Agrostis stolonifera

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Agrostis stolonifera est une plante herbacée de la famille des Poaceae qui pousse surtout dans l'hémisphère nord, en zone tempérée, mais qui a été diffusée dans le monde entier (via les plantations de greens de golfs notamment[1]).
L'hybridation avec d'autres espèces proches est possible.

Description[modifier | modifier le code]

Agrostis stolonifera ici sur substrat sableux et pauvre favorisant une forme rampante

Reproduction[modifier | modifier le code]

La graine d' Agrostis stolonifera est facilement transportée par le vent, le ruissellement ou divers animaux

La fécondation est d'une part végétative (assurée par les stolons) et (quand l'herbe n'est pas très régulièrement coupée rase) aussi par le vent qui en transporte le pollen viable sur plusieurs dizaines de kilomètres (jusqu'à plus de 20 km comme l'a montré une étude ayant utilisé le gène CP4 EPSPS comme marqueur de pollens issus de plantes génétiquement modifiées pour résister au Roundup[1]).

L'autofertilité a aussi été rapportée par la littérature chez des Agrostis[2]. L'espèce est le plus typiquement un allotetraploid[3],[4] et a cytotypes de plus haut ploidie[5]. Naturellement la formation d'hybrides F1 interspécifiques est généralement bas dans la fertilité ou stérile; dans des habitats favorables, quelques hybrides (par exemple, F1 les hybrides d'A. stolonifera et Agrostis capillaris L.) ont été rapportés à de - rivalisent les deux parents[6]. Il y a peu d'exemples clairs d'hybrides F2[7] ou de backcross d'hybrides F1 à une espèce parentale[2] . Bien que des hybrides locaux spontanés (ou introduits et naturalisés) puissent être stériles, ils peuvent constituer un composant significatif de certaines communautés floristique en raison de la forte capacité de reproduction végétative de cette espèce via ses stolons [8].

Les graines minuscules (jusqu'à 6 × 106 graines d' A. stolonifera par livre[1]) sont aisément dispersées par le vent[1], l'eau[1] et divers animaux[1], dont par exemple fourmis.

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Intérêt économique[modifier | modifier le code]

Cette espèces présente un intérêt commercial, car notamment utilisée

Nomenclature et systématique[modifier | modifier le code]

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Cette espèce fait partie du genre Agrostis, encore taxonomiquement incertain[1], qui inclut aujourd'hui plus de 200 espèce dans le monde entier[13],[14].

Variétés OGM (génétiquement modifiées)[modifier | modifier le code]

C'est pour sa valeur commerciale potentielle que c'est l'une des premières herbacées à avoir été génétiquement modifiée pour résister au glyphosate.

Les sociétés Monsanto et Scotts ont officiellement adressé début 2004 une demande de commercialisation de l'"événement ASR368" de cette graminée transgénique à l'administration américaine.

Dès la demande de commercialisation, l'Union des scientifiques concernés (UCS) a aussitôt mis en garde sur les risques de diffusion du transgène à d'autres variétés - parmi lesquelles des plantes considérées comme mauvaises herbes par les agriculteurs, vignerons ou cultivateurs.
Dès l'annonce de la demande faite par les industriels, l'ONG UCS (Union of Concerned Scientists) a demandé au département américain de l'agriculture de surseoir à toute autorisation.
Quelques mois plus tard (21 septembre 2004), l'EPA reconnaissait avec la diffusion d'une étude sur la diffusion du pollen d'Agrostis que ces craintes étaient fondés ; l'étude confirmant une large diffusion du pollen de la variété transgénique d' A. stolonifera qui s'est en situation réelle montré capable de féconder des plantes situées jusqu'à 21 km (sous le vent dominant des parcelles "sources"), produisant alors des hybrides viables et résistants au glyphosate[1]. Cette étude est la première à démontrer l'existence d'une Pollution génétique à grande distance. Elle a été menée conjointement par l'EPA (National Health and Environmental Effects Research Laboratory), l'U.S. Geological Survey et la Dynamac Corporation[1]. Les auteurs de cette étude suggèrent que d'autres travaux soient faits pour préciser le risque et degré d'introgression de ces transgènes dans les populations naturelles[1].

Dans ce cas la contamination a été jugée préoccupante :

