Agora d'Athènes

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37° 58′ 30″ N 23° 43′ 21″ E / 37.975, 23.7225 ()

L’Agora d'Athènes était, durant l'Antiquité, la place principale de la ville d'Athènes, lieu de rendez-vous des flâneurs et la grande place du marché : elle servait au commerce et aux rencontres. Comme dans toutes les cités de la Grèce, c'est sur l'agora que se trouvait à l'époque homérique le cercle sacré où se réunissaient le roi, les gérontes et le peuple, et qui conserva dans certaines villes comme Halicarnasse le nom d’agora sacrée[1]. Jusqu'aux réformes de Clisthène, elle fut le lieu de rassemblement de l’ecclésia. Au Ve siècle av. J.-C., l'agora ne servait plus qu'aux rares séances qui devaient réunir l'Assemblée plénière censée représenter le « peuple au complet », le δῆμος πληθύων[2].

Petit à petit, durant la longue période romano-byzantine, l'agora devînt un simple quartier d'Athènes (dont les constructions ré-employèrent souvent les pierres antiques) et, lorsque la ville rétrécit suite aux invasions des Goths (IVe siècle) et des Slaves (VIe siècle), elle représentait la partie occidentale de la petite bourgade qu'était devenue Athènes (aujourd'hui Plaka).

Avec la croissance urbaine du XIXe siècle et la redécouverte de l'Antiquité, les habitations furent progressivement rachetées et rasées, tandis que le site antique était dégagé. L'agora est aujourd'hui un très important site archéologique et touristique, situé en plein cœur de la ville moderne, au pied de l'Acropole.

L'Agora, au centre d'Athènes, et à gauche, le Théséion.

Site de l'agora d'Athènes[modifier | modifier le code]

Située à l'origine au nord-est de l'Acropole, l'Agora fut déplacée au pied de la butte de Colonos Agoraios (en) sous l'archontat de Solon. On dut vider l'emplacement des tombes et des maisons qui s'y trouvaient. Les pouvoirs implantés dans le palais sur l'Acropole à l'époque archaïque se sont peu à peu transportés sur l'agora. C'est au cours de cette migration de la ville haute vers la ville basse que les pouvoirs se sont séparés en plusieurs bâtiments distincts.

Elle se trouvait au point le plus bas de l’astu et formait le carrefour des axes de communication dans la cité d'Athènes. Ainsi, l’autel des Douze Dieux était le point à partir duquel on calculait toutes les distances.

L'Agora était également un lieu sacré, dont témoignent de nombreux sanctuaires.

Les fouilles[modifier | modifier le code]

Les premières fouilles sur le site de l’Agora antique furent exécutées par la Société archéologique grecque au cours des années 1859-1912 et ont surtout mis au jour le Portique des Géants et une partie du côté ouest de l’Agora, où l’Institut Archéologique allemand avait fouillé en 1896-1897.

En 1890-1891, dans la partie nord de l’Agora une tranchée profonde a été ouverte pour le passage de la voie ferrée (train express régional) Athènes-Le Pirée. On y a trouvé beaucoup de vestiges et de bâtiments anciens qui furent détruits, ainsi que des fragments de sculptures, gardées au Musée National.

Les fouilles systématiques de l’École américaine d’études classiques ont commencé en 1931 et ont continué jusqu’en 1940. Elles ont recommencé après la Seconde Guerre mondiale de 1946 à 1960. Pour fouiller le site entier, il fallut démolir plus de 360 maisons modernes. De 1953 à 1956, grâce au financement accordé par JD. Rockefeller, le portique ou stoa d'Attale a été reconstruit en vue d'une utilisation comme musée, réserves, laboratoires et bureau de fouilles du site de l’Agora. Le site réaménagé a été confié à la Société Archéologique grecque.
En 2012, les travaux du métro d'Athènes ont mis au jour le plus long tronçon actuellement connu de la Voie sacrée, la route venant d'Éleusis. Les fouilles ont permis de dégager les murs de soutènement dont elle était encadrée ainsi que les ruines du cimetière antique qui la longeait. Ces ruines ont été datées et s'échelonnent de l'époque géométrique jusqu'à la période post-romaine[3].

