Agence de presse mondiale et généraliste

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher

Les agences de presse mondiales et généralistes sont des agences de presse spécifiques, détenant des bureaux dans la plupart des pays du monde, afin d'offrir une couverture de l'actualité sur l'ensemble de la planète et dans tous les domaines de l'information (sport, justice, économie, politique, faits-divers, culture, vie pratique, etc.) à toutes les radios, télévisions, sites internet et journaux de tous les pays. L'historien Michaël Palmer a analysé leur émergence progressive, forgée par le succès dans les années 1880 d'une « Petite presse » à gros tirage, moins politisée et diversifiant ses centres d'intérêt, soucieuse de vérifier les faits, avec un appétit particulier pour l'information internationale[1], sur fond de baisse des prix du télégraphe et d'initiatives de James Edmund Scripps et Edward Willis Scripps à Detroit et Cleveland.

Sommaire

Le paysage actuel [modifier]

Le nombre d'agences mondiales et généralistes a varié selon les époques. De six avant 1939, il est revenu à trois : Associated Press, Agence France-Presse et Reuters. Cette dernière, rachetée en 2007, par Thomson Financial, diffuse toujours un service généraliste, couvrant tous les domaines de l'information, à destination de tous les médias mondiaux. L'histoire de l'Agence Reuters, marquée par une percée dans la finance aux États-Unis dès la deuxième partie des années 1960, montre qu'elle réalisait la majorité de son chiffre d'affaires dans les services aux entreprises (courtage, logiciels boursiers) dès les années 1970, bien avant le rachat par le Thomson Financial. Parallèlement à cette diversification, Reuters est devenu leader sur le marché de l'information généraliste, vendue aux entreprises comme aux médias, devant l'Associated Press, aux États-Unis comme dans le reste du monde[réf. nécessaire].

Les agences d'information financière, Dow Jones et Bloomberg, ont renoncé à devenir généralistes : elles ne diffusent que de l'information économique. La première y a renoncé après son alliance avec Associated Press, dont elle se veut complémentaire, et la seconde après l'entrée en politique de son propriétaire, Michael Bloomberg. Elles visent essentiellement une clientèle non-médias. Elles ont environ dix fois moins d'abonnés dans le monde des médias, et seulement dans la presse écrite. Bloomberg a percé dans les années 1990 en offrant des services financiers aux entreprises (bases de données) que Reuters n'offrira qu'après la fusion avec Thomson Financial en 2007.

Les agences appartenant à un État peuvent avoir une dimension internationale, comme Xinhua (Chine Nouvelle), ITAR-TASS (Russie), EFE (Espagne) ou ANSA (Italie), mais sans disposer d'un nombre de clients suffisant à l'étranger pour amortir les coûts de production d'un réseau mondial de journalistes. Elles ne sont ni mondiales ni généralistes.

Pour une agence de presse mondiale et généraliste, la contrainte de neutralité est forte à l'étranger, en particulier dans les régions du monde où sa nationalité peut éveiller d'éventuels soupçons chez une partie de la population. L'impartialité de l'Agence France-Presse en Afrique sera scrutée avec attention, tout comme celle de l'Associated Press en Amérique du Sud.

Modèle économique [modifier]

Le modèle économique d'une activité d'agence de presse mondiale et généraliste est bâti sur des économies d'échelle : toucher tous les publics pour rentabiliser les coûts fixes d'un réseau mondial d'information. Dans une logique de couverture à long terme, elle se fixe 3 contraintes :

  • de neutralité, pour être utilisable par le plus grand nombre de médias possible, de tous les pays
  • de fiabilité, car les clients n'ont pas la possibilité de vérifier les informations venant de l'étranger
  • de rapidité, pour pouvoir être immédiatement repris par les radios, les sites Internet et les télévisions. Leur production obéit à un découpage de l'information par priorité: en cas de gros événement, elles donnent immédiatement une alerte de quelques mots, puis une dépêche urgente de cinq ou six lignes, avant de développer.

