Agriculture en Iran

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Carte des productions majeures de l'Iran en 1978.
Bergers iraniens déplaçant leurs moutons. Région de Khoy, hiver 2008.

L'Agriculture de l'Iran bénéficie de terres arables représentant un tiers de la surface totale du pays ; seulement ¼ de ces terres arables sont cultivées. En effet, la nature du sol et les difficultés à procurer une irrigation satisfaisante diminuent la superficie des terres cultivées. La variété climatique du pays permet au pays de produire de nombreuses cultures : céréales (blé, maïs, orge, riz), fruits (dattes, figues, grenades, raisins, melons et pastèques) ainsi que des légumes, du coton, des pistaches, des olives, des épices (safran), du tabac et du thé[1]

L'agriculture représente un cinquième du Produit intérieur brut du pays, et emploie une proportion comparable de la population active à la fin du XXe siècle. La plupart des fermes sont petites (donc peu viables économiquement), les techniques de production anciennes. Pour ces raisons, les rendements sont peu élevés, bien que des efforts du gouvernement aient permis d'améliorer un peu la productivité depuis les années 1990, en accord avec les objectifs du gouvernement iranien d'assurer l'autosuffisance alimentaire du pays.

L'élevage, la pêche et les forêts sont aussi importantes en Iran. Moutons, chèvres, ânes, chevaux et volailles sont élevés, ainsi que les buffles d'eau et les chameaux dans certaines régions. L'Iran produit également du poisson pour la consommation domestique ou l'export (le produit phare étant le caviar). Les forêts, couvrant un dixième de la surface du pays, permettent également à l'Iran de produire des produits du bois utilisés dans la construction et l'industrie du meuble.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'agriculture a une histoire très ancienne en Iran. La première domestication de la chèvre a eu lieu sur le plateau iranien 10 000 ans avant notre ère[2]. Des traces de fermentation de raisin en vue de produire du vin ont été retrouvées ; elles datent de 5000 ans avant notre ère[3]. Le moulin à vent a également été inventé en Iran vers 1700 av. J.-C.[4],[5].

Certains fruits, légumes et fleurs sont originaires du monde iranien : la pêche (comme l'atteste son étymologie, le mot venant du latin persica)[6], les tulipes[7] et les épinards (du persan : اسفناج, Esfenāj).

Le Qanat, une sorte d'aqueduc souterrain a été une des contributions majeures à l'agriculture en Perse. Ils étaient utilisés à l'époque Achéménide et certains sont encore en usage de nos jours.

L'agriculture a beaucoup souffert de la conquête des Mongols au XIIIe siècle. Greniers et champs dévastés, qanats laissés à l'abandon contribueront au déclin de l'agriculture pour une période prolongée.

Place de l'agriculture dans l'économie iranienne[modifier | modifier le code]

L'investissement d'État a permis de développer l'agriculture, bien que la libéralisation de la production, l'amélioration des emballages et du marketing ait permis la croissance des exportations. Grâce à la construction de nombreux barrages hydrauliques à travers le pays et des plans d'irrigation de grande échelle associé à une culture plus large des productions destinées à l'exportation comme les dattes, les fleurs et les pistaches ont permis à ce secteur de connaître la croissance la plus rapide par rapport à n'importe quel autre secteur de l'économie iranienne tout au long des années 1990, bien que les fortes sécheresses successives des années 1998, 1999, 2000, et 2001 ait un ralenti cette croissance. L'agriculture reste un des secteurs employant le plus grand nombre de personnes, avec 22 % de la population active d'après le recensement de 1991. En 2002, 6,2 millions d'hectares étaient dédiés au blé, soit la moitié des terres agricoles.

L'Iran a été le premier importateur de blé au monde quand la période de sécheresse de 1999 à 2001 l'obligea à acheter plus de six millions de tonnes par an en moyenne. Le pays a déclaré être en autosuffisance en blé fin 2004[8], mais les sécheresses de 2007 et 2008 ont fait effondrer de nouveau la production agricole. Seules 10 millions de tonnes de blé ont été récoltées contre 15 millions espérées ; ce qui a contraint l'Iran à acheter 1,18 million de tonnes de blé aux États-Unis, livrables entre 2008 et 2009. Cet achat aux États-Unis est une première depuis 1981[9].


Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]