Ah Puch

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Ah Puch, dieu de la Mort

Ah Puch, également nommé Ah Cimi ou encore Ah Cizin, est, dans la religion maya, le dieu de la Mort et le roi de Metnal, le neuvième niveau du monde souterrain (Xibalba). Il est souvent dépeint comme un squelette ou comme un cadavre orné de cloches, avec parfois la tête d'un hibou. Cette dernière vision du dieu de la mort a donné lieu à la croyance encore partagée aujourd'hui par certains Méso-américains que le cri du hibou annonce un décès imminent… Un dicton local dit d'ailleurs : « Cuando el tecolote canta… el indio muere » (« Quand le grand hibou chante, l'Indien meurt »).

Dans le Popol Vuh[modifier | modifier le code]

Dans le Popol Vuh, il est question de neuf à douze seigneurs de Xibalba selon les moments du récit, et parmi eux d'un seigneur du nom d'Ahalpuh, qui est la version quichée d'Ah Puch, dont le nom signifie « Celui de l'enflure ». Le principal seigneur de Xibalba est Hun Came Vucub Came (« Une Mort Sept Morts »), qui apparaît tantôt comme un unique personnage, tantôt comme deux seigneurs distincts ; son nom est l'équivalent quiché d'Ah Cimi. Les messagers de Xibalba sont des hiboux.

Dans les codex[modifier | modifier le code]

Le dieu de la Mort est abondamment représenté dans les codex, mais il revêt plusieurs aspects :

  • Le dieu A (selon la classification de Schellhas) : C'est la forme la plus fréquente (vingt-six fois dans le codex de Dresde, cinquante et une fois dans le codex de Madrid) ; il a un corps squelettique et une tête décharnée, il peut porter comme coiffure un épis de mais ou une tête de serpent, des boucles d'oreille, son corps est couvert de taches noires, il présente sur la joue un signe ressemblant à un %, il possède souvent un œil énucléé. Son glyphe nominal a été lu Ah Cizin, « le puant », et il est souvent suivi par les glyphes Ah Camal, « la mort », et u-muc, son enterrement.
  • Le dieu A1 : Représenté une fois dans le codex de Dresde, il ressemble beaucoup au dieu A mais son glyphe nominal est différent et encore indéchiffré.
  • Le dieu A2 : Il est représenté une fois dans le codex de Dresde et quatre fois dans celui de Madrid. Il possède un visage humain jeune, le haut de la tête ressemble au glyphe du jour Akbal, « obscurité ». Son glyphe nominal se lit Can Hanal, « Quatre dévoreurs » ou « Féroce dévoreur ». Il est représenté assis dans un temple et associé au jour Lamat, et à celui de de la nouvelle année.
  • Le dieu A3 : Ce dieu ressemble au précédent mais ses yeux sont couverts par un bandeau et son glyphe nominal est Ah Chah, « l'Aveugle » ; il est représenté une fois dans le codex de Dresde mais il a été rapproché de certains dieux sur des monuments plus anciens ; selon McLeod, il est le gardien de l'Inframonde.
  • Le dieu A4 : Représenté une fois dans le codex de Dresde, il se présente comme un dieu jeune, qui porte un bandeau blanc, et sa coiffure présente de curieux appendices terminés par des boules. La lecture de son glyphe nominal est incertaine, peut-être Ox Halan, que l'on pourrait rapprocher du yucatèque oxhal qui signifie « cicatriser », mais la partie hal peut signifier « tisser » ou « manifester ». Il présente un objet non identifié[1].

Chez les Lacandons[modifier | modifier le code]

Chez les Lacandons, Kisin est le démon, il cherche à nuire aux hommes en leur infligeant des maladies, les tremblements de terre, c'est un dieu mauvais. Il fait brûler les morts dans le monde souterrain pour que s'échappe leur âme, qui est guidée par Sucun Yum, le « seigneur grand frère[2] ».

Autres noms[modifier | modifier le code]

Landa cite aussi les noms d'Uac Mitun Ahau, Yum Cimil, et de Cum Ahau comme des dieux du monde souterrain.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour plus d'information sur ce sujet, Michel Davoust, L'écriture maya, CNRS EDITIONS, et du même auteur : Un nouveau commentaire du codex de Dresde, même édition.
  2. Thomson (1970)