Agence nationale de renseignements
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L'Agence nationale de renseignements (ANR) constitue le service de renseignement gouvernemental de la République démocratique du Congo. À la différence de nombreux pays, l’agence cumule les fonctions de service de renseignement intérieur et extérieur[1]. Toute puissante en RDC, l'ANR est fortement critiquée pour son non-respect des droits de l'homme par différentes organisations[1].
Son quartier général est situé dans la commune de la Gombe, à Kinshasa, et est contigu au Palais de la Nation, résidence officielle du président de la République démocratique du Congo.
Sommaire |
Historique [modifier]
Créée début 1997, l'ANR constitue d'abord le service de renseignement de l’AFDL, coalition rebelle, dirigée par Laurent-Désiré Kabila qui renversa Mobutu Sese Seko au terme de la Première Guerre du Congo. En mai 1997, lors de l'entrée des troupes rebelles à Kinshasa, l’agence prend possession des locaux de l'ancien Service national d'intelligence et de protection (SNIP), renommé en 1996, Direction générale de la sûreté nationale (DGSN)[1].
Placé, durant la présidence de Laurent-Désiré Kabila, sous la direction du Comité de sécurité d'État, l'ANR retrouve une certaine autonomie avec l'avènement de Joseph Kabila. À noter, par ailleurs, qu'à la différence des autres institutions et forces de sécurité congolaises, l'ANR n'a jamais été concerné par l'obligation d'intégration de membres des ex-forces rebelles congolaises (MLC, RCD-Goma, etc.) prévue par les accords de Prétoria de 2003.
Organisation [modifier]
Structure de l’ANR [modifier]
L’ANR s’organise en trois départements, eux-mêmes subdivisés en directions, divisions, sections et bureaux. Chaque départements a, à sa tête, un administrateur principal (AP)[2].
- le Département de la Sécurité Extérieure (ANR/DSE) est chargé du renseignement extérieur ;
- le Département de la Sécurité Intérieure (ANR/DSI) est responsable du renseignement intérieur et de la sécurité de l’État et travaille en collaboration avec les services concernés du parquet et de la police nationale ; le département s'organise en directions provinciales et en directions spécialisées, à l'instar de la Direction spéciale des investigations et recherches (DSIR), unité soupçonnée d’être impliquée dans l’arrestation de journalistes et d’opposants politiques[3] ;
- le Département d’appui (ANR/DA) constitue les services généraux de l'ANR et est notamment chargé de l'appui logistique aux services « déconcentrés » dans les provinces.
Administrateur général de l'ANR [modifier]
L'Agence nationale de renseignements est dirigée par un administrateur général (AG), qui dépend directement du président de la République. Il est secondé dans sa tâche par un administrateur général adjoint et par des administrateurs principaux. Il était par ailleurs, sous la présidence de Laurent-Désiré Kabila, membre de droit du Comité de sécurité d'État.
| Nom | Mandat | Notes |
|---|---|---|
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| Paul Kabongo Misasa |
21 août 1997 |
Responsable sécurité au Conseil exécutif de l'AFDL, il est arrêté le 21 août 1997 |
| Clément Kibinda |
7 septembre 1997 |
Arrêté quelque temps après sa destitution, il est par la suite nommé conseiller à la présidence |
| Séverin Kabwe |
8 mars 2001 |
Proche de Laurent-Désiré Kabila, il est blessé par balles dès octobre 1997, son état de santé fragile laisse alors le champ libre à son adjoint Georges Leta Mangasa |
| Didier Kazadi Nyembwe |
30 mars 2003 |
Suspendu en novembre 2002 après avoir été cité dans le rapport de l’ONU sur le pillage des richesses naturelles en République démocratique du Congo, sera réintégré par la suite |
| Lando Lurhakumbirwa |
11 mars 2006 |
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| Mira Ndjoku Manyanga[5] |
5 février 2007 |
Ancien commandant de la Garde civile sous Mobutu Sese Seko, ministre de l'Intérieur entre avril 2001 et novembre 2002 |
| Jean-Pierre Daruwezi Mokombe |
11 septembre 2011 |
Membre du PPRD, il est nommé le 5 février 2007 vice-ministre à la sécurité et administrateur général de l'ANR, avant d'être nommé, le 11 septembre 2011, ministre de l'Économie nationale |
| Kalev Mutond[6] |
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Ancien administrateur principal de la DSI sous la direction de Jean-Pierre Daruwezi Mokombe |
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| Georges Leta Mangasa |
7 février 2001 |
Arrêté dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila, il est condamné à l'issue de son procès en octobre 2002 à la peine capitale[7] |
| Alain Munanga |
février 2007 |
Ancien commandant militaire du MLC |
| Adam Mathe Sirimuhigo |
11 juillet 2008 |
Ancien administrateur principal de la DSI sous la direction de Myra Ndjoku Manyanga, il est arrêté pour corruption |
| Kadegue |
27 octobre 2011 |
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| Inzun Kakiak |
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Voir aussi [modifier]
Liens externes [modifier]
Références [modifier]
- (fr) Exposés sur la République démocratique du Congo (RDC38748.F), CISR, 25 mars 2002. [Consulté le 2 août 2006.]
- (fr) Commission des recours des réfugiés de la République française, RDC : les différentes forces en armes depuis 1997, Paris : CRR-Centre d’information géopolitique, 2006
- (fr) « Réponses aux demandes d'information sur l'Agence nationale de renseignement », Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, 25 mars 2002
- Les données concernant les évènements précédant juillet 1998 sont tirées de l'ouvrage suivant : Gauthier de Villers et Jean-Claude Willame, République démocratique du Congo • Chronique politique d'un entre-deux-guerres • Octobre 1996 — Juillet 1998, Paris, l'Harmattan, 1999, 372 p.
- (fr) « Mira Ndjoku nommé à la tête de l’ANR », le Potentiel, 14 mars 2006
- (fr) Journal Officiel, 15 novembre 2011, publication de l'Ordonnance n°11/103
- (fr) « Procès de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila 115 peines de morts requises », afrique-express.com, 17 octobre 2002