Aetius

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Flavius Aetius
Titre Patrice des Romains
(435454)
Faits d'armes 451 : bataille des Champs Catalauniques
Autres fonctions Consul ordinaire en 432, 437 et 446
Biographie
Naissance v. 395
Durostorum (aujourd'hui Silistra) (Empire romain)
Décès
Ravenne
Père Flavius Gaudentius
Conjoint Pelagia
Enfants Gaudentius Flavius

Aetius ou Aétius (en latin Flavius Aetius), né vers 395 à Durostorum[1] (actuelle Silistra, en Bulgarie) et mort le , est un sénateur romain et un généralissime de l'armée de l'Empire d'Occident sous le règne de Valentinien III (425-455).

Doté en 443 des titres de patrice et de « maître des deux milices », il est, avec la régente Galla Placidia, mère de Valentinien III, le principal dirigeant de l'Empire d'Occident des années 430 à sa mort.

On dit de lui qu'il a été « le dernier des Romains » en raison de sa lutte contre les barbares présents dans l'Empire au Ve siècle, notamment contre Attila en 451, et aussi parce qu'après lui, l'Empire d'Occident est gouverné par Ricimer, Suève et Wisigoth d'origine, et par Gondebaud, un Burgonde, avant de disparaître en 476 par la volonté du Skire Odoacre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Aetius est cependant d'origine semi-barbare : sa mère est une Romaine[2] dont le nom n'est pas connu ; son père, nommé Gaudentius, est un officier romain d'origine scythe, parvenu au rang très élevé de maître de la milice puis de comte d'Afrique. Aetius est élevé à la cour impériale d'Honorius (395-423) à Milan, puis Ravenne, sous la direction du régent Stilicon, fils d'une Romaine et d'un haut fonctionnaire vandale.

Encore jeune, Aetius est envoyé comme otage à la cour d'Alaric, roi des Wisigoths installés comme fédérés en Mésie, puis à celle de Ruga, roi des Huns[3], où il devient un ami du jeune Attila, neveu de Ruga.

Débuts de carrière[modifier | modifier le code]

Sous le règne d'Honorius[modifier | modifier le code]

Aetius a su apprécier la supériorité des Huns au combat lors de sa jeunesse, il connaissait sans aucun doute leurs points forts mais aussi leurs points faibles. Plus tard, il saura employer des Huns parmi les troupes auxiliaires pour lutter contre les peuples germains qui menacent les empires d'Orient et d'Occident.

Dans le même temps, il réussit à se maintenir malgré la victoire à Ravenne du parti « anti-barbares » qui triomphe en éliminant Stilicon (août 408).

L'usurpation de Jean[modifier | modifier le code]

À la mort de l'Empereur Honorius en août 423, la succession est difficile. En décembre 423, le sénat de Rome nomme un empereur, Jean. Valentinien, fils d'Honorius est nommé César le 23 octobre 424 ; après une courte guerre en Italie pour éliminer l'usurpateur Jean, il est proclamé empereur à Rome le 23 octobre 425. Comme il n'a que six ans, sa mère est chargée de la régence et joue un rôle important même après la majorité de Valentinien, jusqu'à sa mort en 450.

Le règne de Valentinien III[modifier | modifier le code]

Combats en Gaule (426-431)[modifier | modifier le code]

En 426, il est nommé préfet du prétoire des Gaules par Galla Placidia, en 428, Magister militum per Gallias puis en 429 généralissime aux côtés de Flavius Felix.

Durant cette période, il repousse les Francs orientaux au-delà du Rhin, soumet les bagaudes d'Armorique, bat les Francs saliens du roi Clodion le Chevelu[4] à Hélesmes. Un traité de fédération est conclu en 431 entre Clodion et Aetius ; les Francs Saliens deviennent des « fédérés » combattant pour Rome et sont autorisés à s'installer dans l'Empire, en l'occurrence près du fisc impérial de Tournai. C'est l'origine du futur royaume franc de Clovis.

L'élimination du comte Boniface[modifier | modifier le code]

Sa rivalité avec le général Boniface, comme lui sénateur et favori de Galla Placidia, le conduit à comploter et à obtenir la disgrâce de Boniface. Ce dernier aurait réagi en appelant les Vandales d'Espagne en Afrique (429)[5], permettant la constitution d'un royaume vandale très dangereux pour Rome.

Leur conflit aboutit en 432 à une bataille près de Rimini et à la mort de Boniface.

En 432, Aetius devient pour la première fois consul.

Combats en Gaule (437-447)[modifier | modifier le code]

Aetius est le véritable maître[réf. nécessaire] de l'Empire à partir de 433, mais il s'occupe surtout de ce qui se passe en Gaule.

À la fin des années 430, les Burgondes du roi Gondicaire, installés depuis 411 comme fédérés dans la région de Worms, opèrent un mouvement vers le sud-ouest, atteignant la région de Toul, où ils sont battus par Aetius. Celui-ci accorde aux vaincus survivants un nouveau traité au terme duquel les Burgondes sont installés en Sapaudia, territoire entre les Alpes et le Jura[6].

Il combat aussi les Francs et les Wisigoths.

En 435, Galla Placidia lui accorde le titre de patrice. En 437, il devient pour la seconde fois consul.

Enfin, il charge Goar, roi des Alains établis dans la région d'Orléans, de surveiller les Armoricains. Ainsi, il contribue par sa politique à dessiner certains des traits marquants du territoire français au haut Moyen Âge[réf. nécessaire][7].

Aetius est consul pour la troisième fois en 446.

