Agence internationale de l'énergie

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L’Agence internationale de l'énergie (AIE) (en anglais International Energy Agency (IEA)) est une organisation internationale fondée à l’OCDE en 1974 ; à ne pas confondre avec l'AEN (Agence pour l'énergie nucléaire de l'OCDE) qui n'a compétence que vis-à-vis des États-membres de l'OCDE.

Elle est reconnue mondialement pour la publication de son rapport annuel intitulé World Energy Outlook (WEO).

Pays membres de l'AIE

Histoire[modifier | modifier le code]

Créée en 1974 à la suite du premier choc pétrolier, l'AIE est une organisation internationale destinée à faciliter la coordination des politiques énergétiques des pays membres. Elle s'est tout d'abord donné pour but d'assurer la sécurité des approvisionnements énergétiques (pétrole principalement) afin de soutenir la croissance économique. Elle entend accomplir au XXIe siècle cet objectif, tout en contribuant à la protection de l'environnement, à la réflexion sur les changements climatiques et sur les réformes des marchés.

L'AIE étudie en détail tous les secteurs énergétiques sauf le domaine de la fission nucléaire, analysé par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)

L'AIE est une agence autonome de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elle a son siège à Paris et compte 28 pays membres.

À la suite des dégâts occasionnés par l'ouragan Katrina, l'AIE coordonne l'action des États-membres pour garantir les approvisionnements pétroliers, notamment en puisant dans les réserves stratégiques des États-Unis, de l'Allemagne et de la France.

Au XXIe siècle, elle publie mensuellement une prévision de demande mondiale de pétrole. Par exemple, en avril 2009, elle prévoyait qu'il se consommerait en moyenne 83,4 millions de barils de pétrole par jour (mbj) pendant l'année 2009[1].

Le peu d'engagement de l'Agence Internationale de l'Énergie en matière d'énergies renouvelables (elle n'alloue que 2 % de son budget aux énergies renouvelables[2]) a conduit à la création de l'Agence internationale de l'énergie renouvelable dont 136 États sont aujourd'hui membres[3].

Organisation[modifier | modifier le code]

L'Agence internationale de l'énergie est composée d'un Conseil de direction (hauts fonctionnaires chargés de l’énergie envoyés par les différents pays membres) qui se réunit périodiquement et d'un Secrétariat (effectif permanent de spécialistes des questions énergétiques) placé sous l'autorité d'un Directeur exécutif. Le Conseil de direction nomme le Directeur exécutif (actuellement : Maria van der Hoeven, précédent : Nobuo Tanaka).

Le rapport 2009[modifier | modifier le code]

Dans le WEO 2009, l'organisation appelle à un« New Deal des énergies propres »[4]. Elle prévoit deux scénarios. Soit on suit la tendance actuelle et alors le charbon, le pétrole et le gaz devraient satisfaire 80 % de la consommation en 2030 ce qui causerait des dégâts qu'elle qualifie d'irréparables[4]. Soit, il est mis en place une politique d'amélioration de l'efficacité énergétique (économie d'énergie) et un développement de l'énergie éolienne, de l'énergie solaire, des agrocarburants, de l'énergie nucléaire et du captage-stockage du CO2. Dans ce second scénario, il serait possible de ramener les émissions de CO2 à 450 parties par million (ppm) l'objectif fixé en 2007 par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat des Nations unies. Dans ce dernier cas, les coûts seraient de 7 000 milliards d'Euros sur vingt ans (4 700 dans les transports, 2 500 dans la construction et 1 700 dans l'électricité)[4]. Le rapport insiste pour que des décisions rapides soient prises et met en avant la sécurité de l'approvisionnement[5].

Le rapport 2010[modifier | modifier le code]

Dans le rapport WEO 2010, l'Agence Internationale de l'Énergie évoque la notion de pic pétrolier à travers cette phrase : "Dans le Scénario « nouvelles politiques » [...] La production de pétrole brut se stabilise, plus ou moins, autour de 68-69 Mb/j (millions de barils par jour) à l'horizon 2020, mais ne retrouve jamais le niveau record de 70 Mb/j qu'elle a atteint en 2006"[6]. Cette phrase a été interprétée de la manière suivante : 2006 marque le début du déclin de la production de pétrole, le "pic pétrolier". En réalité, c'est aussi la baisse de la demande adressée au pétrole et pas seulement un phénomène de rareté géologique qui expliquent que dans les scénarios de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la production des pétroles conventionnels, et eux seuls, pourrait ne pas dépasser, à l'avenir, son niveau de 2006. La production totale de pétrole augmenterait jusqu'en 2025 dans tous les scénarios de l'AIE, et la seule production de pétroles conventionnels augmente dans au moins un des scénarios ce qui démontre a contrario que, du moins pour l'AIE, le pic de production pétrolière n'a pas déjà été dépassé.

Révélations de la presse britannique[modifier | modifier le code]

Juste avant le lancement du WEO 2009, un haut-responsable de l’AIE, cité par le quotidien britannique "The Guardian"[7], a révélé que l'institution internationale minimisait délibérément le danger d'une pénurie de pétrole. Selon cette source anonyme, l’AIE minimise le danger d'une pénurie pour ne pas créer un mouvement de panique.

« Beaucoup au sein de l'organisation estiment que même parvenir à un niveau de production de 90 ou 95 millions de barils/jour serait impossible, mais on craint des mouvements de panique sur les marchés financiers si les chiffres sont baissés. »

Selon l’AFP[8], une seconde source non identifiée au sein de l'AIE a indiqué qu'une de ses règles fondamentales est de "ne pas irriter les Américains" mais qu'en fait il n'y a pas autant de pétrole dans le monde que ce que l'Agence affirme. « Nous avons atteint le point le plus haut en ce qui concerne le pétrole. Je pense que la situation est vraiment mauvaise », a-t-il affirmé.

Pays membres[modifier | modifier le code]

Courbes de répartition de la consommation mondiale d'énergie depuis 1970, extrapolées jusque 2025, selon l'Agence internationale de l'énergie, chiffres publiés en 2004.

En 2013, l'Estonie a été invitée à devenir le 29e membre[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. AFP, « Pétrole - L'AIE revoit à la baisse sa prévision de demande mondiale », Le Devoir,‎ 11 avril 2009 (lire en ligne)
  2. (en)renewableenergyworld.com, sur le site renewableenergyworld
  3. (en) « The long road to IRENA – A Chronology », sur le site du World Council for Renewable Energy.
  4. a, b et c Jean-Michel Bezat, Pour l'AIE, le statu quo énergétique met la planète sur "une trajectoire dangereuse" Le Monde du 11 novembre 2003
  5. voir article de Jean-Michel Bezat. Dans cet article la production de pétrole en 2030 est prévue comme devant être de 105 millions de barils jours mais selon le Guardian cité dans l'article au sein de l'organisation certains penseraient plutôt à 90-95 millions de barils jours
  6. WORLD ENERGY OUTLOOK 2010 IEA, publié en novembre 2010
  7. (en) IEA, peak-oil The Guardian
  8. l'AIE accusé de surévaluer les réserves mondiales France24, novembre 2009
  9. ce pays est lié à l’AIE par des accords particuliers
  10. L'Estonie invitée à devenir le 29e membre de l'AIE, site Romandie consulté le 2 décembre 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]