Adolphe d'Hastrel

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le peintre Étienne Adolphe d'Hastrel de Rivedoux. Pour son père, le général d'Hastrel, voir Étienne d'Hastrel de Rivedoux.

Adolphe d'Hastrel

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Adolphe d'Hastrel par Charles Henri Hancke

Nom de naissance Adolphe d'Hastrel de Rivedoux
Naissance 4 octobre 1805
Neuwiller-lès-Saverne (Bas-Rhin)
Décès 1er juillet 1874
Nantes
Nationalité Drapeau de la France France
Activité principale Officier de marine
Autres activités
Peintre, lithographe
Ascendants
Père : Étienne d'Hastrel de Rivedoux, général d'Empire
Descendants
Fils : Ludovic d'Hastrel, peintre
Famille
Famille d'Hastrel

Étienne Adolphe d'Hastrel de Rivedoux[1] – plus connu sous le nom d'Adolphe d'Hastrel – est un capitaine d'artillerie de marine, un peintre, un aquarelliste et un lithographe français, né le 4 octobre 1805 à Neuwiller-lès-Saverne, dans le Bas-Rhin, et mort le 1er juillet 1874 à Nantes, en Loire-Atlantique[2]. Pendant une vingtaine d'années il parcourut le monde et mit à profit ses missions militaires pour dessiner et peindre paysages, scènes de la vie quotidienne, types humains et costumes. À son retour, il publia lui-même une série d'albums lithographiques[3]. Ses vues de diverses villes de France, dont Les Sables-d'Olonne et La Rochelle[4], de l'île Bourbon (La Réunion)[2],[5], de la colonie du Sénégal[6], de Rio de Janeiro[7] ou d'autres villes d'Amérique du Sud[8] sont reproduites ou référencées dans nombre d'ouvrages d'histoire, d'histoire de l'art ou de dictionnaires, français ou étrangers[9]. Adolphe d'Hastrel s'est également intéressé à la musique[10] et aux débuts de la photographie, notamment aux daguerréotypes[11].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils cadet du baron Étienne d'Hastrel, général d'Empire doté d'une « impressionnante généalogie familiale qui plongeait ses racines jusqu'au cœur du XVe siècle »[12], et de sa seconde femme Marie Louise Jeanne Zaepffel, belle-sœur du maréchal Clarke[13], Adolphe d'Hastrel est certes issu d'une famille de militaires, mais qui compte aussi dans ses rangs plusieurs membres présentant des aptitudes pour le dessin, dont le général lui-même. Le jeune Adolphe suit d'abord les traces de ses glorieux ancêtres, mais, si les armes semblent l'intéresser moins que les voyages et l'expression artistique, elles lui donneront néanmoins l'occasion de se consacrer à ses passions.

L'adolescent fréquente le collège militaire de la Flèche de 1816 à 1823. Reçu à Saint-Cyr en 1823, il en sort en 1825 pour s'engager comme simple canonnier dans la 8e compagnie d'artillerie de la marine de Toulon[14], mais gravira rapidement les échelons.

Le 22 septembre 1834 il épouse sa cousine, Louise-Sophie-Stéphanie d'Hastrel de la Chabossière[15] avec laquelle il a deux enfants, Ludovic-Adolphe, futur artiste qui collaborera avec son père, et Louise-Cécile-Stéphanie, tous deux nés aux Sables-d'Olonne, respectivement en 1835 et 1837.

Le 14 juin 1836 Adolphe d'Hastrel s'embarque à bord de la corvette l'Aube[14] comme lieutenant pour continuer ses services à l'île Bourbon où il séjourne du 24 septembre 1836 au 29 octobre 1837[2]. Il croque et peint les paysages et les habitants de la colonie, tout particulièrement à Saint-Paul. Sensible aux innovations qui s'opèrent dans l'île, il dessine ouvrages d'art et canaux d'irrigation mis en place par les industriels du sucre[14]. À l'occasion de ce lointain périple, il a fait aussi une première escale au Sénégal, en 1836.

