Ahmad al-Assir

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Le Cheikh Ahmad al-Assir (الشيخ أحمد الأسير en arabe, on peut voir également l'orthographe Sheikh Ahmad Al-Aseer en anglais) est une personnalité politique et religieuse libanaise. Né le 5 mai 1968 à Sidon.

Basé à Saïda (également appelée Sidon), appartenant à la communauté musulmane sunnite à tendance salafiste[1], il se fait connaître pour ses actions et discours contre le Hezbollah (qu'il surnomme "l'occupation iranienne au Liban"[2]) et parle d'une campagne d'oppression des sunnites depuis l'assassinat en 2005 du premier ministre libanais Rafiq Hariri[3], qui était -lui aussi- originaire de Saïda et de confession musulmane sunnite.

Imam, depuis 1989, il prêche à la mosquée Bilal Bin Rabah, construite en 1997[4] à Abra dans la banlieue de Saïda[3], où il réside ; il serait crédité d'une large influence dans la communauté sunnite libanaise[2] dont il aurait récupéré les déçus de la marche du 14 mars[4] et du Courant du futur, profitant également du chômage, du mal-être de la communauté sunnite libanaise, d'une économie en berne et proposant la solution simple d'attaquer le Hezbollah, désigné responsable des problèmes économiques et sociaux libanais[5].

Se présentant comme leader d'un mouvement pacifique[4] il aurait depuis 2011 radicalisé ses actions multipliant les provocations, projetant de créer des milices armées sunnites, demandant aux chiites habitant près de sa mosquée de quitter leurs appartements[5], interdisant les affiches du Hezbollah dans certains quartiers de Saïda, enterrant ses partisans - tués lors de confrontations armées - sans aucune autorisation officielle, profitant d'un climat communautaire explosif[6] qui empêcherait l'état libanais de le rappeler à l'ordre[7].

Depuis 2012, plusieurs combats armés ont éclaté entre ses partisans et ses opposants[8], et lui-même est désormais accompagné de gardes du corps armés lors des ses apparitions publiques "en réaction à la proximité de groupes armés et à l'absence de réaction des forces de sécurité libanaises (…) nous répliquerons si nous sommes attaqués" a-t-il déclaré[2].

Il reconnaît être lié à des organisations comme Gamaa al-Islamiya, mais assure n'être financé que par ses militants et non par des groupes politiques ou religieux étrangers[4]; néanmoins fin mars 2012 il se serait rendu au Qatar chercher des fonds pour la création d'un nouveau parti politique[5].

Début 2013, il crée le mouvement des Phalanges de la résistance libre, qui devrait envoyer des jihadistes en Syrie combattre avec les opposants au régime syrien[9] au village de Qoussair dans la région de Homs[10] où il a affirmé s'être rendu en personne observer la situation, malgré les critiques du porte-parole de l'Armée syrienne libre[11]. En juin de cette même année, suite à plusieurs affrontements Ahmad al-Assir a posé un ultimatum au Hezbollah[12]. Le 23 juin 2013, l'armée libanaise, avec le soutien du Hezbollah selon des témoins[13], attaque les milices armées du cheikh dans le quartier d'Abra[14]. L'affrontement se terminera le lendemain avec la fuite du cheikh, la mort de 18 soldats et 11 hommes armés[15].

Le 28 février 2014, la peine de mort est requise contre le cheikh - toujours en fuite - et 56 de ses supporters, dont l'ancien chanteur Fadl Shaker[16],[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Assir accuse les SR de l’armée d’être inféodés au Hezbollah », sur L'Orient-Le Jour,‎ 16/04/2013
  2. a, b et c (en) Josh Wood, « Lebanon’s Sunnis Gird for a Fight », sur The New York Times,‎ 14/03/2013
  3. a et b (en) Mirella Hodeib, Mohammed Zaatari, « Sidon split, but determined to stay calm », sur The Daily Star,‎ 18/05/2012
  4. a, b, c et d (en) Alex Rowell, « Salafists in the spotlight », sur https://now.mmedia.me/lb/en,‎ 13/03/2012
  5. a, b et c Marilene Karam, « Al-Assir : de l’huile sur le feu du confessionnalisme », sur http://www.lejournalinternational.fr/,‎ 04/04/2013
  6. Marc Daou, « Sous tension, le Liban tente d’éviter l’embrasement », sur France 24,‎ 23/10/2012
  7. Scarlett Haddad, « Entre Saïda et cheikh al-Assir ... », sur L'Orient-Le Jour,‎ 14/11/2012
  8. Marc Daou, « Ahmad al-Assir, le salafiste qui veut en découdre avec le Hezbollah », sur France 24,‎ 14/11/2012
  9. « Les partisans d’Assir se rasent la barbe... », sur L'Orient-Le Jour,‎ 29/04/2013
  10. « Entraîné par le Hezbollah, le Liban s’enfonce dans le brasier syrien », sur L'Orient-Le Jour,‎ 23/04/2013
  11. « L'ASL accuse cheikh Assir de nuire à la révolution syrienne », sur L'Orient-Le Jour,‎ 02/05/2013
  12. (en)Lebanon Clashes: Security Officials Clash With Gunmen Loyal To Hezbollah Critic In Port City Of Sidon], article de Barbara Surk, publié le 18 juin 2013 sur le site du Huffington Post.
  13. (en)Sunnis v Shias, here and there, article de The Economist, publié le 29 juin 2013.
  14. (en)Lebanese army threatens media that depict Hezbollah in Sidon battle, article de Mitchell Prothero, publié le 28 juin 2013, sur le site d'informations McClatchyDC.
  15. Assir s’en prend à l’armée, au Futur et au Hezbollah, dans une vidéo, la première depuis juin, article publié le 24 mars 2014 sur le site de L'Orient-Le Jour.
  16. Abra : la peine de mort requise contre Ahmad el-Assir et Fadel Chaker, article publié le premier mars 2014 sur le site de L'Orient-Le Jour.
  17. (en)Lebanese judge seeks death penalty for Ahmad al-Assir, article publié le 28 février 2014, sur le site Al-Akhbar.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Romain Caillet, « Le phénomène Aḥmad al-Asīr : un nouveau visage du salafisme au Liban ? (1/2) », Les Carnets de l’Ifpo. La recherche en train de se faire à l’Institut français du Proche-Orient (Hypotheses.org), 10 février 2012. [En ligne] http://ifpo.hypotheses.org/3075