Acre (Brésil)

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9° 06′ 36″ S 70° 31′ 12″ O / -9.11, -70.52 ()

Acre
Héraldique
Héraldique
Drapeau
Drapeau
Carte de l'État d'Acre (en rouge) à l'intérieur du Brésil
Carte de l'État d'Acre (en rouge) à l'intérieur du Brésil
Administration
Pays Drapeau du Brésil Brésil
Capitale Rio Branco
Plus grande ville Rio Branco
Région Nord
Gouverneur Tião Viana (PT)
Fuseau horaire UTC-4
ISO 3166-2 BR-AC
Démographie
Population 732 793 hab. (2010)
Densité 4,8 hab./km2
Rang classé 25e
Géographie
Superficie 152 189 km2
Rang classé 16e
Acre

L'Acre (AC) est un État brésilien situé dans la Région Nord. Il doit son nom à la rivière qui baigne sa capitale Rio Branco, le Rio Acre. Il est bordé au nord et à l'est par l'Amazonas, à l'est par Rondônia, au sud par la Bolivie et à l'ouest par le Pérou. Il se trouve sur les contreforts des Andes.

Il a une superficie de 152 189 km2, divisés entre 22 municipalités et compte environ 669 736 habitants (07/2005).

L'Acre est la dernière partie du territoire brésilien à avoir été incorporée au pays. Il se sépare de la Bolivie et finalement, après trois bref épisodes où Acre est indépendant, s'incorpore à la jeune République brésilienne le , comme un territoire fédéral.

Il acquiert le statut d'État en 1962.

L'intense activité d'extraction qui a atteint son apogée au siècle passé, y a attiré des Brésiliens de tous les autres états formant une population mélangée de gens du Sud, de São Paulo, du Nord et d'Indiens. Le transport est surtout fluvial surtout quand les pluies interdisent la route principale, la BR 364.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom Acre est une réminiscence de l'État croisé homonyme de Palestine.

Unique État situé dans le cinquième fuseau horaire à l'ouest de Greenwich, l'Acre fut la dernière portion importante du territoire à être incorporée au Brésil. Ses premiers occupants furent les peuples indiens Kulina-pano et Kaxinawá. Par les traités coloniaux, dont le traité de Madrid (1750) le , l'Acre faisait partie de la Bolivie et une petite partie en était revendiquée par le Pérou. Sur les anciennes cartes boliviennes, l'Acre était désigné comme «Tierras no descubiertas» : terres non découvertes. En 1867, le traité d'Ayacucho fixa sa frontière entre le Brésil et la Bolivie sur les rivières Beni et Mamoré.

En 1877, une grande sécheresse au Nord-Est brésilien provoqua un mouvement de populations vers l'actuel Acre attirées par le caoutchouc. De son côté, la Bolivie ne l'avait pas occupé parce que sa principale activité économique était l'extraction minière (or et argent) et que les migrants boliviens s'installaient sur leur propre territoire pour l'exploitation du caoutchouc.

Ces conflits d'intérêt vont provoquer la guerre de l'Acre qui s'achèvera par l'annexion de ce territoire par le Brésil.

Luiz Galvez Rodrigues de Aria dirigea une expédition en 1899-1900 dont le but était de prendre le contrôle de ce territoire bolivien. Il s'autoproclama président d'une république d'Acre le 14 juillet 1899, mais la sécession ne dura que jusqu'en mars 1900. Une deuxième tentative de mise sur pied d'une république d'Acre ne dura que quelques semaines, en novembre-décembre 1900.

En vue de reconquérir le territoire, en 1899, la Bolivie fonde un siège administratif à effets fiscaux : Puerto Alonso appelé aujourd'hui Porto Acre. Vu l'innocuité de cette mesure, la Bolivie remit, en 1901, le territoire entre les mains d'un groupe américain : Bolivian Syndicate pour le développer et ensuite le récupérer. Les Brésiliens, qui y étaient installés, résistent par les armes. En 1902, José Plácido de Castro appuyé par l'État d'Amazonas, forme une troupe qui s'empara de Xapuri et déclara l'indépendance de la région.

En 1903, est signé le traité de Petrópolis entre le Brésil et la Bolivie, négocié par le baron de Rio Branco. Le Brésil achète le territoire pour 2 millions de livres sterling, indemnise la Bolivian Syndicate et s'engage à construire la ligne de chemin de fer Madeira-Mamoré pour donner un accès pour la Bolivie à l'Atlantique. En huit ans, le gouvernement fédéral récupère sa mise par les impôts sur le caoutchouc.

En 1904, l'Acre devient Territoire fédéral (région directement administrée par le pouvoir central).

Vu le déclin du caoutchouc, l'exploitation du bois devint la principale activité. L'activité économique revint seulement entre 1940 et 1950.

Le territoire gagna le statut d'État en 1962.

Gouverneurs[modifier | modifier le code]

Liste des gouverneurs successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1991 1992 Edmundo Pinto PDS  
1992 1994 Romildo Magalhães da Silva PSC  
1995 1998 Orleir Messias Cameli PPB  
1999 2006 Jorge Viana PT  
2007 2010 Binho Marques PT  
2011 2014 Tião Viana PT  

Économie[modifier | modifier le code]

Avant l'effondrement des prix du latex, l'Acre a été un grand producteur. Chico Mendes est connu pour avoir créé le premier syndicat de seringueiros (ouvriers récoltant le latex). Il a été assassiné par des éleveurs propriétaires terriens. Il a contribué à créer plusieurs réserves forestières où les populations locales peuvent continuer à vivre des produits non ligneux et de cultures ou élevages sur une faible partie des réserves autorisées à un défrichement limité.

La participation de l'Acre au PIB du Brésil est aujourd'hui modeste (0,2 %).

Les principales activités économiques sont :

  • agriculture et élevage ; 5 % du PIB de l'État
  • industrie : 20 %
  • services : 75 %

Démographie et aspects sociaux[modifier | modifier le code]

(source: IBGE (Institut brésilien de géographie et statistiques: recensement 2000)

Les groupes d'âge[modifier | modifier le code]

Acre-Population.GIF

Fréquentation des crèches et des écoles[modifier | modifier le code]

Acre-Freq. écoles.GIF

Composition ethnique[modifier | modifier le code]

Lors du recensement, la personne interrogée définit elle-même le groupe ethnique auquel elle appartient.

En 2006, la population de l'Acre était composée de :

  • 28,2 % de mulâtres
  • 3,0 % de noirs,
  • 1,3 % de jaunes,
  • 65,2 % de blancs,
  • 1,4 % d'indigènes et
  • 0,9 % d'appartenance non-déclarée.

(observons que les noms des groupes ethniques sont donnés par les propres autorités brésiliennes)

Religions[modifier | modifier le code]

Au niveau religieux, la population de l'État se compose comme suit:

Alphabétisation[modifier | modifier le code]

Ne tenant compte que de la population de plus de cinq ans (481081 personnes), nous avons le pourcentage d'individus alphabétisés en fonction de la race ou la couleur :

99,3 % du total de la population est alphabétisée dont :

  • 85 % des blancs
  • 99 % des noirs
  • 99,5 % des jaunes
  • 98 % des mulâtres
  • 79 % des indigènes
  • 99 % de ceux qui n'ont pas défini leur appartenance raciale

Outre le Portugais, 35 % de la population parle ou comprend l'Espagnol.

Environnement[modifier | modifier le code]

L'Acre est le théâtre de conflits entre les défenseurs de l'environnement et les propriétaires défendant l'exploitation sans limites. Le meurtre du défenseur de la nature et syndicaliste Chico Mendes le 22 décembre de 1988 eut une répercussion nationale. Les seringueiros de Xapuri, terre de Chico Mendes ont obtenu en 2002 la reconnaissance du Conseil de maniement florestal (PSC) pour la qualité de leur exploitation de la forêt. Cependant le déboisement atteint 60 % dans certaines régions.

La capitale de l'État est Rio Branco.

Les principales villes de l'État sont Cruzeiro do Sul, Feijó, Sena Madureira, Tarauacá et Senador Guiomard.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]