Affaire Jacques Georgin

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Mémorial Jacques Georgin à Bruxelles

L'affaire Jacques Georgin est une affaire criminelle belge des années 1970 qui met en scène, l’assassinat politique d'un membre du Front démocratique des Francophones (un parti démocrate belge) par des militants du Vlaamse Militanten Orde (VMO - Organisation des militants flamands). La VMO était un groupe d'action de propagande d'extrême droite de Flandre. Cette affaire a débouché en Flandre sur la refonte de la VMO et la création du Taal Aktie Komitee (TAK - Comité d’action pour la défense de la langue néerlandaise). Dans la partie francophone de la Belgique, l'affaire Jacques Georgin a débouché sur la création du Centre d’Études Jacques Georgin, un centre de réflexion du FDF sur la société et les droits citoyens.

Portrait de Jacques Georgin[modifier | modifier le code]

Jacques Georgin, né à Etterbeek le 15 septembre 1935 et décédé à Laeken le 12 septembre 1970, était agrégé en philologie romane de l’ULB, professeur à l’Athénée Royal de Saint-Josse-ten-Noode puis à l’Institut supérieur de l’État.

Jacques Georgin était également secrétaire de la section de Laeken du Front démocratique des francophones, un parti démocrate belge créé en réaction à l'établissement des frontières linguistiques en Belgique en 1963.

L'assassinat de Jacques Georgin[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du vendredi 11 septembre au samedi 12 septembre 1970, vers une heure du matin, alors qu'ils effectuaient une tournée de collage d'affiches électorales avenue Houba-de Strooper à Laeken (Bruxelles) pour le FDF, Jacques Georgin et trois de ses compagnons ont été attaqués par neuf individus descendus d’une camionnette avec des pieds de tables. Ces assaillants étaient des « colleurs d’affiches » de la Volksunie dont certains étaient membres ou sympathisants de l’Organisation des militants flamands (« Vlaamse Militanten Orde », VMO), un groupe d'action d'extrême droite flamande. La camionnette s'est arrêtée à hauteur de Jacques Georgin, l'isolant du groupe ; les occupants l'ont ensuite roué de coups. Étendu sur le sol, Jacques Georgin a ensuite été tabassé avec des pieds de table. Venus à la rescousse, ses trois compagnons ont également été grièvement blessés par le commando du VMO. En partant, les agresseurs ont crié « De la part du VMO ». Jacques Georgin s'est ensuite traîné jusqu'au café le plus proche pour demander un verre d'eau, las, il décède sur place d’un infarctus[1],[2].

Suite à la condamnation du commando, le président de la VMO, Bob Maes, décida de dissoudre l'organisation afin de protéger ses membres d'éventuelles suites. L'organisation renaîtra un an plus tard sous l'impulsion de certains de ses membres sous un nom légèrement différent : l'« Ordre des Militants flamands » (« Vlaamse Militanten Orde », VMO).

Par ailleurs, le militant de la VMO Roger Van Ransbeeck, l'un des assaillants, a créé avec son avocat Piet De Pauw un nouveau groupe d'action qui deviendra en 1972 le Taal Aktie Komitee. Un autre militant, Roeland Van Walleghem, fut élu sénateur Vlaams Blok en 1991.

Une avenue de la commune de Schaerbeek porte désormais le nom de Jacques Georgin.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michelle Lamesch, « Thibaut Georgin : « L’extrême droite m’effraie mais ce qui me fait vraiment peur, c’est le populisme… » », sur Le Soir en ligne, Editions Rossel,‎ mercredi 23 février 2011 (consulté le 7 mai 2011), p. 16
  2. Hugo Gijsels, Le Vlaams Block, Éditions Luc Pire, p. 691-692, 1993