Affaire Ophélie Bretnacher

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Ophélie Bretnacher

L'affaire Ophélie Bretnacher est une affaire complexe, dont les conclusions n'ont pas été établies clairement.

Disparition le 4 décembre 2008[modifier | modifier le code]

Ophélie Bretnacher, étudiante française à Sup de Co Reims, disparait à Budapest le 4 décembre 2008 vers 3 heures du matin. Elle participait au programme européen d'échanges universitaires Erasmus[1].

À partir de la sortie d'une boite de nuit, le « Portside of Cuba », des caméras de vidéo-surveillance de la ville la suivent une partie de son trajet jusqu'à la place Roosevelt tér. Aux environs de Deák tér, elle semble accélérer le pas et changer d'itinéraire après avoir croisé un taxi et un piéton qui se mettent en mouvement après son passage.

Son sac et son téléphone portable sont retrouvés sur le pont Lánchíd (Pont à chaines) vers h 30 du matin par des étudiants italiens.

Dans ce cas très particulier, les enquêteurs peuvent disposer d'images vidéo de la victime, dans les dernières secondes avant sa disparition.

Mobilisation pour retrouver Ophélie[modifier | modifier le code]

Une mobilisation étudiante sans précédent est organisée par ses amis et sa famille sur Internet, afin de la retrouver, notamment sur Facebook où plusieurs groupes rassemblent au moment de sa disparition près de 60 000 personnes[2].

C'est aussi l'un des premiers cas où les internautes de Facebook mènent eux-mêmes l'enquête, en étudiant les vidéos. Ces recherches sont reprises par les journalistes qui annoncent des compléments d'interrogatoires sur place, qui restent finalement sans suites[3].

Une enquête administrative est d'abord ouverte en Hongrie et la famille d'Ophélie Bretnacher met plus d'un mois à obtenir que la disparition d'Ophélie soit qualifiée d'« inquiétante ». Elle dépose une plainte en Hongrie le 30 décembre 2008, puis en France, et demande plus de coopération entre les polices des deux pays.

Le 11 janvier 2009, plusieurs centaines de personnes défilent silencieusement, en une marche blanche, à partir du Champ-de-Mars pour demander une implication de l'État français[4].

Catherine Vautrin, députée de la Marne, évoque la disparition d'Ophélie à l'Assemblée nationale[5],[6].

Des reportages télévisés sont consacrés à Ophélie, à des heures de grande écoute, sur les principales chaînes télévisées françaises (TF1, France 2, France 3, M6...)[7].

Une pétition au Président de la République française, pour appuyer la demande d'implication de l'État, est mise en ligne sur un site spécialisé dès le 12 décembre 2008[8]. Elle réunit plus de 10 000 signatures.

Ophélie est mentionnée sur le blog du Président Nicolas Sarkozy[9].

Découverte du corps le 12 février 2009 et premières conclusions[modifier | modifier le code]

Le corps d'Ophélie est découvert à Csepel, le 12 février 2009, près d'une station de traitement des eaux usées du Danube. Elle est probablement morte par noyade. Les conclusions du médecin légiste, qui n'a constaté « aucun signe d'agression ou d'acte criminel sur le corps », ont été retransmises par la police, qui a communiqué que le drame résultait vraisemblablement d'un accident ou d'un suicide[10],[11].

Malgré les premières conclusions, l'homicide ne peut être écarté, du fait de la présence d'un hématome sur le corps d'Ophélie et de nombreuses zones d'ombre dans l'enquête[12].

La famille de la victime, qui a attendu le rapatriement de son corps pendant plus d'un mois, l'enterre en Lorraine.