Description[modifier | modifier le code]

L'Agora archaïque[modifier | modifier le code]

L'Agora est située au nord-est de l'Acropole. On a très peu d'informations sur ses édifices, encore moins sur leur fonction. De manière générale, l'agora était un espace ouvert à tous les habitants. Elle est citée dans l'Iliade et l'Odyssée.

L'Agora classique[modifier | modifier le code]

Plan de l'agora d'Athènes au Ve siècle av. J.-C..
  1. Bâtiment à péristyle
  2. Monnaie
  3. Fontaine sud-est ou Ennéacrounos
  4. Stoa sud
  5. Héliée
  6. Stratègéion
  7. Colonos Agoraios (en)
  8. Tholos
  9. Borne de l'Agora
  10. Monument des héros éponymes
  11. Métrôon (ancien Bouleutérion)
  12. Bouleutérion
  13. Héphaïstéion (Théséion)
  14. Temple d'Apollon Patroos
  15. Stoa de Zeus
  16. Autel des Douze dieux
  17. Stoa royale
  18. Temple d'Aphrodite Ourania
  19. Stoa d'Hermès
  20. Stoa Poikilè

La construction de la nouvelle agora dure longtemps, puisque les bâtiments les plus anciens datent du VIe siècle av. J.-C. L’Agora trouve sa place au centre de la cité, avec de nombreuses fonctions. Elle est entourée des grands axes de communications, vers Le Pirée, le port d’Athènes, la Porte sacrée et la porte du Dipylon et la voie des Panathénées vers l’Acropole.

Édifices à vocation religieuse[modifier | modifier le code]

Édifices à fonction politique[modifier | modifier le code]

Constructions à destination juridique[modifier | modifier le code]

Commodités[modifier | modifier le code]

  • Fontaine sud-est ;
  • Boutiques : L'agora est un lieu de marché intense, à tel point que les réunions de l’ecclésia ne seront plus possibles au Ve siècle av. J.-C.. Les boutiques sont en bois, tissus, adossées aux stoas, le long des voies de circulation. L'agora est un lieu hautement social, où se réalisent de nombreuses rencontres de toutes sortes ;
  • Théâtre en bois amovible, utilisé pendant les réunions de l'assemblée du peuple (ecclésia), les Grandes Dionysies et d'autres occasions ; cette assemblée du peuple se réunira plus tard sur la Pnyx. Un théâtre en pierre sera construit près de l'acropole au Ve siècle av. J.-C., après un effondrement accidentel de la structure.

La frontière entre les différentes catégories de bâtiments n'est pas toujours évidente. L'agora reste un espace ouvert pendant toute l'époque classique et ne deviendra un espace fermé qu'à l'époque hellénistique. Le résultat des différentes fouilles est parfois vague. On ne sait à quoi correspond le bâtiment nommé arsenal, et la découverte du stratégeion est sujette à caution.

Toutefois les fouilles ont révélé un important témoignage de la démocratie athénienne, les ostraca, tessons de poterie faisant office de bulletins dans la procédure d'ostracisme.

L'Agora hellénistique[modifier | modifier le code]

À cette époque vient s'ajouter la Stoa d'Attale, don du roi de Pergame, qui faisait de l'agora un espace fermé. Aujourd'hui reconstruit, ce portique de style éclectique[4] est conforme aux caractéristiques de l'art de l'époque hellénistique.

L'agora romaine d'Athènes.

L'Agora romaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Agora romaine.

Elle se situe à l'est de la stoa d'Attale.

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Gustave Glotz, La cité grecque, Albin Michel, collection L'évolution de l'Humanité, 1970, p. 62 et 169.
  2. Gustave Glotz, La cité grecque, Albin Michel, 1970, p. 180.
  3. (el)Article du journal grec To Vima, 20 décembre 2012.
  4. Définitions lexicographiques et étymologiques de « éclectique » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Flacelière, La vie quotidienne en Grèce au siècle de Périclès, Paris, Hachette,‎ 1971
  • John M. Camp, The Athenian Agora, Thames and Hudson, 1992, (ISBN 978-0-500-27683-9)
  • M.C. Howatson (dir.), Dictionnaire de l'Antiquité : Mythologie, littérature, civilisation, Bouquins

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]