Aco Šopov

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Aco Sopov / Aco Šopov

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Monument d'Aco Šopov, sur le Pont des arts à Skopje (République de Macédoine).

Activités poète
traducteur
diplomate
personnalité politique
Membre fondateur de l'Académie macédonienne des sciences et des arts
Naissance 20 décembre 1923
Štip, Drapeau de la Macédoine Macédoine
Décès 20 avril 1982
Skopje, Drapeau de la Macédoine Macédoine
Langue d'écriture macédonien
Genres poésie

Le poète macédonien Aco Šopov (Štip,1923 - Skopje, 1982) est considéré comme l’un des poètes les plus éminents de l’Europe du Sud-Est, au 20e siècle. Poète, traducteur, éditeur et diplomate, il est l'auteur du premier livre paru en langue macédonienne à l’issue de la Seconde Guerre mondiale (Poèmes, 1944). Aco Šopov est également le premier auteur macédonien traduit en slovène, l'une des trois langues de l’ancienne Yougoslavie. Il a publié une quinzaine de recueils de poésie en macédonien et autant en langues étrangères, ainsi qu’une quarantaine de livres de poèmes choisis. Il a traduit Pierre Corneille, Edmond Rostand et Léopold Sédar Senghor, pour ne citer que les auteurs de langue française qu’il a fait découvrir au lectorat macédonien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 20 décembre 1923, à Štip (dans l’Est de la République de Macédoine), Aco Šopov (lire: Atso Chopov) a grandi dans sa ville natale, avec ses deux frères Dimitar (1920-1972) et Borislav (1927-1996), son père Gjorgji Zafirov-Šopov (1893-1944) et sa mère Kostadinka Ruseva (1897-1942), à laquelle il doit son amour et son talent pour la poésie.

« Monstre à cent têtes » comme il l’appellera à la fin de sa vie, cette enfance a été marquée par la maladie de sa mère, paralysée dès 1934. A peine âgé d’onze ans, il s’est occupé seul d’elle et de son frère cadet, l’aîné ayant été envoyé au Séminaire de Prizren et le père, presque toujours absent. Le spectre de la maladie incurable et de la mort, l’angoisse, la tristesse et la solitude imprégneront dès lors toute sa poésie, depuis ses premiers poèmes écrits sur un cahier d’écolier à l’âge de quatorze ans, jusqu’aux derniers.

Il venait d’avoir vingt ans, lorsqu’il a perdu sur le champ de bataille son aimée, Vera Jocić, proclamée héroïne nationale à l’issue de la Deuxième Guerre mondiale. Il lui a dédié le poème « Tes yeux », qu’aujourd’hui encore les jeunes lycéens en Macédoine citent spontanément dans les cafés ou dans les rues.

Dès ses premiers poèmes écrits dans le maquis, Aco Šopov rompait avec les conventions poétiques en vogue, écrivant des poèmes d’amour en pleine guerre. Plus tard, il attaquait ouvertement les impératifs du réalisme socialiste, ce qui lui a valu d’être fustigé par la critique littéraire officielle au début des années 1950, mais aussi d’être reconnu unanimement une décennie plus tard. La parution de ses recueils Stihovi za makata i radosta (Du malheur et du bonheur), en 1952, et Slej se so tišinata (Confondu sans le silence), en 1955, ont provoqué une véritable "querelle des anciens et des modernes" qui a divisé la Société des écrivains de Macédoine en deux camps adverses.

Philosophe de formation, mais écrivant exclusivement de la poésie, Aco Šopov est toujours resté fidèle à ses idées, traçant ainsi sa propre voie littéraire, sans pour autant entrer dans la dissidence. « La plus grande difficulté et la plus grande responsabilité morale du poète », déclarait-il dans une interview, « est de trouver les mots justes pour les contenus et les idées qu’il veut exprimer de manière authentique et inimitable. S’il n’y parvient pas, le poème se désarticule, le mot se transforme en mensonge ».

Depuis son premier recueil, Poèmes, qui fut en même temps le tout premier livre paru en langue macédonienne à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, en 1944, jusqu’au dernier, Arbre sur la colline, publié en 1980, deux ans avant sa mort, Aco Šopov a bâti les fondations et édifié une poésie résolument moderne, qui prend appui sur le sol natal dans la seule ambition de l’inscrire dans le cadastre du monde. Son œuvre réunit dans une même expérience intime, le vécu du poète, le sort de son pays et le destin commun de l’humanité.