En 1839, à bord du brick le Cerf, il part cette fois en Amérique du Sud pour participer à l'expédition du Rio de la Plata. Dans cette région, la Guerra Grande (1839-1851) ensanglante l'Uruguay et plusieurs provinces argentines. Les troupes françaises interviennent dans le conflit, apportant leur renfort au général Rivera contre Rosas. Lorsque Montevideo est menacée, les résidents français participent aux travaux de fortification de la ville sous la direction d'Adolphe d'Hastrel, alors capitaine d'artillerie[16]. À cette occasion il peint aussi une série d'aquarelles qui seront réunies dans l'Album de la Plata[8] et réalise des enregistrements de musique populaire[10].

Une habitation à Gorée (maison d'Anna Colas), 1839
Le domaine impérial de la Motte-Beuvron, en Sologne (L'Illustration, 1858)

En 1839, en route pour l'Amérique du Sud, Adolphe d'Hastrel a fait une nouvelle halte au Sénégal et y a réalisé une série d'aquarelles, principalement sur l'île de Gorée – notamment une vue de la Maison d'Anna Colas, connue par la suite sous le nom de « Maison des Esclaves»[2].–, ou sur le continent tout proche.

Adolphe d'Hastrel rentre dans son pays sur le même bateau – le Cerf –, le 23 novembre 1840[17]. D'après sa correspondance, il est de retour en mai 1841[11]. Il obtient d'abord un congé, puis est nommé inspecteur d’armes à Rochefort, un poste qui, selon ses dires, convient bien à ses « relations et intérêts de famille, Rochefort n’étant qu’à 30 lieues d’Olonne » où reste sa famille, « à cause des chaleurs caniculaires de Rochefort ».

Au cours de ses nombreux voyages, Adolphe d'Hastrel s'est aussi rendu à l'île de Sainte-Hélène, où il a dessiné la tombe de Napoléon[18]. En 1847 il est en Algérie, à Oran. En 1848 et 1849 il est de retour en Alsace. En 1850 il se rend à Monaco et en Angleterre.

Adolphe d'Hastrel a été nommé chevalier de la Légion d'honneur le 24 mars 1840[14]. Le 12 octobre 1847 il est réformé. Le 14 décembre 1849 il est promu officier de la Légion d'honneur[2].

En 1847, la Société de géographie, particulièrement sensible à ses réalisations qu'elle juge « des plus pittoresques », les salue en ces termes :

« Son crayon facile a reproduit avec exactitude ce que trop souvent les artistes-voyageurs négligent, je veux parler du port des grands végétaux, de ce faciès qui forme le caractère distinctif des espèces, et dont le dessin seul peut donner une juste idée. Mais lorsqu'à côté de cette fidèle représentation de l'arbre exotique de la forêt vierge, on ajoute l'aspect des lieux, les rochers et les montagnes, lorsqu'on anime ce paysage original par des groupes de figures dont les physionomies s'harmonisent avec le costume et l'action, alors la scène est complète, et l'artiste vous fait partager toutes ses impressions[19]. »

La fin de sa vie est moins bien connue. Installé à Nantes, il y meurt le 1er juillet 1874[14].

Sélection d'œuvres graphiques[modifier | modifier le code]

  • Arbre du Conseil près de Dacar
  • Tisserand à Gorée
  • Hameau de Hann dans l'anse de Gorée
  • Une habitation à Gorée (Maison d'Anna Colas)
Hôtel de ville de La Rochelle (date inconnue)
  • Rio de Janeiro dessiné du sommet du Corcovado, 1841
  • Montevideo, lithographie, vers 1845
  • Pont et aqueduc de Mr Marchand, Ravine à Marquet, 1847
  • Igreja de Nossa Senhoras da Glória e Santa Luzia, lithographie, 1847
  • Marchande de pains des environs de Lisbonne, vers 1850[20]
  • La Rochelle - Place de l’Hôtel de Ville, s. d.
  • Tour et église de Saint-Sauveur (La Rochelle), 1854
  • Le domaine impérial de la Motte-Beuvron, en Sologne, 1858

