Affaires du voile islamique

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Femme couverte d'un hijab à Liverpool.

Les affaires du voile islamique sont les circonstances entourant le port du voile islamique par les femmes musulmanes en public dans les sociétés laïques. En France, les conflits se cristallisent souvent autour des signes ostentatoires religieux dans le domaine public, la réglementation s’élabore par petites touches, au fur et à mesure que se construit la jurisprudence dans les tribunaux.

Plusieurs types de voile islamique[modifier | modifier le code]

Les femmes musulmanes ne portent pas toutes le même types de voile en fonction de leur culture et de leur degré de religiosité. Cela va du simple foulard couvrant la tête mais gardant le visage visible, le hijab, en passant par le niqab qui ne laisse que les yeux visibles, le tchadri[1] voile porté par les femmes afghanes recouvrant l’intégralité du corps, jusqu'au tchador le voile porté par les femmes en Iran, qui ne cache pas le visage. La majorité des femmes musulmanes dans le monde adopte le Hijab qui couvre les cheveux, les oreilles et le cou sous plusieurs versions toutefois et avec différentes couleurs.

La critique du port du foulard porte sur la conception de la place de la femme dans la société et sur le risque de prosélytisme dans des milieux réputés neutres, comme les écoles, la fonction publique ou les lieux accueillant de multiples confessions. Dans le cas de voiles plus importants se rajoutent les risques ou les gênes qu’entraîne ce voile pour l’activité elle-même. C’est le cas de la conduite d’une voiture, de l’accompagnement d’enfants lors d’une sortie ou de l’impossibilité de reconnaître l’identité d'une femme lors de la signature d'un contrat, d'un engagement ou d'un contrôle d’identité par exemple.

Jurisprudence dans les pays musulmans[modifier | modifier le code]

Le port du voile est obligatoire en public dans deux pays à majorité musulmane (Arabie saoudite et Iran)[2]. Dans le reste du monde musulman, les femmes portent majoritairement le voile islamique. Dans le monde arabe, les sociétés sont profondément religieuses, même dans les pays dirigés par des régimes militaire et laïcs depuis la décolonisation[réf. nécessaire].

Algérie[modifier | modifier le code]

L’Algérie est un pays à majorité musulmane (98-99 % de la population) et les femmes algériennes adoptent majoritairement le port du hijab[réf. nécessaire]. Le FLN qui dirige le pays depuis son indépendance interdit le port du voile islamique pour les policières et les fonctionnaires du ministère de l'Intérieur, ainsi que le niqab et le voile dissimulant le visage dans les établissements scolaires pour les élèves, ainsi que pour les médecins. Des mouvements de jeunes algériennes tentent cependant de s'éloigner des voiles les plus traditionnels (cf. l'article « hijab moutabaraj »).

Afghanistan[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, le nom du voile traditionnel porté par les femmes afghanes s'appelle le tchadri. Il n'a pas été toujours ainsi. Il est apparu à Kaboul au XIXe siècle parmi la classe aristocratique. Il servait à protéger l'anonymat des femmes de la haute classe qui à l'abri de ce voile pouvaient s'adonner à des activités qui autrement auraient attiré l'opprobre de la société de l'époque. Lorsqu'il a été délaissé par la haute classe, il a été adopté par les prostituées dans les quartiers devenus denses du centre du Kaboul. La classe moyenne de Kaboul a toujours méprisé les porteuses de tchadri. D'où la facilité avec laquelle les autorités ont pris certaines mesures contre ce voile. Rendu facultatif par décret royal pris, en 1959, par Mohamed Zaher Chah (monarque de 1933 jusqu'au coup d'État fomenté par son cousin, le prince Mohamed Daoud Khan, le 17 juillet 1973, qui instaura la République)[3]. Un nouveau coup d'État a lieu le 27 avril 1978 (fomenté cette fois par Amîn et Taraki, du Khalq et Kârmal, du Partcham, toutes deux des factions communistes) qui voit l'arrivée d'un nouveau régime au pouvoir avec à sa tête Taraki, déclaré président de la République, suivi en décembre 1979 de l'invasion soviétique 1979/1989).

