Affaire Ilan Halimi
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L’affaire Ilan Halimi est une affaire ayant entrainé la mort d'un jeune homme français de confession juive, enlevé puis séquestré et torturé par « le gang des barbares » en janvier 2006. Ilan Halimi a été choisi par ce gang composé d'une vingtaine de personnes et à la tête duquel se trouvait Youssouf Fofana du fait de son appartenance à la communauté juive et de sa richesse présumée. L'affaire a suscité une vive émotion en France, y compris au plus haut niveau de l'État, du fait de l'antisémitisme de ses motivations et des conditions de séquestration et de mort du jeune homme. Le procès s'est ouvert en avril 2009 selon les règles de publicité restreinte du fait que deux des membres du gang étaient mineurs au moment des faits. Plusieurs livres en relation avec cette affaire ont été publiés, notamment 24 jours la vérité sur la mort d'Ilan Halimi dont les auteurs sont Ruth Halimi (mère d'Ilan Halimi) et Émilie Frèche, jeune écrivaine. Ilan Halimi est aujourd'hui enterré au cimetière de Guivat Shaoul à Jerusalem en Israël.
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[modifier] Circonstances du crime
Ilan Halimi a été kidnappé le 21 janvier 2006 en région parisienne et torturé pendant les trois semaines suivantes dans une cité HLM de Bagneux dans Les Hauts de Seine. Découvert agonisant le 13 février 2006 le long d'une voie ferrée à Sainte Geneviève des Bois dans le département de l'Essonne, il est décédé peu après lors de son transfert à l'hôpital. L'autopsie a mis en évidence des marques de lacérations ainsi que des brûlures couvrant 80 % de son corps.
Ses ravisseurs présumés (dont certains ont reconnu leur implication dans les faits auprès de la police) se faisaient eux-mêmes appeler « le gang des barbares » et semblent avoir voulu obtenir de l'argent de la famille.
[modifier] Tortures infligées
L’autopsie d’Ilan Halimi : Réalisée le 14 février à l’hôpital d’Evry (Essonne), a révélé des « brûlures » sur 80 % du corps, de multiples « hématomes et contusions », « une plaie à la joue » faite au cutter et « deux plaies à l’arme blanche sous la gorge ». Mais le médecin légiste conclut : « Aucun des coups n’est mortel. » C’est l’ensemble des violences et tortures subies pendant trois semaines qui ont causé la mort.[réf. nécessaire] L'autopsie de son corps a révélé des brûlures, vraisemblablement causées par de l'alcool à brûler, sur l'ensemble du thorax et du dos, sur le front, les cuisses, les mollets, les bras et les mains. Le corps portait aussi trace de quatre plaies au cou, dont une à la veine jugulaire, ainsi qu'une « plaie pénétrante » à la hanche gauche, « causées par un instrument tranchant et piquant », d'après l'acte d'accusation. [1] Il apparaît aussi que le froid (l'enlèvement s'est passé fin janvier) et la faim ont contribué à l'affaiblissement de la victime.
[modifier] Contextes politique et sociologique
L'écho dans les médias et les réactions politiques ont été rapides et indignées. L'idée d'un développement de l'antisémitisme a longtemps été évoquée. Cette circonstance aggravante d'antisémitisme a été retenue par les deux juges en charge de l'instruction du dossier[2].
[modifier] Faits (tels que connus à ce jour)
À ce jour, l'affaire n'étant pas jugée, nous ne pouvons formuler que des hypothèses et chercher à rassembler les faits tels que connus par la Police et la Justice sans préjuger de l'issue du procès.
[modifier] Mode opératoire présumé du gang
Le gang « des Barbares » serait composé d'une vingtaine de personnes qui graviteraient autour d'un chef présumé, Youssouf Fofana. Toutefois, les enquêteurs, évoquant plusieurs déplacements en Côte d'Ivoire de Youssouf Fofana durant le rapt ont avancé l'hypothèse d'un autre chef. Son avocat a déclaré, sans autres précisions « Il [est] parti deux fois en Côte d'Ivoire sur 21 jours [durant le rapt] […] il n'était peut-être pas le seul à diriger les choses. » et « Je ne suis pas convaincu qu'il puisse parler librement tant que d'autres personnes sont dehors »[3].
Des jeunes filles seraient utilisées pour attirer les futures victimes dans un guet-apens. Halimi ne serait pas la première victime du gang : il y aurait eu cinq tentatives d'approche avant lui, mais toutes auraient échoué. Halimi fut torturé durant plusieurs semaines dans une cave d'une cité de Bagneux. Sa famille aurait fait l'objet de plusieurs appels de demande de rançons pour la libération d'Ilan Halimi au motif que la famille juive ou ses coreligionnaires étaient censés, pour les assassins, « avoir de l'argent ». Encore une fois, il apparaît que les clichés antisémites ont joué un grand rôle dans le choix de la victime.
[modifier] Motif présumé du crime
Le motif de ce crime est crapuleux en apparence : il s'agissait d'extorquer de l'argent à la famille de la victime, "supposée riche car juive". Lorsque les ravisseurs se sont rendu compte que la famille ne disposait pas de la somme exigée - une somme dont le montant a varié de 450 000 € à 5 000 € -, ils ont chargé un rabbin choisi au hasard du bottin de récolter l'argent dans « sa communauté » pour payer la rançon. La motivation antisémite est rejetée comme motif, et niée avec énergie par Youssouf Fofana. Plusieurs membres du gang ont déclaré lors des interrogatoires qu'« un Juif, c'est riche »[4], ce qui n'était pas le cas d'Halimi, issu d'une modeste famille, habitant dans la même banlieue que ses tortionnaires.
La police soupçonne aussi le clan des barbares de tentatives de racket sur des médecins et des personnalités en 2004, et se penche sur l'hypothèse d'un lien avec d'autres tentatives similaires exercées en 2002 sur les patrons ou membres influents d'entreprises, au nom d'un pseudo groupe palestinien[5]. Par ailleurs, un officier de police a signalé que les membres du groupe ne sont pas connus comme extrémistes. Plusieurs se sont défendus d'être antisémites[6]. Les juges en charge du dossier ont retenu l'antisémitisme comme circonstance aggravante du crime.
