Affaire Omar Raddad

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Affaire Omar Raddad
Nature du crime Homicide volontaire
Type de crime Meurtre
Pays de lieu du crime Drapeau de la France France
Ville Mougins
Type d'arme Chevron de bois, arme blanche
Date du crime 23 juin 1991
Nombre de victimes 1 : Ghislaine Marchal
Jugement
Statut Affaire jugée : condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle ; libéré le 4 septembre 1998
Tribunal Cour d'appel de Nice
Formation Cour d'assises
Date du jugement 2 février 1994
Recours Pourvoi en cassation rejeté le 9 mars 1995
Grâce partielle accordée le 10 mai 1996

L'affaire Omar Raddad est une affaire criminelle très médiatisée portant sur le meurtre de Ghislaine Marchal en 1991 sur les hauteurs de Mougins (Alpes-Maritimes) meurtre dont Omar Raddad, jardinier employé à cette époque par la victime, a été reconnu coupable par la justice, bien qu'il n'ait jamais cessé de clamer son innocence. Défendu par Me Jacques Vergès, Omar Raddad condamné en 1994 à dix-huit ans de réclusion, a bénéficié d'une réduction de peine à la suite d'une grâce partielle en 1998, mais se bat toujours pour être blanchi et définitivement innocenté.

L'inscription en lettres de sang : « Omar m'a tuer » (sic), présente sur la scène du crime, reste l'aspect le plus célèbre de cette affaire des plus marquantes de la société française des années 1990.

Déroulement de l'affaire[modifier | modifier le code]

Les faits[modifier | modifier le code]

Omar Raddad en 2011.

Le 24 juin 1991 au soir, les gendarmes sont alertés par des voisins que Ghislaine Marchal ne donne plus de nouvelles depuis la veille alors qu'elle devait déjeuner le 23 juin chez son amie Colette Koster. Les gendarmes se rendent chez madame Marchal née demoiselle de Renty, villa « La Chamade » à Mougins. Elle est la riche veuve d'un équipementier automobile[1] et belle-sœur du bâtonnier Bernard de Bigault du Granrut (qui était notamment l'avocat du ministère de la Justice, du ministère de l'Intérieur et du ministère des Affaires étrangères). Ils découvrent, vers 19 heures, son corps inanimé, frappé de coups d'un objet contondant et de plusieurs coups de chevron au fond de la cave de sa villa. « OMAR M'A TUER » est inscrit sur une porte[2] blanche menant à la cave à vin avec son sang. La phrase est inscrite de nouveau partiellement un peu plus loin sur une autre porte[3] de la cave menant à la chaufferie : « OMAR M'A T »[4].

L'heure et la date du crime sont fixées le 27 juillet par trois médecins légistes comme remontant de six à huit heures le lundi 24 juin 1991. La défense s'appuiera sur cet élément du rapport pour invoquer une pression du juge qui aurait fait avancer le moment officiellement reconnu du crime[5] au 23 juin car le 24, Omar Raddad avait un alibi : il a pris le train au petit matin pour se rendre à Toulon chez sa belle-sœur pour fêter l’Aïd-el-Kébir en famille. Selon l'accusation et la partie civile, il ne se serait agi que d'une erreur de frappe d'une des secrétaires et ce serait cette « erreur » notamment qui aurait permis d'alimenter la thèse d'un « complot »[6]. Les résultats de l'autopsie controversée (critiques sur le relevé décadactylaire et la datation de la mort) révèlent un corps percé d'une dizaine de coups d'une arme tranchante[7], une gorge entaillée, un crâne fracassé par au moins quatre coups, un doigt fracturé et une phalange presque sectionnée à la main gauche suggérant qu'elle a cherché à se protéger en portant ses mains au visage, et précisent également l'heure du crime entre 11 h 00 et 13 h 30[8].

Mme Marchal a été tuée dans une annexe accolée à l'habitation principale. L'accès à la cave/chaufferie se fait par un palier desservant d'une part un local où sont entreposés les outils de jardinage et du bois et d'autre part un escalier descendant à la cave.

L'enquête[modifier | modifier le code]

Le jardinier de la victime, Omar Raddad, est soupçonné, car les écritures de sang le désignent. Le soir de la découverte macabre, Francine Pascal, une voisine résidant à environ 800 mètres de la propriété de Ghislaine Marchal, indique aux gendarmes qu’elles ont en commun un jardinier répondant au nom d’Omar Raddad et que celui-ci est venu travailler chez elle, le dimanche 23 juin 1991. Les gendarmes, apprenant qu’il est de nationalité marocaine et craignant une fuite vers son pays d’origine, le recherchent activement dès le mardi 25 juin 1991. Absent de son domicile au Cannet. Il est alors placé en garde à vue en qualité de témoin important.

Concernant son emploi du temps le jour du meurtre, il affirme avoir travaillé chez Francine Pascal et s’être absenté de son lieu de travail entre 12 h et 13 h 10 pour aller déjeuner à son domicile situé au Cannet à 5,5 km. Il détaille son passage dans une boulangerie du Val de Mougins qu'il aurait lui-même désignée aux enquêteurs (d’après le capitaine de la gendarmerie Georges Cenci), il décrit les voisins rencontrés dans la cour de son immeuble (qui confirment leur présence à cette heure-là, mais qui ne se souviendront pas l'avoir croisé ce jour-là). Il indique enfin avoir quitté son domicile aux alentours de 12 h 40, s'être arrêté à une cabine téléphonique pour appeler sa femme à Toulon (un appel confirmé par France Telecom, de la cabine 407 rue Franklin-Roosevelt au Cannet à 12 h 51 min 19 s, d'une durée de 2 min 17 s, celle-ci est située à proximité de son domicile) et avoir repris le travail après 13 h 0 au Mas Saint-Barthélemy, la villa de Mme Pascal. Selon l'accusation et la partie civile, la fille de celle-ci se serait étonnée de le voir travailler aussi tôt alors que son activité ne reprenait généralement qu'à 13 h 30 : Omar Raddad lui aurait répondu qu'il rattrapait le retard qu'il avait accumulé le matin, alors qu'il aurait été plus tard établi qu'il n'aurait eu en réalité aucun retard[9]. Cette version, reprise ultérieurement dans une émission jugée par la défense d'Omar Raddad comme étant particulièrement partiale (la société de production ayant même été condamnée en diffamation à la suite de la diffusion du reportage), est toutefois réfutée par l'intéressée qui a été, avec sa famille, un des principaux soutien à la thèse de l'innocence de leur ancien jardiner. Cependant, la justice ne se disant pas convaincue par son alibi a estimé qu'il aurait tout à fait eu le temps d'assassiner Mme Marchal entre 12 h et 13 h 10[9].