Pendant cette période des dictatures communistes puis islamistes, à cause des reculs des libertés publiques, des droits individuels et les massacres systématiques des intellectuels, le sentiment d'insécurité et de non droit a été tel que la plupart des femmes non voilées se sont exilées aux pays voisins sous l'abri de tchadri avant de gagner les pays d'Occident.

Avec les opérations militaires de l'Armée rouge, les femmes perdirent encore plus de droits. Les femmes de la campagne qui n'avaient jamais porté le tchadri, en s’exilant à Kaboul commencèrent à l'utiliser. Ces réfugiées, se devaient d'aller se débrouiller dans cette grande mégalopole. Elles portaient le tchadri pour aller travailler. Même si selon la propagande habituelle des communistes les femmes avaient les mêmes droits qu'auparavant, la résistance des communistes provinciaux, de plus en plus majoritaires parmi eux, a fait en sorte que même les femmes des membres de parti communiste s'en sont munies. Les intellectuels français, par appui traditionnel aux partis frères communistes, font croire que les femmes durant cette période ont acquis une plus grande liberté vestimentaire, notamment dans les villes et dans les couches sociales qui n'avaient pas profité, par conservatisme, des libéralités du décret royal de 1959, lequel avait surtout avantagé les couches sociales aisées, diplomatiques, instruites. En réalité, les réfugiées de cette guerre, pour subvenir à leur besoin, à Kaboul comme dans les villes de Pakistan et d'Iran où elles s'étaient exilées, ont dû aller travailler hors de chez elles. Elles ont dû donc porter le tchadri. Plus la guerre continuait, plus la situation se détériorait et plus les femmes perdaient de droit, plus elles devaient se vêtir du tchadri dont l'industrie se transforma d'un commerce artisanal et déclinant en une industrie fleurissante à la fin de la dictature de Najib. « De février 1989 à septembre 2001, il n'y eut pas de lumière dans la nuit ! »[4].

L'arrivée au pouvoir des Taliban en 1996 après les deux guerres qui déchirèrent le pays (février 1989/avril 1992, luttes de différentes factions anti-communistes contre le gouvernement post-soviétique de Nadjïbolläh; avril 1992/automne 1994, lutte entre factions; automne 1994, entrée en guerre des Taliban jusqu'à leur entrée dans Kaboul évacuée par le Commandant Massoud dans la nuit du 26 au 27 septembre 1996.) Le mollâ 'Omar instaura un régime islamique totalitaire conseillé à partir de 1998, au plus tard, par celui qui allait devenir son plus proche confident, Oussama ben Laden. Tous les Afghans eurent à souffrir de ce nouveau régime en tout point rétrograde, et en particulier, les femmes. Le port du tchadri redevint obligatoire et maintes restrictions à leur liberté furent mises en place[4]. Depuis la chute des Taliban, des femmes, à Kaboul, ont abandonné le tchadri et se promènent simplement revêtues d'une gabardine et coiffées d'un foulard.

Des femmes comme Malalai Joya luttent pour la laïcité et la défense des droits fondamentaux des femmes (notamment le droit à l'éducation). La France est également préoccupée par la protection des droits des femmes afghanes[5],[6]. Certes la présence occidentale en Afghanistan a été positive sur la situation sécuritaire, mais sommes toutes, les femmes Afghanes subissent toujours une détérioration continue de leur situation sociale et sécuritaire à cause des guerres et des régimes dictatoriaux ou corrompus (1973-2013).

Égypte[modifier | modifier le code]

Article connexe : Droit en Égypte.

Le voile islamique est porté par plus de 80 % des femmes égyptiennes mais le pays est dirigé par des régimes laïcs depuis 1952. La Haute Cour constitutionnelle a été amenée à statuer sur la constitutionnalité de l'interdiction ou/et de la limitation du port du voile, partiel (niqab) ou intégral (hidjab)[7]. Ainsi, elle a statué sur la « constitutionnalité de l'arrêté 113/1994 (complété par l'arrêté 208/1994) du ministre de l'Éducation interdisant l'accès à l'école aux élèves portant le voile complet (niqâb) et soumettant le port d’un voile partiel (hijâb) à la demande écrite du tuteur légal (walî al-amr) de l'élève », considérant, dans son arrêt du 18 mai 1996, « qu’il n'existait pas de texte absolu dans son origine et sa signification réglementant en détail les vêtements que la femme doit porter et les parties de son corps qu'elle doit obligatoirement voiler[8]. »