Publications[modifier | modifier le code]

  • (fr) Premiers essais de lithographie, Paris, 1823 et ann.
  • (fr) Album Rochelais, composé des vues les plus remarquables de la ville de la Rochelle, dessinées, d'après nature, par Adolphe d'Hastrel ; et lithographiées à deux teintes, par Hubert Clerget, A. Vigy, La Rochelle, 1845
  • (fr) Souvenirs de voyages,..., Delarue, Paris, 1846
  • (fr) Album de l'Ile Bourbon (publié en 3 livraisons avec texte) composé de trente-six études, sites, costumes etc., dessinés d'après nature par Adolphe d'Hastrel, chez V. Delarue, Impr. Lemercier, Paris, 1847, rééd. Jeanne Lafitte, Marseille, 1976
  • (es) Album de la Plata o colección de las vistas y costumbres remarcables de esta parte de la América del Sur, Gihaut Frères, Paris, 18??
  • (es) Recuerdos musicales (cantos populares, valsas...), recogidos en Montevideo, Paris, s. d.
  • (fr) Rio-de-Janeiro ou, Souvenirs du Brésil. Dessinés d'après nature et dédiés à S.A.R. madame la princesse de Joinville, plusieurs pays, s. d.
  • (fr) Album de tous les pays, composé d'un choix d'études, sites, costumes, etc., Goupil, Vibert et Cie, Paris, 1851
  • (fr) Œuvre. Illustrations (1843-1863), s. d.
  • (fr) Costumes. 24 pl. faisant partie de la collection publiée par Ch. Philippon sous le titre « Musées des costumes modernes », Paris, s. d.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On rencontre également d'autres transcriptions du patronyme, notamment « Adolphe d'Hastrel de Révedoy » (Bibliothèque nationale de France, Biblioteca nacional de Portugal)
  2. a, b, c, d et e Collectif, Île de La Réunion. Regards croisés sur l'esclavage. 1794-1848, Saint-Denis, Les Cahiers de notre histoire, 1998.
  3. Henri Beraldi, Les graveurs du XIXe siècle : guide de l'amateur d'estampes modernes, L. Conquet, 1889, p. 63 (réédité en fac simile en 1981, par LAME, Nogent-le-Roi)
  4. Album Rochelais, composé des vues les plus remarquables de la ville de la Rochelle, dessinées, d'après nature, par Adolphe d'Hastrel ; et lithographiées à deux teintes, par Hubert Clerget, A. Vigy, La Rochelle, 1845
  5. Louis-François-Marie Carloz, Ca... Bourbon longtemps : mœurs et sociétés à Bourbon au XIXe siècle à travers les lithographies de l'époque, EHESS, Paris, 1993, 272 p. (thèse de 3e cycle d'Ethnologie)
  6. Raymond Mauny, « Aquarelles et dessins de d'Hastrel relatifs au Sénégal (1839) », in Notes africaines, no 52, octobre 1951, p. 113-116 ; Xavier Ricou, Trésors de l'iconographie du Sénégal colonial, Riveneuve, Marseille, 2007
  7. Rio-de-Janeiro ou, Souvenirs du Brésil. Dessinés d'après nature et dédiés à S.A.R. madame la princesse de Joinville, plusieurs pays, s. d.
  8. a et b Album de la Plata o colección de las vistas y costumbres remarcables de esta parte de la América del Sur, Gihaut Frères, Paris, 18??
  9. (en) Joyce Waddell Bailey, Handbook of Latin American art, vol. 1, partie 2, ABC-Clio Information Services, 1984, p. 762 ; (es) Ramon Garcia-Pelayo y Gross, Pequeño Larousse ilustrado 1972, Ediciones Larousse España, Paris, 1972, p. 1250
  10. a et b Recuerdos musicales (cantos populares, valsas...), recogidos en Montevideo, Paris, s. d.
  11. a et b Voir son échange de correspondance avec Francisco Varela
  12. René Reiss, Clarke : maréchal et pair de France, Éd. Coprur, Strasbourg, 1999, p. 202 (ISBN 978-2-84208-049-5)
  13. [PDF]Ministère des Affaires étrangères : Archives Clarke, p. 64
  14. a, b, c, d et e [PDF]Dossier Louis Antoine Roussin., Musée Léon Diex, 2008-2009
  15. Albert Révérend (vicomte), Titres et confirmations de titres : Monarchie de Juillet, 2e République, 2e Empire, 3e République, 1830-1908. Familles titrées et anoblies au XIXe siècle, Éditeur H. Champion, Paris, 1974 (nouvelle édition revue par Jean Tulard), p. 165
  16. Albert Gilles, L'Uruguay, pays heureux, Nouvelles éditions latines, 1952, p. 42 (ISBN 978-2-7233-0084-1)
  17. (es) Walter E. Laroche, Derrotero para una historia del arte en el Uruguay, vol. 2, A. Monteverde, Montevideo, 1961, p. 44
  18. (es) Eduardo Schiaffino, La pintura y la escultura en Argentina, vol. 1, chez l'auteur, 1933, p. 133
  19. « Renseignements sur les Voyages et Albums pittoresques de M. D'Hastrel », in Bulletin de la Société de Géographie, 1847, 3e série, tome VIII, p. 177-178
  20. (pt) Biblioteca nacional de Portugal