À l'issue de sa garde à vue, Omar Raddad sera finalement présenté au juge d’instruction Jean-Paul Renard[10] qui lui notifie son inculpation. Il va s'appuyer sur les inscriptions en lettres de sang qui le désignent explicitement et la découverte d'un système de blocage de la porte de la cave de l'intérieur, qui semble conforter le juge dans sa conviction que les inscriptions ont été faites par la victime. Par ailleurs, selon lui, il existerait un motif de dispute entre le jardinier et son employeur lié aux demandes d’avance sur salaire. En effet, la semaine précédant le meurtre, Ghislaine Marchal aurait partiellement refusé une avance sur salaire de 2 500 francs (381 euros) en ne lui accordant que 1 500 francs (229 euros). Par la suite, toujours selon l'accusation et la partie civile, elle aurait appris lors d'une conversation téléphonique avec Francine Pascal qu’Omar Raddad lui aurait également demandé une avance sur salaire. Les deux employeurs auraient alors décidé de ne plus répondre aux sollicitations de leur jardinier. En outre, l'alibi fourni par Omar Raddad, le dimanche 23 juin, entre 12 h et 13 h 10 (heure retenue du crime), ne sera ni confirmé, ni infirmé par les personnes interrogées. Enfin, l'absence d'effraction à la Chamade et le supposé simple vol de 5 000 francs (762 euros) dans le sac à main de la victime[4] – alors que les objets de valeur et bijoux sont retrouvés intacts dans la villa – orientent l'enquête vers un familier des lieux proche de la victime. Or, Omar Raddad aurait possédé la clef du portail d'entrée.

L'instruction se termine au printemps 1993. Les avocats d'Omar Raddad tentent d'invoquer le non-lieu en se référant à des présumés manquements dans la procédure. Cependant la chambre d'accusation rejette cette demande et renvoie Omar Raddad devant les assises de Nice, le 14 avril 1993[9].

Le procès[modifier | modifier le code]

Le procès d'Omar Raddad s'ouvre le 24 janvier 1994. Il est défendu par des « ténors » du barreau : Maîtres Georges Girard, Gérard Baudoux, Jean-Claude Giudicelli, puis Jacques Vergès. Un an après le crime, Jean-Claude Giudicelli renonce à assurer la défense d'Omar Raddad[9]. De son côté, la famille de Ghislaine Marchal sollicite les services de maître Henri Leclerc.

Le procès s'ouvre sur l'analyse de la personnalité de l'accusé. Omar Raddad est décrit par son épouse Latifa comme un « bon père de famille » sans histoire. Un incident de séance a lieu pendant le témoignage de Latifa Raddad qui affirme que « son mari est si gentil qu'il ne pourrait faire de mal à une mouche », ce à quoi le président de la cour d'assises Armand Djian, faisant référence à la fête de l'Aïd-el-Kébir, lui répondra « mais il égorge le mouton ».

L'analyse des comptes bancaires de l’accusé par les enquêteurs en France et au Maroc ferait ressortir une prétendue face cachée. Omar Raddad aurait en effet effectué des retraits relativement importants, 80 000 francs (12 196 euros) au cours des deux dernières années, afin de jouer aux machines à sous. Les procès-verbaux d'audition du personnel du casino de la Croisette de Cannes décrivent un homme fréquentant l’établissement plusieurs fois par semaine[11].

Par ailleurs, le jardinier marocain aurait régulièrement demandé des avances sur salaires à ses employeurs afin, leur aurait-t-il dit, de payer son loyer. Ce motif sera contredit par le témoignage du gérant de son logement, car Omar Raddad lui devait un mois de loyer (mai 1991). Les représentants de l'accusation pensent qu'Omar Raddad aurait utilisé les avances sur salaires pour jouer au casino afin de récupérer sa mise, étant donné qu'il aurait caché sa passion du jeu à son épouse et que, devant les demandes de leur jardinier, ses employeurs seraient convenus de ne plus céder.

Les enquêteurs évoqueront aussi la fréquentation de prostituées, mais Omar Raddad niera farouchement cette déposition (qui a été faite sans interprète lors des premiers interrogatoires). La prostituée interrogée par les gendarmes lors de l’enquête ne viendra pas finalement témoigner au procès. Retrouvée et entendue par le détective Roger-Marc Moreau[12] en 1995, elle démentira, affirmant de plus que les militaires de la gendarmerie lui avaient fait signer une audition inexacte sans lui avoir fait relire le texte. Par la suite, elle n'aurait pas reçu de convocation pour témoigner au procès, alors que, contrairement à ce qui avait été prétendu, elle résidait toujours à la même adresse à Marseille (13), dans un appartement dont elle était la propriétaire.