[modifier] Exploitation médiatique controversée du fait divers
Fin février 2006, I>Télé, annonce sur son antenne, un « scoop ». Frank-Olivier Boli, correspondant en Côte d'Ivoire de l'émission I>Afrique parvient, dans des circonstances jamais rendues publiques, à obtenir l'interview exclusive de l'assassin et tortionnaire présumé : Youssouf Fofana (type d'interview qui, en plein déroulement d'une affaire judiciaire et policière, est totalement illégale en France).
Cette diffusion fera l'objet de violentes polémiques en raison des questions journalistiques, morales et déontologiques qu'elle soulève : au lieu d'interroger ses avocats, doit-on exploiter l'interview d'un prisonnier durant une garde à vue, du simple fait que cela se déroule à l'étranger ? De plus, la direction de la chaîne a remis une copie de l'enregistrement complet de l'interview aux forces de police françaises. Au-delà de la question journalistique et déontologique, cette diffusion a eu de considérables répercussions, notamment à l'égard de la communauté juive et de la famille de la victime.
En mars 2006, une plainte est déposée du fait d'un lourd soupçon de corruption (un commissaire de police aurait été rétribué) pour avoir négocié et payé l'accès à Y. Fofana lors de sa garde à vue en Côte d'Ivoire. Le 30 octobre 2006, à l'antenne de la station Europe 1, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy déclare, concernant la décision d'I-Télé de diffuser la vidéo de Y. Fofana : « Quand je vois une chaîne qui a assez peu de morale, dans l'affaire Ilan Halimi, une interview du chef du gang, Youssef Fofana. Je m'interroge sur le rôle des médias. Donner la parole aux criminels plutôt qu'aux victimes, cela veut dire que nous n'avons pas les mêmes valeurs... ».
Dans cette interview réalisée le 24 février 2006 et diffusée sur I-Télé le lendemain, Youssouf Fofana tient des propos peu intelligibles. Il déclare qu'Ilan Halimi a été enlevé « à des fins financières » et qu'il n'a pas tué Ilan Halimi, mais affirme que « si la guillotine était là, on aurait pu la suggérer pour moi ». I-Télé aurait demandé l'avis de la famille Halimi avant de diffuser l'interview et la famille aurait donné son accord en déclarant qu'I-Télé faisait son travail de journaliste d'information (Selon Valérie Lecasble, Directrice de I>Télé dans l'émission Plus clair du 4/03/2006 sur Canal+). Cependant, après avoir visionné cette interview, l'avocat de la famille Halimi déclarait que : « La famille d'Ilan est indignée du cynisme et de la désinvolture de cet homme, de son indécence et de son obscénité quand il s'indigne de sa victimisation ».
[modifier] Circonstance aggravante d'antisémitisme du rapt
À la date du 5 mars, la circonstance aggravante d'antisémitisme a été retenue par les juges d'instruction. Le journal Le Monde du 21 mars 2006 publie des informations en faveur d'une interprétation antisémite de l'affaire, après des interrogatoires de certains prévenus :
Les préjugés antisémites de la bande de Bagneux apparaissent dans les auditions de ses membres. D'après Youssouf Fofana, ils ont « visé la communauté juive, car c'est eux qui ont de l'argent. »
Sarah, qui a servi d'appât, a raconté aux enquêteurs la teneur d'une discussion avec Youssouf Fofana : « D'après lui, les Juifs étaient les rois, car ils bouffaient l'argent de l'État et lui, comme il était noir, était considéré comme un esclave par l'État. » Également: « Je lui ai demandé ce qu'il comptait faire si les personnes n'avaient pas d'argent, a-t-elle ajouté, et il m'a dit que ce n'était pas possibles car les Juifs étaient solidaires entre eux. » Voilà pourquoi le chef du gang a contacté un rabbin parisien - « trouvé en consultant Internet » -, après l'échec des contacts avec la famille Halimi.
Le même journal précise encore d'autres éléments de l'enquête :« Si les magistrats ont retenu le caractère antisémite comme circonstance aggravante du crime, c'est aussi en raison de l'épisode du joint écrasé sur le front d'Ilan Halimi. » Guiri Oussivo N'Gazi aurait entendu de la bouche de Jérôme Ribeiro le récit de cet acte, dans lequel un mineur, Jean-Christophe G., dit « Zigo », a joué un rôle central : « J'ai demandé à Jérôme pourquoi G. avait agi ainsi. Jérôme m'a répondu que Zigo avait fait cela car la victime était un feuj et il n'aimait pas les feujs. » […] Également l'information suivante : « Le dernier élément qui a pu conforter les juges provient des perquisitions. Dans un appartement où Jérôme Ribeiro a vécu, des autocollants antisémites et des documents à la gloire des nazis ont été découverts. » Au domicile de Youssouf Fofana, les policiers ont trouvé un texte de théorie salafiste. « Mon fils est très croyant, il fait la prière cinq fois par jour, il va tous les jours à la mosquée de Bagneux », a expliqué Bakary Fofana, père du chef de gang. « Maintenant, je ne pense pas qu'il soit intégriste ou influencé. »
Le journal Libération publie également des informations en ce sens dans un article du jeudi 30 mars 2006, suite aux déclarations à la police de Yalda, la jeune fille utilisée comme « appât ».
Mardi 17 janvier, Youssouf exige qu'elle l'appelle « Oussama », comme Ben Laden; il l'emmène dans sa Twingo noire vers « un quartier juif » du côté de République. Il lui explique sa mission : « prendre des numéros de Juifs qui travaillent dans la téléphonie ». Elle demande pourquoi. « Je veux prendre un des Juifs en otage car les Juifs sont solidaires entre eux et ils paieront. » Un jour, « il y avait une cérémonie juive », explique Yalda, et c'est comme ça qu'il avait « repéré les magasins fermés ». […] Il [Fofana] persuade Yalda qu'ils sont dans la même galère sociale. « On est des Arabes et des Noirs, faut qu'on se soutienne. » Elle lui demande s'il est raciste. Il répond non, mais d'après lui: « Les Juifs sont les rois ». Elle s'inquiète de ce qu'il compte faire si la famille d'Halimi ne peut verser la rançon. « Ce n'est pas possible », répète-t-il. Les Juifs sont « des victimes idéales » car, « s'ils n'ont pas d'argent, la communauté s'arrangera pour payer ».