Pour être neutres et fiables à la fois, les agences de presse mondiales et généralistes s'imposent aussi une contrainte de traçabilité : elles donnent systématiquement une source à leurs informations, tout en en respectant le principe de protection des sources d'information, à condition que l'identité d'éventuelles sources anonymes ait été soigneusement vérifiée et questionnée, ainsi que les raisons nécessitant de la protéger. Cette contrainte de traçabilité facilite la vérification des faits.

Caractéristiques [modifier]

Critères de reconnaissance [modifier]

Les agences de presse mondiales et généralistes se caractérisent par un portefeuille de clients très diversifié : plusieurs milliers de médias dans la plupart des pays, grâce à une diffusion dans de nombreuses langues, en particulier les plus utilisées : anglais, espagnol, français, arabe, chinois, russe et portugais.

Pour servir cet ensemble de clients au meilleur coût, une agence doit disposer de journalistes dans la plupart des pays. Le coût de ce réseau mondial d'information est mutualisé entre le plus grand nombre de clients possibles, pour réaliser des économies d'échelle. Si l'agence ne parvient pas à la taille critique, le manque d'économies d'échelle pénalisera ses clients les plus petits, car ses tarifs seront globalement plus élevés[2].

En plus d'une expérience professionnelle, entretenue, transmise et développée avec le temps, le statut des agences de presse mondiales et généralistes repose sur des critères juridiques précis, concernant à la fois leurs ressources financières et la désignation de leurs dirigeants.

Savoir-faire spécifiques [modifier]

Pour toucher le plus de clients possible, sur la durée, une agence de presse mondiale et généraliste doit garantir une couverture neutre et exhaustive de l'actualité. Il lui en faut en particulier:

  • rédiger ses informations dans un style accessible à tous les publics
  • permettre à tous les médias, quels que soient leur positionnement, culturel, politique ou religieux, d'utiliser les services de l'agence comme un complément à leur propre production journalistique, compatible car neutre. Les dépêches de l'agence constituent un socle sur lequel le journal apporte sa valeur ajoutée, sa connaissance des sujets abordés ou d'une région, son approche, le ton employé, pour entretenir une relation de confiance avec ses lecteurs.

Points faibles et critiques [modifier]

Les agences de presse mondiales et généralistes forment des journalistes généralistes, qui doivent travailler dans l'urgence et conserver une certaine distance avec les sujets traités, afin de rester le plus neutre possible. Leur capacité d'expertise, d'analyse et de connaissance en profondeur des sujets, en est réduite. Les journaux plus spécialisés ou à forte identité régionale peuvent les concurrencer sur ce terrain, avec une production sur-mesure. Un fait-divers, ou un événement concernant une grande ville, sera en général mieux traité par le journal régional, au diapason de la vie locale.

Lors de la XVIIe Conférence générale de l'Unesco, en 1972, les agences de presse mondiales et généralistes, alors au nombre de cinq, furent prises à partie, accusées notamment d'être « une source de pollution morale et culturelle[3] », une polémique nourrie depuis la création de l'Agence de presse Latin. La critique porte sur leur nombre restreint et le fait qu'elles propagent une vision essentiellement américaine du monde, car il y avait alors deux américaines sur quatre, Associated Press et United Press International. Les critiques contre cette « vision américaine » avait dès les années 1910 favorisé la création de la La Presse canadienne, agence coopérative canadienne.

L'Unesco constate ensuite à la fin des années 1970 la disparition des agences de presse nationales dans certains pays parmi les plus pauvres d'Afrique, dont la responsabilité est alors imputée aux agences de presse mondiales. Face à leurs difficultés, elle a lancé des programmes pour l’établissement d’agences de presse par grandes régions d'Afrique (CANAD, SEANAD et WANAD) et encouragé le développement de l'Agence panafricaine de presse, basée à Dakar, capitale du Sénégal, avec deux bureaux extérieurs, à New York (États-Unis) et à Paris (France).