Vers 447 il octroie à Clodion, chef des Francs, le statut de fédéré ainsi qu'un territoire autonome au sein de l'Empire, autour de Tournai, que les Francs saliens sont chargés de protéger contre les autres barbares[réf. nécessaire][8].

La guerre contre les Huns d'Attila[modifier | modifier le code]

Vers 450, les Huns d'Attila entrent en Gaule, atteignant Paris, qui est épargnée, selon la tradition, grâce à l'intervention de Sainte Geneviève. Attila assiège Orléans en 450, et y est défait par l'association d'Aetius, de Mérovée et de Théodoric[9].

Ensuite, en juin ou septembre 451, l'armée des Huns, formée de Huns, mais aussi de divers Germains, notamment de nombreux Ostrogoths, rencontre une armée dirigée par Aetius, comprenant outre les éléments romains, de nombreux fédérés germaniques (Burgondes, Alains, Francs et Wisigoths) ; le lieu de la bataille dite des Champs Catalauniques est controversé[10] (près de Châlons-en-Champagne ou près de Troyes).

Durant cette bataille, le roi des Wisigoths Théodoric Ier est tué, probablement de la main du roi ostrogoth Valamir), mais Aetius en sort vainqueur.

À la fin de la bataille, « … au milieu de son camp, Attila fait dresser un énorme bûcher. Le bruit court qu'il va s'y jeter vivant, plutôt que de subir la honte de la reddition, et peut-être incendier son camp. Mais Aetius ne donne pas l'assaut, et congédie ses alliés. Sans doute n'est-il pas mécontent du problème de succession chez les Wisigoths, potentiellement dangereux. »[11]

Attila peut repartir. Par la suite, il fait des incursions en Italie, où il saccage des villes en Vénétie[11].

Mais la victoire des Champs Catalauniques marque la fin des incursions hunniques en Gaule. Cependant, Aetius a été soupçonné[réf. nécessaire] d'avoir délibérément laissé la liberté à Attila, avec qui il s'était lié d'une certaine amitié lorsqu'il était, dans sa jeunesse, otage d'honneur chez les Huns.

L'assassinat d'Aetius[modifier | modifier le code]

Triomphant, il est assez rapidement victime des jalousies que ses victoires suscitent et des craintes de la famille impériale vis-à-vis de ses ambitions et de sa capacité à devenir empereur romain par coup d'État.

Aetius rédige des mémoires, surtout destinés à son fils Gaudentius Flavius. Il veut laver son honneur et rétablir la vérité, selon lui déformée par ses détracteurs qui voient en lui un traître et un « Hun romanisé ».

Il meurt poignardé de la main de l'empereur Valentinien III le 21 septembre 454.

Procope relate que, d'un Romain à qui Valentinien demandait s'il avait bien fait, il reçut cette réponse : « Je ne sais si vous avez bien ou mal fait, mais je sais que de la main gauche vous vous êtes coupé la droite »[12].

Aetius sera vengé six mois plus tard par deux membres de sa garde personnelle, Optila et Thraustila, qui assassinèrent l'empereur Valentinien III.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean Barbeyrac, Recueil historique et chronologique des traitez répandus dans les Auteurs Grecs & latins & autres monumens de l'antiquité, dans Jean Rousset de Missy, « Supplément au corps universel diplomatique du droit des gens », 1739

Études contemporaines[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux sur la période
Sur Aetius
  • David Coulon, Aetius, Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve d'Ascq, 2000, 350 p. [ISBN 2-284-03464-0]. Thèse de doctorat sous la direction de Michel Rouche.
  • Gilbert Sincyr, L'Épopée d'Aetius, dernier général de la Rome antique, Dualpha, coll. « Vérités pour l'histoire », Coulommiers, 2006, 318 p. [ISBN 2-915461-89-9]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Romans historiques[modifier | modifier le code]

  • Pierre Michon, L'Empereur d'Occident, Fata Morgana, 1989 (réédition : Verdier, 2007) : un récit de fiction dont le narrateur est Aetius (et qui reprend aussi l'histoire de Priscus Attale)
  • Ilbéric de Féride, Aétius, le dernier Romain, Edilivre.com, 2009
  • Michelle Loi, Attila mon ami, mémoires d'Aetius, Berg International, coll. « Anamorphoses », 1997

Opéra[modifier | modifier le code]

`Ezio, opéra de Christoph Willibald van Gluck (1763) `Attila, opéra de Giuseppe Verdi (1846)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ou Dorostolus. Cf. site.
  2. C'est-à-dire une femme libre ressortissante de l'Empire romain, indépendamment de tout lien avec la ville de Rome.
  3. Les Wisigoths et les Huns sont parmi les principaux rivaux et alliés de l'empire romain au Ve siècle.
  4. Selon la tradition, Clodion est le père de Mérovée et le grand-père supposé de Clovis
  5. « Vers ce temps Gizéric, roi des Wandales, fut appelé en Afrique par Boniface, qui, étant tombé dans la disgrâce de Valentinien, ne trouva le moyen de se venger de l'empereur qu'au détriment de l'empire. », Jordanès, Histoire des Goths, chap. 33
  6. Sapaudia a donné « Savoie », mais les territoires ne correspondent pas strictement.
  7. Cette phrase n'est pas claire.
  8. Il faudrait déterminer si cela se produit en 447 ou en 431 (supra) : un des deux énoncés est inexact.
  9. Calendrier historique de l'Orléanais, 1763.
  10. Il n'y a pas lieu de traiter en détail cette controverse sur la page Aetius. Voir page ad hoc.
  11. a et b Anne Logeay et maître de conférences en littérature et civilisation latine à l'université de Rouen. Historia
  12. Barbeyrac, page 94