Aiels

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Les Aiels sont un peuple fictif de l'univers de la Roue du Temps, écrit par l'écrivain américain Robert Jordan.

L'histoire des Aiels[modifier | modifier le code]

À l'époque de la Destruction du Monde, les Aiels étaient totalement différents de ce qu'ils sont aujourd'hui. Grands et de bonne carrure, ils sont les cheveux tirant sur le roux et les yeux gris, verts ou bleus. Pacifiques jusqu'au bout des ongles, ils suivaient la Voie de la Feuille durant toute leur vie : ne jamais user de violence et ne jamais porter une arme de guerre. Grâce à leur comportement et à leur obéissance et leur aide aux Aes Sedai, ils étaient très respectés des autres personnes. Mais quand la folie s'empara des hommes capables de canaliser et que la face du monde fut changée, les Aes Sedai leur confièrent la tâche d'aller mettre hors de portée les Angreals, Sa'angreals et Ter'angreals, majoritairement masculins, et d'aller là où ils seraient à l'abri et isolés de tous.

Des milliers et des milliers se mirent alors en route. Le voyage d'une telle masse de personnes, avec chariots, vivres, affaires et richesses dura des années pendant lesquelles ils furent sans cesse persécutés. Leurs possessions volées, leurs familles tuées ou enlevées. On les pillait sans relâche, et ils ne voulaient pas, ils ne pouvaient pas se défendre. Leur nombre diminua, et sans cesse leur moral baissa. Petit à petit, une infime minorité se rebella contre la Voie de la Feuille. Ils furent chassés de chez eux car ils avaient tués pour se venger. Ils devinrent des paria et abandonnèrent leurs anciens principes. Pour ne pas se voir comme des tueurs, ils gardèrent néanmoins quelques traditions : jamais un Aiel ne portera une épée. Ils s'armèrent plutôt d'arcs, de poignards et de lances qui pouvaient aussi servir pour la chasse. Raccourcies les lances leur donnaient une rapidité terrifiante. Ils se voilèrent pour tuer, cachant leur visage au monde de leurs voiles. Depuis ce jour, ils conservent le souvenir qu'ils auraient trahi les Aes Sedai d'une manière qu'ils ne se rappellent plus. Bientôt leur nombre augmenta car les mécontents devinrent de plus en plus nombreux, et la silhouette des Aiels devint synonyme de danger pour leurs ennemis. Un bouclier dans une main, leurs lances dans l'autre et prêts à danser la Danse des Lances, selon leur expression.

Il n'y eut qu'un seul peuple qui leur offrit le droit de traverser librement leurs terres et de s'abreuver aux points d'eau, les ancêtres des Cairhiens. Les Aiels ne les oublièrent jamais. Ils franchirent l'Échine du monde après maintes difficultés et s'installèrent dans l'aride Désert des Aiels, la Terre Triple.

Les siècles passèrent et les Aiels Jenns, ceux qui suivaient encore la Voie de la Feuille, décrurent et disparurent de leur peuple. Leur dernier souhait fut que les Aiels se choisissent des chefs à Rhuidean en attendant la venue de Celui-Qui-Vient-Avec-l'Aube. Il y a 500 ans, les Aiels découvrirent en les Cairhiens le seul peuple qui les avaient aidés. Pour les remercier, ils commercèrent beaucoup avec eux, les rendant prospères, et leur offrant une pousse d'Avendoraldera. Mais, finalement, Laman roi du Cairhien l'abattit pour s'en faire un trône. Aussitôt quatre des onze clans Aiels quittèrent le désert et entrèrent en guerre. La Guerre des Aiels dura deux ans. Deux années pendant lesquelles ils vainquirent tous ceux qui s'opposèrent à eux. Ils tuèrent Laman, ravagèrent le Cairhien et rentrèrent chez eux en conservant leur mépris pour les Tueurs de l'Arbre.