Implication dans l'information télévisée [modifier]

Chacune des trois agences de presse mondiale a une importante production de reportages télévisés, qui profite de l'implantation dans plusieurs centaines de pays, pour offrir des images télévisées à tous ses clients.Reuters a fondé Visnews il y a un demi-siècle. AP Television News, filiale de l'Associated Press, et l'AFP TV, filiale de l'Agence France-Presse, sont nées au milieu des années 1990. Chacune produisait en 2010 plus d'une trentaine de reportages télévisés chaque jour. Le leader est AP Television News et le moins développé l'AFP TV. Le système d'échange d'images des EVN s'est ouvert à leurs services, permettant de toucher à moindre coût l'ensemble des chaînes de télévision.

Avec le succès des portails d'information et des sites Internet de plusieurs grands journaux, la frontière entre écrit et audiovisuel s'estompe. Les reportages télés des agences de presse généralistes sont repris sur les sites internet de la presse écrite, où ils complètent et valorisent les articles, qui de leur côté apportent des éclairages difficiles à placer dans un reportage télévisé: 2 minutes d'image représentent un nombre de mots équivalent à 15 lignes de journal.

Rôle économique, politique et social [modifier]

  • Gains de temps : une source d'information gagne du temps en s'adressant à une agence de presse mondiale et généraliste, qui la diffusera à l'ensemble des médias après avoir éventuellement éliminé tout ambiguïté ou erreur dans le message émis, en questionnant cette source d'information. Pour cette raison, on dit que les deux qualités de base d'un journaliste d'agence sont sa rigueur et son carnet d'adresses.
  • Stimulation de la concurrence : une agence de presse mondiale et généraliste réduit les barrières à l'entrée dans l'industrie des médias, en facilitant la création d'entreprise. Un journal ou une radio souhaitant apporter des idées nouvelles ou des pratiques plus modernes dans un domaine aura d'autant plus de facilité à se lancer qu'il peut se reposer, par exemple pour la couverture internationale, sur la production d'une agence de presse mondiale et généraliste, au moins pendant sa période de croissance.
  • Dans l'autre sens, Internet permet à des journaux de concurrencer les agences de presse sur les secteurs où ils apportent une plus grande expertise.
  • Ouverture internationale : en disposant de journalistes dans la plupart des pays, une agence de presse mondiale et généraliste peut questionner les informations qui sont publiées dans ces pays, pour les rendre plus claires et plus intéressantes. Cela contribue à l'intérêt du grand public pour les actualités internationales.
  • Démocratie : la contrainte de neutralité des agences de presse mondiales et généralistes, favorise le débat public, qui s'effectue à armes égales. Cette contrainte de neutralité doit reposer à la fois sur des règles juridiques précises et sur une culture d'entreprise transmise en interne.
  • Stabilité juridique et institutionnelle :
    • Chez Reuters, l'actionnaire, la Press Association britannique, a imposé la création du Reuters Trust pour garantir l'indépendance et mettre fin aux reproches accusant Reuters d'avoir accepté 64 000 livres sterling du gouvernement britannique en 1938, à des fins de propagande[4]. La conservation du Reuters Trust était la condition posée pour accepter l'introduction en Bourse de 1984.
    • Chez Associated Press, le statut coopératif a été renforcé par une décision de la Cour suprême de l’État de l’Illinois, l'Arrêt Inter Ocean Publishing contre Associated Press de 1900, qui déclare qu’AP est un service public, astreint à certaines obligations[5].
    • L'Agence France-Presse s'est elle dotée d'un statut d'indépendance, voté en 1957 à l'unanimité par le parlement français, lui fixant une stricte obligation de neutralité, une couverture mondiale, et l'interdiction de faire des pertes, sous le contrôle d'une commission financière.

Histoire [modifier]

Pony Express, pigeons et télégraphes : la mutualisation des coûts [modifier]

La création de l'Associated Press par six journaux new-yorkais en 1848 découle de la nécessité de mutualiser les coûts du Pony express de Nouvelle-Écosse, système qui permet à ses journaux de publier avec un jour d'avance les nouvelles venues d'Europe, en allant les chercher directement à première escale américaine des navires, le port canadien Halifax, sans attendre qu'ils arrivent à Boston puis à New York. Le premier nom de l'Associated Press est l'«Harbor Associated Press»[6] puis elle rebaptisée New York Associated Press, avant de fusionner avec la Western Associated Press à Chicago, après la Guerre de Sécession.

