Agriculture aux États-Unis

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Photographie satellite de champs circulaires du Kansas caractéristiques de l'irrigation à pivot central.

L'agriculture est un secteur clé de l'économie des États-Unis, le pays étant le 1er exportateur et le 2e importateur mondial. C'est la première agriculture au monde, ex aequo avec l'Union européenne. Le secteur emploie 1,7 % de la population active en 2004[1].

Le recensement agraire de 2007 faisait état de 22 millions d'exploitations, couvrant 3735 millions d'hectares, avec une moyenne de 17 hectares par ferme. Il s'agit donc d'une agriculture intensive, sur de grands domaines, qui produit beaucoup de maïs, soja (à plus de 90 % OGM), blé, coton et luzerne, avec aussi un élevage important. La plupart du territoire américain est mis en valeur mais les Grandes Plaines, ainsi que la vallée de San Joaquin (Californie), restent le symbole de la puissance agricole américaine.

Les agriculteurs eux-mêmes sont vieillissants, près de 30 % d'entre eux ayant, en 2011, plus de 65 ans[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'agriculture des USA a commencé très tôt, dès l'époque des indiens. Ils cultivaient notamment du blé et de l'orge mais aussi du chocolat,des tomates... Elle s'est réellement intensifiée avec l'arrivée des esclaves africains au Ier siècle.

Effets du Dust Bowl : tempête de poussière dans le Texas en 1935.

Depuis le XIXe siècle, la Corn Belt (« ceinture de maïs ») est la principale zone agricole de ce pays - la Sun Belt étant connue pour ses fruits.

Dans les années 1930, l'agriculture subit une crise majeure de surproduction et de paupérisation des agriculteurs (ou farmers). Le Dust Bowl (« Bol de poussière »), des tempêtes de poussière et une sécheresse, provoqua une catastrophe écologique qui toucha, pendant près d'une dizaine d'années, la région des grandes plaines. Ces tempêtes détruisirent toutes les récoltes, dépouillèrent les champs de leur terre (érosion), la remplaçant par de la poussière, ensevelirent habitations et matériel agricole et jetèrent des milliers de fermiers sur les routes, en direction de l'ouest. Dans Les Raisins de la colère, le romancier John Steinbeck décrit de façon poignante cette période de l'histoire américaine. La crise écologique provoquée par le Dust Bowl conduisit le gouvernement américain à créer le Soil Conservation Service (en), appelé aujourd'hui Natural Resources Conservation Service (en), organisme chargé de la sauvegarde des ressources naturelles et de l'environnement.

Une petite chauve-souris brune affectée du syndrome du nez blanc, qui décime actuellement les colonies nord-américaines de chiroptères, très grandes consommatrices d'insectes. Une étude publiée en 2011 dans Science faisait état de pertes pouvant aller jusqu'à 3,7 milliards de dollars par an pour les agriculteurs nord-américains provoquées notamment par cette épizootie[3].

Sur les recommandations d’Henry Wallace, l’administration Roosevelt entreprit de protéger les agriculteurs contre les aléas du marché en distribuant des subventions fédérales et en contrôlant la production par l’A.A.A. Le 12 mai 1933, l’Agricultural Adjustment Act fut promulgué[4]. On décida ainsi de réduire la production pour faire remonter les cours agricoles. Pour cela une grande partie des récoltes et des réserves furent détruites ; la réduction des surfaces cultivées fut encouragée par une politique d'indemnisation[5]. Les dettes des agriculteurs furent rééchelonnées (Farm Credit Act, 16 juin 1933)[6].

Les premiers résultats, au bout de trois ans, furent encourageants, puisque le revenu des agriculteurs augmenta. Aussi, l’interventionnisme étatique dans le secteur primaire fut amorcé.

