Affaire Estelle Mouzin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Estelle Mouzin

Naissance 29 juin 1993
Guermantes, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Famille
Éric Mouzin (père)
Suzanne Mouzin (mère)

L'affaire Estelle Mouzin est une affaire criminelle française ayant commencé le 9 janvier 2003 avec la disparition à Guermantes en Seine-et-Marne d'Estelle Mouzin, fillette alors âgée de 9 ans qui revenait de l'école.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le jeudi 9 janvier 2003, Estelle Mouzin, fillette de neuf ans, disparaît sur le chemin du retour de l'école de Guermantes. Elle est vue pour la dernière fois devant la boulangerie, alors qu'elle rejoignait le domicile de sa mère Suzanne qui est en instance de divorce avec son père Éric Mouzin. Sa mère signale sa disparition au commissariat local peu après 19h[1].

L'affaire connaît une importante couverture médiatique en France. Un an après la disparition, une marche silencieuse est organisée par les parents et la classe d'école d'Estelle Mouzin, à Guermantes. Elle a rassemblé 1 200 personnes, dont les artistes Charlélie Couture et Michel Delpech[2].

Le tueur en série Michel Fourniret, arrêté en juin 2003 en Belgique, est en premier lieu soupçonné d'avoir enlevé l'enfant. Cependant, après avoir considéré l'hypothèse, la police l'a écartée en raison d'un alibi : un appel téléphonique à son fils que le tueur présumé aurait eu à son domicile au moment même de la disparition, toutefois cet appel non abouti ne permet pas de confirmer qu'il ait été passé par Fourniret lui-même bien que la Police en ait la conviction[3]. De son côté sa complice Monique Olivier affirme que Fourniret a dit en rigolant, que ce n'était pas lui, en voyant une émission de TV l'accusant de la disparition d'Estelle. Les psychiatres ont tendance à penser qu'Estelle est trop jeune par rapport aux critères de Fourniret, tandis que Monique Olivier trouve qu'elle pourrait être dans sa cible. Deux semaines avant la disparition d'Estelle, une fille du même age a failli être enlevée dans la même commune par un homme en camionnette blanche dont elle a pu faire un portrait robot. À la suite de l'hypothèse Fourniret, on a montré sa photo à la jeune fille qui affirme que ce n'est pas lui qui a tenté de l'enlever. En emmenant la Police à un endroit où il a enterré une jeune fille, Fourniret décrit ses vêtements qui, coïncidence ou pas, sont très proches de ceux qu'Estelle portait le jour de sa disparition[4].

En dépit de cet alibi et des dénégations du suspect, l'hypothèse de la liaison entre cette affaire et Michel Fourniret a, plus de trois ans après la disparition, été à nouveau prise en considération par le procureur de Charleville-Mézières, après la découverte d'un enregistrement télévisé et de photographies de la fillette au domicile et dans l'ordinateur du suspect[5],[6],[7].

Reprise en 2008[modifier | modifier le code]

Brie-Comte-Robert, le 1er février 2008, recherche de la petite fille, de nombreuses chaînes de télévision et de radios sont présentes.

Plusieurs interpellations ont eu lieu jeudi 31 janvier 2008 dans la ville de Brie-Comte-Robert et à Lognes (Seine-et-Marne).

Une perquisition a été menée dans un restaurant de Brie-Comte-Robert où des débris humains suspects auraient été retrouvés l'été précédent. Pourtant, le 1er février, cette piste s'est révélée être infructueuse ; seuls les restes d'un animal ont été retrouvés sur place.

Reprise en 2009[modifier | modifier le code]

En janvier 2009, les policiers enquêtent sur une photographie mise en ligne sur un site internet pédophile créé en Estonie et hébergé aux États-Unis et qui présenterait des similitudes avec Estelle, qui aurait à cette date 15 ans[8]. L'enquête montrera qu'il ne s'agit pas d'Estelle, principalement parce qu'il s'agit d'une photo ancienne qui ne correspond pas à l'âge de la jeune disparue.

Reprise en 2010[modifier | modifier le code]

En janvier 2010, la justice lance un nouvel appel à témoin en diffusant un portrait vieilli d'Estelle Mouzin[9],[10].

Le 21 mai 2010 , l'avocat des parents d'Estelle Mouzin annonce qu'il a demandé à la justice d'expertiser trois scellés provenant du dossier Fourniret. Les scellés concernent des morceaux de lacets blancs et de gants noirs, fournis par les autorités belges après l'arrestation de Michel Fourniret. La petite Estelle possédait des bottes blanches à lacets. Des gants noirs sont aussi mentionnés sur l'avis de recherche de la fillette[11].

Reprise en 2011[modifier | modifier le code]

Rebondissement dans l'affaire Estelle Mouzin. Un homme a été placé en garde à vue mercredi 9 novembre 2011 au matin dans les locaux de la police judiciaire de Versailles. L'individu est un détenu d'une soixantaine d'années incarcéré depuis 2006 pour agressions sexuelles intra-familiales. Le suspect aurait des points d'attache en Seine-et-Marne, le département où habitait Estelle Mouzin. Le sexagénaire qui avait été interpellé et placé en garde à vue mercredi 9 novembre au matin à Versailles après qu'il a été dénoncé par un codétenu à la prison de la Santé, à Paris, a été relâché.

Reprise en 2012[modifier | modifier le code]

La disparition le 1er février 2003 à trois semaines d'intervalle de Florence Bloise, 38 ans, à Magny-les-Hameaux, soulève en 2012 une autre piste car Suzanne Mouzin et la famille Bloise ont accueilli à la même époque des pèlerins polonais venus assister à une assemblée organisée à Paris par la communauté de Taizé[12].

Une valise est retrouvée fin janvier 2012 dans un hôtel de Besançon contenant des coupures de presse sur l'affaire Estelle Mouzin ainsi que des notes sur l'enquête. Le propriétaire de cette valise est un homme de 20 ans qui n'est pas suspecté, car il avait 11 ans lors de la disparition d'Estelle Mouzin[13].

Reprise en 2013[modifier | modifier le code]

Après plus de deux ans, les recherches génétiques sophistiquées menées au laboratoire de Nantes en Loire-Atlantique s'achèvent définitivement en octobre 2013. Des résultats d'analyses ADN se révéleront négatifs concernant des poils et des mèches de cheveux retrouvés par milliers dans la fourgonnette du tueur en série Michel Fourniret.

Reprise en 2014[modifier | modifier le code]

En janvier 2014, un ancien agent de voirie de Bussy-Saint-Georges, commune limitrophe de Guermantes, donne un nouveau témoignage après avoir vu une émission consacrée à l'affaire, et évoque le comportement troublant d'un ancien collègue de travail décédé depuis le 24 septembre 2009, aperçu à l'époque des faits rôdant près d'une benne à ordures alors qu'il n'avait rien à y faire[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian English et Frédéric Thibaud, Affaires non classées, tome II (chapitre : la disparition d'Estelle Mouzin), First édition, 15 juin 2004, 294 pages, (ISBN 2876919095)

Documentaire télévision[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Association Estelle de soutien aux parents d'Estelle Mouzin et destinée à faciliter l'enquête sur la disparition.