La gendarmerie (retranscrite au procès) qui a auditionné le personnel de la boulangerie la « Huche à pain » note que les deux vendeuses (ainsi qu'une troisième, Nathalie Dubonneau, qui faisait des aller-retour depuis une pièce annexe) présentes ce jour-là, Corinne Dray et Carméla Landra, ne se souviennent pas avoir servi Omar Raddad. Or, leurs procès-verbaux d'audition indiquent qu'il y avait trop de clients, qu'elles ne se souviennent pas si elles ont vu ou non Omar Raddad ce matin-là. Ce qui, traduit dans le rapport de synthèse de la gendarmerie, donne : « elles se souviennent ne pas l'avoir servi »[13]. De plus, les gendarmes se sont uniquement rendus à la « Huche à pain » alors qu'une seconde boulangerie est située cent mètres plus loin, où le jardinier avait ses habitudes, selon le gérant Marcel Mortiliengo. Les gendarmes ne s'y serait pas rendus, puisque Omar Raddad, amené sur les lieux, leur aurait désigné la « Huche à pain » et non l'autre boulangerie[11],[9].

Omar Raddad ayant affirmé avoir croisé dans le hall de l'immeuble monsieur Jean-Pierre Gaye, le gérant du magasin Casino, ce dernier a été auditionné. Il a confirmé être sorti de son appartement aux environs de 11 h 45 en compagnie de son épouse et de son fils, qu'il a croisé son voisin, monsieur Villeneuve-Gallez, puis qu'il s'est rendu dans la remise de son magasin et qu'il a regagné ensuite son domicile aux environs de 12 h 15. Cependant, il a précisé – ainsi que son épouse – ne pas avoir remarqué la présence d'Omar Raddad au cours de cette période, tout en reconnaissant qu'il était tout à fait inhabituel qu'il se trouve à cette heure-là à cet endroit, un dimanche.

L'alibi de l'accusé fut ensuite contredit à l'audience par une voisine, Mireille Billioti, qui, le jour des faits, se serait tenue sur son balcon pour voir arriver sa fille qu'elle avait conviée à déjeuner. Elle a indiqué n'avoir pas vu l'accusé rentrer dans la cour de l'immeuble pour garer sa mobylette précisant : « j'ai guetté l’arrivée de ma fille sur mon balcon qui donne sur l'avenue de Grasse, de 11 h 30 à 12 h 45 - 12 h 50. Je n'ai jamais quitté ce balcon. Je peux vous affirmer et je suis formelle, durant ce laps de temps, je n'ai absolument pas vu Omar Raddad arriver sur son cyclomoteur »[14]. Cependant, réentendue en 1995 par le détective Roger-Marc Moreau chargé d'une contre-enquête par l'avocat Jacques Vergès, elle ne pourra pas expliquer comment elle a fait pour préparer le repas tout en restant continuellement sur son balcon pendant le laps de temps indiqué. De surcroît, cette personne avait des difficultés de concentration et présentait des troubles des facultés cognitives à la suite de séquelles liées à un accident vasculaire cérébral.

Le défenseur d'Omar Raddad[11], maître Jacques Vergès, met en avant notamment les éléments suivants :

  • Le véritable meurtrier aurait utilisé la main de madame Ghislaine Marchal pour faire accuser le jardinier.
  • Dans un premier temps, les trois médecins légistes ont daté le décès au lundi 24 juin 1991, en décrivant que la victime avait encore les yeux clairs, avant d'invoquer une erreur de frappe et de retenir la date du 23 juin 1991, car il a été établi qu'Omar Raddad était à Toulon, le lundi 24.
  • Lors du rapport d'autopsie, aucune trace de sang n'a été découverte sous les ongles de la victime, juste de la terre, détail qui avait échappé aux avocats à l'époque.
  • L'amant de la femme de ménage – celle qui a déclaré aux enquêteurs que madame Ghislaine Marchal l'a plusieurs fois soupçonnée de vols d'argent – un personnage connu sous le sobriquet de « Pierrot le Fou » et notamment condamné pour violences, cambriolages et pour meurtre (par la cour d'assises de Paris en 1983), aurait joué un rôle avec un ou plusieurs de ses complices habituels, d'autant qu'il donne plusieurs versions contradictoires et ne possède pas d'alibi le jour du crime. L'enquête officielle ne s'est pourtant jamais intéressée à lui et cet élément a été mis en évidence et révélé par le détective Roger-Marc Moreau.
  • Les enquêteurs n'ont fait aucune investigation dans le milieu proche de la victime (héritiers potentiels, famille proche, milieu des affaires).
  • Le corps de la victime a été incinéré le lendemain de l'autopsie (la crémation aurait été un souhait de madame Ghislaine Marchal[11] selon sa sœur Claude épouse de l'avocat Bernard de Bigault du Granrut, cependant il n'existe aucune trace écrite et, de plus, madame Madame Ghislaine Marchal avait fait construire un caveau au cimetière de Mougins). Cette procédure plus qu'inhabituelle a rendu impossible toute investigation ultérieure et notamment toute contre-expertise qu'aurait pu réclamer la défense d'Omar Raddad, ladite crémation ayant eu lieu avant même que l'autopsie ait été communiquée aux parties et avant qu'on ait pu relever les empreintes digitales ou mesurer la largeur des doigts de la victime[15]...
  • Aucune empreinte digitale n'a été relevée sur les lieux du crime. Selon les gendarmes, aucune trace exploitable n'aurait été révélée[16].
  • Plusieurs personnes, dont messieurs Jean-Claude Goldstein et Christian Vellard, se trouvaient sur l'étroit chemin Saint-Barthélemy à Mougins, à un endroit situé entre la propriété de madame Francine Pascal (où Omar Raddad travaillait le dimanche 23 juin 1991) et la propriété de madame Ghislaine Marchal (où le crime a été commis). Pour se rendre à la Chamade (la maison où résidait la victime), située au fond d'une impasse, ou pour en partir, Omar Raddad aurait obligatoirement dû passer devant eux ; or les deux hommes ne l'ont pas vu passer, et il en est de même pour les autres personnes présentes ce jour-là (dont madame Nicole Jacquot, ses deux filles, son fils et son gendre ainsi que monsieur Jacques Montagne).
  • Un homme, Monsieur Salah El Ouaer, se trouvait dans la propriété contiguë. Il a affirmé avoir constaté la présence de plusieurs personnes à la Chamade, dont celle de la femme de ménage, dans la matinée du lundi 24 juin 1991, donc juste quelques heures avant la découverte du crime. Ce témoin essentiel a été retrouvé en Tunisie et auditionné par le détective Roger-Marc Moreau devant les caméras de France 3, en 1998. Précédemment, en 1991, il avait été entendu par les gendarmes, qui n'auraient pas retranscrit la totalité de sa déposition (le procès-verbal incomplet établi par eux et figurant au dossier, mentionnait, en outre, un état-civil inexact, ses nom, prénom, date et lieu de naissance ayant été modifiés)[17].