Point sur l'enquête et hommage de ses amis tous les ans[modifier | modifier le code]

Hommage lors de « Reims à toutes jambes»

Ophélie était une grande sportive qui nageait parfaitement, en compétition. Elle pratiquait la natation synchronisée, la randonnée en montagne et s'entraînait pour le marathon. Presque un an après sa disparition, le 18 octobre 2009, ses amis organisent alors un hommage lors de la course « Reims à toutes jambes»[13] afin de souligner les omissions de l'enquête et de demander des réponses à leurs questions. Un reportage télévisé leur est consacré. Il n'est pas diffusé[14].

Fin 2009, les éléments de l'enquête[15], en particulier l'analyse des diatomées chez Ophélie et dans le Danube, n'ont toujours pas été transmis par la Hongrie.

Le 4 décembre 2009, un an après sa disparition, ses amis se mobilisent à nouveau sur Internet pour la deuxième année consécutive[16], et une journaliste écrit un article récapitulatif sur la disparition[17].

Fin 2010, deux ans après sa disparition, les groupes FaceBook consacrés à Ophélie réunissent toujours plus de 45 000 personnes, et le 4 décembre, ses amis organisent à nouveau une mobilisation sur internet[18] et annoncent :

Nous créerons un événement pour Ophélie, tous les ans, jusqu'à ce que toute la lumière soit faite sur sa disparition et sa mort, jusqu'à ce que justice soit rendue ![19]

L'affaire européenne[modifier | modifier le code]

Ophélie Bretnacher a disparu 2 mois et demi après Eva Rhodes en Hongrie[20],[21]. Leurs familles envisagent d'adresser une plainte auprès de l’Union européenne[22]. D'après le correspondant de l'AFP en Hongrie, ces deux affaires ont été pour lui l'aspect le plus difficile de son métier de journaliste parce que « À cause de l’AFP, on est obligé de poser des questions douloureuses que, personnellement, on préférerait se garder de poser »[23].

Début 2010, les éléments de l'enquête n'ont toujours pas été transmis par la Hongrie.

La bonne coopération policière et judiciaire des pays membres de l'Union européenne est précisée dans le Traité de Lisbonne applicable au 1er décembre 2009 ainsi que dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

L'affaire criminelle[modifier | modifier le code]

En février 2010, la famille et le compagnon d'Ophélie se constituent partie civile et déposent une nouvelle plainte pour meurtre[24],[25],[26].

En mars 2010, une information judiciaire est ouverte à Paris, pour enlèvement, séquestration, suivis de meurtre[27].

En 2013, une nouvelle disparition au même endroit[modifier | modifier le code]

Le 1er janvier 2013 vers 2 heures, un étudiant en médecine anglais de 23 ans, Daniel Glicksten, disparait exactement au même endroit, surveillé par les mêmes caméras, à sa sortie du Ötkert bar[28],[29].

Les invraisemblances qui persistent toujours[modifier | modifier le code]

Deux ans après la disparition, le 4 décembre 2010, Maitre William Bourdon, estimait que l'enquête avance bien que

- Tous les documents demandés ne soient pas revenus. L'article souligne aussi :

- Les analyses des diatomées qui permettraient de connaitre avec exactitude le lieu du décès étaient manquantes

- Les bornes téléphoniques sur le trajet d'Ophélie n'ont toujours pas été exploitées.

- Certains témoignages (comme celui du promeneur qui a entendu des cris de femme à l'heure de la disparition à proximité du lieu où son sac a été retrouvé) n'ont pas été approfondis

- Et surtout que le corps d'Ophélie a été retrouvé dans un lieu situé à contre-courant, et qu'il est impossible qu'il y ait dérivé à partir du Pont des Chaines[30].

En 2014, l'enquête est clôturée en Hongrie[modifier | modifier le code]

- Le 9 avril 2014, l'enquête est clôturée en Hongrie car "il n'aurait pas été mis en évidence d'infraction"[31].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Budapest police investigate the case of a missing French girl » (consulté le 12 décembre 2009),
  2. « Le web mobilisé pour retrouver Ophélie Bretnacher » (consulté le 6 octobre 2009), L'Express du 11 décembre 2008.
  3. « Disparition d'Ophélie Bretnacher : six personnes recherchées » (consulté le 15 décembre 2009), France-Soir du 31 janvier 2009.
  4. « Ils refusent qu'on oublie Ophélie » (consulté le 16 décembre 2009), Le Parisien du 12 janvier 2009.
  5. « Catherine Vautrin Questions au gouvernement 13 janvier 2009 »
  6. « Vidéo de l'intervention de Catherine Vautrin à l'Assemblée nationale »
  7. « Ophélie Bretnacher le 13-15 du 30 janvier 2009 »
  8. « Pétition pour une implication de l'État français. »
  9. Ophélie Bretnacher | SARKOZY Blog de Nicolas Sarkozy
  10. « La piste criminelle écartée après l'autopsie du corps d'Ophélie Bretnacher » (consulté le 6 octobre 2009), Le Monde du 14 février2009.
  11. « Plus de doute: Ophélie s'est noyée » (consulté le 6 octobre -2009), Le Post du 12 mars 2009.
  12. « Disparition d'Ophélie Bretnacher — Mort probable d'Ophélie : un hématome qui interpelle », L’Union du 14 février 2009.
  13. « Reims à toutes jambes 12 213 sportifs dans la course » (consulté le 5 novembre 2009), L’Union du 18 octobre 2009.
  14. « Le tract distribué à l'arrivée de la course le 18/10/2009 à Reims. »
  15. « Point sur l'enquête au 17/10/2009 »
  16. « EXCLUSIF Ophélie Bretnacher Ne pas écarter l'homicide », L’Est Républicain du 4 décembre 2009
  17. « deux mois de recherche et d'angoisse », L’Union du 7 décembre 2009.
  18. « Il y a deux ans disparaissait Ophélie Bretnacher », L’Union du 4 décembre 2010.
  19. « Un coeur pour Ophélie », L’Union du 4 décembre 2010.
  20. (en) « Animal welfare woman murdered » (consulté le 10 décembre 2009), The Guardian'' du 8 février 2009.
  21. (en) « Miliband failed to help hunt for model feared murdered abroad » (consulté le 12 décembre 2009), The London Evening Standard du 13 mars 2009
  22. « Étrangers disparus en Hongrie », sur www.jfb.hu, JFB le journal francophone de Budapest,‎ janvier 2009 (consulté le 28 décembre 2009)
  23. Frédérique Lemerre, « L’AFP à Budapest », sur www.jfb.hu, JFB le journal francophone de Budapest,‎ juillet 2009 (consulté le 28 décembre 2009)
  24. Justice - Ces familles qui s'impliquent | France Soir Justice, ces familles qui s'impliquent, Jean-Pierre Thiollet, France-Soir du 18 février 2010
  25. Affaire Ophélie Bretnacher : la famille relance l'enquêe - societe - Elle Elle, Affaire Ophélie Bretnacher : la famille relance l'enquête Elle du 3 février 2010
  26. Le Figaro - Flash actu : Ophélie Bretnacher: plainte pour meurtre Ophélie Bretnacher, Nouvelle plainte pour meurtre, Le Figaro du 3 février 2010
  27. Mort d'Ophélie Bretnacher en Hongrie : une information judiciaire ouverte, actualité Société : Le Point Mort d'Ophélie Bretnacher en Hongrie, une information judiciaire, le Point du 17 mars 2010
  28. (en) « Family join search for missing British student », Budapest Times,‎ 10 janvier 2013 (lire en ligne)
  29. (hu) « A Lánchíd közepén veszett nyoma a brit fiúnak [La trace du garçon anglais perdue au milieu du Pont des chaînes] », Blikk,‎ 29 janvier 2013 (lire en ligne)
  30. « Maitre William Bourdon : l'enquête avance », L’Union du 4 décembre 2010.
  31. « megszuntettek a nyomozast ophelie ugyeben » Hirado; avril 2014