Mohammed Tantaoui, alors Grand Mufti de la Dar al-Ifta al-Misriyyah (en), célèbre centre de recherches islamiques créé en 1895, appuya alors l'interprétation de la Haute Cour, déclarant :

« Le niqab n'est pas une obligation religieuse (ibada (en)), mais une simple pratique coutumière (âda)[7]. »

Youssef al-Badri, un prédicateur musulman a lancé une fatwa le 17 décembre 2007 contre Naguib Sawiris, un milliardaire égyptien copte chrétien, indique le journal Jeune Afrique. Il lui reproche ses déclarations en faveur d’un État fortement séculier ou sur ses déclarations sur le port quasi généralisé du voile «sur un mode léger ou sarcastique »[9].

Une plage exclusivement réservée aux femmes a été créée en 2004[10]. En décembre 2009, l'université d'Ain Chams a interdit aux étudiantes le port du niqab (voile intégral cachant le visage) pendant les examens se déroulant en hiver[11]. Un tribunal administratif au Caire a rendu un arrêt favorable à cette interdiction[12].

Irak[modifier | modifier le code]

À Bassorah, dans le sud de l’Irak, des miliciens chiites ont menacé de mort les jeunes chrétiennes qui ne porteraient pas le voile islamique[13].

Iran[modifier | modifier le code]

Style de voile typique porté par les Iraniennes

Le port du voile est obligatoire pour les étrangères, les touristes et les non-musulmanes[14].

Le voile traditionnel porté par les femmes iraniennes s'appelle tchador. Il ne cache pas le visage.

Depuis avril 2007, la police iranienne poursuit une vaste campagne, afin notamment de mieux faire respecter le port du voile islamique. Cette campagne s'est soldée par des centaines d'interpellations et des milliers d'avertissements aux filles et femmes mal voilées à travers l'Iran. Désormais, les policiers peuvent entrer dans les entreprises privées afin de contrôler le respect du port du voile islamique : sociétés commerciales, cafés, restaurants, cybercafés, etc. Le général Ahmad Reza Radan a déclaré vouloir agir « durement contre celles qui ne respectent pas la loi »[15]. Ainsi en juin 2008, la police iranienne a fermé 32 boutiques de vêtements et salons de coiffure et stoppé des voitures et des piétons lors d'une vaste opération visant à forcer les femmes à respecter le strict code vestimentaire[16]. Des mesures similaires ont été prises également en juillet 2010[17]. En 2013, le nouveau président iranien Hassan Rohani demande a la police iranienne d’être plus indulgente en ce qui concerne le voile de certaines iraniennes qui laisse entrevoir une large partie des cheveux.

Palestine[modifier | modifier le code]

Dans la bande de Gaza, le mouvement politique Hamas au pouvoir sur ce territoire depuis 2007 promulgue en 2008 une loi imposant la tenue islamique aux lycéennes, étudiantes[18] ainsi qu'à l'ensemble des femmes travaillant au sein des administrations[19].

Pakistan[modifier | modifier le code]

Zilla Huma Usman, ministre des Affaires sociales du gouvernement provincial du Panjâb et alliée politique de l'ancien président pakistanais Pervez Musharraf, a été assassinée à Gujranwala le 20 février 2007. Mme Usman, qui militait pour les droits des femmes, semble avoir été la victime d'un activiste islamiste ne supportant pas qu'elle puisse se promener tête nue ni que des femmes puissent exercer une activité politique[20].

Soudan[modifier | modifier le code]

La journaliste Loubna Ahmed al-Hussein condamnée pour avoir porté en public un pantalon a dû quitter clandestinement son pays avec un voile islamique intégral (le niqab)[21]. Elle vit désormais en France. C'est une des 15 ambassadrices chargées par le ministère de l'Immigration d'informer sur la loi interdisant le port du voile intégral dans l'espace public[22].