À Paris, le coût d'entretien des centaines de pigeons voyageurs de Charles-Louis Havas est réparti entre ses clients, qui reçoivent ainsi en quelques heures des nouvelles des grandes capitales européennes. Reuters profite lui du premier câble télégraphique transmanche en 1851: l'Angleterre n'est plus tout à fait une île, mais Londres plus que jamais capitale diplomatique et financière du monde.

Une ambition mondiale dès les années 1860 [modifier]

Dans les années 1860, les réseaux télégraphiques font circuler les nouvelles de Sydney à San Francisco en quelques minutes[7]. Chaque agence reçoit alors un soutien gouvernemental, pour que ses clients puissent en bénéficier. L'histoire de l'Associated Press est marquée par la Guerre de Sécession. Le gouvernement américain a besoin de ses services pour coordonner son action dans un conflit à l'échelle du continent. Les abonnements publics, en particulier à l'armée, permettent à la petite agence, détenue par une poignée de journaux new-yorkais, de s'étendre. L'Associated Press, qui s'appelle encore New York Associated Press, envoie alors des dizaines de reporters couvrir le conflit côté sud, pour éviter toute accusation de partialité. Mais les critiques viennent d'ailleurs: les journaux de la région des grands lacs se sentent pénalisés car les nouvelles leur arrivent trop tard. Ils créent la Western Associated Press à Chicago, qui prendra le contrôle de la New York Associated Press, pour créer l'Associated Press.

En 1865, l'Agence Continentale allemande obtient du chancelier Bismarck différents privilèges, via des accords secrets, incluant la priorité dans l’accès au télégraphe. Mêmes avantages pour Reuters lors du Telegraph Act de 1869, vaste réforme structurelle qui nationalise les compagnies de télégraphe et institue des tarifs plus attractifs. La même année, l'Agence Continentale s'installe dans la poste centrale de Berlin, pour un accès direct au télégraphe. Elle opère aussi un renversement d'alliance: plutôt que partager avec Havas et Reuters le service de la New York Associated Press, elle s'entend avec la Western Associated Press de Chicago, située dans la région des plaines des grands lacs, en pleine croissance agricole et démographique, qui inonde l'Europe de céréales à meilleur marché. En France, les Lois sur le télégraphe de 1878 s'inspirent du Telegraph Act de 1869, mais avec du retard car le Second Empire se méfie de la presse. Elles créent un tarif réduit pour certaines dépêches et abolissent le monopole des postes. Sa zone d’influence n’incluant que l'Europe, Havas s'investit dans l’Histoire des agences de presse en Amérique du Sud lors de l'avènement du câble Londres-Récife. Un traité Havas-Reuters, du 1er mai 1874, met en commun tous les services télégraphiques sur ce nouveau continent, mais Havas décide de continuer seul. Il faudra cependant attendre les accords du 24 août 1927 à Genève pour que chaque agence décide d'assurer des services à tous les journaux du territoire de toutes ses concurrentes, décision qu'Havas et l'Agence Continentale ne peuvent plus retarder car elle consacre la nouvelle puissance de Reuters et Associated Press.

L'appétit de la « petite presse » pour l'actualité internationale [modifier]

À la fin des années 1870, l'usage de la rotative permet d'augmenter tirage et lectorat. La Loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 entraîne la multiplication de titres. Comme avant eux le Times de Londres, plusieurs quotidiens français se différencient en offrant plus de « nouvelles du monde », reçues grâce aux agences par le télégraphe électrique : La Patrie (Paris) et Le Matin, mais aussi Le Soleil et Le Temps, ancêtre du quotidien Le Monde.