[modifier] Personnes inculpées dans l'affaire
Il y a 27 personnes[7] mises en examen (18 hommes et 9 femmes) dans ce dossier dont 19 ont été emprisonnées.
Parmi ces personnes:
- Youssouf Fofana, « cerveau des Barbares » autoproclamé. Né le le 2 août 1980 à Paris (dans le XIIe), il est le 5e d'une fratrie de sept enfants (un de ses frères est handicapé mental et un autre a fait une peine de prison ferme). Son père, Bakary, est arrivé de Côte-d’Ivoire dans la capitale en 1964; il a été embauché comme manœuvre, puis comme ouvrier vitrier. Sa mère, Fatouma, était femme au foyer. En 1989, les Fofana ont déménagé dans un grand appartement à Bagneux, cité du Prunier-Hardy. La scolarité de Youssouf a été catastrophique au collège Joliot-Curie de Bagneux. Il n’a pas réussi à décrocher son BEP de comptabilité au lycée professionnel de Montrouge[8].
Dès l’âge de seize ans, il accumule les petits délits (13 sur sa fiche de police) et a été condamné cinq fois entre 2000 et 2003 pour vols, violences volontaires, deux braquages et agression d’un policier. Il aurait déjà passé quatre années en prison pour faits divers dont vol, et résistance aux forces de l'ordre[9]. Il est donc bien connu des services de police nationale (outrages et rébellions) et d'Interpol. Son père sait que Youssouf a fait trois ans de prison après sa majorité mais il en a oublié la raison, et déplore qu’il n’ait « pas compris qu’il fallait changer et travailler honnêtement après ». Youssouf habitait à la maison, comme les autres enfants, mais ne rangeait jamais rien et n’aidait pas financièrement ses parents, contrairement à son cadet Mamadou. Aux yeux du père, Youssouf est « très croyant » : « Il fait la prière cinq fois par jour et va à la mosquée de Bagneux, mais par contre il ne travaille pas, et moi, ça m’énerve. Ça me fait mal. Moi, je suis vieux, je me lève tous les jours à six heures et Youssouf, lui, ne fait pas d’efforts. »[8].
De ses six frères et sœurs, un seul a déjà été condamné à de la prison ferme.
Il a été arrêté dans la nuit du 22–23 février à Abidjan par les gendarmes ivoiriens. Ses avocats ont essayé de s'opposer à son extradition en arguant de sa nationalité ivoirienne[5] sans succès. Il a finalement été extradé le 4 mars[10]. Fofana a reconnu avoir prémédité l'enlèvement d'Halimi depuis décembre 2005, lors d'un séjour en prison, l'avoir séquestré, lui avoir porté plusieurs coups de poignard, et donné l'ordre de le « saigner » car ne pouvant plus le garder. Il se serait ravisé et aurait ordonné qu'on le « lave » (à l'acide, afin d'effacer toute trace d'ADN), cependant il nie l'avoir tué et charge ses complices sur ce point[11].
Trois jours après la mort d'Ilan Halimi, alors qu'il se trouvait encore à Abidjan, il appelle le père de la victime pour lui demander s'il était content. Il appelera également la petite amie d'Ilan Halimi, pour la menacer.
En mai 2006, Youssouf Fofana contacte son avocat Maître Philippe Missamou et lui demande qu'il lui serve d'intermédiaire auprès des maisons d'édition pour écrire un livre relatant ses mémoires sur l'affaire Ilan Halimi[12].
Le 30 novembre 2006, une enquête pour « outrage à magistrat » est ordonnée à son encontre, suite à un courrier menaçant et insultant qu'il avait envoyé à la juge d'instruction Corinne Goetzmann. Il sera condamné à une année de prison. En juillet 2009, le procès prend fin et Fofana une peine de réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté incompressible de 22 ans est requise par le procureur.[7]
- Christophe Martin-Vallet dit « Moko », martiniquais, féru d'informatique, qui aurait suggéré l'idée des rapts et aurait organisé les opérations de séduction des rabatteuses. Il aurait également amené Emma à son rendez-vous avec la victime, et l'aurait reconduite une fois la victime capturée.[13],[14]. Il est également accusé de viol avec Fofana, par un des « appâts ». Il aurait participé à six tentatives d'enlèvement.
Le procureur a requis une peine entre 8 et 10 ans à son encontre.
- Jean-Christophe Gavarin, « JC », « Zigo », mineur au moment des faits, violent, ce serait lui qui aurait torturé Halimi et écrasé un joint sur son front, et lui aurait donné des gifles et des coups de manche à balai. Il a été exclu de 4e du collège Beranger à Paris, et déjà interpelé pour vol de Mp3 et possession de cannabis. Il aurait acheté quelques provisions (protéines liquides, pailles et ciseaux). Il témoigne:
« La victime a sans doute fait du bruit ou gémi, et comme je fumais un joint, j'ai appuyé un court instant ma cigarette au milieu de son front. J'ai ensuite écrasé mon mégot au sol. »
Le procureur a requis une peine de 15 ans à son encontre, avec le rejet de l'excuse de minorité.
- Jérôme Ribeiro, alias « coup de tête », issu d'une famille de six frères et sœurs, il n'avait plus de travail depuis la mi-décembre 2005, il était manutentionnaire intérimaire. Soupçonné d'avoir participé à l'élaboration du projet d'enlèvement et « Il était plus qu'un geôlier » selon une source judiciaire. Son témoignage aurait permis aux forces de l'ordre de remonter à d'autres membres du gang. Il a quitté le groupe à la fin du mois de janvier 2006. Des autocollants antisémites et des documents à la gloire des nazis ont été découverts dans l'apartement ou il avait vécu. Il déclare:
« Il m'a demandé si je voulais me faire beaucoup d'argent, j'ai répondu oui. Il m'a indiqué qu'il suffirait de garder trois jours un homme »
Il a été impliqué dans une autre tentative d'enlèvement: chargé de bruler un véhicule pour faire diversion, il se brulera au cou et au visage. Le procureur a requis une peine de 10 à 12 ans à son encontre.