Une charge a exacerbé l'émotion et l'activité médiatique : la phrase « Omar m'a tuer », que, selon l'accusation, Mme Marchal aurait écrite pendant son agonie, qui a duré de 15 à 30 minutes[9]. Les experts en écriture affirment que celle-ci a pu écrire cette phrase et sont d'accord sur le fait que les inscriptions ont bien été écrites avec son sang. Début juillet 1991, le juge d'instruction demande une expertise en écriture, après quoi la défense demande une contre-expertise. Les deux experts arrivent à la même conclusion : l'écriture est bien celle de Ghislaine Marchal[9]. Selon la défense, Ghislaine Marchal n'aurait jamais fait une telle faute, mais plusieurs documents indiquent qu'elle ferait preuve d'une orthographe parfois défaillante (elle aurait en particulier écrit « payer » sur une facture déjà réglée), notamment vis-à-vis de l'usage du passé composé[18],[9], cependant ce point est vivement contesté par la défense et par des journalistes[19],[20],[21]. Un collège d'experts agréés par la Cour de cassation, saisi par la Commission de révision, va désavouer les deux experts en établissant ultérieurement qu'il était en fait impossible de se prononcer[22]. Selon la défense, l'inscription « Omar m'a tuer » a été écrite dans l'obscurité de manière parfaitement rectiligne et espacée, une prouesse impossible à reproduire. En réalité, seule la première inscription, proche de la lumière du couloir, était parfaitement rectiligne et non pas la deuxième rédigée dans une totale obscurité[23]. Maître Vergès ne motive pas les raisons qui auraient poussé le(s) meurtrier(s) à écrire par deux fois cette phrase sur deux portes distinctes et si distantes. Le détective Roger-Marc Moreau et l'expert en écriture Danièle Dumont développeront la théorie selon laquelle l'inscription incomplète ayant été tracée en premier en tenant la main du cadavre de la victime, cette dernière n'aurait pas été pas suffisamment lisible, d'où l'idée qu'auraient eue les auteurs du crime d'écrire plus clairement, en lettres géantes, la seconde inscription accusatrice. Cependant, l'experte Florence Buisson-Debar indique que, lorsque l'on guide la main de quelqu'un pour l'obliger à écrire, une opposition de force se produit, et le geste graphique est déterminé par celui qui tient la main, ce qui rentre en contradiction avec les études montrant qu'il s'agit de l'écriture de Mme Marchal[9]. Quoi qu'il en soit, les constatations médico-légales et les experts de la Commission de révision des condamnations pénales révèlent que les traces de poussières et de ciment relevées sur le peignoir et sur les anses intestinales de la victime sont la preuve que celle-ci a rampé ou marché à quatre pattes sur le sol, hypothèse confirmée par les ecchymoses sur ses membres inférieurs et supérieurs[24], tandis que la défense voit là la démonstration qu'elle a été traînée sur le sol, comme semble le confirmer la position de son peignoir.

Des particules de poussière ayant des corrélations avec la poussière se trouvant dans la cave sont retrouvées dans la texture du pantalon et les semelles de chaussures d'Omar Raddad[9], mais durant le procès, il sera reconnu que le même type de poussière se trouvait dans la propriété de madame Francine Pascal, endroit où précisément il a travaillé le dimanche en question. En revanche, aucune trace de sang n'est retrouvée sur ses vêtements, ce qui, selon l'accusation, pourrait s'expliquer par le fait que les coups portés n'auraient pas provoqué de saignements[9]. Mais selon la défense d'Omar Raddad, cette version serait contredite par les constatations effectuées, du sang ayant giclé jusqu'à tacher le plafond de la chaufferie. Lors de la reconstitution demandée par les avocats d’Omar Raddad, ces derniers n'auraient pas réussi à bloquer la porte de l'extérieur tel que constaté lors de l'arrivée des gendarmes : le positionnement du tube près des gonds à droite et du lit pliant contre la porte. Cependant, le détective Roger-Marc Moreau trouvera un procédé permettant facilement de bloquer ladite porte dans les mêmes conditions de l'extérieur, la démonstration sera filmée et diffusée, à plusieurs reprises, à la télévision (sur TF1 dans Témoin numéro 1 et Sans aucun doute, sur France 2 dans La Marche du siècle).

Lors de son procès, Omar Raddad va évoquer sa difficulté de compréhension de la langue française au cours de son audition par les différents enquêteurs pour expliquer ses « oublis » concernant ses dépenses aux jeux. Il communique ainsi avec le président du tribunal et les jurés par interprète interposé. Selon l'accusation, il aurait toutefois préalablement réussi à échanger avec le juge d'instruction – en présence de son avocat (ce que ce dernier réfute) – sans interprète et plus tard directement avec ses avocats au cours du procès.