Vingt ans plus tard, les Aiels sortirent de nouveau de la Terre Triple à la recherche du Car'a'Carn, le chef des chefs de clan Aiels. Une centaine d'entre eux se rendirent à Tear et assaillirent la Forteresse de la Pierre. Alors que Rand al'Thor s'emparait de Callandor, ils prirent la forteresse, comme les prophéties l'annonçaient : la Pierre de Tear ne tomberait que quand le Dragon Réincarné prendrait Callandor. Ils suivirent alors Rand, et ils retournèrent alors chez eux pour passer l'ultime épreuve qui montrerait qu'il était bien le Car'a'Carn. Rand la franchit avec succès, et dès lors les clans Aiels commencèrent à se rallier à lui, et il imposa de profond bouleversements dans leurs sociétés et leurs coutumes. Car la prophétie de Rhuidean annonçait que le Dragon les briserait, et qu'à la fin il ne resterait qu'un reste des restes de leur peuple, mais que sans lui, il n'y aurait aucun survivant avant même la Tarmon Gai'don. Et effectivement, l'arrivée de Rand divise les Aiels en deux groupes. Les Shaidos qui feront tout pour le tuer, menés par Couladin, et les autres qui l'aident et font leur devoir envers lui afin de survivre.

Culture et traditions des Aiels[modifier | modifier le code]

Le temps qui passe à profondément modifié toute la culture des Aiels. Les Aiels sont durs, ils peuvent faire preuve d'une incroyable impassibilité, d'une résistance à la douleur et à la fatigue à toute épreuve et sont des combattants experts tant à la lance qu'à l'arc ou à mains nues (un Aiel -ou une Aielle- vaut au moins cinq guerriers entraînés). Désormais, il n'était plus question de suivre la Voie de la Feuille, mais bien le Ji'e'Toh, le Code d'Honneur des Aiels.

Le Ji est l'honneur que l'on gagne, par ses actes et ses paroles, au combat et en faisant preuve de respect des traditions. Au contraire, le Toh est le déshonneur, le devoir que l'on acquiert envers quelqu'un pour avoir failli, perdu un combat, insulté quelqu'un, manqué à sa parole ou n'avoir pas respecté les traditions. Le Ji et le Toh peuvent s'accumuler et se compenser. Ils servent aussi à définir le rang des hommes et des femmes en comparant leur Ji mutuel. Une personne qui accumule trop de Toh à l'égard de quelqu'un devient alors Gais'hain pendant un an et un jour. C'est-à-dire une sorte de serviteur, totalement détaché de son ancienne personnalité, même s'il ou elle devait servir son pire ennemi. Au bout de un an et un jour, le Gais'hain reprenait sa vie normale et tout le monde faisait alors comme si rien ne s'était passé.

Les Aiels sont divisés en douze Clans (le treizième a disparu voilà des siècles), avec un chef à leur tête. Le Car'a'Carn est le chef des chefs mais non leur souverain. Chaque clan est divisé en enclos, des lieux de résidences spécifiques des membres du clan. De même, il existe douze sociétés Aielles, comme les Chiens de Pierre qui font vœu de ne jamais battre en retraire, au prix de leur vie s'il le faut, les Boucliers Rouges qui sont une sorte de police, les Promises de la Lance société exclusivement féminine qui ne se marient jamais et qui sont redoutables avec les lances, et quatre autres encore. Si les Aiels se font très souvent la guerre entre eux, au cours de razzias et de batailles sanglantes, en revanche il est interdit à deux personnes d'une même société de se combattre.

Lorsque le Car'a'carn (Rand) fut connu de tous, les Promises de la Lance savaient qui était sa mère, et qu'elle était l'une d'entre elles, par conséquent, elles se firent les gardiennes de Rand, veillant sur lui à tout instant. Ayant déclaré qu'elles étaient les gardiennes de son honneur, Rand ne tarda pas à le regretter à cause de leurs manières maternelles et protectrices. Sans considérations d'âge, les Promises le considèrent soit comme un frère qu'il faut guider, soit comme un enfant de dix ans têtu et capricieux.