- Alcino Ribeiro: père de Jérome Ribeiro, ce maçon de 52 ans, et sa belle-mère, sont accusés par Leila (sa copine), de les avoir dissuadé de parler, en leur conseillant de faire profil bas.
Alcino Ribeiro comparait libre au procès. Le procureur a requis une peine ferme symbolique à son encontre, "parce que c'est le seul adulte qui avait une autorité, qui savait, mais qui n'a rien dit."
- Christine G.: gardienne d'immeuble, c'est l'épouse d'Alcino Ribeiro, elle est aussi accusée de n'avoir pas dénoncé les faits.
Le procureur a requis une peine avec sursis.
- Samir Aït Abdelmalek, dit « Smiler », père de deux enfants, multirécidiviste pour des affaires de drogue et de vol de voiture, qui aurait fourni l'appartement de la séquestration à Bagneux avant qu'Halimi soit séquestré dans la chaufferie de l'immeuble. Samir est aussi considéré comme le bras droit de Youssouf qu'il connaissait depuis 10 ans, il aurait fourni l'acide et donné un coup de cutter à la victime. Il aurait dû toucher 1500 euros pour ses prestations.
Dans le procès-verbal du 18 février 2006 de son interrogatoire par la Brigade criminelle de Paris, Samir Aït Abdelmalek, déclare: « J'ai sorti la lame de cutter et après qu'il a mangé et bu, j'ai cherché un endroit où lui mettre un coup de cutter pour que ça saigne sans lui faire trop mal . Je ne voulait pas toucher à l'adhésif qui l'empêchait de hurler. Sans prévenir Ilan pour qu'il ne stresse pas, je lui ai mis un coup de cutter sur cinq ou six centimètres sur la joue gauche. Malgré le sparadrap cela a saigné vite dans sa barbe qui n'avait pas été rasée. » Le policier qui interroge le jeune homme poursuit : « à ce moment, m'a-t-il expliqué, Ilan avait réussi à relever son bandage sur les yeux. Du coup, Youssouf avec un couteau lui a mis un coup dans la gorge vers la carotide puis un coup de l'autre côté de la gorge. Ensuite il a essayé de lui couper le bas de la nuque. puis il lui a mis un coup de couteau dans le flanc. Il avait surement dû revenir avec un bidon d'essence car il m'a dit qu'il avait utilisé un bidon pour asperger Ilan avec ce combustible et l'a incendié sur place. À ce moment il m'a dit: "Cela a fait une grande flamme et je suis parti." »
Le procureur a requis une peine de 20 ans à son encontre.
- Yahia Touré Kaba alias « Yaks », analphabète, aurait été geôlier deux semaines et demi, aurait coupé les cheveux de la victime et fourni deux autres amis pour sa relève, « Fabrice » et « Baba ».
Il a témoigné en expliquant à propos de l'otage : « Il pissait dans une bouteille et faisait caca dans un sac en plastique. » Il serait impliqué dans une précédente tentative d'enlèvement.
Le procureur a requis une peine de 12 ans à son encontre.
- Fabrice Polygone, étudiant en BTS, aurait été geôlier pendant toute la séquestration, et aurait aussi aidé à couper les cheveux de la victime. Il explique ce qu'il s'est passé un jour avant la mort d'Ilan Halimi :
« Dos contre le mur, jambes un peu repliées vers le torse. Il était en peignoir. J'ai vu nettement des traces d'éraflure ou de frottement sur le côté gauche de son torse, un peu partout, vers les côtes, le cou, la poitrine. Ça ne saignait pas. »
« Nabil, Zigo et moi, on devait le laver avec de l'eau, du gel douche qui se trouvait sur place et des gants de toilette. Je lui ai coupé les cheveux. Zigo et Nabil ont trouvé que ce n'était pas assez court et ils ont essayé de lui raser les cheveux avec un rasoir mécanique à deux lames, noir ou bleu. »
Le procureur a requis une peine de 12 ans à son encontre.
- Giri Oussivo N'Gazi, un ami de Jérôme, qui aurait été geôlier.
Le procureur a requis une peine entre 5 et 7 ans à son encontre.
- Francis N'Gazi : il aurait été geôlier aussi, et aurait fourni son appartement pour les réunions de groupe. Il est voisin de l'appartement des Fofana. Il aurait également fourni d'autres « filles-appâts » à Youssouf Fofana dans une autre affaire.
Le procureur a requis une peine entre 6 et 8 ans à son encontre.
- Nabil Moustafa, alias « Bilna », livreur de pizza et footballeur, aurait été geôlier et aurait amené Cédric dans le groupe.
Il témoigne: « Lorsque j'ai soulevé sa couverture, j'ai vu des taches de sang sur son pyjama avec des trous, au niveau des jambes et du ventre. Quand on l'a déshabillé, j'ai vu des plaques rouges sur son ventre (…), ça ressemblait un peu à des brûlures. »
« On a dit qu'on en avait assez. Le boss a réfléchi et il a décidé qu'il n'y avait plus que ce soir là, que l'autre devait dégager. » Il serait également impliqué dans une autre tentative d'enlèvement.
Le procureur a requis une peine de 13 ans à son encontre.
- Cédric Birot Saint-Yves, alias « Babas », ami de Nabil, qui aurait été geôlier. Il déclare :
« Dès le premier jour, j'ai pu constater que l'otage présentait des traces de brûlures par mégots au niveau des côtes et du dos. » Les coups auraient débuté après un premier échec de remise de rançon.
« Tous les quatre, Nabil, Yahia, Jérôme et moi, nous lui avons mis des tartes quand il gémissait pour avoir des cigarettes (…) Il m'est arrivé aussi de lui mettre de petits coups de balai sur les jambes, cuisses ou mollets. » Il est mis en examen pour séquestration, actes de torture et de barbarie.
