Affaire Véronique Courjault

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Véronique Courjault
Infanticide
Naissance 1968
Maine-et-Loire
Condamnation 18 juin 2009
Sentence 8 ans de prison pour triple infanticide (seulement 4 purgés)
Victimes 3 bébés tués à la naissance
Période 1999 - 2003
Pays Drapeau de la France France
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Ville Villeneuve-la-Comtesse
Séoul

L'affaire Véronique Courjault, également appelée « affaire des bébés congelés » est une affaire criminelle française concernant Véronique Courjault, mère de famille ayant tué trois de ses nouveau-nés.

Famille Courjault[modifier | modifier le code]

Véronique Courjault, née Véronique Fièvre en 1968 dans le Maine-et-Loire, est mariée à Jean-Louis Courjault, ingénieur né en 1966. Originaires de l'ouest de la France, ils se sont rencontrés étudiants à Poitiers en 1987. Après un mariage en 1994, ils sont parents de deux garçons nés en 1995 et en 1997.

Ils résident quelques années en Charente-Maritime à Villeneuve-la-Comtesse avant de s'installer en Touraine puis, pour des raisons professionnelles, le couple déménage à Séoul (Corée du Sud) en 2002, tout en conservant une résidence à Tours.

Chronique judiciaire[modifier | modifier le code]

Le 23 juillet 2006, Jean-Louis Courjault, seul à Séoul pendant que sa famille passe ses vacances en France, découvre deux cadavres de bébés dans le congélateur familial et prévient la police. Quelques jours plus tard, alors qu'il a rejoint sa femme et ses fils en France, les tests ADN réalisés par les autorités sud-coréennes authentifient les nouveau-nés comme étant les enfants du couple Courjault.

Le 22 août 2006, Jean-Louis et Véronique Courjault tiennent une conférence de presse au cours de laquelle ils contestent les résultats des tests ADN et dénoncent un « lynchage médiatique », avec un possible lien avec les activités professionnelles de Jean-Louis Courjault, travaillant pour une entreprise américaine soumise à des rivalités commerciales.

Après que l'enquête a été transmise aux autorités françaises et que de nouveaux tests ADN ont été réalisés, Véronique Courjault avoue le 12 octobre 2006 avoir tué et congelé les deux bébés nés à Séoul en 2002 et 2003, ainsi qu'un premier enfant en 1999 alors que le couple habitait en France à Villeneuve-la-Comtesse (Charente-Maritime)[1].

En janvier 2009, alors qu'il était mis en examen pour complicité d'assassinat, un non-lieu est prononcé pour Jean-Louis Courjault qui a toujours assuré ne pas avoir eu connaissance des grossesses de sa femme.

Le 18 juin 2009, Véronique Courjault est condamnée par la Cour d'assises d'Indre-et-Loire à huit ans de prison pour les trois infanticides.

Le verdict ne retient pas la préméditation pour le premier infanticide. Une grande partie des débats traiteront d'un trouble encore mal connu qui est celui du déni de grossesse et de la dénégation. La TSR à Genève a montré un entretien avec Dr Daniel Schechter, un pédopsychiatre des hôpitaux universitaires de Genève spécialisé dans les troubles psychiatriques péripartum. Schechter a parlé du déni de grossesse en tant qu'une forme de souffrance dissociée qui a plusieurs explications psychiatriques possibles[2].

Sans doute en grande part à cause de l'ignorance du public concernant le déni de grossesse et les infanticides, l'affaire constitua un apprentissage bouleversant pour l'ensemble de la société française et se transforma très rapidement en un mème collectif, à l'image de l'affaire Grégory. À titre d'illustration, la chanteuse GiedRé évoque dans Les Questions l'affaire Courjault de manière décalée et noire : « Je me demande s'il y a assez de place dans un même tiroir de congélo / Pour y ranger deux bébés et des cornets Miko», ainsi que dans la chanson Les gens se brossent les dents : « Comme à toi, parfois ça lui grattait le dos, Comme toi, souvent elle buvait de l'eau, Comme toi, elle écoutait la radio, Véronique, Véronique Courjault. » Le rappeur français Youssoupha dit également dans Espérance de vie : « La rue nous tue, certains la traitent comme une mère alors je l’appelle Véronique Courjault. »

Le 17 mai 2010, la justice décide la mise en liberté conditionnelle assortie d'une interdiction de communiquer avec la presse[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Courjault, Je ne pouvais pas l’abandonner, Paris, Éditions Michel Lafon,‎ 2010, 248 p. (ISBN 978-2-7499-1283-7)

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

  • Parcours meurtrier d'une mère ordinaire : l'affaire Courjault, de Jean-Xavier de Lestrade et produit par Denis Poncet, 2009, sur Arte, 103 minutes.
  • Faites entrer l'accusé, présenté par Christophe Hondelatte, de Marie-Sophie Tellier, en septembre 2010 et août 2011, Véronique Courjault, l'affaire des bébés congelés, sur France 2, 85 minutes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cyrille Louis, « Le lourd secret de Véronique Courjault devant les assises », sur Le Figaro.fr,‎ 9 juin 2009 (consulté le 18 novembre 2014)
  2. « Bébés congelés: une Française devant les juges », sur TSR.ch,‎ 17 mai 2010 (consulté le 18 novembre 2014)
  3. « Véronique Courjault remise en liberté », sur L'Express.fr,‎ 17 mai 2010 (consulté le 18 novembre 2014)

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