Le 2 février au soir, Omar Raddad est condamné à 18 ans de réclusion criminelle, les jurés le reconnaissant coupable du crime avec circonstances atténuantes[25]. Beaucoup de pénalistes présents lors du procès furent unanimes pour constater le peu de combativité de la défense devant les jurés (Jacques Vergès expliquera qu'il avait été volontairement sobre car, contrairement à ses autres procès médiatisés, il défendait un homme dont il était convaincu de sa réelle innocence) et selon certains, le manque de connaissance du dossier de maître Vergès[11]. Celui-ci a cependant une phrase qui marque les esprits : « C'est la célébration de l'anniversaire du centenaire de l'Affaire Dreyfus. Il y a cent ans, on condamnait un officier qui avait le tort d'être juif, aujourd'hui on condamne un jardinier parce qu'il a le tort d'être maghrébin »[26].

La lutte pour la réhabilitation[modifier | modifier le code]

Les rebondissements avortés et le pourvoi en cassation[modifier | modifier le code]

À la suite du procès, deux détectives privés, dont les méthodes ont été mises en cause par le très controversé Guy Hugnet[27], sont mandatés pour mener une contre-enquête en vue de la manifestation de la vérité. Maître Vergès sollicite les services du détective Roger-Marc Moreau, tandis que maître Baudoux et maître Girard, les deux premiers avocats d'Omar Raddad recommandés par Moulay Hicham ben Abdellah el-Alaoui (neveu d'Hassan II qui vise la couronne), mandate de son côté le détective Bernard Naranjo, dont les investigations sont financées par un proche du roi Hassan II du Maroc[11].

Malgré les nombreux éléments soumis, dont la plupart ont été découverts par Roger-Marc Moreau (bien que la majorité se verront occultés lors du complément d'information) et ce, nonobstant la confirmation de ceux-ci notamment par le journaliste Christophe Deloire qui a suivi le détective pendant plusieurs mois (ce dernier publiera d'ailleurs plusieurs articles dans l'hebdomadaire Le Point dont notamment Révélation sur la piste oubliée[28] ainsi qu'un essai intitulé Omar Raddad - Contre-enquête pour la révision d'un procès manipulé[29]), contrairement à la Commission de révision, pour la Cour de révision statuant en 2002, « aucun élément soulevé par Omar Raddad ne serait nouveau ni ne s’avérerait "de nature à faire naître l'existence d'un doute" quant à la culpabilité d'Omar Raddad ».

Près de trois mois après le verdict de la cour d'assises, Jacques Vergès avait tenu une conférence de presse, le 4 mai 1994, en compagnie d'une Néo-Zélandaise, Patricia Clark, résidente épisodique de Mougins. Ce témoin s'était manifesté suite à la lecture du livre de Jacques Vergès, Omar m'a tuer : Histoire d'un crime. Le jour du crime, elle aurait remarqué devant son domicile, situé à quelques kilomètres de la villa de Ghislaine Marchal, une camionnette apparemment abandonnée avec, à l'intérieur, des traces de sang et des chevrons de bois à l'arrière[30]. La gendarmerie de Mougins ne retient toutefois pas ce témoignage, étant donné qu'aucune camionnette n'a fait l'objet d'un enlèvement dans les jours précédant ou suivant la date du meurtre. Par ailleurs, il s'avère qu'un voisin de Madame Clark possède une camionnette correspondant à la description faite par ce nouveau témoin et qu'il lui est arrivé effectivement de transporter des planches de bois et un produit rouge pour la moquette, que le témoin a pu confondre avec du sang. La gendarmerie de Mougins prend cette piste très au sérieux et interroge cet individu. Finalement, l'enquête conclut qu'il s'agit d'une dénonciation calomnieuse étant donné que cette personne, résidant à quinze kilomètres de Mougins n'avait absolument aucun lien avec Ghislaine Marchal. Il n'avait de commun avec l'accusé Omar Raddad que son prénom.

Le 9 mars 1995, le pourvoi en cassation formé par la défense de Raddad est rejeté, la Cour de cassation n'ayant relevé aucune faute de procédure et arguant que l'accusé a eu droit à un procès équitable[9]. Et pourtant la requête de maître Vergès, reprenant les découvertes des détectives, offrait de nouveaux éléments explosifs, montrait les mensonges répétés de Liliane Receveau, la femme de ménage, présentait le témoignage de l'ancien majordome de Mme Marchal faisant état des menaces récurrentes de Christian Veilleux, le fils de Mme Marchal, sur sa mère, parlait de la destruction du journal intime brûlé dans la cheminée et de l'éventuelle arme du crime, un stylet d'argent, une pièce d'orfèvrerie exposée habituellement dans le salon, qu'on avait pas retrouvé et dont la forme correspondait aux blessures de la morte[15].

Le 12 septembre 1995, Mohamed Moumen, ancien détenu de la prison de Clairvaux, a révélé dans le journal quotidien marocain L’Opinion qu'un de ses anciens codétenus lui aurait confié être le véritable assassin de Ghislaine Marchal : « Il aurait eu une petite amie qui travaillait comme femme de ménage chez madame Marchal, mais cette dame la soupçonnait de vol. Un jour, la fille avait gardé un billet de 500 francs, un Pascal qui traînait par terre. D'après ce qu'il m'a dit, madame Marchal avait viré sa petite amie. Alors ils ont décidé de cambrioler la maison. Madame Marchal l'aurait surpris. Il m'a dit « Je ne voulais pas la tuer, j'étais obligé ». C'est lui qui aurait écrit Omar m'a tuer »[31]. Une enquête préliminaire est ouverte par le parquet de Grasse afin d'interroger Alain V-B. Celui-ci est rapidement mis hors de cause, car le jour du crime, il était hospitalisé à Saint-Roch, à Nice, après un accident de moto. Le témoignage de Mohamed Moumen apparaît d'ailleurs en contradiction avec les éléments relevés par la gendarmerie de Mougins, qui n'avait constaté aucune effraction ni aucun vol à la Chamade. La piste d’un cambriolage qui aurait mal tourné avait été écartée à l'époque. Cependant, l'enquête du détective Roger-Marc Moreau permettra d'établir que l'individu en question avait partagé la vie d'une jeune femme, Céline Moret, qui était en 1991, la concubine d'un des fils de la fameuse femme de ménage de Ghislaine Marchal. Cette dernière affirmera qu'Alain V-B s'était vanté en prison en s'appuyant sur des faits dont il avait eu connaissance par son intermédiaire et, que pour se faire mousser et jouer au dur en prison, il se serait identifié à celui qu'elle considérait à l'époque comme étant son beau-père, surnommé « Pierrot le fou », le compagnon de la femme de ménage de madame Ghislaine Marchal.