Le 5 janvier 2009, il est condamné par le tribunal de Créteil à cinq mois de détention ferme pour avoir utilisé un téléphone portable dans l'enceinte de la prison de Fresnes (Val de Marne) où il était incarcéré. Sa sœur cadette a écopé de deux mois avec sursis pour lui avoir transmis la puce électronique.
Le procureur a requis une peine de 12 ans à son encontre.
- Gilles Serrurier. 39 ans au moment des faits, il était le gardien de l'immeuble où était séquestré Ilan Halimi. Il aurait prêté à ses bourreaux l'appartement, ou du moins la chaufferie où ils l'ont torturé et tué. Ancien enfant de la DDASS, endetté par un divorce, père de deux enfants, il aurait notamment remis les clefs de la chaufferie à Samir.
Il est incarcéré pour « complicité de séquestration en bande organisée. »
Le procureur a requis une peine de 10 ans à son encontre.
- Jean-Christophe Soumbou alias « Marc » alias « Crim » alias « Craps » : ancien co-détenu de Youssouf Fofana, il fait un séjour à la prison de Nanterre, où il était incarcéré pour vol avec violence. De corpulence musclée, il se rendra le 10 avril 2006 sous la pression exercée par la police sur son entourage. Il reconnaît avoir recruté deux hommes de main et fourni la voiture utilisée pour enlever la victime.
Il a été placé en garde à vue après sa déposition. Il serait également impliqué dans d'autres tentatives d'enlèvement.
Le procureur a requis une peine de 20 ans à son encontre.
- Franco Louise alias « Pak-Pak », ancien champion de France de boxe thaïlandaise à 23 ans, qui serait impliqué dans trois tentatives d'enlèvement. Il aurait rendu service à Fofana après que ce dernier l'a aidé à mener une expédition punitive suite à une agression dont il aurait été victime. Il sera interpelle lors d'une tentative d'enlevement qui échoua en octobre 2005, alors que Fofana parvient à s'enfuir.
Le procureur a requis une peine entre 8 et 10 ans à son encontre.
- Almane Dialo ou Alhassane, prêteur sur gages, soupçonné d'avoir pu servir d'intermédiaire dans le cas où une remise d'argent aurait été organisée. Il a été un des premiers arrêté et mis en détention provisoire dans l'affaire.
Le procureur a requis une peine de 5 ans avec sursis à son encontre.
- Kamel F: le procureur a requis une peine de 5 ans avec sursis à son encontre.
- Jérémy Pastisson, il aurait participé à plusieurs tentatives d'enlèvement - dont une échouera grâce à l'intervention des voisins: le 5 janvier 2006 Mickael Douïeb est menotté et attaqué à coup de barres de fer, et insulté parce que juif.
Son véhicule aurait servi à transporter Ilan Halimi.
Le procureur a requis une peine entre 5 et 7 ans à son encontre.
- Yassin N, qui aurait été un homme de main recruté par Jean-Christophe Soumbou. Il s'est rendu à la police le 11 avril 2006, mais a été remis en liberté: il n'aurait pas participé au meurtre, ni au rapt d'Ilan Halimi.
- Tiffenn Gouret, qui aurait fourni des appâts à Fofana, qu'elle admire, c'est aussi l'ex petite amie de Jean-Christophe G, et une amie de Emma, qu'elle mettra en contact avec Fofana, et qu'elle coachera pour son role d'appât. Elle recueille les confessions d'Emma (Yalda) après que cette dernière ait attiré Ilan Halimi dans le guet-appens. Elle déclare :
« J'ai fait ça pour rendre service », [à Youssouf Fofana]. Lors d'une autre tentative d'enlèvement, elle fournira directement les coordonnées et les habitudes d'un de ses camarades. Après l'enlèvement, elle conseillera à Emma de se teindre les cheveux. Elle lui répète que « ce n'est pas grave ».
Le procureur a requis une peine de 10 ans à son encontre.
- Emma Arbabzadeh alias « Yalda » de son prénom original « Sorour » : elle a servit d'appât pour piéger Ilan Halimi le 20 janvier.
Mineure au moment des faits, arrivée en France à 11 ans, dont la mère (infirmière) est réfugiée politique (Iranienne) et le père décédé, et dont la sœur est handicapée mentale (handicap causé par la maltraitance du père violent). En 2001, elle a été violée par trois garçons, elle aurait fait une tentative de suicide. Élève de seconde, elle résidait à l'internat de Thiais, en Val-de Marne. Elle aurait servi d' « appât » pour amener Halimi dans leur repaire. Elle a reconnu s'être rendue dans la boutique de téléphonie où travaillait Ilan Halimi, et lui avoir laissé son numéro de téléphone, avant de lui fixer un rendez-vous dans le sud de Paris. Elle l'aurait ensuite dirigé à Sceaux où « deux ou trois gros bras », dont Fofana, ont maîtrisé Ilan Halimi avant de l'emmener à Bagneux.
Elle a rapporté aux enquêteurs ce témoignage à propos de Y. Fofana: « D'après lui, les juifs étaient les rois, car ils bouffaient l'argent de l'Etat et lui, comme il était noir, était considéré comme un esclave par l'État. »
Elle déclare aussi : « Youssouf, il explique tellement les choses qu'on dirait qu'il n'y a rien de grave. »
Lorsque la juge d'instruction lui demande: « Avez-vous conscience que c'est vous et bien vous seule qui avez choisi la victime? » Elle répond: « Oui » La jeune fille, qui dément avoir été l'ex-petite amie de Y. Fofana (comme il l'affirme), nie avoir touché de l'argent (malgré la promesse de 3000 a 5000 euros) pour avoir participé à la séquestration d'Ilan Halimi. En revanche, elle a bénéficié d'une nuit d'hôtel 3 étoiles (106 euros), payée par Fofana en remerciement, pour elle et son ami, le soir de l'enlèvement. En prison elle aurait effectué trois tentatives de suicide. En octobre 2007, elle a été hospitalisée pour une tentative de suicide dans sa cellule de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) [12][15].