L'actualité internationale intéresse aussi la petite presse[8], apparue en province, avec le Petit Lyonnais, La Petite Gironde mais aussi à Paris, avec Le Petit Journal. Pour aiguillonner l'agence Havas, l'Agence télégraphique républicaine est créée en 1884 par Jules Chapon, directeur de La Petite Gironde, puis instituée sous forme associative en 1885 par des quotidiens départementaux. Aux États-Unis, le New York Herald de James Gordon Bennett senior fait le même pari.

L'histoire de la radio donne ensuite de nouveaux atouts aux agences mondiales et généralistes, avec les premiers programmes quotidiens en Angleterre, aux États-Unis et en URSS dès 1920, puis en France en 1921 avec Radio Tour Eiffel. Le nombre de radios augmente en particulier aux États-Unis, où l'Associated Press a pour clientes quelques 4500 radios et télévisions locales.

Les guerres, épreuves du feu de la neutralité [modifier]

Reuters, l'Associated Press et l'Agence France-Presse ont chacune gagné leur réputation de neutralité sur fond de guerre, puis l'ont renforcé par un solide statut juridique.

  • Associated Press doit envoyer, pendant la Guerre de Sécession, des reporters chez les sudistes et les nordistes, avec un souci d'impartialité, car ses clients sont au Sud comme au Nord. Face à la multiplication des champs de bataille, elle doit accélérer sa couverture pour ne pénaliser aucun client. Son statut coopératif est ensuite renforcé.
  • Reuters se forge une réputation de neutralité en couvrant des deux côtés la Guerre des Boers, alors que l'énorme gisement d'or d'Afrique du Sud concentre toutes les spéculations. Sir Roderick Jones, l'un des reporters sur place, deviendra directeur puis propriétaire en 1916 de Reuters[9], qui passera ensuite sous contrôle de la presse britannique pendant 53 ans, avec la création du Reuters Trust.

Six échecs historiques [modifier]

Six agences de presse ont tenté de se doter une stature mondiale sans y parvenir :

  • L'Agence Continentale a commis son premier faux pas en octobre 1876 : après l'ultimatum russe à la Turquie, elle sous-traite à la très officieuse mais fort peu indépendante "Agence générale russe". L'Agence Havas envoie alors ses propres reporters dans la région, même si ce n'est pas sa zone de couverture. Autre impair, la couverture de la campagne électorale allemande de 1887, jugée trop favorable à Bismarck. Indisposés par cette partialité, les quotidiens français Le Soleil et Le Temps envoyent leurs propres correspondants. L'invention en 1909 de la « mention Tractatus[10] »,pour communiquer des dépêches de quasi-propagande aux journaux étrangers, achève de la décrédibiliser.
  • L'Agence Dalziel signe son arrêt de mort dès 1893, seulement ans trois après sa création, en plein scandale de Panama. Une de ses dépêches citant une autre dépêche, qui reprend elle-même de simples bruits, déclenche l'Affaire Dalziel. La presse l'accuse de servir les intérêts des Anglais pour tenter de séparer les Russes de leurs alliés français.
  • L'agence britannique Central News a publié les lettres de Jack l'Eventreur et permis le lancement en France, en 1882 et 1884, des quotidiens The Morning News et Le Matin, qui publient plus d'actualité internationale que les clients d'Havas. Particulièrement active dans les expéditions britanniques en Égypte et au Soudan, son déficit de neutralité et de fiabilité devient flagrant lors du siège de Khartoum en 1885, où meurt un correspondant du Times de Londres, qui en fait sa bête noire et l'oblige à fermer.
  • L’International News Service (INS), créé en 1909 par William Randolph Hearst, a quatre cents clients aux États-Unis dès 1915. Mais en octobre 1916, elle fait ouvertement campagne contre l’entrée en guerre des États-Unis. La France et l’Angleterre dénoncent son manque de neutralité et lui coupent l’accès au câble transatlantique. De plus, le Harper's Weekly a enquêté et l'accuse d’avoir de faux correspondants en Europe, de fabriquer de faux reportages à partir de nouvelles de l’Associated Press, qui l'attaque et gagne en justice en 1918 : le jugement assure un premier droit d’auteur[11]. Elle fusionne en 1959 avec United Press et ne reçoit que 5 % du nouvel ensemble, qui périclite à partir des années 1980 après une série de changements de propriétaires.
  • En Russie, l'Agence Tass procède à d'énormes investissements dans les années 1930, en ouvrant de nombreux bureaux dans le monde. Elle reste cependant la « Voix de Moscou » et ne gagne pas de clients dans les médias.