Principaux produits[modifier | modifier le code]

Les vingt principaux produits agricoles du pays étaient en 2003, selon la FAO (avec la masse de la production en tonnes) :

1. Maïs 256 904 992 (80 % du maïs provient de Monsanto[7]; plus de 20 % de la surface agricole utile est consacrée au maïs)
2. Viande de bœuf 11 736 300 (notamment de l'élevage extensif et des feed lots dans les Rocheuses : 98,5 millions de têtes en 1999 (3e producteur mondial)[8] - cf. Élevage bovin aux États-Unis)
3. Lait de vache 78 155 000
4. Poulet 15 006 000
5. Soja 65 795 300 (93 % du soja provient de Monsanto[7])
6. Cochon 8 574 290 (2e élevage porcin du monde, avec 62,2 millions de têtes en 1999[9])
7. Blé 63 589 820
8. Coton 3 967 810
9. Œuf de poule 5 141 000
10. Dinde 2 584 200
11. Tomate 12 275 000
12. Pomme de terre 20 821 930
13. Raisin 6 125 670
14. Orange 10 473 450
15. Riz 9 033 610
16. Pomme 4 241 810
17. Sorghum 10 445 900
18. Laitue cultivée 4 490 000
19. Huile de coton 6 072 690
20. Betterave sucrière 27 764 390

L'agriculture américaine dans le monde : quelques productions

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Réglementation et subventions agraires[modifier | modifier le code]

Subventions accordées en 2005 par le gouvernement fédéral aux agriculteurs, en milliards de dollars, selon les cultures (source: Congressional Budget Office).

Au niveau réglementaire, le Congrès vote périodiquement des farm bill (en) (« loi sur la ferme »). La dernière en date est le Food, Conservation, and Energy Act of 2008 (en), qui a mis en place un plan de politique agraire sur 5 ans, doté d'un budget de 288 milliards de dollars. Entre autres mesures, cette loi soutient de façon importante la production d'éthanol cellulosique, et institue le National Institute of Food and Agriculture (en), qui doit coordonner la politique fédérale en matière de recherche agronomique.

L'Omnibus Consolidated and Emergency Appropriations Act, FY1999 (en) et l'Agriculture Risk Protection Act of 2000 (en) prévoyaient des indemnisations aux agriculteurs victimes de pertes de récoltes ou de gains inférieurs aux gains escomptés en raison de la volatilité des prix du marché. Ces indemnisations, dites « market loss payments (en) », étaient financées par un budget 3,1 milliards de dollars dans la loi de 1999, et de 7,14 milliards de dollars dans la loi de 2000.

Les Texas longhorns, une race bovine emblématique de l'élevage américain.

Depuis le Federal Agriculture Improvement and Reform Act of 1996 (en), des contrats dits production flexibility contract (en)s, échelonnés sur sept ans, ont été mis en place, qui déconnectent le montant des primes des prix du marché. Ces contrats donnent une plus grande liberté de choix des cultures mises en champ (hormis en fruits et légumes). C'est aussi cette loi de 1996 qui mit fin au soutien aux terres non cultivées, visant à lutter contre la surproduction et à maintenir à un taux suffisamment élevé le prix des denrées agraires.

La politique de subventions aux agriculteurs est ancienne aux États-Unis, bien que moins connue que la politique agricole commune (PAC) en Europe. Elle date des années 1920 et de la crise de 1929, avec le Grain Futures Act (en) de 1922, l'Agricultural Marketing Act (en) de 1929 et l'Agricultural Adjustment Act de 1933. Promulgué sous l'administration Roosevelt, cette dernière loi est la première englobant l'agriculture de manière générale. D'autres lois avaient régulé l'agro-alimentaire, et notamment le secteur de l'abattage, après un rapport de la Federal Trade Commission de 1919 (Packers and Stockyards Act (en) de 1921 et Capper-Volstead Act (en) de 1922, qui soustrayait les coopératives aux poursuites anti-trusts).

Commerce extérieur[modifier | modifier le code]

Comme en Europe, l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB, ou « maladie de la vache folle ») a atteint le cheptel américain, poussant le Japon, la Corée du Sud et Taïwan à suspendre leurs importations (cf. Conflits sur l'importation de bœuf américain (en)).

Le Japon, premier marché des producteurs de bœuf américains à l'étranger (pour une valeur de plus d'un milliard de dollars), suspendit ses importations en 2003, avant de les ré-autoriser fin 2005, et de les suspendre à nouveau en 2006, puis de lever partiellement ses restrictions (cf. Importation de bœuf américain au Japon (en)).