Elle avait été mise en examen pour « complicité » et « association de malfaiteurs. Une peine de 10 à 12 ans de réclusion criminelle sans l'excuse de minorité est requise contre elle en juillet 2009 »
- Audrey Lorleach dite « Léa » ou « Natacha », jeune fille qui aurait servi auparavant d'« appât ». Jeune étudiante en assistance médicale, elle est la petite amie clandestine de Jérôme Ribeiro. À la recherche d'un plan pour gagner de l'argent, ce dernier la présente à Fofana, qui la recrute pour servir d'appât. Ses deux tentatives d'aguicher des jeunes hommes n'aboutissent pas et Fofana non sans avoir insisté, abandonnera l'idée de recourir à ses services. Mise au courant de l'enlèvement d'Ilan Halimi par son ami Jérome, elle ne se signalera à la police que deux jours après l'annonce de la mort, à la diffusion de son portrait robot. Elle est très amie de Murielle, qui l'a poussée à se dénoncer. Elle a retrouvé la liberté après huit mois de détention provisoire.
Le procureur a requis 3 ans dont 28 mois de sursis
- Sabrina F: amie de Franco Louise, elle serait impliquée dans une tentative d'enlevement en octobre 2005. Elle sera interpellée peu après le passage d'un véhicule de police qui met la tentative d'enlèvement en échec.
Le procureur a requis une peine de 5 ans à son encontre.
- Murielle Izouard, amie d'Audrey, ne semble pas faire partie des opérations mais a été inculpée de « non-dénonciation de crime ».
Elle s'est indignée des aveux de son amie, mais lorsqu'elle a reconnu le portrait-robot d'Audrey dans les journaux, elle n'a pas immédiatement alerté la police.
« Je n'ai rien dit, car j'avais peur que ça me retombe dessus car j'en savais trop. »
En revanche, elle a poussé Audrey à se dénoncer.
Admissible à l'écrit au concours de gardien de la paix, elle n'a pas pu passer l'oral de l'examen, mise en examen pendant cette période.
Incarcérée provisoirement, le JLD a ordonné sa libération et le placement sous contrôle judiciaire.
Le procureur a demandé son acquittement.
- Leila Appolinaire, petite amie régulière de Jérôme Ribeiro, a été mise au courant des faits mais les parents de Jérôme l'auraient dissuadée de les dénoncer pour ne pas faire porter le chapeau qu'à Jérôme.
Le procureur a demandé son acquittement.
- Alexandra Sisilia, elle aurait servi d'appât précédemment, et a déclaré avoir été violée par Y. Fofana, C. Martin et J. Ribeiro - une instruction sur cette agression a été ouverte par le parquet de Paris en mai 2006.
Elle aurait été impliquée dans une autre tentative d'enlèvement sur Michael D., qui aurait échoué grâce à des passants dans la rue, le 6 janvier 2006. Elle n'aurait plus agi pour le groupe à partir de cette date. Elle a également été mise en détention provisoire.
Le procureur a requis une peine entre 8 et 10 ans à son encontre.
- Isabelle Mensah, confidente de Yalda, 18 ans au moment des faits, et dans le même lycée que Tiffen, qui était au courant des faits mais ne les a pas dénoncés. Elle témoigne: « Pour moi, c'est un truc de malade. J'y ai cru, mais je ne réalisais pas. »[16]
Le procureur a demandé 18 mois sursis à son encontre.
- Ruth: présentée par Tiffen à Fofana, 15 ans au moment des faits supposés, elle aurait aussi servi d'appât; avec l'argent versé par Fofana (80 euros), après avoir obtenu un numéro de téléphone, elle se serait acheté des bottes.
- Sarah : elle aurait aussi servit d'appât, et aurait tenté (en vain) de séduire une proie rencontrée par Alexandra au Queen.
[modifier] Arrestation de Youssouf Fofana
Youssouf Fofana, qui s'était réfugié en Côte d'Ivoire le 15 février, revendiquait une prétendue nationalité ivoirienne pour s'opposer à son extradition vers la France. Arrêté à Abidjan le 22 février, sous le coup d’un mandat d’arrêt international - pour son rôle présumé dans les crimes commis à l'encontre d'Ilan Halimi, et incarcéré à la MACA, Youssouf Fofana s'était attaché les services de cinq avocats ivoiriens, qui avançaient que ce jeune Français de 26 ans, né en France, avait la double nationalité, son père étant ivoirien.
Si ce fait avait été avéré, cela aurait effectivement bloqué l'extradition, la Côte d'Ivoire n'extradant pas ses ressortissants. Selon Francis Spizner - l’avocat de la famille de la victime, Ilan Halimi - il s’agit d’« une affaire très simple » : Youssouf Fofana, né dans l’Hexagone, ne s’est jamais « prévalu » de la nationalité ivoirienne, c’est « un citoyen français. Il est entré en Côte d’Ivoire avec un passeport français. Il était muni d’un visa, ce que tout étranger fait lorsqu’il veut rentrer dans un pays, et c’est donc un Français qui est en fuite ».
Le 2 mars 2006, la justice ivoirienne a autorisé l'extradition vers la France du principal suspect dans l'affaire du « Gang de Bagneux ». Aucun recours n'est possible sur la décision judiciaire, rendue par la chambre d'accusation d'Abidjan, réunie à huis clos. L'extradition devient exécutoire lorsque le président ivoirien Laurent Gbagbo signe le décret. La France affrète alors un airbus avec une dizaine de gendarmes pour rapatrier Youssouf Fofana sous très haute sécurité.
Le 5 mars 2006, Youssouf Fofana est rapatrié, mis en examen pour « association de malfaiteurs, enlèvement, séquestration en bande organisée avec actes de tortures et de barbarie, assassinat » avec circonstance aggravante de faits commis « en raison de l'appartenance de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » par les juges Corinne Goetzmann et Baudoin Thouvenot.
[modifier] Procès du gang des barbares
Le procès s'ouvre le 29 avril 2009 et dès la première audience, Youssouf Fofana se livre à des provocations. Il arrive tout sourire et jette le doigt en l'air un « Allah vaincra ». Lorsqu'on lui demande son identité et sa date de naissance lors de l'audience, il répond « arab africain islamiste salafiste » et donne le 13 février 2006 à Sainte-Geneviève des Bois, date et lieu de la mort de sa victime, Ilan Halimi. Le procès est tenu selon les règles de publicité restreinte[17], car certains des accusés étaient mineurs au moment des faits[18].
