Agriculture en Côte d'Ivoire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'agriculture en Côte d'Ivoire concerne des cultures industrielles et d’exportation ainsi que des cultures vivrières.

Cultures industrielles et d’exportation[modifier | modifier le code]

Café et cacao[modifier | modifier le code]

Cacao (fèves au séchage)
Café (cerises)

Le café et le cacao sont les produits d'exportation de base. Après avoir été classée troisième producteur mondial de café pendant près de trente ans, la Côte d’Ivoire connaît une baisse de production, passant de 250 000 tonnes en 1990 à 145 000 tonnes en 1994, pour ensuite remonter à une production de 250 866 tonnes en 2003-2004. Elle en est aujourd’hui le septième producteur mondial. Le prix moyen d'achat bord champ est de 355 francs CFA le kg au cours de la campagne 2003-2004. La proportion de café transformée par l'agro-industrie locale est très faible : de 3,6 % en 2001-2002, elle tombe à 2 % de la production totale en 2003-2004. Pour le cacao, la Côte d’Ivoire est, avec 40 % de la production, le premier producteur mondial devant le Ghana. La production nationale atteint 1,335 million de tonnes en 2003-2004, la part des exportations étant de 1,060 million de tonnes pour la même période. Le prix d'achat du cacao au producteur est passé de 688 francs CFA en 2002-2003 à 207 francs CFA le kg en 2003-2004, du fait de la spéculation pratiquée par les acheteurs-exportateurs. En légère hausse, la proportion de cacao transformée par l'agroindustrie locale représente près de 20 % de la production totale en 2003-2004.

Coton[modifier | modifier le code]

Fleurs de coton

Dans le nord du pays, la culture du coton est la plus pratiquée puisque 40 à 50 % des terres exploitées y sont emblavées en coton[1]. Cette culture commerciale s'est fortement développée à partir des années 60 grâce à l'action d'une société d'économie mixte, la Compagnie ivoirienne de développement des textiles (C.I.D.T.) qui a remplacé la variété « Mono » par la variété « Allen », a distribué gratuitement des engrais aux planteurs et a pratiqué des prix élevés à la production grâce à l'appui de la Caisse de stabilisation, principal organisme d'État du pays jusqu'en 1999. En 2001, la Côte d'Ivoire en produisait 400 000 tonnes, ce qui en faisait le troisième producteur africain[2]. Cette production a toutefois considérablement baissé ces dernières années à la suite de la guerre civile qui a secoué le pays à partir de 2002, tout le nord étant passé sous le contrôle du MPCI : 150 000 tonnes ont été produites en Côte d'Ivoire en 2007[3], [4], [5].

Le coton, essentiellement destiné à l'exportation vers les pays européens, est, en un certain sens, une « culture d'importation » : après l'abolition de l'esclavage aux États-Unis, en 1807, les compagnies textiles, face à l'augmentation du coût de la main-d'œuvre dans les plantations américaines, ont imposé cette culture dans les colonies d'Afrique où elle n'existait antérieurement que très modestement pour la seule consommation locale. Les parcelles de coton, remplaçant les cultures vivrières au grand dam de la population locale, avaient été baptisées « le champ du commandant », en référence au « commandant de cercle » qui était le représentant local de l'administration coloniale. Le facteur multiplicateur, entre le prix payé aux paysans locaux et le prix constaté à l'arrivée dans les ports d'Europe, après égrenage et conditionnement, et avant transformation en vêtements bon marché en Europe, est estimé à 70.

Oléagineux[modifier | modifier le code]

Les oléagineux produits sont le palmier à huile, le cocotier et le coton. Le secteur du palmier à huile est dominé depuis le milieu des années 1990 par les sociétés Palmafrique et Palmci, succursales de groupes internationaux ayant racheté les actifs de l'ancienne société d'État Palmindustrie. Les exportations concernent l'huile de palme, obtenue après transformation de la graine. La production de graines de palme est estimée en 2004 à 1 564 340 tonnes. L'huile de palme exportée, de 72 191 tonnes en 2000, connaît une augmentation de 51,20 % en 2004, atteignant ainsi 109 162 tonnes. La production de noix de coco, estimée à 230 000 tonnes en 2000, connaît une constante augmentation jusqu'en 2004, où elle s'élève à 254 000 tonnes environ. Le coprah représente 43 219 tonnes en 2004, dont 15 364 sont exportées. La Côte d’Ivoire est classée parmi les trois premiers producteurs de coton dans la sous-région. La filière cotonnière connaît toutefois des difficultés réelles aujourd’hui. Localisée principalement dans la région des savanes (région nord du pays), la culture du coton connaît une baisse de production depuis quelques années. L'huile raffinée et les tourteaux sont extraits du coton graine. Toutefois, seul le tourteau fait l'objet d'exportation : 38 981, 30 583 et 28 194 tonnes en 2000, 2001 et 2002. La production de coton graine et de coton fibre, également concernés par les exportations, représentent respectivement 402 367 et 177 284 tonnes en 1999-2000, 180 144 et 78 839 tonnes en 2003-2004. 105 423 tonnes de coton fibre ont été exportées en 2004. Les principaux clients du secteur coton sont la Chine, l'Indonésie, la Thaïlande et le Taïwan.

