Agnis

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Agnis

Description de cette image, également commentée ci-après

Type Agni (Élisée Reclus, 1892)

Populations significatives par région
Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 953339
Drapeau du Ghana Ghana 298000
Population totale 1 251 339
Autres
Langues

Agni

Religions

Religion traditionnelle, christianisme

Statuette funéraire en terre cuite (Côte d'Ivoire)

Les Agnis sont un peuple d'Afrique de l'Ouest, surtout présent en Côte d'Ivoire, mais également au Ghana où il constitue l'une des principales ethnies[1],[2].

Les Agnis représentent environ 1 251 339 personnes. Ils ont été le premier peuple du pays à entrer en contact avec les Européens au XVIIe siècle.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources, on observe plusieurs variantes : Agnis, Ani, Anya, Anyi, Anyis, Ndenie[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Originaire de la vallée du Nil, les Agnis ont gardé le nom de la première tribu attestée à avoir fondé Ta-Mery (La terre bien-aimée, la Basse-Égypte) à savoir les Anis ou Anus originaire de Ta-Khent (La terre du commencement, l'Éthiopie antique), appelée aussi Ta-Neter (La terre divine). Les roi Agnis portaient le titre de Amon, nom du démiurge de la cosmogonie égyptienne: Amon Azénia (XVIe siècle), Amon Tiffou (XVIIe siècle), Amon Aguire (XIXe siècle), etc.

Début XVIIIe, en provenance du royaume Ashanti du Ghana, les premiers Agnis traversent la frontière ivoirienne avec un autre peuple d'Akans primitifs. Arrivés à la lagune Aby, ils fondent le royaume de l'Indénié, Royaume du Sanwi et celui du Moronou avec les Agnis Mrôfo.
Une autre partie des Agnis conduit par la reine Abla Pokou continue vers l'ouest et peuple de la grande savane recouvrant le centre de la Cote d'Ivoire. Ils ne s'arrêteront que parvenus au fleuve Bandama. Les Agnis ayant suivi la reine Abla Pokou sont appelés les Baoulés (Baouli)" l'enfant est mort" d'aujourd'hui.

Il est à noter qu'il existe d'autres sous-groupes comme les Agnis-Assonvon dans la localité d'Ebilassokro, à l'Est de la Côte d'Ivoire.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Il ne reste plus que 11 % d'Agnis à Abengourou qui était la ville centrale de l'ancien royaume de l'Indénié. En comptant le royaume du Sanwi, on compte 40 % d'Agnis. Le reste du peuple Agni est reparti dans les régions de N'zi-Comoé, de Zanzan et une minorité au Ghana[4].

Villes du sud[modifier | modifier le code]

Dans ces grandes villes, il y a eu une fracture sociale à partir 1990 car les peuples forestiers se regroupent dans certaines zones ainsi que les peuples de la savanes majoritairement émigrées[5].

Société[modifier | modifier le code]

Le système de chefferie[modifier | modifier le code]

Le système de chefferie des Akan est de type monarchique : le choix découle d’un mécanisme héréditaire de succession qui limite l’exercice du pouvoir au membres d’une seule et même famille. Cela se déroulait conformément à la règle générale des successions de la tribu régnante qui dirigea un rôle historique depuis le Ghana voisin vers la fin du XVIIesiècle.

Avant la colonisation française, les Akan avaient développé un royaume avec une structure politique composée du souverain assisté par son conseil. Le reste de la société était composée de trois castes principales : les nobles, les hommes libres et les esclaves.

Économie[modifier | modifier le code]

Les Agnis sont des propriétaires fonciers de la forêt et sont devenus des planteurs rentiers. Étant minoritaires, ils ont su intégrer les nouvelles populations émigrées telles les Mossis en leur attribuant le rôle de métayers. Les récoltes sont divisées mais le principal bénéficiaire est le propriétaire de la terre ce qui engendre un rapport de force dans la structure hiérarchique[6].

Ivoirité[modifier | modifier le code]

À Ayamé, il y a eu des affrontements entre Agnis et Bozos (pêcheurs maliens) vers 1998. Auparavant les populations vivaient en paix en Côte d'Ivoire car il y avait une prospérité économique qui profitait à tous[7].

Culture[modifier | modifier le code]

Langue[modifier | modifier le code]

La langue agni est de la famille des langues nigéro-congolaises. Il y aurait 250 000 locuteurs dans la région du sud-comoé.

Religion[modifier | modifier le code]

Chez les Agnis, le féticheur est le Kômian. Dans les sociétés Akans du Ghana et de Côte d'Ivoire, ce sont toutes les personnes qui détiennent le savoir occulte. Les Kômians peuvent enseigner leur savoir aux rois ou donner des prédictions sur l'avenir. Leurs transes magico-relieuses leur permettent de comprendre des choses incompréhensibles pour le commun des mortels. Les kômians sont regroupés en sociétés secrètes[8].

Il y a eu une grande influence des pasteurs togolais de la Church of Pentecost vers les Agnis du Ghana puis de Côte d'Ivoire dans les années 1950[9]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Les Agnis consomment entre 20 à 50 % du riz et du foutou banane plantain avec manioc dans leur préparation[10] sans oublier bien sûr de l'igname[11].

Famille[modifier | modifier le code]

Pour pouvoir se marier, un prétendant doit fournir trois dots :

  • Bla-ô-kale : aide financière pour l'éducation entretien de la future épouse
  • Adyia-tila : pour l'achat du trousseau
  • Bé-ti-sika : lie la jeune femme et ses parents. Elle devient une promise[12].