Le 1er juillet 2009, requisitoire de L'avocat général, Philippe Bilger: Y Fofana: Perpetuité 22 ans sureté Samir A: 20 ans fermes Jean Christophe S : 20 ans fermes Jean Christophe: 15 ans fermes Emma A : 10 - 12 ans fermes ( aux jurés de voir) Cédric BSY: 12 ans fermes Fabrice P: 12 ans fermes Yayia K: 12 ans fermes Nabil M: 13 ans fermes Tifen G: 10 ans fermes Franco L: 8-10 ans fermes Christophe MV: 8-10 ans fermes Francis N: 6-8 ans fermes Guiri N : 5-7 ans fermes Jeremy P : 5-7 ans fermes Jerome R : 12 ans fermes ( Bilger a demandé aux jurés qu'ils pouvaient aller un peu en dessous) Gilles S: 10 ans fermes Alexandra S : 8-10 ans fermes Alhassane D: 5 ans sursis Kamel F: 5 ans sursis Alcino R: 1 an ferme Audrey L : 3 ans dont 28 mois de sursis Muriel I: rien Leila A: rien Christine G : 1an de sursis Isabelle M: 18 mois sursis Sabrina F: 5 ans fermes
Youssouf Fofana est condamné le 11 juillet 2009 à la peine maximale en droit français, soit la prison à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans.
[modifier] Réactions
[modifier] En Côte d'Ivoire
[modifier] Réactions politiques
- La majorité des associations et des personnalités politiques ont condamné ce meurtre. Le mardi 21 février, lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, Nicolas Sarkozy déclare que bien que ce meurtre ait eu pour motivation première l'extorsion d'argent, le choix d'une cible juive dénote un « antisémitisme par amalgame ».
- Julien Dray, membre du Parti socialiste, a considéré que ce meurtre était dû à un « effet Dieudonné » et déclaré pour sa part que ces actes: « ne sont pas un fait divers parmi d'autres mais le révélateur de la situation réelle de la délinquance dans notre pays: des gangs organisés, dont certains sont à connotation raciste ».
- Le jeudi 23 février, une cérémonie fut organisée à la mémoire d'Ilan Halimi à la synagogue de la Victoire à Paris en présence notamment de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin.
- Une manifestation a été organisée le dimanche 26 février 2006 à l'appel de différentes associations dont la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), SOS Racisme, l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui ont appelé une mobilisation de tous les français. Le gouvernement était représenté par Nicolas Sarkozy, Philippe Douste-Blazy et Catherine Colonna.
Suite au soutien qu'ont apporté les partis politiques UDF, UMP, PS, Les Verts et le MPF) à cette manifestation, le MRAP a condamné cette manifestation et a annoncé qu'il n'y participerait pas[19]. Le MRAP dit condamner « le caractère ambigu de cette manifestation et son instrumentalisation politique ».
[modifier] Réactions d'intellectuels
- « Des barbarismes à la barbarie », article de Barbara Lefebvre, enseignante, dans Le Monde du 7 mars 2006 qui écrit : « La violence verbale est le lot quotidien des acteurs du monde éducatif, et notamment dans ce cœur fondamental de la sédimentation identitaire, le collège, où l'adolescent bataille avec la délicate question de l'intégration au groupe. C'est là que se forgent ces langages meurtriers, cette barbarie verbale du quotidien qui conduit certains - et pas les plus fragiles, au contraire - au passage à l'acte. » […] La fille est une « pute », une « salope », une « tas-pé ». Certains de ceux qui s'expriment de la sorte au quotidien sont des adolescents amateurs de films pornos et de chanteurs aux textes « engagés » d'une exquise poésie ; les mêmes prétendent par ailleurs veiller au respect de leur mère et sœurs. Un jour, un des leurs va plus loin en s'adressant à une adulte, son enseignante enceinte à qui il déclare: « Je vais te lécher le ... çà va te faire descendre ton enfant ». Celui qui, en octobre 2002, a brûlé vive Sohane Benziane dans un local à poubelles parce qu'elle avait osé dire « non » a été applaudi par ses supporteurs lors de la reconstitution. Barbarismes et barbarie se rejoignent : « Les mots ont participé à réduire l'humain à une chose. […] Inutile de s'étendre sur l'usage du mot "juif" dans les couloirs de nombres d'écoles depuis de nombreuses années. Il est une insulte en soi. » Et pour conclure : « Les barbarismes langagiers préparent le terrain conduisant aux crimes les plus barbares. »
- Point de vue de Sylvie Anne Goldberg dans Le Monde du 2 mars 2006 : « Meutre d'Ilan: osons nommer la bête » : « La question se pose de savoir si pour être antisémite il faut parfaitement maîtriser les définitions qu'en donnent la langue française et le code pénal, puisque de nos jours, les propos qualifiés d'antisémites sont passibles de sanctions légales. Viendrait-il à l'idée d'un minable quelconque de rançonner un Breton ou un Arlésien au seul prétexte qu'il y aurait chez les Bretons ou les Arlésiens plus d'argent qu'ailleurs ? »
- Dans Le Figaro du 2 février 2006 Alain Finkielkraut : « La France et l'irruption de la férocité »
Le « gang des barbares » avait une prédilection pour les proies juives, parce que, selon ses membres, les Juifs « ont de l'argent ». Vieille affaire, ancestral cliché. Mais cette conjonction, dans l'antisémitisme traditionnel, repose sur la haine de l'« équivalent général ». L'argent est accusé de dissoudre les liens communautaires dans l'abstraction de l'échange, de sacrifier l'héroïsme et toute forme de transcendance aux valeurs purement matérielles et de réduire l'esprit à l'esprit pratique. Le judaïsme, religion terrestre, et les Juifs, race du désert, sont accusés d'incarner la trivialité, la bassesse, la laideur d'une civilisation sans âme.
