Aelred de Rievaulx

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Représentation d'Ælred dans la miniature initiale de son écrit Miroir de la charité
Saint Aelred
Ruines de l'abbaye de Rievaulx

Ælred de Rievaulx (début 111012 janvier 1166 ou 1167), est un moine cistercien qui devient le troisième abbé de Rievaulx en 1147. Il a laissé de nombreux écrits et a été l'un des cisterciens les plus influents d'Angleterre de son temps ; on le nomme le saint Bernard anglais. Il est considéré comme docteur de la charité et de l'amitié, et est fêté comme saint dans l'Église catholique et dans l'Église anglicane le 12 janvier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ælred de Rievaulx est né au début de l'année 1110 à Hexham en Angleterre. Il est le fils d'un de ces prêtres mariés que l'on trouve fréquemment dans l'Angleterre des XIe et XIIe siècles. Il vit une grande partie de sa jeunesse à la cour du roi d'Écosse, David Ier, où il est élevé en même temps que le fils de celui-ci, Henri de Northumberland. Cette période se situe dans un « printemps religieux »[1] consécutif à la réforme grégorienne et au renouvellement de la société occidentale.

Il y étudie les œuvres de Cicéron, et y vit dans l'amitié de ceux qui l'entouraient. Très apprécié du roi David Ier, qui voulait en faire un évêque, il décide toutefois de devenir moine cistercien. Il entre en 1133 à l'abbaye de Rievaulx, près de York, d'obédience cistercienne, fille de l'abbaye de Clairvaux. Il est nommé bientôt maître des novices, et on garde de lui le souvenir d'une extraordinaire tendresse et patience à l'égard de ceux qui étaient à sa charge.

En 1143, William, seigneur de Lincoln fonde une nouvelle abbaye cistercienne dans son fief de Reversby, dans le Lincolnshire, dont Ælred ainsi que douze autres moines prennent possession. Son séjour, pendant lequel il aurait rencontré saint Gilbert de Sempringham, sera de courte durée, car il est élu abbé de Rielvaux en 1146. Dans cette position, le saint n'est pas seulement le supérieur d'une communauté de 300 moines, mais est également le supérieur de toutes les abbayes cisterciennes d'Angleterre.

Il semble qu'il ait exercé une influence considérable sur Henri II d'Angleterre, dans les premières années de son règne, et de l'avoir persuadé de rejoindre Louis VII de France pour rencontrer le pape Alexandre III à Toucy en 1162.

Saint Ælred compose de nombreux écrits, historiques, poétiques et religieux. Il est considéré comme un des représentants des plus importants de la spiritualité monastique du XIIe siècle. Ses œuvres se fondent sur la tradition antique, et sur une spiritualité d'une haute sensibilité personnelle dans lesquelles l'amitié humaine mène à l'amour de Dieu, en sachant qu'« il n'est point d'autre bonheur pour la créature raisonnable que d'adhérer à Dieu[2]. »

Il va également écrire un texte tout d'abord destiné à sa sœur intitulé La Vie de recluse et qui va inspirer un mouvement de mortification qui s'étendra dans toute l'Europe, particulièrement en Grande-Bretagne, France, et en Flandres (actuels Belgique et Pays-Bas). Des « recluses » vont ainsi vivre dans de petites cellules percées de ces petites ouvertures appelées hagioscopes qui leur permettent d'assister aux offices mais aussi de recevoir eau et nourriture des passants.

Ælred fait partie de ce qui a été nommé « deuxième génération[3]» de Cîteaux qui englobe la première vague des auteurs spirituels cisterciens majeurs, en compagnie de saint Bernard, Guillaume de Saint-Thierry, et Guerric d'Igny. Pour ces auteurs, l'homme converti se conforme peu à peu au Christ, grâce à une spiritualité faite de simplicité qui se réfère à l'expérience de l'union à Dieu, de la communion, en s'enracinant aux Écritures et à la règle de saint Benoît.

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages historiques et biographiques[modifier | modifier le code]

  • Vita Davidis Scotorum regis, écrite vers 1153
  • Genealogiae regum Anglorum, 1153-1154
  • Relatio de standardo, 1153-1154
  • Vita Sancti Niniani, 1154-1160
  • Vita Sancti Eduardi, regis et confessoris, 1161-1163
  • De miraculis Hagustaldensis ecclesiae, vers 1155
  • De quodam miraculo miraculi, vers 1160

Traités spirituels[modifier | modifier le code]

  • Speculum caritatis (Le Miroir de la charité), vers 1142
  • Compendium speculi caritatis
  • Sermo de dilectione Dei
  • De Jesu puero duodenni (Quand Jésus eut douze ans), 1160-1162
  • De institutione inclusarum (De l'institution des recluses), 1160-1162
  • Oratio pastoralis (Prière pastorale), 1163-1167
  • De spiritali amicitia (L'Amitié spirituelle), 1164-1167
  • Abreviationes de spiritali amicitia
  • De anima (De l'âme), 1164-1167
  • Sermones de oneribus
  • Sermones de tempore et de sanctis

Traductions en français[modifier | modifier le code]

  • Aelred de Rievaulx, Quand Jésus eut douze ans, Paris, Cerf, 1958, « Sources chrétiennes » n°60.
  • Aelred de Rievaulx, La Vie de recluse. La prière pastorale, Paris, Cerf, 1961, « Sources chrétiennes » n°76.
  • Aelred de Rievaulx, Miroir de la charité, Paris, Cerf, 1992, « Les Éditions de Bellefontaine ».
  • Aelred de Rievaulx, L'amitié spirituelle, Paris, Cerf, 1994, « Les Éditions de Bellefontaine ».

Citations[modifier | modifier le code]

  • Issues du Miroir de la charité (Speculum caritatis) :
    • « En créant l'univers, Dieu n'a pas seulement donné à l'homme d'être, d'être bon, d'être beau, d'être bien à sa place - comme il l'a donné aux autres créatures - mais, en plus, il lui a donné d'être heureux. D'une telle béatitude, seule la créature raisonnable est capable. »
    • « La mémoire a capacité pour l'éternité, la faculté de connaissance pour la sagesse, la faculté d'amour pour la douceur. En ces trois facultés, l'homme a été créé à l'image de la Trinité : par sa mémoire, il retenait à Dieu sans oubli; par sa faculté de connaissance, il le reconnaissait sans erreur; par sa faculté d'amour, il l'étreignait sans convoiter autre chose. Il était heureux. »
  • Issues de La Vie de recluse, ouvrage écrit pour sa sœur :
    • « Rassemble les hommes du monde entier au creux de ton amour. »
    • « Tu n'as pas à te répandre, mais à t'approfondir.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Vivre de la spiritualité cistercienne, p. 20
  2. Le Miroir de la charité, I, 1
  3. Celle-ci fait partie de la seconde génération de Cîteaux, puisque l'abbaye de Cîteaux a été fondée en 1098

Sources[modifier | modifier le code]

  • Catholic Encyclopedia vol. I, « Ælred », Encyclopedia Press, 1913. (Archive.org) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Encyclopædia Universalis - Volume 18 - Édition de 1978

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La Vie de recluse. La prière pastorale - Ælred - collection sources chrétiennes N° 76
  • L'Amitié spirituelle - Ælred - Édition de l'Abbaye de Bellefontaine - 1994
  • Daniel Burton, La Vie d'Ælred, abbé de Rievaulx, Oka, Éditions abbaye Notre-Dame-du-Lac, 2003
  • Vivre de la spiritualité cistercienne, Éditions du Signe, 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]