La grâce présidentielle[modifier | modifier le code]

Le 10 mai 1996, le président Jacques Chirac accorde une grâce partielle à Omar Raddad, réduisant sa peine de quatre ans et huit mois, notamment sur la demande du roi Hassan II du Maroc, un accord secret prévoyant en échange la libération d'un Franco-Marocain détenu au Maroc[9].

Omar Raddad, qui pouvait bénéficier d’une libération conditionnelle à mi-peine au bout de neuf ans, peut donc espérer être libéré au bout de six ans et demi, soit en janvier 1998, à condition de fournir une adresse et un emploi. Si l’adresse de sa famille à Toulon a été acceptée rapidement par la justice, il n’en fut pas de même pour son emploi. Les deux premières propositions d’emploi seront rejetées par la garde des Sceaux, Élisabeth Guigou. En effet, le premier emploi était une place de jardinier chez une riche veuve du Var, situation offrant de scabreuses similitudes avec l'emploi qu'occupait Omar Raddad chez Mme Marchal. Le deuxième était l'entretien d'une propriété chez un avocat d'Aix-en-Provence. Une offre d'emploi sans doute jugée « de complaisance » par la justice[réf. nécessaire]. Finalement, le poste de coursier dans une conserverie de viande de Marseille reçoit un avis favorable d’Élisabeth Guigou[32].

À l'issue d'une campagne de presse menée par l'avocat Jacques Vergès, l'écrivain Jean-Marie Rouart et le détective Roger-Marc Moreau, Omar Raddad est libéré le 4 septembre 1998. Il a eu un comportement irréprochable en détention, d'où l’avis favorable émis en février de cette année-là par le comité consultatif de libération conditionnelle. Omar Raddad retrouve la liberté dans le cadre d'une mesure de libération conditionnelle pour éviter toute récidive. Omar Raddad a fait quarante-cinq jours de grève de la faim et a tenté de mettre fin à ses jours en avalant des lames de rasoir[33].

Les tentatives de révision[modifier | modifier le code]

Le 2 février 2000, six ans exactement après la condamnation d'Omar Raddad, la Commission de révision des condamnations pénales a ordonné de nouvelles investigations et notamment, une nouvelle expertise graphologique pour savoir si Mme Marchal est l'auteur des inscriptions « Omar m'a tuer ». Deux experts ont été nommés : Anne Bisotti et Françoise Ricci D'Arnoux. De plus, à la demande de la défense, le 14 janvier 2001, la justice a ordonné une nouvelle expertise sur les portes et sur le chevron de bois ayant servi à frapper madame Ghislaine Marchal. Sur les trois supports ils découvriront des ADN.

Le 20 février 2001, après vérification, les experts ont déclaré que les ADN masculins retrouvés sur les portes de la chaufferie et sur le chevron n'étaient pas celui d'Omar Raddad, sans toutefois être en mesure de préciser à qui appartenaient ces empreintes génétiques, ni leur provenance. En revanche, deux ADN masculins ont bien été retrouvés sur les portes et le chevron, mêlés au sang de la victime (rendant impossible l'hypothèse d'ADN d'enquêteurs). Selon l'accusation, la scène de crime aurait peut-être été « polluée » après les premières constatations des enquêteurs – les gendarmes, pour être précis – et les conditions de prélèvement des ADN ne seraient pas documentées.

Le 25 juin 2001, la commission de révision des condamnations pénales a décidé de saisir la Cour de révision, car des éléments nouveaux inconnus au moment du procès devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes avaient été confortés par les expertises. Cependant, la Cour de révision va quelques mois plus tard, le 20 novembre 2002, rejeter la demande de révision de la condamnation en affirmant que les éléments nouveaux invoqués ne lui paraissaient pas de nature à faire naître un doute sur la culpabilité du condamné.

À la suite de démarches effectuées auprès du ministère de la justice par Maître Sylvie Noachovitch, la nouvelle avocate d'Omar Raddad, le 9 mai 2011, le parquet de Grasse a demandé à un expert d'établir un profil génétique à partir des traces d'ADN retrouvées en 2001[34]. Le 29 juin 2011, le parquet de Grasse a indiqué qu'il n'était pas en mesure d'établir un profil génétique à partir des traces d'ADN retrouvées mélangées au sang de Ghislaine Marchal en 1991 : « On nous a demandé d'extraire du matériel génétique pour établir un profil génétique. Ce qui n'a pas été possible puisque les prélèvements avaient déjà été utilisés dans le cadre de la procédure », a précisé le parquet de Grasse. Cependant ces profils génétiques, provenant très vraisemblablement de sécrétions de sueur, ont été relevés sur trois supports distincts, les deux portes de la chaufferie (où figuraient les célèbres inscriptions accusatrices), ainsi que sur le chevron manipulé par le meurtrier pour frapper Ghislaine Marchal. Il a été établi qu’aucun des deux ADN n'est celui d'Omar Raddad. Or, le fait que ces traces génétiques se trouvent seulement mêlées au sang et nulle part ailleurs (comme le démontreront les tamponnements effectués) et, en outre, sur trois supports différents éloignés les uns des autres, semble bien prouver qu'il ne peut pas s’agir d’ADN de contamination[réf. nécessaire].