- dans Le Figaro du 2 mars 2006, Alain Bauer, criminologue, sous le titre : « La violence est un ordre qui se construit contre la civilisation », écrit :
« Il faut toujours une tragédie pour que le discours de la réalité s'impose »
« La violence n'est pas la forme d'anarchie qu'on imagine, luttant contre un ordre établi. Ce n'est pas le désordre contre l'ordre. C'est un ordre contre un autre ordre, un orde concurrent, appuyé contre une logique de marché, car le crime est une entreprise comme les autres. La globalisation criminelle actuellement en cours dans notre pays permet l'importation des règles les plus simple de conquête du marché: l'élimination de la concurrence. Les nations se défendent en construisant des règles. Cela s'appelle la civilisation. Il nous reste à choisir dans quel monde nous voulons vivre. En attendant, bienvenue en barbarie. »
- Dans « La mort d'un pote », publié aux éditions du Panama, Émilie Frèche revient sur les circonstances dans lesquelles Ilan Halimi est mort et dresse un tableau de notre pays. Elle écrit: « Il faut bien un théâtre pour que se joue une tragédie, et le théâtre dans lequel Ilan Halimi s'en est allé, c'est la France de 2006. »
- Adrien Barrot, professeur de philosophie à l'Université Paris XII, publie en février 2007 un livre intitulé «Si c'est un Juif», dont Le Monde du 16 février 2007 résume ainsi le propos:
« Les raisons de désespérer dans l'affaire Ilan Halimi sont nombreuses, selon Adrien Barrot. Ainsi, comment l'enlèvement, la séquestration, la torture et le meurtre d'un homme, commis au nom du cliché ancestral qui identifie les Juifs au capital, a-t-il pu passer pour un simple fait divers ? Un crime qui survient de plus dans un contexte où les attentats antisémites se multiplient en France et à l'étranger. En écartant ce qu'il y a de plus spécifique dans l'assassinat d'Ilan Halimi, pour l'inclure dans le cycle infernal des violences quotidiennes, on ne dénature pas simplement le caractère des faits. On se condamne aussi à la cécité. (…) "Ce n'est pas un crime antisémite que nous avons sous les yeux, c'est le nazisme à l'état protozoaire, c'est l'égout dont le nazisme est sorti", estime-t-il.
L'analogie dressée par l'auteur entre la manifestation du 26 février 2006, organisée de la République à la Nation à la mémoire d'Ilan Halimi, qui n'aura mobilisé, peu ou prou, que la seule communauté juive, avec celle de 1990, qui, faisant suite à la profanation d'un cimetière juif à Carpentras, réunit 150 000 personnes criant leur révolte, sur les mêmes avenues, constitue le point le plus stimulant et le plus original de son ouvrage. Il était politiquement vital pour l'auteur de ne pas laisser les juifs manifester seuls contre le meurtre d'Ilan Halimi, afin d'éviter un face-à-face avec les antisémites où la différence juive se caractérise, une fois encore, par sa solitude. La généalogie dans laquelle Adrien Barrot place le meurtre d'Ilan Halimi est implacable. Il n'y a eu personne pour défendre les juifs quand, à l'heure de la chrétienté, ils devinrent le peuple déicide. Personne, au moment de la révolution industrielle, pour les protéger quand il fut écrit que les juifs étaient tous capitalistes, ou, plus tard, lorsque l'assimilation systématique du juif au révolutionnaire se montra tout aussi absurde.
[modifier] Bibliographie
- Émilie Frèche, La mort d'un pote, éditions du Panama, 2006 (ISBN 2755701897)
- Adrien Barrot, Si c'est un juif. Réflexions sur la mort d'Ilan Halimi, éditions Michalon, 2007.
- Ilan Halimi, le canari dans la mine, livre hommage à Ilan Halimi, avec une préface de Ruth Halimi, éditions Yago, 2008.
- Alexandre Lévy, Le gang des barbares: chronique d'un fiasco policier, Hachette, Paris 2009 (ISBN 2012372627)
- Émilie Frèche et Ruth Halimi, 24 jours, la vérité sur la mort d'Ilan Halimi, éditions du Seuil, Paris 2009.
- Jérôme Deneubourg, Affaire Ilan Halimi. Les clefs du procès, éditions du Cygne, Paris 2009. (ISBN 2849241334)
[modifier] Notes et références
- ↑ http://news.fr.msn.com/france/article.aspx?cp-documentid=147627732
- ↑ Entretien avec Alexandre Lévy, Le Monde
- ↑ le Monde, 5 avril 2006
- ↑ Paris kidnap gang suspect arrested in Ivory Coast - World - Times Online
- ↑ a b yahoo
- ↑ Parisians Stare at the Evil Within - Los Angeles Times
- ↑ a b Fofana aggrave encore son cas face à la justice
- ↑ a b Article de "LIbération du 29 avril 2009
- ↑ libération
- ↑ yahoo
- ↑ yahoo
- ↑ Archives
- ↑ LeMonde.fr : La composition de la bande se précise, poursuite des interrogatoires de Fofana
- ↑ Liberation, 1er mars 2006
- ↑ Le Figaro
- ↑ Article du Monde date d'Ariane Chemin en date du 28 Mars 2006
- ↑ Articles 14 et 20 de l'ordonnance du 2 février 1945 sur l'enfance délinquante.
- ↑ Thierry Lévêque, « Youssouf Fofana provoquant au procès du « gang des barbares » » sur Le Monde, 29 avril 2009. Consulté le 29 avril 2009
- ↑ Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples - Meurtre de Ilan Halimi: déclaration du MRAP
[modifier] Liens externes
- Jacques Bellefroid Lettre à Georges Sebbag à propos des « Barbarians » et de la mort d'Ilan Halimi
- Dossier spécial Youssouf Fofana sur Yahoo! Actualités
- Ilan Halimi, le canari dans la mine, livre hommage
- Recension du livre d'Adrien Barrot
- Ce procès se tient à huis-clos. Aussi ce blog est-il écrit à partir d'informations recueillies, entre autres sources, auprès de personnes qui assistent à l'audience, et dont, bien entendu, nous taisons les noms.