  • 75 des 138 plantes sentinelles et 29 de 69 plantes résidentes suivies par les scientifiques ont été fécondé par du pollen transgénique[1].
  • L'essentiel du flux de pollen "marqué par le transgène" fécondait des plantes situées à deux kilomètres sous le vent dominant, mais aussi bien que moindrement jusqu'à 21 km et 14 km respectivement pour les plantes sentinelles (plantes placées dans des parcelles volontairement éloignées de champs d'Agrostis, pour minimiser les pollinisations avec des plantes conventionnelles, à la différence des plante résidentes, qui étaient des plantes-témoin naturellement situées dans leur environnement habituel) suivies par les chercheurs[1] ;
  • Dans ce cas, la surface "contaminée" par les pollens transgéniques issus des parcelles expérimentales était de 310 km2 ;
  • Un autre fait préoccupant[15] a été la fécondation croisée et fortuite observée lors de cette expérience avec quelques Agrostis gigantea (espèce-cousine de A. stolonifera, alors qu'aucun croisement n'a été observé avec Polypogon monspeliensis espèce proche, mais d'un genre différent). D'après Carol Mallory-Smith, dans un article publié en 2012 dans Molecular Ecology, une hybridation entre l'agrostide blanche et des Polypogon monspeliensis a été découverte. Une contamination interspécifique est donc possible entre ces deux espèces. Agrostis gigantea est également une espèce considérée comme mauvaise herbe par les agriculteurs, ce qui peut être jugé préoccupant selon Christian Huyghe (chef de l'Unité de recherche prairies et fourragères de l'Institut national de recherche agronomique de l'INRA[16]).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l LS Watrud & al., Evidence for landscape-level, pollen-mediated gene flow from genetically modified creeping bentgrass with CP4 EPSPS as a marker Published online before print September 24, 2004, doi: 10.1073/pnas.0405154101 PNAS (National Acad Sciences) ; 2004-10-05, vol. 101 no 40 ; 14533-14538
  2. a et b Belanger, F. C., Meagher, T. R., Day, P. R., Plumley, K. & Meyer, W. A. (2003), Isozyme analysis supports allotetraploid inheritance in tetraploid creeping bentgrass (Agrostis palustris) Huds. Crop Sci. 43 , 240-246. (résumé)
  3. Jones, K. (1956) Species differentiation inAgrostis ; J. Genet. 54 , 377-393. (lien CrossRef)
  4. Warnke, S. E., Douches, D. S. & Branham, B. E. (1998), Isozyme analysis supports allotetraploid inheritance in tetraploid creeping bentgrass (Agrostis palustris Huds.) Crop Sci. 38 , 801-805. ([http://cel.webofknowledge.com/InboundService.do?SID=Q2OheG7Ba%406gD2iDpMH&product=CEL&UT=000074754600029&SrcApp=Highwire&Init=Yes&action=retrieve&Func=Frame&customersID=Highwire&SrcAuth=Highwire&IsProductCode=Yes&mode=FullRecord résumé avec Web of Science)
  5. Bonos, S. A., Plumley, K. A. & Meyer, W. A. (2002), Ploidy Determination in Agrostis Using Flow Cytometry and Morphological Traits. Crop Sci. 42 , 192-196 (résumé).
  6. Edgar, E. & Forde, M. B. (1991) New Zealand J. Bot. 29 , 139-161.
  7. ell, P. & Murrell, G. (1996) Flora of Great Britain and Ireland (Cambridge Univ. Press, Cambridge, U.K.), Vol. 5, p. 186-191
  8. Edgar, E. & Connor, H. E. (2000) Flora of New Zealand (Manaaki Whenua, Lincoln, New Zealand), Vol. 5, p. 225-242
  9. Duich, J. M. (1985) Weeds, Trees and Turf 24 , 72-78.
  10. Balasko, J. A., Evers, G. E. & Duell, R. W. (1995) in Forages: An Introduction to Grassland Agriculture, eds. Barnes, R. F., Miller, D. A. & Nelson, C. J. (Iowa State Univ. Press, Ames) 1 , 357-373.
  11. Smith, R. A. H. & Bradshaw, A. D. (1979), The use of metal tolerant plant populations for the reclamation of metalliferous wastes. J. Appl. Ecol. 16: 595–612
  12. Hares, R. J. & Ward, N. I., 1999, Comparison of the heavy metal content of motorway stormwater following discharge into wet biofiltration and dry detention ponds along the London Orbital (M25) motorway Sci. Total Environ. 235 , 169-178. (résumé)
  13. Soreng, R. J. & Peterson, P. M. (2003) Contrib. U.S. Natl. Herb. 48 , 42-89.
  14. Kartesz, J. T. (2003) in Synthesis of the North American Flora, eds. Kartesz, J. T. & Meacham, C. A. [CD-ROM] (Biota of North America Program, University of North Carolina, Chapel Hill), Version 1.985.
  15. Yves Miserey, Aux États-Unis, le premier gazon OGM pourrait ne pas être autorisé, le Figaro, 29 septembre 2004
  16. « (...)"La surprise vient des taux de contamination de cette espèce voisine, qui pousse sur les bords des champs cultivés et est considérée comme une mauvaise herbe" (...)Si A. gigantea a été contaminée, il en ira de même d'autres espèces d'Agrostis, indésirables pour certaines. "On assiste clairement à une fuite du transgène dans pas mal de compartiments de la biodiversité locale" » Christian Huyghe (chef de l'Unité de recherche prairies et fourragères de l'Institut national de recherche agronomique de l'INRA, cité dans un article de Hervé Morin, publié dans le Journal Le Monde, intitulé Le pollen volant des greens OGM 21.09.04 ; article paru dans l'édition du 22.09.2004

Liens externes[modifier | modifier le code]

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