Hévéa[modifier | modifier le code]

L'hévéa est une culture traditionnelle d'exportation. Sa production est estimée en 2004 à 136 776 tonnes, tandis que le latex exporté est estimé à 141 379 tonnes, pour une valeur de 88 milliards de francs CFA. La production de la canne à sucre, culture industrielle, est estimée en 2005 à 1 430 183,98 tonnes. Elle est depuis la privatisation de la société d'État Sodesucre en 1999, le fait de deux entreprises : la Sucaf (860 861 tonnes) et Sucrivoire (569 322,38 tonnes), filiales des groupes Castel et Sifca. Cette culture, pratiquée dans la partie nord du pays, est confrontée à d’importantes difficultés depuis le déclenchement de la crise politique en septembre 2002.

Régime de banane
Mangues (marché local)

Fruits[modifier | modifier le code]

Les cultures fruitières que sont l’ananas et la banane, jouent un rôle important dans les exportations en Côte d'Ivoire, malgré la remise en cause des quotas par l'Organisation mondiale du commerce. Ils sont exportés en grande partie vers l’Europe. De 209 600 tonnes en 1995, la production d'ananas passe à 238 000 en 2000, 260 057 en 2001, avant de redescendre à 226 022 tonnes en 2004. D'abord de 146 700 tonnes, les exportations représentent 195 200 tonnes en 2001, puis 158 700 tonnes en 2004. En 2000, 243 000 tonnes de banane poyo sont exportées, pour une production totale de 305 300 tonnes. En 2001 et 2004, la production et les exportations sont respectivement de 310 425 et 255 529 tonnes, 307 227 et 252 423 tonnes.

La Côte d'Ivoire est le premier pays africain exportateur de mangues sur le marché européen et le troisième au plan mondial, après le Pérou et le Brésil, avec 14 000 tonnes[6].

Dans le sud du pays sont installées des plantations d' oranges et d'avocats. On y trouve aussi des noix de coco, toutes les plages du golfe de Guinée étant bordées de cocotiers.

Les agrumes à essence regroupent les productions de citron, de bergamote et de bigarade. La production des agrumes à essence reste très faible. Les statistiques disponibles indiquent qu'en 2002, la production pour les trois produits cités est respectivement de 10 139, 963 et 1 762 tonnes. 124 tonnes de jus de citron sont exportées la même année, ainsi qu'une infime quantité d'essence pour les trois agrumes.

La Côte d'Ivoire produit également d'autres fruits comme la mangue, la papaye, l'avocat et les agrumes de bouche dont une part importante est exportée vers l'Europe. La pomme de cajou est essentiellement localisée dans le nord de la Côte d'Ivoire. Toutefois, de nouvelles plantations d'anacardiers sont créées dans le centre et le centre-ouest du pays. Les produits qui en sont issus sont l'amande et la noix de cajou. Les exportations d'amandes de cajou connaissent une baisse brutale de 2002 à 2004. Elles augmentent de 1757,54 % en 2005, et de 231,58 % en 2006, pour atteindre 441 tonnes. En 2006, les productions de noix de cajou sont de 235 000 tonnes et les exportations de 210 000 tonnes.

Productions diverses[modifier | modifier le code]

La noix de cola est une des particularités de la Côte d'ivoire. Elle en est le premier producteur mondial. La consommation locale est supérieure aux exportations, qui s'élèvent à 14 616 tonnes, pour une production totale de 65 216 tonnes. L'essentiel de la production de karité est consommé localement, sous forme d'huile (pour l'alimentation) et de produits cosmétiques. Les quantités produites en 2000, 2001 et 2004 sont estimées à 30 874, 30 564 et 930 kg. 1 300 kg sont exportés en 2000.

Cultures vivrières[modifier | modifier le code]

Produits vivriers (marché traditionnel)

Les principales cultures vivrières qui entrent dans la consommation locale, sont selon des statistiques établies en 2004 :

  • le maïs avec 608 032 tonnes sur 278 679 hectares ;
  • le riz avec une production de 673 006 tonnes sur une surface cultivée de 340 856 hectares ;
  • l’igname avec 4 970 949 tonnes sur 563 432 hectares ;
  • le manioc avec 2 047 064 tonnes sur 269 429 hectares ;
  • la banane plantain avec 1 519 716 tonnes sur 433 513 hectares.