Syrie[modifier | modifier le code]

Bien que la Syrie soit un pays à majorité musulmane, le pays est dirigé par un régime séculier baasiste depuis les années 1960. Selon une source française, 1 200 enseignantes portant le niqab aurait été exclues par le ministre de l'Éducation nationale en 2010 Cette décision aurait été prise à la suite « de plaintes déposées par des parents d'élèves du premier cycle d'enseignement qui y dénonçaient des abus de la part de ces enseignantes »[23]. Le ministre de l'enseignement supérieur syrien Ghiyath Barakat a déclaré le dimanche 18 juillet 2010 que les étudiantes syriennes n'auront plus le droit de porter de voile couvrant leur visage tel que le niqab à l'université. Les étudiantes qui violeraient ce décret seront exclues. Le ministre a indiqué que le port du niqab allait l'encontre des valeurs et les traditions des universités du pays[24].

Une comédienne dans une série télévisée syrienne[Laquelle ?] a par ailleurs souhaité enlever son voile[Quand ?]. La série est diffusée dans tout le monde arabe par satellite. Cette attitude a soulevé de nombreux commentaires, la plupart négatifs. Certains souhaitent interdire sa programmation qu'il juge provocante, d'autres au contraire s'y déclarent « accros » car elle lève de nombreux tabous[25].

Tunisie[modifier | modifier le code]

Une femme en Tunisie

Dès 1989, une loi interdisait aux mouvements politiques de se réclamer d'une race, d'une religion ou d'une région. Dans le même temps, soucieux de désamorcer la critique de milieux religieux toujours influents, le gouvernement n'hésitait pas à promouvoir un islam officiel mais contrôlé, à travers notamment la nomination des imams, la vérification des prêches, et l'interdiction du port du voile dans les écoles et dans l'administration en général[26]. Mais, depuis 2010 et après la révolution tunisienne le voile et même la Burqua ne sont plus interdites dans les lieux publics en Tunisie.

Turquie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Laïcité en Turquie.

Depuis les réformes d'Atatürk, la Turquie est laïque, ce qui en fait le seul État musulman laïque[réf. nécessaire]. La Constitution prévoit qu'aucune réforme constitutionnelle ne peut porter atteinte à un certain nombre de principes, dont la laïcité. Cette laïcité n'est pas, comme en France, une séparation entre les Églises et l'État ; en fait, c'est l'État turc qui organise et contrôle une partie des mosquées via le diyanet, ou les: les 72 000 imams[réf. nécessaire] en Turquie sont des fonctionnaires, payés et formés par l'État et dont les prêches hebdomadaires sont écrits par les fonctionnaires du ministère des Affaires religieuses, il existe aussi des confréries et des associations musulmanes privées non contrôlé par l'état , à l'exemple du Mili Gorus . La laïcité turque signifie la relégation de la religion dans la sphère privée et son absence complète dans la vie publique. Ainsi, et la question s'est posée à plusieurs reprises sous ce gouvernement, les femmes de ministres qui porteraient le voile n'ont pas pu assister aux cérémonies officielles pendant des années.

Lors d'une réception donnée à l'occasion de la fête nationale en octobre 2003, le président de la République n'a pas invité les épouses des parlementaires et ministres AKP, dont bon nombre portent le voile. L'armée turque a refusé en août 2007 d'inviter l'épouse, qui porte le voile, du nouveau président Abdullah Gül (AKP) aux cérémonies du Jour de la Victoire (30 août 1922) des troupes turques sur les forces grecques[27]. L'interdiction du voile islamique étaient strictement appliquée par l'armée – les officiers dont les femmes sont voilées étaient exclus de toute promotion et souvent renvoyés.

En avril 2010, une décision judiciaire reconnait aux premières dames turques le droit de porter le voile durant les cérémonies officielles[28].

Le voile en Turquie.

Le port du voile a été interdit, non seulement dans les établissements scolaires et les administrations mais aussi officiellement pour les étudiantes dans les universités jusque en 2010, bien qu'il existait une certaine tolérance[29].

La Cour européenne des droits de l'homme a reconnu le 10 novembre 2005, la prohibition de certains codes vestimentaires pour protéger l'égalité entre les hommes et les femmes et prévenir les pressions qui pourraient s'exercer à l'encontre des jeunes filles qui refuseraient de se soumettre à ces prescriptions vestimentaires, notamment dans le cadre de l'affaire Leyla Şahin contre Turquie[30].

Malgré cette décision, en janvier 2008, le parti islamo-conservateur (AKP) du premier ministre Recep Tayyip Erdoğan envisageait d'ajouter dans la nouvelle Constitution une disposition qui permettrait aux étudiantes voilées de pénétrer dans les universités.

Ce projet a engendré une importante contestation dans les milieux anticléricaux, dont l'armée. Plus de 100 000 personnes ont manifesté le 1er février 2008 à Ankara[31]. Adopté par le Parlement turc le 7 février 2008, ce projet prévoyait que « personne ne [pouvait] être privé de son droit à l'éducation supérieure ». Cependant, la Cour constitutionnelle a déclaré la loi anticonstitutionnelle.

Un processus de levée de l'interdiction du port du voile s'est mise en place progressivement. À la rentrée en septembre 2010, elle est officialisée par une circulaire du Conseil de l'enseignement supérieure, les partis opposé à l'AKP n'y étant plus vraiment hostile[32]. Depuis 2012, les discrimination à l'égard des femmes portant le voile sont sanctionnées par la justice, un professeur hostile à l'autorisation du port du voile étant par exemple condamné à de la prison ferme pour discrimination et violation de la vie privée d'une étudiante[33]. Les femmes portant le foulard peuvent même accéder au poste de présidente d'université, à l'image d'Aïcha Jale Saraç[34]. La levée de l'interdiction est assez bien acceptée dans ce pays ou 65 % des femmes portent le voile, les opposants n'y exprimant que des réserves (légère crainte de voir des étudiantes non voilées subir des pressions pour le porter dans certaines régions, et crainte de voir arrivé des voile intégraux)[35]. Début 2012, les élèves des écoles musulmanes étatique et les avocates sont libres de porter le voile lorsqu'elles plaident devant les tribunaux[36].

À la fin de l'année 2013, l'interdiction du voile est levée dans toutes les écoles publiques, que ce soit pour les élèves ou les enseignants, car désormais, le port du voile est autorisé dans la fonction publique[37]. Les députées peuvent elles aussi porter le voile, le hijab apparait aussi à la télévision publique, ou une présentatrice le porte pour présenter les informations[38].

Situation dans les pays occidentaux[modifier | modifier le code]

Canada[modifier | modifier le code]

Devant la contestation, le port du voile du visage (niqab) aux élections est interdit au Québec (23 mars 2007).

Le directeur général des élections du Québec a décidé d'interdire le vote à toute personne ayant le visage voilé lors des élections législatives, à la suite d'une polémique sur le port de la bourka ou du niqab (voile intégral) pendant le vote. « Toute personne qui se présente à un bureau de vote ou à la table de vérification de l'identité des électeurs doit avoir le visage découvert pour pouvoir exercer son droit de vote », a déclaré le directeur des élections du Québec (DGE), Marcel Blanchet. Ce dernier s'est prévalu d'une clause spéciale lui permettant de modifier la loi électorale en cas de risques de troubles lors d'un scrutin. Cette décision fait suite au tollé suscité par des reportages sur la possibilité offerte à une femme voilée de voter sans être identifiée de visu par le bureau des électeurs. Le bureau du directeur des élections a reçu de « nombreux courriels » laissant penser que la « sérénité » des élections législatives dans la province francophone était en péril, a expliqué M. Blanchet lors d'un point de presse.

Un père de famille musulman, Muhammed Pervez âgé de 57 ans, a été inculpé mercredi 12 décembre 2007 au Canada du meurtre de sa propre fille Aqsa âgée de 16 ans, qui refusait, selon ses amis, de porter le voile islamique[39]. Son frère, prénommé Warqas, est également accusé du meurtre prémédité de cette dernière[40].

Le ministère de l'Immigration est intervenu, en novembre 2009, pour expulser d'un cours de français une femme d'origine égyptienne qui refusait de dévoiler son visage en classe. Ce cours était destiné aux immigrés[41]. Le ministre des Transports a diligenté une enquête après la diffusion, sur Youtube, d'une vidéo montrant des femmes entièrement voilées monter à bord d'un avion sans se dévoiler[42].


États-Unis[modifier | modifier le code]

Compte tenu de l'histoire et de la culture du pays, toute limitation par la loi d'une pratique considérée comme religieuse est impensable[43]. Barack Obama le rappelle notamment dans son discours au Caire du 4 juin 2009[44]. En 2010, une employée d'un restaurant Disneyland, en Californie, porte plainte pour discrimination, car elle n'est pas autorisée à porter librement son hijab. Elle a déposé plainte auprès de l'EEOC [U.S Equal Employment Opportunity Commission], agence chargée d'appliquer les lois contre la discrimination en milieu de travail aux États-Unis[45].

Europe[modifier | modifier le code]

Dans le reste du monde[modifier | modifier le code]

Chine (Xinjiang)[modifier | modifier le code]

Dans l’ouest de la Chine où 90 % des habitants, de l’ethnie ouïghoure, sont musulmans, les autorités locales lance en 2013 l’opération : « Objectif beauté ». Elle vise officiellement à inciter les femmes à « embrasser la culture moderne ». Des contrôles sont systématiquement effectués sur les femmes voilées [46]. Le Parti communiste chinois est soupçonné par des observateurs internationaux[Qui ?] de dérives staliniennes[réf. nécessaire] et de discrimination ethnique et religieuse à l'encontre des Ouighours, outre le voile des femmes musulmanes ouighours, le Parti communiste chinois interdit également la pratique du ramadan pour les Ouighours mais pas pour les musulmans Hans ou Huis[réf. nécessaire].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Bureau Central des cultes Laïcité et liberté religieuse ; recueil de textes et de jurisprudence, Paris, Les éditions des Journaux Officiels, octobre 2011, 502 pages (ISBN 978-2-11-076707-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Le voile et la circoncision par Michel Orcel, Le Monde, 27 octobre 2003
  • Face aux revendications religieuses, la ville de Gonesse propose une charte, article du Monde du 11 décembre 2007[47]
  • Le Liberia interdit à ses étudiantes de porter des extensions de cheveux et des tenues provocantes, dépêche de l'Associated Press du samedi 25 août 2005[48]
  • École : le rapport voilé, article de L'Express du 14 septembre 2006, page 82
  • Le marketing du voile islamique par Louise Mailloux, professeure de philosophie[49]
  • Les strings interdits à Paris-Plages… mais pas les voiles islamiques…[50]. Article 3-1 : « les tenues indécentes (naturisme, string, monokini, etc.) » sont interdites[51]
  • Arte Théma émission de décembre 2008 : Quand la République se voile la face[52]
  • Du relativisme et de l'intégral, Xavier Darcos sur la burqa, 2 octobre 2009[53]
  • Étude de législation comparée par le Sénat français d'octobre 2009 sur le port de la burqa dans les lieux publics[54]
  • Petits arrangements avec le voile, article du Monde du 16 février 2010[55]
  • Signes convictionnels : légiférer sans illusions, par Édouard Delruelle, Politique, revue de débats, Bruxelles, no 66, septembre-octobre 2010.
  • Le foulard dans l'entreprise : un casse-tête juridico-religieux , par Laurence Neuer, Le Point du 15 décembre 2011.
  • Le voile menace l'universalité du sport, par Jean-Philippe Acensi, délégué général de l'association et agence pour l'éducation par le sport, Le Monde du 20 juillet 2012.
  • La laïcité doit s'étendre à l'entreprise privée , François Fillon (ancien premier ministre), Le Monde du 27 mars 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Souvenirs d'un séjour d'un mois en Afghanistan en 1973; "Afghanistan" (Fodor) de 1972; "Afghanistan" (Hachette, collection "Rêves et Réalités, de 1970; Le Monde diplomatique de septembre 1973.
  2. Le voile intégral,"ce n'est pas la question de l'islam"
  3. Le Monde diplomatique de septembre 1973; "Le Royaume de l'Insolence" de Michael Barry (Flammarion, 1984, 1989 & 2002)
  4. a et b "Le Royaune de l'Insolence" de Michael Barry (Flammarion, 2002)
  5. http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ100413060&idtable=q226493%7Cq226598%7Cq226613%7Cq226783%7Cq226925%7Cq226948%7Cq227027%7Cq227059%7Cq227062%7Cq227066&ct=1_2_3_4_5_6_8_9_10_11_12_13_14_15_16_17_18_19_20_21_22_23_24_25_26_27_28_29_30_31&rch=qb&de=20100710&au=20100716&dp=1+an&radio=deau&date=dateJORep&aff=ar&tri=da&off=50&afd=ppr&afd=ppl&afd=pjl&afd=cvn
  6. http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ090408476&idtable=q205955%7Cq206019%7Cq206327%7Cq206552%7Cq210002%7Cq210529%7Cq214892%7Cq215625%7Cq217272%7Cq218775&ct=1_2_3_4_5_6_8_9_10_11_12_13_14_15_16_17_18_19_20_21_22_23_24_25_26_27_28_29_30_31&rch=qb&de=20100925&au=20101001&dp=1+an&radio=deau&date=dateJORep&aff=ar&tri=da&off=0&afd=ppr&afd=ppl&afd=pjl&afd=cvn
  7. a et b Kilian Bälz, « La reconstruction séculière du droit islamique: la Haute Cour constitutionnelle et la « bataille du voile » dans les écoles publiques », in Droit et Société, n°39, 1998, p. 277-291
  8. Nathalie Bernard-Maugiron et Baudouin Dupret, « « Les principes de la sharia sont la source principale de la législation » », Égypte/Monde arabe, Deuxième série, Le Prince et son juge, mis en ligne le 08 juillet 2008.
  9. Fatwa contre un milliardaire
  10. sur cyberpresse
  11. Égypte : une université interdit le port du niqab, 1er décembre - RIA Novosti
  12. La Liberté ; - Quotidien romand édité à Fribourg
  13. Sur Médiarabe
  14. Dans Libération
  15. http://www.cyberpresse.ca/article/20080417/CPMONDE/80417037/1014/CPMONDE
  16. lien mort québec news.
  17. IRAN • Les mollahs sont les rois de la morale|Courrier international
  18. Actualités M6&MSN : toute l'actualité et l'info en France et dans le Monde
  19. Radio libertaire, émission du 21 septembre 2009 de la bande du Carmel
  20. Sur wikinews
  21. La Soudanaise condamnée pour port de pantalon a revêtu le niqab pour quitter son pays - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire et du Maghreb - Le quotidien panafricain
  22. Lubna, condamnée pour « port du pantalon » et ambassadrice de la laïcité française - Le Point
  23. Syrie: 1.200 enseignantes portant le niqab exclues du secteur de l'éducation - FRANCE 24
  24. La Syrie bannit le niqab des universités - ISLAM - FRANCE 24
  25. http://qc.news.yahoo.com/s/capress/100919/arts/syrie_serie_televisee_ramadan_2
  26. Séance du 27 juin 1996
  27. AFP: L'armée turque refuse d'inviter la femme voilée du président à une cérémonie
  28. « Les premières dames turques ont le droit de porter le foulard dans les cérémonies officielles. », sur http://ovipot.hypotheses.org/,‎ 09/05/2010 (consulté le 07/09/2014)
  29. « Les premières dames turques ont le droit de porter le foulard dans les cérémonies officielles. » (consulté le 07/08/2014)
  30. Sur le site cmiskp.echr.coe.int
  31. sur Yahoo News
  32. « En Turquie, le voile islamique fait sa rentrée universitaire » (consulté le 07/09/2014)
  33. « Turquie : un professeur en guerre contre le hijab à l’université condamné à 2 ans de prison » (consulté le 07/09/2014)
  34. « Turquie : Une femme devient la première présidente d’Université à porter le hijab » (consulté le 07/09/2014)
  35. « Port du voile : symbole d’une nouvelle élite sociale » (consulté le 07/09/2014)
  36. « Turquie : les avocates autorisées à porter le voile » (consulté le 07/09/2014)
  37. « Turquie : le voile interdit à l'université ? » (consulté le 07/09/2014)
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  53. Du relativisme et de l’intégral -Xavier Darcos
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