African Spir

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
African Spir
Picto infobox auteur.png

Philosophe occidental

XIXe siècle

Afrikan Spir.jpg

African Spir

Naissance
Décès
Nationalité
École/tradition
Principaux intérêts
Idées remarquables
Œuvres principales
Pensée et réalité, Esquisses de philosophie critique , Nouvelles esquisses de philosophie critique
Influencé par
A influencé

Afrikan Aleksandrovich Špir (en russe : Африка́н Алекса́ндрович Спир ; en ukrainien : Африка́н Олекса́ндрович Спір or Шпір, transcrit African Spir[1] en français ; né le 15 novembre 1837 à Elisabetgrad, Empire russe, aujourd'hui Kirovohrad en Ukraine, mort le 16 mars 1890 à Genève, Suisse) est un philosophe russe néokantien d'origine allemande. Son livre de 1877 Pensée et réalité exerça une grande influence sur Friedrich Nietzsche[2] et Tolstoï lui vouait une grande admiration[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Spir naquit le 10 novembre 1837 dans la propriété paternelle de Špirovska, non loin d'Elisavetgrad (de nos jours Kirovohrad) dans cette région de l'Empire russe qui est devenue l'Ukraine[4]. Son père, Aleksandr Aleksandrovič Špir, était un médecin russe d'origine allemande —Chirurgien en chef de l'hôpital militaire d'Odessa, ancien professeur de mathématiques à Moscou. En 1812 il reçut l'Ordre de Saint-Vladimir, il fut anobli et nommé conseiller de collège, en devanant anisi membre de la noblesse héréditaire du Gouvernorat de Cherson. Sa mère, Elena Konstantinovna Špir, née Poulevic, était la fille du major Poulevic, et par sa mère petite-fille du peintre grec Logino, qui s'était établi en Russie sous Catherine II. Il étudia à l'Académie navale de Nikolayev (aujourd'hui Mykolaiv), non loin de la Mer Noire[5]. Pendant ces années il s'intéressa à la philosophie et lut la Critique de la raison pure de Kant dans la traduction française de Tissot, qui forma la base de son propre système philosophique. Ensuite il lut aussi David Hume, et John Stuart Mill. Pendant la Guerre de Crimée (1853-1856), lors du Siège de Sébastopol (17 octobre 1854 au 11 septembre 1855), African Spir prit part à la bataille de Malakoff en 1855[6], ce qui lui valut de recevoir l'Ordre de Saint-André et l'Ordre impérial et militaire de Saint-Georges. Après la mort de sa mère en 1867 il vendit ses propriétés, libéra ses serfs et se rendit en Allemagne, où il étudia à l'Université de Leipzig avec Moritz Wilhelm Drobisch (1802-1896), un philosophe herbartien. Il fut à Leipzig à la même époque où Nietzsche y faisait ses études, mais il semble qu'ils ne se soient jamais rencontrés. En 1869 il alla à Tubingen et en 1871 à Stuttgart où, dans l'église orthodoxe de la Cour, il épousa il 30 janvier 1872 Elisabeth (Elise) Gatternich[7] de laquelle il eut une fille, Hélène, qui plus tard épousera le neurologue e psychologue genevois Edouard Claparède.

African Spir mourut des suites de la grippe russe de 1890[8].

Œuvres écrites ou traduites en français[modifier | modifier le code]

  • Esquisses de philosophie critique, Paris, Ancienne librairie Germer-Baillière et Cie, F. Alcan éditeur, 1887.
  • Deux questions vitales: De la Connaissance du bien et du mal; De l'immortalité, Genève, Stapelmohr, 1890 (publié anonymement)
  • Pensée et réalité : essai d'une réforme de la philosophie critique, trad. de l'allemand sur la 3e édition par Auguste Penjon, éditeur : au siège des facultés (Lille), 1896[9].
  • Nouvelles esquisses de philosophie critique précédées d'une biographie de l'auteur par Hélène Claparède-Spir; éditeur : F. Alcan, 1899[10].
  • Nouvelles esquisses de philosophie critique (études posthumes), Paris, Librairie Félix Alcan, 1930, avec une introduction de Léon Brunschvicg.
  • Propos sur la guerre, Paris, Éditions Truchy-Leroy, 1930 (Hélène Claparède-Spir éd.).
  • Paroles d'un sage, Paris-Genève, Je Sers-Labor, 1937 (Choix de pensées d'African Spir avec une esquisse biographique, Hélène Claparède-Spir ed., 2ª ed. Paris, Alcan, 1938).
  • Lettres inédites de African Spir au professeur Penjon, Neuchâtel, Éditions du Griffon. 1948 (Introd. d'Emile Bréhier).

