution aux pesticides, constituent les menaces principales qui pèsent sur l'espèce.

L'aigle des singes est protégé par la loi dans les Philippines et le commerce international et l'export est strictement réglementé par la Convention de Washington sur le commerce international d'espèces menacées d'extinction (CITES). Un programme de conservation et restauration de l'espèce est mené (« The Philippine Eagle Conservation Programme ») afin de sensibiliser les Philippins par des campagnes éducatives, inventorier et suivre les nids et mener un programme d'élevage conservatoire.

Malgré ces efforts de conservation, on s'accorde à dire que l'espèce est très fortement menacée d'extinction à court terme si la pression sur son habitat naturel garde le même rythme.

Actuellement (2008), il existe un programme d'élevage en captivité où le personnel sert aux poussins une nourriture similaire à celle des adultes. Après des années d'échec, 21 aiglons ont vu le jour dans le cadre du programme et les défenseurs de l'environnement étudient différents moyens de relâcher les oiseaux élevés en captivité dans la forêt.

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

Ses proies sont constituées de macaques (d'où vient son nom : aigle mangeur de singes), de calaos, de civettes palmistes, de galéopithèques, d'écureuils volants, de chauves-souris frugivores, d'oiseaux, de serpents et d'animaux domestiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À ne pas confondre avec l'Aigle des Philippines (Spizaetus philippensis), en anglais Philippine Hawk-eagle.
  2. del Hoyo J., Elliott A. & Sargatal J. (1994) Handbook of the Birds of the World, Volume 2, New World Vultures to Guineafowl,BirdLife International, Lynx Edicions, Barcelona.
  3. UICN, « évaluation de l'espèce Pithecophaga jefferyi » (consulté le 24 mai 2007) - L'article de Sciences et Avenir d'août 2008 donne une estimation de 500 couples, dont 200 sur l'île de Mindanao; le nombre d'individus était estimé à 6 000 il y a 40 ans.

Références externes[modifier | modifier le code]

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