Adrien François de Bruno

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Adrien François Bruno ou de Bruno, né à Pondichéry le 10 juin 1771, mort à Paris le 1er mars 1861, est un général français, lieutenant général en Hollande.

Sommaire

Biographie [modifier]

Né aux Indes en 1771, il est un fils de Louis Bruno ou de Bruno, introducteur des ambassadeurs près Monsieur frère du roi Louis XVI, président de la municipalité de Saint-Germain-en-Laye, et de Josèphe-Marie Law[1], nièce de Jean Law de Lauriston.

Volontaire puis officier sous la Révolution [modifier]

Adrien François Bruno s'engage en septembre 1793 dans la cavalerie, au 4e régiment de hussards[2], il devient sous-lieutenant en 1795, puis lieutenant ; il est nommé capitaine en janvier 1798[2],[1]. Il protège en l'an VI la retraite de l'armée après la bataille de Vérone. Il soutient avec cent chevaux, pendant une journée, l'attaque de forces décuples.

Chef d'escadron au 12e régiment de hussards en 1801, il est ensuite major au 10e régiment de chasseurs à cheval.

Aide-de-camp puis général en Hollande [modifier]

Il passe dans l'armée de Hollande en juin 1806 devient en juillet aide de camp de Louis Bonaparte, roi de Hollande. Il nommé colonel en septembre 1806, puis général major en avril 1807. Il devient en novembre 1808 lieutenant-général et grand écuyer de la couronne[2].

Lorsque Louis abdique en le 1er juillet 1810 en faveur de son fils Napoléon Louis, c'est au général Bruno qu'il le confie[3] ; mais Napoléon rejette cette abdication et annexe la Hollande.

Général français [modifier]

Bruno est replacé dans les cadres de l'armée française comme général de brigade, le 11 novembre 1810 ; il commande provisoirement la 5e division de cuirassiers, et, après la bataille de la Moskowa où il se distingue, il commande la 1re division des cuirassiers.

Après la retraite de l'armée jusqu'à l'Elbe, il commande la cavalerie du 5e corps d'armée sous les ordres de Lauriston, puis celle du 2e corps commandée par Victor. Cette dernière est composée de deux régiments de hussards westphaliens, du 11e d'infanterie légère, de 500 Cosaques polonais et de deux pièces de canon. Attaqué dans Reichenbach par les armées russes et prussiennes, les deux régiments de hussards westphaliens passent pas à l'ennemi ; le général Bruno parvient à se maintenir dans sa position.

Envoyé en observation sur les bords de la Floë, à la suite de la bataille de Dresde, il est fait prisonnier, à la suite d'une négligence. Napoléon est sévère à son sujet, il écrit : « Ce n'est pas par 4 000 hommes, mais par 400 que le général Bruno a été enlevé ; il dormait tranquillement dans la ville avec ses hommes »[4] et il ordonne de réitérer les consignes de bivouac pour les troupes légères. Le général Bruno reste prisonnier en Hongrie jusqu'en 1814.

Après le 20 mars 1814, le maréchal Davout donne au général Bruno la brigade de cavalerie du corps du comte d'Erlon. Après la bataille de Waterloo, il rentre malade dans ses foyers. Pendant la Restauration, il commande l'Hérault sous le ministère du maréchal Saint-Cyr, et la Moselle sous le ministère Latour-Maubourg.

Mis en disponibilité par le maréchal Soult, il est rappelé en 1832 pour commander les Vosges, et est mis à la retraite en 1833.

Il meurt à Paris en 1861[1].

Distinctions [modifier]

Famille [modifier]

Il épouse Hyacinthe de Folard, née en 1775, fille d'Hubert de Folard (1709-1799), ministre plénipotentiaire, conseiller d'État, et d'Agnès baronne de Mantica[1],[6].

Ils ont comme enfants[1],[6] :

  • Édouard-Hubert-Joseph Bruno ou de Bruno (1802-1870), 2e baron de Bruno[7], colonel de cavalerie puis général, commandant l'École de cavalerie de Saumur en 1859-1861, commandeur de la Légion d'honneur.
  • Ferdinand de Bruno de Molaret, né en 1804, inspecteur des finances.
  • Adrienne de Bruno, mariée en 1840 à Auguste Le Moyne, ministre plénipotentiaire.

Armes [modifier]

  • Ses armes sont : « Écartelé en sautoir d'or et d'azur, au lion rampant de l'un en l'autre »[1].

Notes et références [modifier]

  1. a, b, c, d, e et f « Bruno », dans Vte A. Révérend, Titres et confirmations de titres..., Paris, 1909, p. 227-228.
  2. a, b et c Mémoires de la reine Hortense, présentées par Napoléon Joseph Charles Paul Bonaparte et Victor Napoléon, Paris, Plon, 1927, p. 144 (note).
  3. Funérailles du feu roi Louis-Napoléon Bonaparte et de son fils aîné Napoléon-Louis, relation officielle, A. Henry, Paris, 1847, p. 13.
  4. Cité par Charles Thoumas, Les transformations de l'Armée française ; essais d'histoire et de critique sur l'état militaire de la France, éd. Berger-Levrault, Paris, 1887, p. 300.
  5. Selon le vicomte A. Révérend, dans Titres et confirmations de titres..., Paris, 1909, p. 227, ce titre est connu par sa présence dans l'Almanach impérial de 1813, et par le décret de confirmation en faveur de son fils en 1862.
  6. a et b Ernest de Cornulier-Lucinière, Supplément à la « Généalogie de la maison de Cornulier » imprimée en 1847, éd. A. Guéraud, Nantes, 1860, pp. 334-335 [lire en ligne].
  7. Confirmé baron en 1862, à la suite de son père. Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome XVI (Eas-Eys), Hérissey, Évreux, 1918, p. 440-441 (dans le supplément au tome VII).

Sources bibliographiques [modifier]