La vallée de San Joaquin[modifier | modifier le code]

50 % des fruits et légumes et 90 % des amandes, artichauts, avocats et tomates des États-Unis sont produites dans la vallée de San Joaquin, au sud du delta du Sacramento en Californie[10]. La vallée, qui est aussi le plus grand fournisseur pétrolier de la Californie, et abrite le troisième champ pétrolier des États-Unis, le Midway-Sunset Oil Field, est aussi l'une des régions les plus pauvres des États-Unis. En 2005, 41 % des adultes du comté de San Joaquin vivaient sous le seuil de pauvreté fédéral et dans un état d'insécurité alimentaire[11].

Agriculture biologique[modifier | modifier le code]

Depuis 2002, l'agriculture biologique est sous supervision du National Organic Program, organisme dépendant de l'USDA (Département de l'Agriculture), qui distribue notamment un label « bio » (en fait, trois labels, avec des seuils de qualité variable: « 100 % organic », « USDA organic » ou « made with organic ingredients »). Dès 1990, une loi, l'Organic Food Production Act (en), avait mandaté l'USDA pour mettre sur pieds une réglementation couvrant le secteur.

Pêche et aquaculture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pêche aux États-Unis.

Avec son large territoire et ses côtes sur l'océan Atlantique, le Pacifique et le Golfe du Mexique, les États-Unis ont les plus importantes eaux territoriales du monde (avec un rôle moteur de la Nouvelle-Angleterre, mais aussi de l'Alaska). Ils étaient 5e producteur mondial de poissons au milieu des années 2000, derrière la Chine, le Pérou, l'Inde et l'Indonésie, ce qui représentait 3,8 % du total mondial.

Bien que la question des ressources halieutiques soit un enjeu ancien (un rapport du Congrès de 1871 l'évoquait), ce n'est qu'avec la loi Magnuson–Stevens sur la gestion et la conservation des ressources halieutiques de 1976 que les pêcheries furent réglementées afin de garder sous contrôle les phénomènes de surpêche.

En réponse, l'aquaculture, qui pesait 45 millions de dollars en 1974, prit de l'importance, pour représenter 866 millions de dollars en 2003[12]. En 2004, les États-Unis étaient le 10e producteur mondial dans le secteur de l'aquaculture, principalement derrière des pays asiatiques. Son déficit commercial, dans les fruits de mer, atteignait ainsi plus de 9 milliards de dollars[13].

Après l'ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans, la catastrophe pétrolière de la plate-forme Deepwater Horizon, de BP, en avril 2010, provoqua des conséquences économiques importantes pour la pêche et les fruits de mer (notamment les crevettes, la Louisiane étant le premier producteur de crevettes des États-Unis), durablement contaminés par la nappe de pétrole.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L’état du monde 2006, Paris, La Découverte, 2005, page 362
  2. Recherche agronomique/Science des aliments Projet de loi sur les priorités agricoles pour l'année 2012, BE États-Unis 266 >> 14/11/2011
  3. Justin G. Boyles, Paul M. Cryan, Gary F. McCracken et Thomas H. Kunz, Economic Importance of Bats in Agriculture, Science, , Vol. 332 n°6025, pp. 41-42. DOI: 10.1126/science.1201366. Voir aussi USA: des chauves-souris décimées, Le Figaro avec l'AFP, 31 mars 2011.
  4. A. Kaspi, Franklin Roosevelt, Fayard, 1988, p.236
  5. A. Kaspi, Franklin Roosevelt, Fayard, 1988, p.235
  6. A. Kaspi, Franklin Roosevelt, Fayard, 1988, p.240
  7. a et b Peter Whoriskey, Monsanto's dominance draws antitrust inquiry, Washington Post, 29 novembre 2009
  8. Source : Images Economiques du Monde, 2001
  9. Images Economiques du Monde, 2001
  10. Armelle Vincent, La Californie en état d'urgence, Le Figaro, 16 mars 2009.
  11. Hunger in California’s Central Valley: rising poverty in leading food-producing region, WSWS, juillet 2005
  12. NOAA/NMFS: (2004) Fisheries of the United States, 2003
  13. Aquaculture in the United States NOAA Aquaculture Program. Retrieved 4 January 2009.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]