L'adultère était traditionnellement durement réprimé : les personnes étaient bannies du village et à partir de ce moment, tout le monde avait un droit de vie ou de mort[13].

Les femmes doivent avouer le nombre d'amants qu'elles ont eus pour sauver leurs enfants et leurs propres vies lors d'accouchements difficiles. Le mari doit donner son pardon[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. afcam.org - Fiche pays Ghana
  2. Jean-Louis Chaléard, Temps des villes, temps des vivres : l'essor du vivrier marchand en Côte d'Ivoire, p. 66
  3. Source RAMEAU, BnF [1]
  4. Marc Le Pape et Claudine Vidal, Côte d'Ivoire : l'année terrible, 1999-2000, Karthala, 2002, p. 128
  5. Marc Le Pape et Claudine Vidal, op. cit., p. 140
  6. Marc Le Pape et Claudine Vidal, op. cit., p. 136
  7. Marc Le Pape et Claudine Vidal, op. cit., p. 181
  8. Ursula Baumgardt, Françoise Ugochukwu, Jean Derive, Approches littéraires de l'oralité africaine en hommage à Jean Derive Mélanges Derive Jean Tradition orale : en hommage à Jean Derive, p. 301
  9. Sandra Fancello, Les aventuriers du pentecôtisme ghanéen : nation, conversion et délivrance en Afrique de l'ouest, p.238
  10. Jean-Louis Chaléard, op. cit., p. 40
  11. Jean-Louis Chaléard, op. cit., p. 79
  12. La preuve : (3) Civilisations archaïques, asiatiques et islamiques, De Boeck Université, 1989, p. 144
  13. Société Jean Bodin pour l'histoire comparative des institutions, La Peine: quatrième partie : mondes non européens = punishment : fourth part : non european worlds, De Boeck Université, 1991, p. 52
  14. La preuve : (3) Civilisations archaïques, asiatiques et islamiques, De Boeck Université, 1989, p. 152

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) S. Domowitz, « Wearing proverbs: Anyi names for printed factory cloth », African arts, 1992, vol. 25, no 3, p. 82-87
  • (en) Paul Parin, Fritz Morgenthaler et Goldy Parin-Matthèy, Fear thy neighbor as thyself : psychoanalysis and society among the Anyi of West Africa, University of Chicago Press, Chicago, 1980, 408 p. (ISBN 978-0-226-64583-4)
  • Marius Ano N'Guessan, Contes Agni de l'indenié, Imprimerie Nationale, 1970, 244 pages.
  • Maurice Delafosse, Essai de manuel de la langue agni, parlée dans la moitié orientale de la Côte d’Ivoire, Paris, 1900, 226 pages.
Ouvrage accompagné d’un recueil de légendes, contes et chansons en langue agni, d’une étude des origines et des migrations des tribus agni-achanti, de vocabulaires comparatifs des différentes langues agni-achanti, d'une bibliographie et d'une carte
  • Sandra Fancello, Les aventuriers du pentecôtisme ghanéen : nation, conversion et délivrance en Afrique de l'ouest, Karthala, 2006, 378 pages, (ISBN 978-2-84586-822-9)
  • Ursula Baumgardt, Françoise Ugochukwu, Jean Derive, Approches littéraires de l'oralité africaine en hommage à Jean Derive Mélanges Derive Jean Tradition orale : en hommage à Jean Derive, Karthala, 2005, 334 pages, (ISBN 978-2-84586-667-6)
  • Jean-Louis Chaléard, Temps des villes, temps des vivres : l'essor du vivrier marchand en Côte d'Ivoire, Karthala, 1996, 661 pages, (ISBN 978-2-86537-635-3)
  • Société Jean Bodin pour l'histoire comparative des institutions, La Peine : quatrième partie : mondes non européens = punishment : fourth part : non european worlds., De Boeck Université, 1991, 514 pages, (ISBN 978-2-8041-1524-1)
  • Marc Le Pape, Claudine Vidal, Côte d'Ivoire : l'année terrible, 1999-2000, Karthala, 2002, 354 pages, (ISBN 978-2-84586-317-0)
  • La preuve : (3) Civilisations archaïques, asiatiques et islamiques, De Boeck Université, 1989, 538 pages, (ISBN 978-2-8041-2893-7)
  • Catherine Blanchard, Les statues dites "Anyi de Krinjabo" dans la statuaire en terre cuite du quart Sud-Est de la Côte d'Ivoire : étude stylistique et historique, Université de Paris 1, 1998, 683 p. 3 vol.
  • V. Duchesne, « Gémellité, fécondité et souveraineté chez les Anyi de Côte d'Ivoire », Quaderni de l'Uomo, 1998, no 1, p. 137-155 1998. ...
  • Claude-Hélène Perrot, Les Anyi Ndenye et les Ashanti, Université d’Abidjan, Institut d'histoire, d'art et d'archéologie africains, 1974, 22 p.
  • Claude-Hélène Perrot, Les Anyi-Ndenye et le pouvoir aux 18e et 19e siècles, Publications CEDA, Abidjan ; Publications de la Sorbonne, Paris, 1982, 333 p. (d’après une thèse de l’Université de Paris 5, 1978)
  • Claude-Hélène Perrot, « Formation d'États et formation d'une ethnie : le cas des Anyi-Ndenye », Cahiers d'études africaines (Paris), 1982, vol. 22, no 87-88, p. 455-463

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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