Acheux-en-Vimeu

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Acheux-en-Vimeu
Place François Mitterrand avec la mairie et l'école.
Place François Mitterrand avec la mairie et l'école.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Arrondissement Abbeville
Canton Abbeville-2
Intercommunalité Communauté de communes du Vimeu Vert
Maire
Mandat
Bruno Bouvet
2014-2020
Code postal 80210
Code commune 80004
Démographie
Population
municipale
523 hab. (2012)
Densité 42 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 03′ 58″ N 1° 40′ 41″ E / 50.0661, 1.678150° 03′ 58″ Nord 1° 40′ 41″ Est / 50.0661, 1.6781  
Altitude Min. 38 m – Max. 111 m
Superficie 12,33 km2
Localisation

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Acheux-en-Vimeu
Graffiti représentant un moulin à vent du Vimeu (XVIe-XVIIIe siècles), Église Marie-Madeleine d'Acheux-en-Vimeu.

Acheux-en-Vimeu est une commune française, située dans le département de la Somme en région Picardie.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune d'Acheux-en-Vimeu a un territoire qui s'étire vers le Nord pour inclure trois hameaux :

  • Frireulles, dont l'église (ou la chapelle) est pourvue d'un modeste clocher-mur ou campenard.
  • Frière.
  • Zoteux, au fond d'un bois.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Bois de Zoteux. Les cortèges des habitants de Zoteux y empruntaient le "chemin des morts" pour conduire leurs défunts à l'église d'Acheux.

Acheux-en-Vimeu est appelé Asseium et Aisseu en 1146, Asseu en 1186, Aissieu en 1244 et 1290, Aysseu en 1301[1]. Le sens du toponyme n'est pas avéré : Dauzat et Rostaing pensent que l'origine en serait le mot latin "apiosum", lieu planté d'aches, des plantes aux fleurs blanches parentes de la carotte sauvage[2]. Cette interprétation ne correspond cependant pas aux formes anciennes du nom du village (Aceium, Aiciu, Aceu, Aisseu, Aissieu, XIIe siècle). Peut-être le sens du toponyme est-il le "domaine d'Accius ou Attius, Atius", noms de personnes latins. De fait, plusieurs villas gallo-romaines ont été repérée par photographie aérienne sur le terroir d'Acheux par Roger Agache[3].

En savoir plus sur Maison d'Acheux.

Frière serait issu du latin « Feræ », pouvant rappeler les « enclos destinés à retenir le gros gibier ».

Zoteux serait le pluriel de autel. Il ferait référence aux autels dressés pendant l'Antiquité. Une statue de Cybèle retrouvée dans le secteur conduit à imaginer un culte avec des sacrifices, près d'une fontaine dédiée à Isis[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

  • De nombreux vestiges paléolithiques ou néolithiques (haches de silex, pointes de flèches, percuteurs), retrouvés sur le territoire de la commune, notamment sur le plateau derrière le bois de Zoteux, prouvent l'implantation très ancienne des hommes sur ce territoire riche en silex.
  • Silex taillé du paléolithique (Ochancourt en Vimeu)
  • Plusieurs villas gallo-romaines ont été détectées par prospection aérienne sur le terroir d'Acheux en Vimeu, l'une d'entre elle se situait entre la vallée de Frireulle et les "grands riots"[5].
  • À la limite du territoire de Frières et de Miannay, on peut encore admirer ce qui ressemble à une croix de délimitation du finage d'une grande villa carolingienne[6]. Cette croix a été reproduite en aquarelle dans la collection Prarond consultable à la Bibliothèque Municipale d'Abbeville.
  • Berceau de la Maison d'Acheux, dont les membres portèrent les titres de « seigneurs de Saint-Maixent, de Fouconcourt, du Plouy, de Bienfay, de Violaines, d'Inerville ».
Blason Acheux-en-Vimeu.svg

Elle porte "d'argent à la croix ancrée de sable, partie d'argent à l'aigle au vol éployé de sable" - Supports : deux lévriers essants - Cimier : un lévrier issant. Ses armes sont tirées d'un voyage en Terre Sainte[7].

