Agaléga

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Agaléga
Carte de l'archipel d'Agaléga.
Carte de l'archipel d'Agaléga.
Géographie
Pays Drapeau de Maurice Maurice
Localisation Océan Indien
Coordonnées 10° 26′ 20″ S 56° 39′ 04″ E / -10.439, 56.65110° 26′ 20″ S 56° 39′ 04″ E / -10.439, 56.651  
Superficie 24 km2
Nombre d'îles 2
Administration
Démographie
Population 289 hab. (2000)
Densité 12,04 hab./km2
Autres informations
Découverte 1509
Fuseau horaire UTC+4

Géolocalisation sur la carte : océan Indien

(Voir situation sur carte : océan Indien)
Agaléga
Agaléga
Îles de Maurice

Agaléga est un archipel de l'océan Indien, territoire éloigné de la République de Maurice, situé à 1 070 km au nord de l'île Maurice (coordonnées 10°25′S 56°38′E). D'origine corallienne, il est formé de deux îlots - les îles du Nord et du Sud - reliés par un isthme sablonneux. (sur certains systèmes de cartographie accessibles sur le net, le positionnement d'Agaléga souffre actuellement d'un décalage entre carte et image satellite)

Géographie[modifier | modifier le code]

L'île du Nord fait 12,5 km de long sur 1,5 km de large alors que l'île du Sud fait 7 km de long sur 4,5 km de large. La superficie totale des deux îlots serait de 26 km2. Le sol est de nature corallienne. Le point culminant se trouve au sommet de la colline d’Emmerez sur l’île du nord. Le climat est chaud et humide et la température moyenne annuelle est de 26 °C, oscillant entre un minimum de 22,5 °C et un maximum de 30,6 °C. Avril est le mois le plus chaud de l’année. Ce climat tropical est favorable au développement de mangroves et cocotiers qui couvrent les deux îlots. Il y a environ 300 personnes qui vivent sur l'archipel.

Histoire[modifier | modifier le code]

Tout comme les autres îles des Mascareignes, il se peut qu’Agaléga fût connu des navigateurs malais et arabes, mais aucune trace écrite qui confirme ces dires n’a été retrouvée à ce jour.

Quant à l’origine de nom Agaléga, il en existe trois versions :

Il se peut que l’explorateur Portugais Don Pedro de Masceranhas baptisa les deux îles en 1512, quand il découvrit l’île Maurice et l’île de la Réunion. Ainsi il aurait nommé Agaléga et l’île de Ste Marie (au large de la côte est de Madagascar) en l’honneur de deux de ses voiliers, le Galega et le Santa Maria.

La seconde piste, qui est la plus probable, est celle qui nous mène à João da Nova, navigateur Galicien, employé par les Portugais. Il fut connu de ses marins sous le sobriquet Jean Gallego. Ce baptême est bien documenté dans Les Nouvelles Annales de Voyage (tome 38, p. 88). Il y est écrit que le dénommé João da Nova découvrit ces îlots en 1501. Agalega, écrit en galicien et portugais a galega, veut dire la galicienne.

La troisième piste de parrainage des deux îles, est le navigateur Portugais Diogo Lopes de Sequeira. Sir Robert Scott expliqua dans son livre Lumuria que ce navigateur découvrit Agaléga en 1509 et le nomma Baixas da Gale, Gale signifiant un vent de force 8 en anglais. Le nom fait référence, ironiquement, à la formation d’une bourrasque de vent qui aurait modelée les côtes des deux îlots. À la suite de cette découverte, les cartes de la région représentaient les îlots comme Gale, Galera, Galega et finalement Agaléga.

M. de Rosemond fonda le premier établissement de l'île. À son arrivée en août 1808, il découvrit le corps de deux naufragés et une bouteille contenant des notes écrites par l'un d'eux, le corsaire Robert Dufour. La seule montagne de l'île, Montagne d'Emmerez (ou colline), tire ainsi son nom de l'aventure tragique de la deuxième naufragée, une Mauricienne, Adélaïde d'Emmerez de Charmoy. Selon les bases de Mémoires et découvertes d'Auguste Le Duc, on pourrait conclure que les naufragés auraient été les premiers vrais occupants de l'île de 1806 à 1808.