Toutefois, selon l'avis d'un expert sollicité par la chancellerie, il est toujours possible de faire de nouveaux prélèvements sur les traces de sang se trouvant sur les deux portes et sur le chevron et donc de procéder à de nouvelles analyses génétiques surtout à l'aune des importants progrès effectués en cette matière et en particulier des techniques d'amplification de l'ADN. Selon les représentants de la défense, cela permettrait d'inscrire lesdits profils ADN découverts sur la scène du crime au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) et éventuellement de procéder à des comparaisons avec les profils de personnes faisant l'objet de présomptions. En septembre 2013, la chancellerie a donné son accord pour que de nouveaux tests ADN soient effectués[35]. Cependant, le procureur ne donne pas suite à la demande de l’avocate d’Omar Raddad, Me Sylvie Noachovitch. En octobre 2014, en vertu de la nouvelle loi sur la réforme des condamnations pénales[36], Maître Noachovitch envoie une nouvelle demande d’expertise ADN sur deux portes et un chevron[37].

L'affaire Raddad au cinéma[modifier | modifier le code]

En 2007, Roschdy Zem achète les droits d'adaptation du livre Pourquoi moi ? écrit par Omar Raddad et Sylvie Lotiron et sorti en 2002 aux éditions du Seuil[38] et explique son but de reprendre « l'histoire d'un jeune homme qui avait énormément souffert d'avoir été accusé à tort d'un meurtre »[39]. Le film Omar m'a tuer est sorti le 22 juin 2011 en France. Omar Raddad y est interprété par Sami Bouajila, et Jacques Vergès par Maurice Bénichou.

Déclinaisons autour d'« Omar m'a tuer »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Omar m'a tuer.

L'affaire Omar Raddad est devenue célèbre en partie à cause de la faute d'accord de l'inscription « Omar m'a tuer » qui aurait dû ici être « Omar m'a tuée ». Cette faute d'accord semble assez surprenante de la part d'une veuve présentée comme de bonne famille et cultivée mais les gendarmes remarquent des fautes similaires dans les documents saisis de celle-ci. Des bulletins de paie contiennent la même faute quand la victime écrit « payer par l’employeur »[40] mais ce point est vivement contesté par la défense d'Omar Raddad et par des journalistes s'étant penchés sur le dossier[19],[20],[21].

« Omar m'a tuer » sera ensuite souvent reprise en clin d'œil à l'affaire, notamment dans des titres de presse ou de livres. Dans certains cas, c'est parce qu'il y a un lien avec l'affaire, par exemple le titre de Libération « Chirac m'a gracier »[41]. Dans d'autres cas, le clin d'œil constitue le seul lien avec l'affaire Omar Raddad. C'est le cas par exemple du « Omar m'a échapper » du Canard enchaîné (il s'agit du Mollah Omar)[42].

