Acméisme

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L’acméisme (en russe Акмеизм, Akméism) est un mouvement poétique russe qui a connu son heure de gloire au début des années 1910 sous la direction de Nikolaï Goumilev et Sergueï Gorodetski. Le mot tire son origine du mot grec ἀκμή acmé qui signifie « pointe, comble, apogée ». Reprochant aux symbolistes leur goût pour l'incompréhensibilité et pour des rêveries sur d'autres mondes, les artistes de ce mouvement aspirent à l'unité indivisible de la terre et de l'homme.

Naissance et développement[modifier | modifier le code]

La naissance du mouvement fut proclamé par Nikolaï Goumilev le 1er mars 1912. En décembre de la même année, Goumilev et Gorodetski firent connaître leur manifestes acméistes dans un cabaret de Saint-Petersbourg où se réunissait la bohème artistique de la ville « Au chien errant ». Le premier numéro de la revue Apollon publia ce manifeste dès janvier dans le premier numéro de 1913[1]

Anna Akhmatova 1913-1914 par Savely Sorin

Les poètes les plus importants de l'école acméiste sont Goumilev et sa femme Anna Akhmatova, Mikhaïl Kouzmine, Ossip Mandelstam, Georgy Ivanov. L'esthétique acméiste s'oppose au symbolisme alors dominant dans la poésie russe. Les acméistes revendiquent l'utilisation d'un langage simple et concret pour porter à son apogée la dimension poétique du quotidien. Ils aimaient aussi se faire appeler « adamistes » , par référence à leur penchant pour le fort, le clair, le viril[1]. Ils critiquent l'occultisme et l'aspect religieux du symbolisme et rejettent son aspiration à la connaissance des vérités cachées et de l'au-delà. Dans son manifeste de la fin de l'année 1912 publié par la revue Apollon en 1913 intitulé « Les préceptes du symbolisme et de l'acméïsme » Goumilev proclame les dernières œuvres des symbolistes sans valeur. Il reproche à ses représentants de s'envelopper dans la « toge de l'incompréhensibilité » Mais l'acméïsme, s'il s'oppose aux rêveries des symbolistes sur d'autres mondes, ne rejetait pas pour autant les valeurs esthétiques, métaphysiques et éthiques universelles dans une appréhension charnelle, directe et sensuelle de la réalité [1].

Les acméistes se réclament d'Alexander Pope, Théophile Gautier, Rudyard Kipling, Innocent Annenski, et du cercle des Parnassiens.

Le recueil Pierre (Kamen, 1912-1913), d'Ossip Mandelstam, en est une borne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Valentine Marcadé, Le Renouveau de l'art pictural russe 1863-1914 , édition l'âge d'homme, Lausanne 1971

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Valentine Marcadé, Le Renouveau de l'art pictural russe 1863-1914 , édition l'âge d'homme, Lausanne 1971 p. 177