Chronologie des agences internationales [modifier]

XIXe siècle [modifier]

Avant les câbles transatlantiques [modifier]

Après les câbles transatlantiques [modifier]

Après l'invention du téléphone moderne [modifier]

XXe siècle [modifier]

Avant l'avènement de la radio [modifier]

Après l'avènement de la radio [modifier]

Références [modifier]

  1. Des petits journaux aux grandes agences, par Michaël Palmer, page 40 chez Aubier
  2. « When a German newspaper group cancelled its DPA wire service subscription, a fresh debate was sparked over government subsidies of the news media », par Isabelle de Pommereau, dans The Christian Science Monitor du 17 juin 2009
  3. La Guerre Mondiale de L'Information, par Antoine Char - Éditions PUQ - 1999 page 27 [1]
  4. International news and the press: an annotated bibliography, par Ralph O. Nafziger, page 20
  5. Arrêt Inter Ocean Publishing contre Associated Press, Cour Suprême de l'Illinois, 1900
  6. Histoire d'AP sur le site officiel américain
  7. Structure, fonctionnement et évolution du marché international des nouvelles. Les agences de presse de 1835 à 1934 Jacques Wolff, Revue économique (1991), page 585
  8. Des petits journaux aux grandes agences, par Michaël Palmer, page 241 chez Aubier,
  9. Un siècle de chasse aux nouvelles: de l'Agence d'information Havas à l'Agence France-presse (1835-1957) par Pierre Frédérix, Flammarion, 1959 -page 313
  10. Des petits journaux au grandes agences, par Michaël Palmer, page 245
  11. « American journalism: history, principles, practices”, par William David Sloan,Lisa Mullikin Parcell, page 160
  12. a, b et c News agencies from pigeon to internet, par K. M. Shrivastava, page 287
  13. a, b, c et d Structure, fonctionnement et évolution du marché international des nouvelles - Les agences de presse de 1835 à 1934, par Jacques Wolff, dans La Revue économique (1991) [2]
  14. a et b Michael B. Palmer, Des petits journaux aux grandes agences, Paris, Aubier, 1983, page 343
  15. a, b, c, d, e, f, g et h Michael B. Palmer, Des petits journaux aux grandes agences, Paris, Aubier, 1983, page 344
  16. ImageCLEF: Experimental Evaluation in Visual Information Retrieval, par Henning Müller, Paul Clough, Thomas Deselaers, page 470
  17. Structure, fonctionnement et évolution du marché international des nouvelles - Les agences de presse de 1835 à 1934, par Jacques Wolff, dans La Revue économique (1991)
  18. http://www.aim25.ac.uk/cgi-bin/vcdf/detail?coll_id=17037&inst_id=118&nv1=browse&nv2=sub
  19. Structure, fonctionnement et évolution du marché international des nouvelles - Les agences de presse de 1835 à 1934, par Jacques Wolff, dans La Revue économique (1991), page 587 [3]
  20. Structure, fonctionnement et évolution du marché international des nouvelles - Les agences de presse de 1835 à 1934, par Jacques Wolff, dans La Revue économique (1991), page 587[4]
  21. a, b, c, d, e, f, g, h et i Michael B. Palmer, Des petits journaux aux grandes agences, Paris, Aubier, 1983, page 345
  22. Un siècle de chasse aux nouvelles : de l'Agence d'information Havas à l'Agence France-presse (1835-1957), par Pierre Frédérix, 1959, page 365
  23. Un siècle de chasse aux nouvelles : de l'Agence d'information Havas à l'Agence France-presse (1835-1957), par Pierre Frédérix, 1959, page 366

Articles connexes [modifier]