Adriaan Vlok

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Adriaan Johannes Vlok (né le 11 décembre 1937) est un homme politique d'Afrique du Sud, membre du Parti national, vice-ministre de la défense de 1984 à 1986, ministre de la loi et de l'ordre de 1986 à 1991, puis des ministre des services correctionnels de 1991 à 1994 dans les gouvernements de Pieter Botha et Frederik de Klerk.

Origine[modifier | modifier le code]

Adriaan Vlok est né en 1937 à Sutherland au Cap. Fils de Betty Oliver et de Nicolaas Vlok, il grandit dans les vastes terres de l'intérieur du pays près de la rivière Orange.

Après une scolarité sans histoire et son service militaire, il commence en 1957 à travailler pour le ministère de la justice.

Un homme politique du parti national[modifier | modifier le code]

En 1959, il adhère au Parti national alors au pouvoir.

De 1959 à 1966, il est sous-secrétaire au service central du ministère de la justice à Pretoria. Il en profite pour compléter ses études de droit à l'Université de Pretoria (1962).

Vlok est ensuite pendant quatre mois le secrétaire privé de Petrus Cornelius Pelser, le ministre de la justice avant de devenir l'adjoint du secrétaire de John Vorster, le premier ministre.

À la fin des années 1960, il dirige la section "général Hertzog" du Parti National à Verwoerdburg.

En 1970, Vlok démissionne de la fonction publique dans le but de se lancer dans les affaires puis dans la politique. Il est élu comme représentant de la circonscription NP de Pretoria. Il revient en service actif au sein de l'armée sud-africaine avec le rang de lieutenant puis en 1972 entame sa carrière politique en étant élu au conseil municipal de Verwoerdburg près de Pretoria. Il s'implique alors dans l'administration de la ville.

En 1974, Vlok est élu député de Verwoerdburg, et réélu en 1977, 1981 et 1984.

Une personnalité des gouvernements Botha et de Klerk (1984-1994)[modifier | modifier le code]

Le 17 septembre 1984, il est nommé vice-ministre de la défense dans le gouvernement de Pieter Botha.

Le 14 janvier 1985, il devient vice-ministre de la loi et de l'ordre, fonction qu'il occupe conjointement avec celui de vice-ministre de la défense.

En décembre 1986, il est enfin promu ministre de la loi et de l'ordre alors que le pays est sous état d'urgence. Il lui sera reproché par la suite la détention de plus de 30 mille personnes durant cette période ainsi que les agissements des services secrets.

En février 1988, Vlok fait placer sous surveillance 17 organisations extra-parlementaires. Parmi celles-ci: la "United Democratic Front" (vitrine de l'ANC interdite), la "National Education Crisis Committee", la "Release Mandela Campaign", l'association civique de Soweto, le congrès de la jeunesse sud-africaine et l'organisation du peuple d'Azanie (Azapo).

En 1989, plus de 300 détenus organisent une grève de la faim. Il gère le dossier et à cette occasion connait ses premiers contacts officiels avec des représentants des églises noires comme Desmond Tutu, l'archevêque anglican du Cap. Les grévistes furent finalement relâchés.

Vlok est réélu en 1989 et confirmé dans le gouvernement de Frederik de Klerk dans lequel il représente l'aile droite du parti national au côté de Magnus Malan, le ministre de la défense.

À la fin de 1989, la police fut accusée de couver en son sein des escadrons de la mort responsables de l'assassinat de centaines d'opposants politiques. Devant le scandale, le président mit sur pied une commission d'enquête mais le rapport contesté de celle-ci ne put mettre fin aux spéculations diverses.

En mai 1990, Vlok participe aux premiers pourparlers avec la délégation de l'ANC (légalisée en février) à Groote Schuur.

Parallèlement, il prend contact avec Eugène Terre'Blanche, le leader para militaire et extrémiste du Mouvement de résistance afrikaner (Afrikaner Weerstandsbeweging) dont les menaces et les actions de démonstrations inquiètent le gouvernement.

Suite au scandale sur les escadrons de la mort que Vlok est accusé d'avoir couvert, l'ANC exige sa démission dès avril 1991 ce que de Klerk refuse mais à la fin de juillet 1991, le cabinet est remanié et Vlok hérite du ministère moins sensible des prisons.

En 1994, Vlok ne se représente pas et quitte la vie politique.

La repentance pour l'apartheid et ses exactions[modifier | modifier le code]

Le 20 juillet 1998, il témoigne devant la commission vérité et réconciliation et accuse de Klerk d'avoir été au courant des campagnes de déstabilisation violente visant l'ANC et menés par les services secrets et la police. Il est néanmoins l'un des rares anciens ministres à reconnaitre et à regretter les exactions commis au nom du régime d'apartheid.

En août 2006, par un geste spectaculaire, à la manière d'un chrétien repenti, il rend visite à Frank Chikane, directeur général de la présidence sud-africaine et lui lave les pieds à la manière de Jésus Christ, en geste de contrition et de réconciliation.

« “J’ai rencontre le Seigneur Jésus et il a changé ma vie. Je comprends aujourd’hui que la haine de mon prochain ne vient pas de Dieu. J’ai demande pardon à Jésus-Christ qui est mort sur la croix pour mes péchés. Et je demande également pardon à tous ceux qui ont été victimes de mes ordres pendant que j’étais responsable de la sécurité intérieure et davantage pour le rôle que j’ai joué dans le gouvernement ségrégationniste” »

Le président Thabo Mbeki se déclara fortement ému par ce geste chrétien. Vlok déclara que le révérend Chikane ayant été une cible répétée des autorités sud-africaines durant le régime d'apartheid, il l'avait choisi comme symbole des victimes du passé. Ainsi en 1989, il avait été le responsable de la tentative de meurtre dont le révérend avait fait l'objet en 1989. Ses sous-vêtements avaient été imprégnés d'une substance toxique, le paraoxon (un organo-phosphate), qui, par contact avec la peau, pouvait être mortelle.

C'est par un communiqué conjoint que Chikane et Vlok ont rendu public cet évènement intervenu dans un cadre privé.

En juillet 2007, au côté de son ancien chef de la police, le général Johan Van der Merwe et de trois policiers, il est néanmoins inculpé pour la tentative de meurtre du révérend Frank Chikane.

Le 17 août 2007, alors que les 5 hommes ont plaidé coupable dans le cadre d'un accord avec l'État, la Haute Cour de Pretoria condamne l'ancien ministre et le général Van der Merwe à dix ans de réclusion avec sursis et les 3 policiers à cinq ans de réclusion avec sursis. Pendant le procès, Adriaan Vlok demanda que le même traitement soit accordé aux membres de forces de sécurité des gouvernements d'apartheid et de l'ANC, s'indignant des poursuites "des poursuites sélectives" des autorités judiciaires. À la sortie du tribunal, lors d'une conférence de presse commune avec le général Van der Merwe, les deux hommes expliquèrent leur soutien personnel au système ségrégationniste par la peur que leur inspirait alors le communisme et son assimilation avec les organisations nationalistes noires.

Famille[modifier | modifier le code]

Marié avec Cornelia Johanna, Adriaan Vlok est père de deux garçons et d'une fille.

En juillet 1994, Cornelia Vlok se suicide avec une arme à feu et décède à l'hoîtal Unitas de Verwoerdburg. Elle avait 52 ans.

En 1996, Adriaan Vlok se remarie en seconde noces avec Antoinette du Plessis, ex-femme de de l'ancien ministre Barend du Plessis.

Sources[modifier | modifier le code]