Adrien Victor Feuchères

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Tombe au Père-Lachaise

Le général-baron Adrien Victor de Feuchères est un militaire et homme politique français né à Paris le 20 novembre 1785 et mort dans la même ville le 22 novembre 1857. Il fut officier de la Garde Royale, maréchal de camp, chef de bataillon, aide de camp du Duc de Bourbon, Louis VI Henri de Bourbon-Condé (Prince de Condé à partir de 1818), Général, baron de Feuchères, député orléaniste du Gard, personnalité nîmoise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Adrien Victor de Feuchères entra à 19 ans à l'école militaire de Fontainebleau et en sortit comme sous-lieutenant au 105e Régiment de Ligne. Il fit les campagnes de Prusse et de Pologne (1806 à 1808). Il participe notamment aux batailles d'Iéna, d'Eylau et de Friedland. Il fut ensuite envoyé en Espagne et nommé capitaine à l'état-major de l'armée d'Aragon, où il se distingua et fut cité à l'ordre du jour. Fait chevalier de la Légion d'honneur le 18 juillet 1809 à la bataille de Tudela, il fut blessé à l'assaut du col d'Ordal en 1813 et promu chef de bataillon.

Convalescent pendant la Première Restauration, il demeura inactif pendant les Cent-Jours. Cette attitude prudente lui permet d'être réintégré après la Seconde Restauration, au 6e Régiment d'Infanterie de la Garde Royale avec le grade de lieutenant -colonel[1].

Le 6 août 1818, il épousa à Londres une femme de petite vertu originaire de l'île de Wight, Sophie Dawes, qu'il prit pour une fille naturelle du prince de Condé alors qu'elle était en réalité sa maîtresse. Le prince souhaitait l'établir afin qu'elle puisse paraître à la cour et, dans ce but, fit nommer Feuchères son aide de camp (1820) et obtint pour lui un titre de baron (31 août 1819). Il entretint la crédulité de Feuchères et alla même jusqu'à doter la jeune femme. À la suite de certaines indiscrétions, les soupçons du baron de Feuchères finirent par être éveillés et, en 1822, il finit par découvrir la nature des relations entre son épouse et le prince de Condé.

"Quand le baron apprit son infortune, la seule arme qui lui restât pour venger son honneur était la fuite. Sa tumultueuse épouse demeura, avec son nom et son titre auprès du vieux prince, à qui elle fit perdre bientôt ce qui lui restait de tête : à vrai dire pas grand'chose"[2]).

Entre temps il est promu colonel le 23 avril 1823. Mais humilié d'avoir été à peu près le seul à être tenu dans l'ignorance d'un secret de polichinelle qui faisait se gausser tout Paris, il quitta sa femme en imposant en mars 1824 une séparation qui fit scandale et priva la baronne de Feuchères de son statut mondain (la séparation légale ne fut prononcée qu'en 1827). Celle-ci se vit interdire de paraître à la cour et, par voie de conséquence, cessa également d'être reçue au Palais-Royal chez le duc d'Orléans et un peu partout dans le monde. Elle réussit néanmoins à réapparaître à la Cour quelques années plus tard, mais repartit à Londres suite au scandale de la mort du prince de Condé, retrouvé "pendu" à une espagnolette de sa chambre au château de Saint-Leu le 27 août 1830.

Le baron de Feuchères, qui a défendu son honneur par une séparation retentissante d'avec sa femme, conserve un souverain mépris pour le "grand monde" et la Cour. Il avait même quitté l'armée avant de la réintégrer en 1824. En 1835 il est général et chef de la subdivision de Nîmes qui regroupe les garnisons du Gard et de l'Ardèche. Il aime cette ville où il a de nombreux amis. De nobles parisiens viennent le visiter. Il bénéficie d'une brillante réputation. En fait, il a l'estime de tous.[réf. nécessaire]

Veuf et héritier de la plus grande partie de la fortune de Sophie Dawes décédée en 1840 (le divorce n'existant plus depuis 1815), Feuchères reste plus que jamais l'homme d'honneur que les Nîmois révèrent. Refusant de percevoir pour lui-même un sou de cette fortune qu'il considère comme "le salaire du vice"[non neutre], il va la consacrer entièrement aux œuvres de bienfaisance et de charité pour Nîmes et sa région. Les œuvres de l'Évêché, celles du Consistoire Protestant (à Nîmes il valait mieux avoir des amis dans les deux confessions), l'Hospice, l'Hôpital, sa paroisse (église Sainte-Perpétue devant l'esplanade), les orphelinats de l'Armée, les victimes des inondations du Gard, les plus démunis en sont les principaux bénéficiaires.

On donna tout de suite son nom à la première grande avenue moderne de cette ville : celle qui relie la gare (toute nouvelle) à l'esplanade et au palais de justice que l'on vient d'édifier, tout proches des arènes. Le baron sera élu député orléaniste du Gard. Statufié de son vivant, ayant donné son nom à une célèbre avenue bourgeoise, moderne rivale de l'aristocratique Quai de la Fontaine, le baron pensait avoir rendu "sa pureté à l'or de la corruption"[non neutre]. Aujourd'hui, le plus grand collège de Nîmes, situé sur l'avenue Feuchères porte également son nom.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (49e division)[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Cornut-Gentille, La Baronne de Feuchères, Perrin 2000, p.55
  2. Robert Burnand, "le duc d'Aumale et son temps", Librairie Hachette, 1949, p. 28
  3. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 327-328

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]