Afro-Européens

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Le terme Afro-Européens désigne des personnes principalement noires ou métisses, qui détiennent la nationalité, par naissance ou par acquisition, d'un État de l'Europe, ou qui détiennent des permis de séjour de longue durée dans ces pays ou qui exercent depuis de longues années des activités économiques, de manière temporaire ou saisonnière en Europe.[réf. nécessaire] Il désigne à la fois des immigrants, des descendants d'immigrants et les descendants d'Africains qui ont été déplacés, soit dans le cadre du commerce des esclaves, soit dans le cadre d'autres activités vers l'Europe au cours des temps.

Les Afro-Européens sont plus nombreux dans les pays dont l'histoire a comporté une phase coloniale, soit en Afrique, soit en Amérique comme la France, le Royaume-Uni, le Portugal, les Pays-Bas, la Belgique, l'Italie. Mais certains ont été recrutés et se sont installés dans le cadre de processus d'immigration de travail, notamment en Allemagne, en Espagne, et en Suède[réf. souhaitée].

Sommaire

Un concept à la fois évident et ambigu [modifier]

La notion d'« Afro-Européens » comme tous les termes qui servent à décrire une ou des différences, comporte des aspects ambigus selon le domaine auquel on l'applique.

Son usage est ancien en linguistique où il sert à désigner une langue créoles dont la langue « lexificatrice » [1],[2]est soit le français, soit l'anglais, soit le néerlandais, soit l'espagnol ou le portugais[3],[4], et dont les autres langues qui ont concouru à la formation de son vocabulaire sont soit d'autres langues de ce même groupe, soit une ou plusieurs langues parlées en Afrique. Certaines de ces langues possèdent une histoire qui s'étend sur un demi-millénaire et sont parfois pratiquées par des locuteurs qui ne résident pas en Europe[5].

Le concept d'« Afro-Européens » fait le plus souvent référence à des personnes qui sont originaires de régions qui sont géographiquement situées au sud du Sahara. Cette notion comporte néanmoins des limites car elle tend à ignorer l'existence de minorités[6] dont les membres sont originaires de contrées situées au nord du Sahara au Maghreb, et l'existence de mouvements culturels anciens et communs au Maghreb et à un ou plusieurs pays situés au sud du Sahara[7].

Le concept d'« Afro-Européens » est souvent utilisé sur le modèle de celui « d'Afro-Américains » par les militants des associations et des mouvements qui militent en faveur de l'égalité des chances des personnes de couleur en Europe[8]. Il s'agit ici aussi d'une notion qui doit être utilisée avec prudence car elle tend à exclure les populations de couleur qui ne sont pas d'origine africaine[9] qui ont souvent partagé les mêmes histoires.

Afro-Européens célèbres [modifier]

Historiques [modifier]

Contemporains [modifier]

Dans de nombreux championnats de football européens, les joueurs noirs représentent jusqu’à 20 % de l'ensemble des joueurs. En revanche, parmi les entraîneurs et les dirigeants des équipes de football, les noirs étaient jusqu’à récemment complètement absents. En 2000, Frank Rijkaard est devenu le premier Noir à entraîner une équipe nationale européenne en prenant la tête de l’équipe des Pays-Bas et a depuis brillamment poursuivi sa carrière d’entraîneur en Espagne. Récemment, le sénégalais Pape Diouf est devenu directeur sportif de l’Olympique de Marseille. Paul Ince est devenu le premier dirigeant d’une équipe de football du championnat anglais en prenant la tête du Blackburn Rovers FC et aussi le premier joueur noir à avoir été capitaine de l’équipe d’Angleterre.

Répartition [modifier]

Les populations d’origine africaine se retrouvent principalement dans les pays suivants :

Pays Estimation Description
Drapeau de France France 3-5 millions Afrique subsaharienne seulement. 3 millions, estimation donnée par le Conseil représentatif des associations noires (les statistiques fondées sur l'origine ethnique sont interdites en France). Un quart des Français noirs ont des origines liées aux îles des Antilles. Voir aussi Noirs en France.
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 2 millions Estimé à 2 millions, d'Afrique et des Caraïbes. Voir aussi Communauté afro-caribéenne du Royaume-Uni.
Drapeau d'Italie Italie 1 million[10] Afrique subsaharienne et Maghreb: 555 000 originaires principalement du Maroc, Algérie, Sénégal, Tunisie, et Mali.
Drapeau d'Espagne Espagne 505 000 [citation nécessaire] Afrique sub-saharienne seulement. Les origines de ces personnes se retrouvent principalement au Sénégal, au Nigeria, en Gambie, ou encore en Guinée équatoriale, qui est une ancienne colonie espagnole[11].
Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas 700 000 Principalement d'origine surinamienne et des Antilles néerlandaises, mais aussi du Cap-Vert et d'autres régions d'Afrique.
Drapeau d'Allemagne Allemagne 500 000[12] Les statistiques fondées sur l'origine ethnique sont interdites en Allemagne mais l'ISD (Initiative für Schwarze Deutsche, « Initiative pour les Allemands noirs ») estime le nombre d'Allemands noirs à 500 000. Cette source ne précise pas si ce nombre compte seulement les Noirs avec la nationalité allemande ou tous les Noirs résidant en Allemagne.
Portugal Portugal 400 000[13] Leurs origines remontent principalement aux anciennes colonies portugaises d'Afrique, en particulier le Cap-Vert, l'Angola, la Guinée-Bissau et des Brésiliens d'origine africaine.
Drapeau de Russie Russie 10 000[citation nécessaire] Les Russes noirs sont majoritairement des descendants des esclaves africains qui furent déportés en Russie durant la période de l'Empire ottoman. Le tsar Pierre Ier de Russie les avait alors recommandés pour leur résistance à la tâche.
Drapeau d'Irlande Irlande 45 000
Drapeau de Suède Suède 60 000[citation nécessaire]
Drapeau de Suisse Suisse 85 000 Principalement originaires de la RDC, du Cameroun mais aussi du Cap-Vert et de l'Afrique de l'est. La grande majorité des Africains de Suisse vit dans la partie francophone du pays.