Bibliographie en français[modifier | modifier le code]

  • Charles Baudouin, "Le philosophe African Spir (1837-1890). À l'occasion de son centenaire", in: Action et Pensée, 1938, juin, p. 65-75.
  • Léon Brunschvicg, "La philosophie religieuse de Spir" in: Comptes rendus du II ème Congrès international de philosophie, Genève, 1904, p. 329-334.
  • Hélène Claparède-Spir, "Vie de A. Spir" in African Spir, Nouvelles esquisses de philosophie critique, Paris, Félix Alcan, 1899.
  • Hélène Claparède-Spir, Un précurseur: A. Spir, Losanne-Genève, Payot & Cie, 1920.
  • Hélène Claparède-Spir, « Du nouveau sur Nietzsche et Spir », in Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques : hebdomadaire d'information, de critique et de bibliographie, 25 janvier 1930[11].
  • Paolo D'Iorio, "La superstition des philosophes critiques: Nietzsche et Afrikan Spir", Nietzsche-Studien, 1993, 22, p. 257–294.
  • Fabrizio Frigerio, Catalogue raisonné du fonds African Spir, Genève, Bibliothèque Publique et Universitaire, 1990.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Fabrizio Frigerio, "Un philosophe russe à Genève: African Spir (1837-1890)", in: Musées de Genève, 1990, 307, p. 3-7.
  • Adolphe Ferrière, "African Spir", in: Bibliothèque universelle, 1911, vol. 63, p. 166-175.
  • Gabriel Huan, Essai sur le dualisme de Spir, Paris, Librairie Félix Alcan, 1914.
    Thèse de l'Université de Paris.
  • Auguste Penjon, "Spir et sa doctrine", Revue de métaphysique et de morale, 1893, p. 216-248.
  • Joseph Segond, "L'idéalisme des valeurs et la doctrine de Spir" in: Revue philosophique de la France et de l'étranger, 1912, 8, p. 113-139.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ou African de Spir, son père ayant reçu l'Ordre de Saint-Vladimir et ayant été anobli
  2. Rüdiger Safranski, Nietzsche: A Philosophical Biography (traduction de Shelley Frisch), W. W. Norton & Company, 2003, p. 161: "This work [Pensée et réalité] had long been consigned to oblivion, but it had a lasting impact on Nietzsche. Section 18 of Human, All Too Human cited Spir, not by name, but by presenting a "proposition by an outstanding logician" (2,38; HH I §18).
  3. (fr)Maurice Kuès, Tolstoï vivant: notes et souvenirs, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1988
  4. Fabrizio Frigerio, Catalogue raisonné du fonds African Spir, Genève, 1990, p. 4, 2, n.2. Certificat de naissance d' Afrikan Špir (en russe) et n.3. trad. en allemand du certificat de naissance et de celui del certificato de baptême d'Afrikan Špir .
  5. Notice biographique, cf. Fabrizio Frigerio, op. cit., p. 7, Documents personnels d' African Spir , Ms. fr. 1409, 5, no.7.
  6. Maurice Kuès, Tolstoï vivant: notes et souvenirs, L'Âge d'homme, 1988
  7. Elise Sofia Adelaide Gatternicht, née le 4 juin 1850 à Stuttgart, fille de Johann Adam Gatternicht et de Jeanne Catherine, née Heuss (Extrait du Certificat de naissance, Stuttgart, 19 juillet 1883), Fabrizio Frigerio, op. cit., p. 4, Documents personnels d'African Spir , Ms. fr. 1406, 5, nos. 8 et 9.
  8. Adolphe Ferrière, African Spir, in: Bibliothèque universelle et Revue suisse, 1911, pages 166 à 175
  9. Consultable sur Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k69545q
  10. Consultable sur Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55264215
  11. Consultable sur Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6451954h/f5.image

Source de la traduction[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]