Le développement économique, infrastructurel et politique de l'île ne trouve son essor qu'à l'arrivée d'Auguste Le Duc en 1827, administrateur français envoyé par M. Barbé pour s'occuper de sa production d'huile de coco et du coprah. Toujours présents, on remarque des vestiges historiques datant de 1827 à 1846, faits de mains d'esclaves: Le village Vingt-Cinq (à cause des vingt-cinq coups de fouet que recevaient les esclaves rebelles), Les Cachots des Esclaves, Le Moulin à l'Huile, Le Cimetière des Noirs, Le Cimetière des Blancs entre autres. Auguste le Duc entama même la construction d'un pont entre les deux îles, qui sera balayé rapidement par les forces de la nature.

L'Église catholique ne s'implante durablement qu'en 1897 avec le premier missionnaire, le père Victor Malaval, s.j. Une chapelle improvisée fut construite sur l'Ile du Sud.

L'origine des habitants a été hautement influencée par la situation politique du monde colonial au XIXe siècle (l'île Maurice qui passe aux Anglais en 1810, l'abolition de la traite négrière, l'abolition de l'esclavage en 1835, l'arrivée des coolies). Ce sont alors des esclaves d'origines malgaches, de Madras en Inde, des esclaves libérés de navire négriers, ou de l'entrepôt des esclaves comoriens.

Des légendes, telles que Calèche Blanc et de la Princesse malgache enterrée sur l'île ou encore le langage codé de langaz Madam Seret a suivi une tradition orale depuis le temps des esclaves. Cette langue est un mélange de français et de créole mauricien où chaque syllabe est doublée avec la première consonne remplacés par le « g » (ex. « français » devient « frangrançaisgais »). L'origine et le but de cette langue restent flous.

De nos jours, la population est d’environ 300 personnes (Agaléens) qui parlent le créole et le catholicisme est prédominant.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Les lieux d’habitation principaux sont les villages de Vingt-Cinq et de La Fourche sur l’île du Nord et de Sainte-Rita sur l’île du Sud. La route reliant les différentes localités est corallienne et sablonneuse. L’île du Nord abrite une piste d’atterrissage, l’école primaire gouvernementale « Jacques Le Chartier », le poste de police, la station météorologique, l’administration centrale, le bureau des télécommunications (Mauritius Telecom), ainsi que le service de santé. Il n’y a pas de réseau de distribution d’eau courante. L’eau potable provient d’eau de pluie recueillie par des gouttières. L’eau pour les autres usages provient des puits. L’électricité est fournie par des générateurs tournant au diesel et la fourniture se limite à certaines heures. La compagnie qui gère les îles lointaines telles qu’Agaléga et Saint-Brandon travaille sur un projet visant à assurer une alimentation permanente (connexion sous-marine) de ces îles.

Agaléga est relié à l’île Maurice par voies aérienne et maritime. La piste d’atterrissage sur l’île du nord permet le décollage et l’atterrissage d’appareils de faible envergure. Il n’y a pas de port fonctionnel sur les îles mais seulement une jetée à St James Anchorage sur l’île du nord. Les navires de la Mauritius Shipping Corporation, (le Mauritius Pride et le Mauritius Trochetia) jettent l’ancre à environ 500 m de ce lieu, en mer profonde, lors des ravitaillements.

Le service de santé est assuré par un officier de santé et une sage-femme. Des médecins venant de Maurice font des tournées de courte durée tout au long de l’année. Les Agaléens reçoivent également la visite d’un magistrat au cours de l’année.

Pour l'éducation, les jeunes suivent le cycle primaire sur place et continuent ensuite leur scolarité en cycle secondaire à Maurice.

Économie[modifier | modifier le code]

Agaléga est géré par une compagnie de l’État mauricien, l’Outer Island Development Company (compagnie de développement des îles lointaines), OIDC. Cette compagnie délègue un Resident Manager, sorte d’intendant, qui est l’autorité suprême sur les deux îlots. L’économie de l’archipel est principalement basée sur l’exploitation d’huile de coco.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :