Affaire XYZ

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L'affaire XYZ est un épisode diplomatique ayant dégradé les relations entre la France et les États-Unis et mené à une guerre navale non déclarée appelée la « Quasi-guerre » ; elle a lieu à partir de mars 1797 jusqu'en 1800.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Trois agents français, publiquement désignés sous le nom de X, de Y, et de Z, mais plus tard indiqués comme Jean-Conrad Hottinguer, Pierre Bellamy et Lucien Hauteval[1], exigent des concessions importantes des États-Unis comme condition pour continuer des négociations bilatérales de paix. Les concessions exigées par les Français incluent 50 000 livres sterling, un prêt de 10 millions de dollars des États-Unis, un dessous-de-table de 250 000 dollars au ministre des affaires étrangères français Charles Maurice de Talleyrand[2],[3], et des excuses formelles pour les commentaires formulés par le président John Adams des États-Unis[4].

La demande est tenue au cours d'une réunion à Paris entre les agents français et une commission américaine composée de trois membres : Charles Cotesworth Pinckney, John Marshall et Elbridge Gerry. Plusieurs semaines avant la réunion avec X, Y, et Z, la commission américaine rencontre le ministre des affaires étrangères français Talleyrand pour discuter de la revanche française au Traité de Londres de 1795, que la France perçoit comme preuve d'une alliance anglo-américaine[5],[6]. Les Français saisissent presque 300 bateaux américains en partance pour les ports britanniques dans les mers atlantiques, méditerranéennes, et dans les Caraïbes.

John Adams décida d'envoyer Charles Cotesworth Pinckney en tant qu'élément de la commission car les relations franco-américaines ont récemment empiré suite au rejet de Charles Cotesworth Pinckney par Talleyrand comme ambassadeur américain en France. Les Français continuent à saisir les bateaux américains, et le parti fédéraliste, mené par Alexander Hamilton préconise la guerre. Le congrès autorise la constitution d'une armée[7] .

Les États-Unis font à la France une offre proche des dispositions du Traité de Londres de 1795 avec la Grande-Bretagne, mais la France réagit en expulsant Marshall et Pinckney de nouveau aux États-Unis, refusant toute proposition faisant intervenir ces deux délégués. Gerry resta en France, pensant qu'il pourrait empêcher une déclaration de guerre[8], mais officiellement il ne prend pas part aux négociations.

Le président Adams publie le rapport[9] de l'affaire le 6 juillet 1798 en réponse aux attaques de l'opposition[7], incarnée par les Jeffersoniens républicains du Congrès, avec pour résultat une vague de sentiment anti-Français passionnée à travers les États-Unis[10],[11]. C'est dans ce document que les noms des négociateurs étaient figurés par X, Y, et Z, peut-être dans une intention offensante, peut-être pour des raisons plus subtiles. La déclaration de guerre formelle est proche, mais évitée par la diplomatie d'Adams tout d'abord ; puis surtout par la nomination de nouveaux diplomates comprenant William Murray[12] pour gérer le conflit[13].

Indépendamment de l'absence d'une déclaration de guerre formelle, les incursions continues des Français contre les navires marchands américains menèrent à l'abrogation de l'alliance franco-américaine[3] pendant la Quasi-Guerre (le 7 juillet 1798 - 1800). Adams envoya encore des négociateurs le 18 janvier 1799, qui par la suite négocièrent la fin des hostilités par le Traité de Mortefontaine. Pendant les négociations avec la France, les États-Unis commencèrent à accroitre leur marine, orientation depuis longtemps soutenue par Adams et Marshall[Qui ?], pour se défendre contre la France et le Royaume-Uni.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Frédéric Astié, Histoire de la République des États-Unis, Grassard,‎ 1865 (lire en ligne)
  • Ulane Bonnel, La France, les États-Unis et la guerre de course, N.E.L,‎ 1961, 500 p. (ISBN 9782723312608)
  • (en) Anne Husted Burleigh, John Adams, Walker & Gillis,‎ 2009, 449 p. (ISBN 9781412810005)
  • (en) Richard Hildreth, The History of the United States of America Vol 2: John Adams and Jefferson, New York, Harper&Brother,‎ 1863 (lire en ligne)
  • Sous la direction de Pierre Melandri et Serge Ricard, Les États-Unis face aux révolutions, L'Harmattan,‎ 2006, 228 p. (ISBN 2296012779)
  • Lionel Moutot, La guerre de course en Guadeloupe, N.E.L,‎ 2006, 428 p. (ISBN 229601531X)
  • (en) Timothy Pickering, A Review of the Correspondence Between the Hon. John Adams, Late President of the United States, and the Late William Cunningham, Esq.: Beginning in 1803, and Ending in 1812, Salem, Cushing and Appleton,‎ 1824 (ISBN 9781240049226)
  • Éric Sinou-Bertault, Talleyrand et l'affaire X, Y, Z : étude historique, L'Harmattan,‎ 2013, 276 p. (ISBN 2296012779)
  • (en) George Washington, John Adams, Oliver Wolcott, George Gibbs, Memoirs of the administrations of Washington and John Adams : edited from the papers of Oliver Wolcott, secretary of the treasury : in two volumes, Volume 2, William van Norden,‎ 1846, 555 p. (lire en ligne)
  • Witt Cornelis de, Histoire de Washington et de la Fondation de la République des États-Unis. Précédée d'une étude historique sur Washington par M. Guizot, Paris, Perrin,‎ 1884 (lire en ligne), p. 399
  • (en) John Wood, The suppressed history of the administration of John Adams, (from 1797 to 1801,): as printed and suppressed in 1802, Walker & Gillis,‎ 1846 (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hildreth (1863), page 254
  2. Melandri et Ricard (2006), page 33
  3. a et b Bonnel (1961), page 58
  4. Wood (1846), page 114
  5. Melandri et Ricard (2006), page 32
  6. Moutot (2006), page 106
  7. a et b Burleigh (2009), page 332
  8. Bonnel (1961), page 60
  9. Pickering (1824), page 124
  10. Moutot (2006), page 118
  11. Astié (1865), page 462
  12. Melandri et Ricard (2006), page 34
  13. Witt (1884), page 399

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]