Ahmad Ibn Touloun

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Ahmad Ibn Touloun[1] (835-884) est le fondateur de la dynastie des Toulounides qui a régné sur l'Égypte de 868 à 905. À l'origine, envoyé par le calife abbasside pour gouverner l'Égypte, il prend vite son autonomie politique vis-à-vis de Bagdad.

Biographie[modifier | modifier le code]

Touloun était un des esclaves turcs que le gouverneur de Boukhara envoya au calife Al-Mâ'mûn. Il est resté au service de la cour abbasside jusqu’à ce qu’il fût promu au rang de prince. Son fils Ahmad, se tourna vers les études scientifiques et littéraires. Il a appris le Coran, la jurisprudence et le hadith et surpassa en ce domaine tous ses camarades.

En 868, le calife abbasside Al-Mu`tazz a nommé Ahmad ben Touloun, alors en garnison à Samarra, au poste lieutenant du gouverneur de l'Égypte. Il reçoit du calife la mission de rétablir l'ordre en Égypte. Il y organise sa propre armée composée de mercenaires et prend son autonomie.

En 870, il a fondé au nord de Fostat et d’Al-Askar sa propre cité, Al-Qatâ'i[2], dont subsiste encore aujourd’hui la mosquée portant son nom. Il entreprend même de faire réparer le phare d’Alexandrie.

Conquête de la Syrie[modifier | modifier le code]

Vers 877, les Byzantins, tiraient avantage des troubles intérieurs dans le califat abbasside, faisaient des incursions en Anatolie. Tarse et sa forteresse sont tombés aux mains des Byzantins.

Ahmad Ibn Touloun a prétexté de cette situation pour se proposer d’aller en Syrie combattre les Byzantins. Al-Muwaffaq a refusé cette proposition d’aide, mais son frère le calife Al-Mu`tamid a accepté. Aussitôt, Ahmad ben Touloun, a confié les affaires intérieures de l’Égypte à son fils Khumârawayh, est s’est empressé de passer à l’action. Il a commencé par reprendre Damas et Antioche et s’avance vers Tarses. Il y fut durement reçu et fut contraint de retourner en Syrie. Il a maintenu sa position en Syrie et a continué vers l’est prenant Harran.

Alors qu’il se dirigeait vers Mossoul il entendit dire que son fils Khumârawayh avait quitté Fostat et s’était dirigé vers la Cyrénaïque avec le trésor. C’était là l’idée d’un jeune fou voulant se créer son propre royaume à l’Ouest. Il a été battu par les Aghlabides en Cyrénaïque (881). Khumârawayh a été repris par les armées de son père emmené à Fustât. Il fut châtié par le calife lui-même de cent coups de fouet. Les personnes qui l’avaient laissé faire ont été elles aussi condamnées[3].

Lutte pour le pouvoir à Bagdad[modifier | modifier le code]

Muwaffak était engagé dans un combat à mort contre les Zanj, l’ambitieux Ahmad Ibn Touloun vit une occasion d’accroitre son pouvoir. Il a imaginé d'offrir au calife auquel il ne restait plus que l’ombre du pouvoir s’enfuir en Égypte pour se mettre en sécurité sous la protection de son fidèle vassal contre son trop puissant frère. Il avait compté sans la vigilance d’Al-Muwaffak. Ce dernier en apprenant cette manœuvre a fait saisir le calife Al-Mu`tamid, et l’a fait emmener enchaîné à Samarra (882). Al-Muwaffak obligea son frère le calife Al-Mu`'tamid à jeter l’anathème sur Ahmad. Celui-ci a été récusé pour présider le pèlerinage. Les Toulounides étaient dénoncés dans les assemblées.

Fin du règne[modifier | modifier le code]

Ibn Touloun est mort en 884. Son fils Khoumarawiya contraint le calife abbasside à lui reconnaître, pour lui et ses descendants et pour une période de trente ans, le gouvernement de l’Égypte et de la Syrie, contre le paiement d’un tribut annuel. En 896, Khoumarawiya est assassiné à Damas et ses successeurs ne peuvent maintenir l’autonomie de l’Égypte. Et en 905, l’armée du calife abbasside écrase les forces toulounides et s’empare de Fostat. L’Égypte redevient une simple province de l’Empire abbasside.

Sous les Toulounides, l’Égypte connaît une extension. Il entre en lutte contre le calife abbasside, inquiet de la puissance grandissante de l’Égypte. Les forces d’Ibn Touloun occupent la Syrie, terrain d’expansion naturel de l’Égypte durant ses périodes de puissance.

L’œuvre[modifier | modifier le code]

Ahmad Ibn Touloun était un homme à poigne, un visionnaire. Ibn Touloun a construit au Caire de nombreux palais et mosquées. La mosquée Ibn Touloun, située au Caire islamique, est la plus ancienne mosquée du Caire encore existante, et une des plus grandes en superficie, l’ensemble couvre 2,5 ha. Son minaret à escalier en spirale adopte la forme en réduction du célèbre minaret de Samarra en Iraq. La mosquée est certainement majestueuse, avec son immense cour entourée de portiques aux décorations. Au milieu de la cour intérieure se trouve un dôme avec quatre entrées en arcades et au centre, une fontaine pour les ablutions.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. arabe : ʾaḥmad ben ṭūlūn, أحمد بن طولون
  2. arabe : al-qaṭā’i`, القطائـع, les concessions
  3. William Muir, n’ose pas traduire le récit détaillé de ces peines tant elles lui paraissent cruelles. Dans une note il dit que Khumârawayh aurait été condamné à leur couper les deux mains et les deux pieds les réduisant à des hommes tronc. The caliphate its rise, decline, and fall from original sources

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Documentation externe[modifier | modifier le code]