Les relations familiales Aielles sont complexes. Faute de meilleur terme, on emploiera le terme mariage bien qu'il soit inexact en réalité. En effet, premier point important : la polygamie est autorisée. En revanche, ce sont les femmes qui ont le plus de droits pour décider d'un mariage. Une Aielle qui veut épouser un homme déjà marié à une femme va demander la permission à la femme en question. Elles se mettent d'accord ou non, et le mariage a lieu et déposent une couronne nuptiale de fleurs aux pieds de l'homme. Celui-ci n'a que le droit d'accepter. Un homme n'a pas le droit de faire sa cour. Lors de la cérémonie qui s'ensuit, il y a un véritable pugilat entre l'homme et la femme qui démontre qu'aucun ne doit s'attendre à la soumission béate de l'autre, au besoin les familles viennent donner un coup de main (au sens propre du terme). On pourrait penser qu'il y aurait des couples malheureux, mais comme les Aiels sont très respectueux du Ji'e'Toh, ils s'arrangent toujours au mieux entre eux et se satisfont de leur méthode. De même qu'il existe des premières sœurs et des secondes sœurs, il existe aussi des premières et secondes épouses.

Les Matriarches Aielles sont des femmes de caractère qui maîtrisent parfaitement l'art de guérir avec les simples. Elles sont souvent capables de canaliser dans une certaine mesure (les soins essentiellement), et ont la faculté de pouvoir explorer les rêves des gens, de leur infliger des punitions ou de communiquer à de très longues distances. Bien que s'appliquant sur des domaines différents, l'autorité d'une sagette équivaut pratiquement à celle d'un chef de Clan. Elles maintiennent une discipline stricte chez leurs apprenties et n'hésitent pas à infliger des corvées plus éprouvantes encore que celles données dans la Tour.

Il existe chez les Aiels un rang assez particulier qui est celui de Maîtresse du Toit d'un enclos. La Maîtresse du Toit décide d'accepter ou de refuser toute personne qui se présente à elle après un accueil traditionnel, quelle que soit cette personne, aussi bien un étranger que le Car'a'Carn, elle est la seule à décider. Elle est responsable de tout le Toit et des centaines d'Aiels qui y vivent.

Vie courante[modifier | modifier le code]

Les Aiels ont un humour particulièrement féroce et subtil, au point qu'on les y croit parfois totalement imperméables, qui surprend beaucoup ceux qui n'y sont pas habitués. Doués d'un grand sens de l'honneur, il sera toutefois difficile pour le néophyte de plaisanter avec eux, ne sachant pas s'il va recevoir un éclat de rire ou un coup de lance. Ce qu'ils jugent comme une excessive pudeur chez les non-Aiels est pour eux une source continuelle d'amusement. Les habitudes des habitants des Terres Humides (nom donné par les Aiels aux étrangers) sont pour eux étranges, drôles ou déshonorantes selon les cas.

Certains vices sont pratiquement inconnus chez les Aiels du fait du Ji'e'Toh. S'ils sont de tempérament prompt à la violence, ils ne sont en aucun cas voleurs, et un colporteur peut laisser ses affaires dans la rue sans surveillance pendant une heure, à son retour rien n'aura été touché.

Étant donné le manque d'eau, les Aiels ne se lavent pas dans des bains, mais plutôt dans des tentes saturées de vapeur chaude qui les font transpirer, avant de racler à l'aide d'un instrument spécial la sueur et la saleté pour l'enlever, ce qui est particulièrement délassant.

Les Aiels jouent souvent à des jeux de hasard avec des dés, des jeux de plateau avec des cailloux ou figurines sculptées et pratiquent beaucoup les jeux d'adresse et de combats qui démontrent leur habileté. Un jeu, pratiqué exclusivement par les Vierges de la Lance est assez célèbre chez les Aiels, bien qu'assez peu apprécié par les hommes. En général, il sert de farce aux autres. Rhuarc ayant soumis à Mat l'idée d'y jouer avec les Promises, celui-ci leur fit la proposition. Aussitôt, il se retrouva avec une couronne de lances autour du cou. Le but du jeu est d'embrasser successivement chacune des Promises de la Lance voulant jouer. Si elles sont satisfaites elles retirent la lance, sinon, à titre d'encouragement elles l'appuient un peu plus. De quoi offrir une grande motivation au participant masculin. Coïncidence, personne n'est volontaire pour jouer une deuxième fois à ce jeu…