Notes et références [modifier]

  1. La langue « lexificatrice » est celle qui a concouru à la formation d'un créole en lui apportant la majorité de son vocabulaire
  2. (fr) Langues créoles, diachronie et procédés de reconstruction, Nicolas Quint, Bulletin de la Société de linguistique de Paris, 2001, pages : 265-284, sur Peeters On Line Journals. Consulté le 26 janvier 2012
  3. Il existe aussi des créoles dont la langue lexificatrice est l'arabe ou le chinois mandarin.
  4. (fr) Un créole arabe : le kinubi de Mombasa. Étude descriptive. Xavier Luffin, thèse de mastère, université libre de Bruxelles, 31 1 2004., sur Openthesis. Consulté le 26 janvier 2012. « Les Nubi, une communauté musulmane répartie principalement entre l'Ouganda, le Kenya et la Tanzanie, sont originaires du Sud du Soudan. Ils sont arrivés à la fin du XIXe siècle en Afrique de l'Est, mais ils ont conservé leurs traditions et surtout leur langue : le kinubi. Il s'agit d'un créole arabe, proche du parler de Juba (Soudan), fortement influencé par le kiswahili (et l'anglais). Le but de cette recherche est de comparer le parler de Mombasa à ceux de Kibera (Kenya) et de Bombo (Ouganda), et d'analyser l'importance et les causes de l'influence du kiswahili sur cette langue, sur le plan du vocabulaire et de la grammaire. »
  5. Les créoles de Louisiane, ou le créole cap-verdien, par exemple.
  6. (fr) D'où viennent les noirs du Maroc ?, Notre Histoire Vle-XIXe siècle, Halima Ferhat, Zamane, mai 2011, sur Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME). Consulté le 26 janvier 2012
  7. (fr) Le Soufisme afro-maghrébin aux XIXe et XXe siècles, Abdelaziz Benabdallah, Cap-Tours SA, Rabat, 1995., sur Sidi Ahmed Ben Layachi Skiredj. Consulté le 26 janvier 2012
  8. (fr) Claudy Siar délégué interministériel à l'égalité des chances, Baptême médiatique difficile pour le nouveau délégué interministériel, François-Xavier Guillerm(agence de presse GHM), 1er avril 2011., sur Blog France-Antille de François-Xavier Guillerm. Consulté le 26 janvier 2012. « Tant que l’image négative de l’Afrique sera celle que l’on connaît, elle rejaillira sur tous les Africains, Afro-caribéens, Afro-américains ou Afro-européens. _ Claudy Siar »
  9. (fr) Zendiyen Gwadloup, entretien avec Michel Reinette , François-Xavier Guillerm(agence de presse GHM), 1er avril 2011., sur Blog France-Antille de François-Xavier Guillerm. Consulté le 26 janvier 2012. « ... pour ces communautés venues en 1854, six ans après l’abolition de l’esclavage, remplacer les noirs sur les plantations. Ces Indiens ont connu pratiquement les mêmes sorts. Ils ont connu une situation extrêmement difficile. Un vécu complètement démonétisé qui les a poussés à se replier sur eux–même, à avoir un comportement un peu clanique...
    Évidemment les choses ont été comme l’histoire d’Henry Sidambarom qui est un monsieur qui a combattu bec et ongles et passant par la case prison, d’ailleurs, pour que les faits indiens soient admis, afin que les Indiens deviennent des citoyens, puis qu’ils furent longtemps apatrides, méprisés. Je dirais c’est un peu notre père à tous, Antillais. Le combat fut rude. Il fut instructif pour les autres Guadeloupéens qui soient, blanc, noir, jaune. Il est important aujourd’hui de voir qu’il y a une population, un peuple qui existe avec toutes ces forces. »
  10. (it) Official Statistica. Consulté le 2009-07-21
  11. (es) Población extranjera por sexo, país de nacionalidad y edad (hasta 85 y más), Demografía y Población, Instituto Nacional de Estadística. Consulté le 2008-07-21
  12. (en) German Newspaper Slammed for Racist Cover, Spiegel Online, 2008-06-05. Consulté le 2008-06-18
  13. (pt) Quadro de Avaliação e Responsabilização 2008 (QUAR), Estatísticas 2006, Serviço de Estrangeiros e Fronteiras. Consulté le 2008-07-21