La Côte d’Ivoire produit également du mil, du sorgho, du fonio, de l’arachide, de la patate douce, du taro.

Le riz constitue l'aliment de base en Côte d'Ivoire mais le pays en est importateur à hauteur de 750 000 tonnes par an. S'il est parfois produit dans des rizières, l'essentiel de la production est celle du riz pluvial qui présente l'avantage de permettre deux récoltes annuelles.

L'incapacité des productions nationales à satisfaire les besoins de la consommation locale conduit à l'importation de quantités importantes de certains de ces produits. Ainsi, pour une production nationale de 673 006 tonnes, les importations de riz semi blanchi en provenance des pays d’Asie notamment, s'élèvent à 715 319 tonnes. Les exportations des productions nationales, infimes, sont généralement limitées aux pays de la sous-région. En raison de l’incapacité des industries ivoiriennes à les transformer localement, ces productions posent des problèmes de conservation. Une politique d'encadrement menée par le gouvernement permet le développement des cultures maraîchères au cours des années 1970, réduisant ainsi, pour ces produits, la dépendance du pays vis-à-vis de l'étranger. Sont produits : de l'aubergine, du concombre, de la courge, du haricot vert, du gombo, de la tomate. Les cultures maraîchères sont destinées à la consommation locale, mais elles ne peuvent entièrement couvrir les besoins exprimés. Ainsi, l'essentiel de la consommation d'oignon est importé du Niger et des Pays-Bas.

La Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de noix de cola, avec une production totale de 65 200 tonnes. La consommation de noix de cola en Côte d'Ivoire est supérieure aux exportations, lesquelles s'élèvent à 14 616 tonnes.

On y produit aussi des bananes plantains qui y sont consommées en grande quantité, du sorgho, du mil, du manioc et des ignames.

Le pays produit également du karité : les quantités produites en Côte d'Ivoire en 2000, 2001 et 2004 sont estimées à 30 874, 30 564 et 930 kg. 1 300 kg étaient exportés en 2000.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

moi j'ai plurtçot des inquiétudes quant à l'avenir de la cote d'ivoire car aujourd'hui c'est à peine si nous trouvons encore des terres pour faire des cultures vivrières pour la consommation domestique tant bles plan d'hévea sont deevenus maitre de la brousse ivoirienne.


Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Jacquot, Le riz pluvial,‎ 1997
  • (fr) Jacqueline Peltre-Wurtz et B. Steck, Les charrues de la Bagoué - Gestion paysanne d'une opération cotonnière en Côte d'Ivoire, Éditeur IRD,‎ 1991, 303 p.
  • (fr) Jacqueline Peltre-Wurtz, Actions de développement et structures agraires traditionnelles. L’intégration de la culture du coton au système agricole sénoufo, Éditeur IRD,‎ 1976, 56 p.
  • (fr) Ph. Bernardet, Élevage et agriculture dans les savanes du nord, in Politique africaine. Côte-d'Ivoire, la société au quotidien, n° 24, p. 29-40,‎ 1986
  • (fr) Philippe Bernardet, Association agriculture-élevage en Afrique : les Peuls semi-transhumants de Côte d'Ivoire, Éditions L'HARMATTAN,‎ 1984 (ISBN 2-915352-30-5)
  • (fr) Thomas Basset, Le coton des paysans. Une révolution agricole en Côte d'Ivoire (1880-1999), Paris,‎ 2002
  • (fr) L'élevage peul dans le nord de la Côte d'Ivoire, Abidjan, Université d'Abidjan,‎ 1975 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Le développement agro-pastoral et agro-industriel du nord de la Côte d'Ivoire: cas des départements de Korhogo, Boundiali, Ferkessédougou, Abidjan, AISA,‎ 1991, p. 133
  • (fr) CIDT, 1993. Bilan de mise en place des cultures, campagne 1993-94. Directions régionales de Ferkessédougou, de Korhogo et de Boundiali, Abidjan, CIDT,‎ 1993
  • (fr) Y. Toplé, Culture cotonnière et développement en région de savane. Le cas du nord ivoirien. Économie du développement- Thèse de 3e cycle, Bordeaux, Université de Bordeaux 1,‎ 1987, p. 292
  • (fr) H. De Bon, Commercialisation, culture et multiplication de l’oignon en Afrique soudano-sahélienne. Programme « cultures maraîchères » CIRAD-CA et programme de coopération pour le développement des cultures maraîchères en Afrique de l’Ouest,‎ 1993, p. 88