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) A. B. Gonzalez Garano, « El pintor y litógrafo francés Capitán Adolfo d'Hastrel, en el Río de la Plata », article publié dans La Prensa de Buenos Aires le 1er janvier 1937
  • (es) El pintor y litógrafo francés, capitán Adolphe d'Hastrel. Doce litografías coloreadas del Río de la Plata, 1839 y 1840, Guillermo Kraft Limitada, Buenos Aires, 1944
  • « Le peintre D'Hastrel », in Revue de Saintonge & d'Aunis, vol. 35, 1915, p. 328
  • Carlos Martins, Marcelo Mattos Araújo, Monique Bailleux-Delbecq (et al.), La collection Brasiliana : les peintres voyageurs romantiques au Brésil, 1820-1870 (catalogue de l'exposition, Musée de la Vie romantique, Paris, 28 juin-27 novembre 2005), Paris Musées, 2005, p. 174-175 (ISBN 978-2-87900-902-5)
  • Raymond Mauny, « Aquarelles et dessins de d'Hastrel relatifs au Sénégal (1839) », in Notes africaines, no 52, octobre 1951, p. 113-116
  • Raymond Mauny et Joël Pérocheau de la Boucherie, « Un marin-dessinateur au Sénégal, Étienne Adolphe d'Hastrel de Rivedoux (1805-1874) », in Olona (Les Sables d'Olonne), tome XVI, no 50, 2e trimestre 1969, p. 14-17
  • Pierre René et Catherine Chaigneau, D'Hastrel de Rivedoux, (1805-1874), dessinateur et lithographe du XIXe siècle (exposition du 18 mars au 16 avril 1967, Abbaye Sainte-Croix, Les Sables-d'Olonne), 1967
  • Léon-René-Théodore Phelippot, Notice historique sur Rivedoux, île de Ré, et sur ses anciens seigneurs ; (suivie de) l'Arbre historique et généalogique de la maison d'Hastrel ; (et d'un) Précis historique sur les principales alliances de cette maison, Rumeur des âges, La Rochelle, 2002 (1re éd. Lémarié, Saint-Jean-d'Angély, 1864), 59 p. (ISBN 978-2-84327-070-3)
  • Xavier Ricou, Trésors de l'iconographie du Sénégal colonial, Riveneuve, Marseille, 2007, p. 223 (ISBN 978-2-914214-15-5)
  • Alphonse Wollbrett, « Étienne Adolphe d'Hastrel de Rivedoux », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 15, p. 1430

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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