Adjutor de Vernon

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Adjutor (autrement attesté sous les formes Adjuteur, Adjoutre, Ayoutre, Ayutre, Ajutre, Ustre ou Ajuture) est né à Vernon (Eure) vers 1070. Sa date de naissance n'est pas très précise. Il semblerait qu'il soit effectivement né entre 1069 et 1075, soit à Vernon, soit à Blaru où sa mère avait un domaine, d'où la légende de la fontaine miraculeuse de Blaru où sa nourrice allait laver ses langes[1]. Il est décédé à Pressagny-l'Orgueilleux le 30 avril 1131.

Saint Adjutor (dans la collégiale de Vernon)

Adjutor est le fils du seigneur Jean de Vernon, et de Rosamonde de Blaru.

Il partit en Croisade en 1095, aux côtés de Robert Courteheuse. Il y fut fait prisonnier. La légende raconte qu'il aurait été libéré miraculeusement et transporté à Vernon.

À son retour, il éleva une chapelle à sainte Marie-Madeleine en remerciement d'être revenu sain et sauf au pays. En fait, entre la prise de Jérusalem le 15 juillet 1099, et son retour, que l'on situe entre 1112 et 1130, on ignore s'il est resté en Terre sainte, ou s'il est revenu en France.

Il fut bénédictin à l'abbaye de Tiron dans le Perche, mais préféra la solitude de sa chapelle où il passa les dernières années de sa vie en ermite.

C'est un saint très populaire en Normandie. Un établissement privé catholique de renom porte d'ailleurs son nom (à Vernon, Eure). Il est fêté le 30 avril. Il est représenté en moine chevalier, portant des chaînes dans sa main.

L'exploit de Tambire[modifier | modifier le code]

Tambire (ou Jambuit) est un territoire d'Antioche. Adjutor y tombe en embuscade avec ses compagnons pendant la croisade. Il invoque alors Sainte Madeleine, lui promet la construction d'un sanctuaire, et promet aussi de donner ses domaines à l'abbaye de Tiron. Un orage violent survint, mettant en fuite les infidèles, sauvant ainsi Adjutor et ses compagnons.

Le chant du coq rôti[modifier | modifier le code]

Adjutor, de retour de Terre Sainte, s'en revint à Blaru, où demeurait sa mère Rosamonde. A quelque distance du château, il rencontra un pâtre à qui il demanda d'aller la prévenir. Mais celle-ci ne voulut point le croire. Adjutor renvoya le pâtre en lui adjoignant de dire : « Adjutor arrive, aussi vrai qu'on entendra chanter le coq qui est à la broche ». Le pâtre s'exécuta, et le coq qui rôtissait se mit à chanter pour confirmer ses dires[2].

Le miracle de St Adjutor[modifier | modifier le code]

Le miracle de Saint Adjutor (Œuvre de Devos - XIXe siècle)

En compagnie de l'évêque Hugues, il monta dans une barque sur la Seine, en compagnie de mariniers. Au-dessus du gouffre dont les remous entraînaient les barques, il invoqua Sainte Madeleine et jeta des chaînes dans l'eau, et immédiatement, les tourbillons cessèrent, et les mariniers purent reprendre leur travail en toute sécurité. Il est connu aussi pour ses miracles sur la commune comme vers 1113-1114 où il accomplit le calme d'un tourbillon de la Seine. Il aurait par ailleurs délivré la ville des flammes, de la peste

Patron[modifier | modifier le code]

Des mariniers et de la ville de Vernon

Citation[modifier | modifier le code]

Le miracle de Saint Adjutor (Bas relief rue Bourbon Penthièvre à Vernon)
  • D'Anatole France : «Dans le vieux Vernon, proche de la collégiale, une petite rue conduit à la Seine. Elle est bordée de pauvres maisonnettes penchantes qui se soutiennent les unes les autres. Au milieu de ces masures, s'élève une maison de pierre. Au-dessus de la porte un humble sculpteur a figuré une barque montée par trois personnages. L'un a pour insigne la crosse et la mitre. On n'hésite pas à reconnaître en lui Hugues, archevêque de Rouen en 1130. L'autre, dont les cheveux flottent sur les épaules est le grand Saint Adjutor. La troisième figure est celle du batelier qui conduisait l'évêque et le saint. »

Étymologie et homonymie[modifier | modifier le code]

Le nom d’Adjutor est emprunté au latin classique adjutor, -oris, substantif masculin « (celui qui) aide, assistant », éventuellement « doublure (théatre) ». Il existe un autre saint Adjutor, plus communément appelé saint Maixent l'Auxiliaire[3]. Il est connu autrement sous la forme proche de saint Adjutory[4], qui serait le véritable nom de saint Maixent[5].

On retrouve cette variante dans Saint-Adjutory (Charente, de Sancto Adjutorio en 1281), dont l'église paroissiale est dédiée à saint Maixent.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Denis Joulain, « Adjutor de Vernon entre légende et réalité », dans Connaissance de l'Eure, n° 105, juillet 1997
    Nombreuses références bibliographiques.
  • Jean Théroude, La Vie de Saint Adjutor, 1638 (réédité en 1864)
  • Jean-Patrick Beaufreton, La Seine normande, éd. Alan Sutton, 2001 (ISBN 978-2-84253-647-3)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Albert Anne dans Pages nouvelles sur le canton de Bonnières
  2. Sources : Guide de la France mystérieuse - René Alleau - ISBN 978-2-7441-7916-7 - Février 2005
  3. Nominis : Saint Maixent d'Agde
  4. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6), p. 583a
  5. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit.