Acore odorant

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L'acore odorant (Acorus calamus) ou jonc odorant est une plante herbacée aquatique, pérenne, rhizomateuse de la famille des Acoracées.

Ses autres noms vernaculaires sont : roseau aromatique, acore vrai, canne aromatique, schoenante.

Description[modifier | modifier le code]

La plante fait 50 à 120 cm de haut. Les feuilles sont linéaires. L'inflorescence est constituée d'un spadice portant de minuscules fleurs verdâtres à six tépales et d'un spathe qui ne diffère guère des feuilles.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Acore odorant
  • Feuilles : pétiole non différentié, limbe long, linéaire, à nervures parallèles
  • Organes reproducteurs :
    • Type d'inflorescence : spadice de 5-10 cm de long
    • Répartition des sexes : hermaphrodite
    • Type de pollinisation : entomogame
    • Période de floraison : mai à août
  • Graine
  • Habitat type : roselières médioeuropéennes pionnières

Données d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version: 23 avril 2004.

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

Cette espèce holarctique indigène en Asie, a été importée au XIIIe siècle en Europe pour ses propriétés odoriférantes et insecticides. Elle y est naturalisée mais ne produit pas de fruits, car les plantes importées sont généralement des triploïdes stériles.

Propriétés[modifier | modifier le code]

Le rhizome fournit une huile essentielle renfermant, pour la variété européenne, des dérivés mono- et sesquiterpéniques (camphène, p-cymène) et des dérivés phénylpropaniques (moins de 10 % ) représentés surtout par la bêta-asarone. Cette dernière est cancérigène et influe négativement sur la fécondité. La variété Americanus ne contient pratiquement pas de bêta-asarone, alors que les plantes en provenance d'Inde ont la plus forte concentration (jusqu'à 96 % )[1].

Cependant, malgré une utilisation ancestrale, en Inde, la plante entière n'aurait jamais été responsable de cancer[2].

Il pouvait, appelé aussi schoenante, être un des multiples constituants de la thériaque de la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle[3].

Principaux constituants[modifier | modifier le code]

Utilisation[modifier | modifier le code]

Les Tartares l'employaient pour désinfecter leur eau de boisson[4].

L'huile essentielle, extraite des rhizomes par distillation, est utilisée en parfumerie.

Dans certains pays, cette plante sert à parfumer la bière ou l'eau-de-vie[4].

Elle est réputée éloigner les punaises et donc bien protéger les fourrures[4].

Usage traditionnel[modifier | modifier le code]

La plante est cultivée dans les régions marécageuses et le long des cours d'eau en Europe orientale, seuls les rhizomes sont employés. Récolté au printemps et à l'automne et séché à l'ombre, l'acore odorant est un tonique amer qui stimule les glandes digestives. Employé en tisane, il est efficace contre tous les troubles gastriques tels que les ballonnements, les nausées, les brûlures gastro-oesophagiennes.

C'est aussi une plante apéritive, il est possible d'en faire une liqueur : 100 g de rhizome séché, 1/2 l d'alcool, 1/2 l d'eau ; agiter et filtrer au bout d'une semaine.

Au Canada - où la plante est appelée belle-angélique par les Québécois et sweet flag par les anglophones - certains Indiens en chiquent les rhizomes pour leurs effets stimulants et thérapeutiques. À forte dose, il peut provoquer des hallucinations visuelles[5].

L'acore et ses produits sont autorisés en Europe avec une limite maximale tolérée de β-asarone de 0,1 mg/kg dans les denrées alimentaires et de 1 mg/kg dans les boissons alcoolisées[1].

En Chine, les feuilles et les rhizomes broyés[6] sont utilisés comme insecticides contre les pucerons, les cicadelles, les ravageurs du riz et les acariens. La plante est aussi utilisée en fumigation avec l'armoise contre les moustiques.

En Inde, il est utilisé dans la médecine ayurvédique sous le nom de "Vacha" comme stimulant nerveux, digestif, émétique (à haute dose), expectorant et décongestionnant des sinus, et comme diurétique [7].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'acore sous le nom de changpu 菖蒲, fait partie de la matière médicale traditionnelle de Chine. On considère[8] actuellement que le terme peut désigner shuichangpu 水菖蒲 Acorus calamus L. et shichangpu 石菖蒲 Acorus tatarinowii Schott.

L'acore changpu est cité dans la première pharmacopée chinoise Shennong bencao jing (aux environs du début de notre ère). La notice indique :

âcre, chaud. Traite les troubles liés au "vent froid humide", la toux, à s'oppose au Qi ascendant. Il ouvre la porte du cœur. Nourrit les cinq organes, libère les neuf orifices, éclaircit les yeux et les oreilles, [aide] les articulations de la voix. Pris longtemps, allège le corps, améliore la mémoire, prévient la confusion et prolonge la vie. Autre nom : changyang. Pousse dans les étangs et les marais.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bruneton, J., Pharmacognosie - Phytochimie, plantes médicinales, 4e éd., revue et augmentée, Paris, Tec & Doc - Éditions médicales internationales,‎ 2009, 1288 p. (ISBN 978-2-7430-1188-8)
  2. Encyclopédie des plantes médicinales, éditions Larousse
  3. D'après Maistral, in Yannick Romieux, De la hune au mortier, Éditions ACL, Nantes, 1986
  4. a, b et c Secrets et vertus des plantes médicinales, Sélection du reader's digest,‎ 1977
  5. Richard Evans Schultes, Un panorama des hallucinogènes du nouveau monde, Édition L'esprit frappeur,‎ 2000 (ISBN 2-84405-098-0)
  6. Francine Fèvre, Georges Métailié, Dictionnaire RICCI des plantes de Chine ; chinois-français, latin, anglais, Association Ricci, les Editions du Cerf,‎ 2005
  7. http://www.la-boutique-bio.com/product_info.php?products_id=715
  8. encyclopédie Baidu

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]