En 1967, Šopov est devenu l’un des membres fondateurs de l’Académie macédonienne des sciences et des arts (Macedonian Academy of Sciences and Arts). Trois ans plus tard, il a reçu le Prix AVNOJ, la plus haute distinction yougoslave dans le domaine des sciences et des arts.

Après de longues années passées dans le monde du journalisme et de l’édition, Aco Šopov a été nommé ambassadeur de Yougoslavie au Sénégal, en 1971. Ce pays qui a inspiré Poème pour la femme noire, un livre qui lui a valu le Prix Frères Miladinov aux Soirées poétiques de Struga de 1976. Ce festival international qui se tient chaque année au sud de la Macédoine avaient été fondé une quinzaine d’années plus tôt par Šopov lui-même avec quelques-uns de ses confrères.

De retour du Sénégal en 1975, Aco Šopov a été nommé président de la Commission pour les relations culturelles avec l’étranger de la République de Macédoine. Mais, à peine trois ans plus tard, la maladie, tant pressentie dans ses poèmes, l’a obligé à se retirer de la vie active.

À la suite d’une longue maladie, il est mort le 20 avril 1982, à Skopje.

Livres en français[modifier | modifier le code]

Buste d'Aco Šopov à Struga dans l'Allée des poètes.
Aco Sopov soleil noir.jpg
  • En chasse de ma voix / choix et adaptation Djurdja Sinko-Depierris, Jean-Louis Depierris.- Paris : Editions Saint-Germain-des-Prés, 1978.- 60 p.
  • Anthologie personnelle / poésie traduite du macédonien par Jasmina Šopova ; introduction d’Ante Popovski ; adaptation et postface d’Edouard Maunick.- [Paris] : Actes Sud / Editions Unesco, 1994.- 143 p.
  • Stigmate / choix de la poésie : Šopova Jasmina.- Skopje: Matica makedonska, 2001.- 253 p. (macédonien -français)
  • Senghor-Šopov : Parallèles / choix de la poésie : Šopova Jasmina. Introductions : Šopova Jasmina, Sall Hamidou, Lazarov Risto. Illustrations: Sanev Hristijan.- Skopje: Sigmapres, 2006.- 206 p. (macédonien -français)
  • Naissance de la parole / Traduit du macédonien par Jasmina Šopova et Edouard J.Maunick.- Struga : Soirées poétiques de Struga, 2010.- 92 p. (français - allemand)
  • Soleil noir / Préface : Šopova Jasmina.- Differdange: Editions PHI, 2012.- 121 p. (français - allemand)

Références[modifier | modifier le code]

  • Ivanović Radomir, La poétique d’Aco Šopov, traduit du serbo-croate par Milan Trajkov, Skopje, Makedonska revija, 1986 (macédonien).
  • Ivanović Radomir, Discours sur la parole : la poétique d’Aco Šopov, Beograd, Novo Delo, 1986 (serbo-croarte).
  • L’œuvre d’Aco Šopov, collectif, Skopje, Faculté de philologie de Skopje / Institut de la littérature macédonienne, 1993 (macédonien).
  • Kitanov Blaže, Aco Šopov, la vie et l’œuvre, Skopje, Kultura, 1998 (macédonien).
  • Stardelov Georgi, Le non-être : la poésie et l’expérience poétique d’Aco Šopov, Skopje, Matica makedonska, 2000 (macédonien).
  • Šopova Jasmina, Aco Šopov : quêtes et enquêtes, Skopje, Sigmapres, 2003 (macédonien).
  • La vie et l’œuvre d’Aco Šopov, (Colloque international à l’occasion du 80e anniversaire de la naissance d’Aco Šopov), Skopje, Académie macédonienne des sciences et des arts, 2005 (macédonien).
  • The Word’s Nativity. Edited by Katica Kulavkova. Skopje: St. Clement of Ohrid National and University Library, 2011. 196 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Site officiel de l'auteur: http://www.acosopov.com/

Aco Šopov Poesis (Chaîne YouTube)

Littérature macédonienne