Plus généralement, « m'a tuer » est la partie de la phrase qui est largement réutilisée car elle contient une faute de conjugaison[43]. Plus sérieusement plusieurs graphologues indiqueront que, faute ou pas, une personne blessée au point de Mme Marchal, n'aurait jamais pu écrire de façon aussi assurée[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Omar Raddad réclame sa réhabilitation », sur nouvelobs,‎ 1 août 2010
  2. Photo de la porte de la cave à vin
  3. Photo de la porte de la chaufferie
  4. a et b Le Monde, Grandes affaires criminelles, « Omar m'a tuer », 12 août 2006.
  5. [1]
  6. Le Monde, Six mois après le meurtre de Ghislaine Marchal, 24 décembre 1991.
  7. Probablement un coupe-papier, correspondant à la description que les médecins légistes ont fait de l'arme du crime au vu des blessures : « une lame effilée à double tranchant, mesurant de 15 à 20 centimètres de long, et large de 2 centimètres au maximum ». Source : Christophe Deloire, « Révélations sur la piste oubliée », sur Le Point,‎ 25 janvier 2007.
  8. Dominique Conil, Notre justice, Flammarion,‎ 1995, p. 239
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Faites entrer l'accusé - Omar Raddad, le coupable désigné, 2002.
  10. - LE ROMAN DU JUGE RENARD, Le Point, 19 janvier 2007.
  11. a, b, c, d, e et f Guy Hugnet, « L'affaire Omar Raddad », émission L'Heure du crime sur RTL, 15 mars 2012.
  12. http://www.contre-enquete-judiciaire.fr/blog/photo-468831-8862993-portrait_du_criminaliste_roger_marc_moreau.html
  13. http://www.liberation.fr/societe/0101250305-un-prive-mene-la-contre-enquete-moreau-a-reuni-faits-et-temoignages
  14. Omar Raddad, le meurtrier sans aveu « j'ai guetté l'arrivée de ma fille sur mon balcon qui donne sur l'avenue de Grasse, de 11 h 30 à 12 h 45 - 12 h 50. Je n'ai jamais quitté ce balcon. Je peux vous affirmer et je suis formelle, durant ce laps de temps, je n’ai absolument pas vu Omar Raddad arriver sur son cyclomoteur »
  15. a, b et c http://www.maroc-hebdo.press.ma/Site-Maroc-hebdo/archive/Archives_358/html_358.html/VergesBalance.html
  16. Les traces et microtraces dans l'affaire Omar Raddad
  17. « Omar, le récit du témoin qui n'a jamais témoigné selon Salah El-Ouaer : des visiteurs seraient entrés chez Ghislaine Marchal à l'heure où l'autopsie la donnait déjà morte », Libération.
  18. Omar Raddad innocent : c'est du cinéma !, Philippe Bilger, 22 juin 2011, article publié sur son blog.
  19. a et b « “Omar m'a tuer” - L'affaire Omar Raddad », Les Faits Karl Zéro, 2011.
  20. a et b Jacques Vergès, « Omar m'a tuer » : histoire d'un crime, Paris, M. Lafon, 1994, 237 p. (ISBN 978-2-84098-032-2)
  21. a et b Christophe Deloire et Roger-Marc Moreau, Omar Raddad : contre-enquête pour la révision d'un procès manipulé, Paris, Raymond Castells,‎ 1998, 216 p. (ISBN 9782912587398)
  22. Le Monde, 16 mai 2001.
  23. Des contre-vérités dans l'affaire Omar Raddad, Le Monde, 20 juillet 2011.
  24. [2]
  25. Jean-Marie Rouart, « Un nouveau jugement pour Omar Raddad », sur le Monde,‎ 11 juillet 2011
  26. Dominique Conil, op. cit., p. 257
  27. Guy Hugnet, Omar m'a tuer - Affaire Raddad, le vrai coupable, Paris, L'Archipel, 2011.
  28. « Révélations sur la piste oubliée », Le Point, 25 janvier 2007.
  29. http://roger-marc.moreau.pagesperso-orange.fr/resu_raddad.htm
  30. L'affaire Omar Raddad : fait nouveau, INA.
  31. http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/CAB95048812/enquete-omar.fr.html
  32. « Omar Raddad sort de prison demain », La Dépêche, 3 septembre 1998.
  33. http://fides.ifrance.com/html/raddad1.html
  34. http://www.europe1.fr/France/Affaire-Raddad-exploitation-de-l-ADN-533415/
  35. http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/analyses-de-la-derniere-chance-pour-omar-raddad-04-09-2013-3105289.php
  36. Possibilité pour l'avocat qui envisage de « saisir la cour de révision et de réexamen d'une demande en révision de saisir le procureur de la République d'une demande écrite et motivée tendant à ce qu'il soit procédé à tous actes préalables qui leur paraissent nécessaires à la production d'un fait nouveau ou à la révélation d'un élément inconnu au jour du procès ». Source : LOI no 2014-640 du 20 juin 2014 relative à la réforme des procédures de révision et de réexamen d'une condamnation pénale définitive
  37. Christelle Monteagudo, « Affaire Omar Raddad : l’enquête relancée ? », sur Lyon Capitale,‎ 1 octobre 2014
  38. Pascale Égré, « Omar Raddad, gracié mais toujours traumatisé », Le Parisien,‎ 16 mai 2008 (lire en ligne)
  39. « Un film sur l'affaire Omar Raddad en tournage dans la région », Nice Matin,‎ 23 avril 2010 (lire en ligne)
  40. http://www.police-scientifique.com/omar-raddad/les-expertises-en-%C3%A9criture/
  41. Orthographe et identité
  42. Jacques Bres, Dialogisme et polyphonie : approches linguistiques
  43. François Krug, « « Sarko m'a tuer » : pourquoi le titre de Rue89 vous a choquer », Rue89,‎ 4 septembre 2011 (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Bouzon-Thiam, Omar n'a pas tué : l'assassin a signé son crime, Paris, Naturellement,‎ 1997, 337 p. (ISBN 9782911064012)
  • Georges Cenci, Omar l'a tuée : Vérité et manipulations d'opinion, Paris, L'Harmattan,‎ 1er juillet 2002, 375 p. (ISBN 9782747524773)
  • Christophe Deloire et Roger-Marc Moreau, Omar Raddad : contre-enquête pour la révision d'un procès manipulé, Paris, Raymond Castells,‎ 1998, 216 p. (ISBN 9782912587398)
  • Solène Haddad, L'affaire Omar Raddad contre-enquête, City Editions,‎ 4 mai 2011, 234 p. (ISBN 9782352885320)
  • François Foucart, L'Affaire Omar Raddad. Le dossier pour servir la vérité, Paris, François-Xavier de Guibert, 1998, 214 p. (ISBN 9782868395337)
  • Jean-Paul Gauthier, Expertise en écritures : quel poids dans la balance ? : les affaires, Dreyfus, Villemin, Omar Raddad. Villeurbanne, Éd. Golias, 2000, 141 p. (ISBN 978-2-911453-91-5)
  • Guy Hugnet, « Omar m'a tuer » : Le vrai coupable, Paris, coll. « Politique, idée, société »,‎ 15 juin 2011, 260 p. (ISBN 9782809805383)
  • Ève Livet, L'Affaire Omar : mensonges et vérités, Paris, La Découverte, 1999, 276 p. (Enquêtes). (ISBN 978-2-7071-2928-4)
  • Omar Raddad, Pourquoi moi ? / avec la collaboration de Sylvie Lotiron. Paris, éd. du Seuil, 2003, 173 p. (ISBN 978-2-02-051689-1)
  • Jean-Marie Rouart, Omar : la construction d'un coupable, Paris, de Fallois, 1994, 165 p. (ISBN 978-2-87706-215-2). Nouv. éd. augm, Paris, de Fallois, 2001, 203 p. (ISBN 978-2-87706-215-2)
  • Jacques Vergès, « Omar m'a tuer » : histoire d'un crime, Paris, M. Lafon, 1994, 237 p. (ISBN 978-2-84098-032-2)

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

  • « Omar Raddad, le coupable désigné » en août 2002 présenté par Christophe Hondelatte dans Faites entrer l'accusé sur France 2.
  • « Affaire Omar Raddad : un coupable idéal ? » dans Secrets d'actualité en novembre 2000 et le 14 juillet 2002 sur M6, puis dans Enquêtes criminelles : le magazine des faits divers le 5 novembre 2008 sur W9.
  • « Omar m'a tuer » dans Les faits Karl Zéro sur 13e rue
  • « Affaire Omar Raddad : le jardinier innocent ? » (premier reportage) le 7 et le 14 décembre 2013 et le 5, le 12 et le 20 avril 2014 dans Chroniques Criminelles sur NT1.
  • « L'affaire Omar Raddad » le 25 octobre 2009, le 3 juillet, le 7, le 10 et le 25 octobre 2010 dans Affaires criminelles sur NT1.
  • « Omar Raddad : meurtrier ou victime ? » (premier reportage) le 2 décembre 2009, le 3 et le 7 janvier, le 31 mars et le 14 et le 23 avril 2010 et le 26 février 2011 dans 90' faits divers sur TMC.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]