Cette lignée, très ancienne en Picardie, est issue de Geoffroy de Asceu, devenu d'Acheux, né en 1114, croisé en 1134, originaire d'Acheux-en-Vimeu, dont elle posséda la seigneurie et dont elle reçut le nom. Elle figure dans un certain nombre de chartes des XIIe siècle, XIIIe siècle et XIVe siècle. Plusieurs de ses membres ont porté (au XIIIe siècle et au XIVe siècle) le surnom de « Poulain ».

Gauthier et Milon d'Acheux sont témoins à une charte de Robert, doyen de Saint-Maixent en 1200.

Clément d'Acheux, chevalier, et son épouse Marie donnent trois journaux de terre à Acheux, à l'hôpital Saint-Nicolas d'Abbeville, en juin 1241, acte dans lequel sont cités leur fils Mathieu d'Acheux, chevalier, et leur belle-fille Émeline.

En 1561, devant Messieurs Degouy et Briet, notaires à Abbeville il est fait mention de demoiselle GENEVIÈVE GAILLARD, dame des fiefs de Dructel à Drucat, d'Argencourt à Sailly-le-Sec, dame encore des Oteux, seigneurie située à Acheux enVimeu, fille de Jehan Gaillard, sieur des Alleux, et de demoiselle Marguerite de Calonne, dame des Oteux

La maison d'Acheux fut maintenue dans sa noblesse suivant déclaration du 26 février 1697, après l'avoir prouvé depuis le 6 janvier 1555. Elle avait toute justice : haute, moyenne et basse. Ses coutumes locales et particulières furent rédigées le 14 septembre 1507.

C'est au XVIe siècle qu'apparaît la famille des Tillette d'Acheux. Eloi Tillette, seigneur de Brancourt, Achery, Courcelles, a formé alors la branche des seigneurs d'Achery, Acheux, Catigny, Courcelles, Brancourt, etc.

François Tillette, écuyer, seigneur d'Acheux, est né en 1660, il fut lieutenant au régiment d'Artois, avait cinquante-sept ans en 1717 lors de la production des preuves pour la maintenue de sa noblesse qu'il obtint le 6 décembre de la même année. Augustin Tillette, écuyer, sieur de La Boissières, Acheux, Achery, garde du corps du roi, est né en 1676, il mourut à Acheux le 24 janvier 1751, sans enfants de ses deux femmes[8].

  • Selon certains auteurs du XIXe siècle, Acheux en Vimeu serait la patrie de Pierre l'Ermite (1050-115), religieux qui prêcha la première croisade, ainsi M. E d'Ault-Dumesnil écrit-il:

"Lorsque l'historien Orderic Vital appelle l'Ermite Pierre d'Achéry, en latin de Acheriis, il le qualifie sans doute par un nom de fief, tiré de quelque localité, peut-être, comme le suppose M. Vion[9], auteur d'un volume publié cette année sous le litre: Pierre l'Ermite et les Croisades, de la partie basse du village d'Acheux, dans l'ancien Vimeu, qui est désignée sous la dénomination d'Achéry dans le cadastre départemental"[10].

Il convient peut-être cependant de prendre des précautions avec cette affirmation qui ne repose que sur une démonstration toponymique.

  • D'après le chroniqueur Jean Le Bel, les troupes d’Edouard III seraient parties pour Crécy le 22 août 1346, depuis Acheux-en-Vimeu. Elles campaient là et ravageaient alors le pays de Vimeu[11].
  • À la fin du XVIe siècle, le meunier d'Acheux, Jean Martel, ainsi que le meunier de Feuquières, Nicolas le Mangnier, sont invités par la municipalité d'Amiens à faire part de leur expertise en matière d'engrenages pour la construction de moulins à vent sur les remparts de la ville[12]. Le Vimeu est alors comme aujourd'hui riche en ressources éoliennes, l'ancienneté de l'exploitation de la ressource est soulignée par la survie du beau moulin de Saint-Maxent tout proche, datant du XVIe siècle.
  • Acheux dépendait au XVIIIe siècle de trois seigneuries :- celle du marquis de Valanglart,- à Zoteux, celle de la commanderie d'Oisemont,- et celle de l'écuyer seigneur de Frireulles[4]. François Léonard le Roy, marquis de Valanglart, était aussi au XVIIIe siècle seigneur de Moyenneville, de Yonval et Toeufles. Il naquit en mars 1737, fut capitaine de dragons au régiment du Dauphin en 1759 puis guidon de gendarmerie en 1761, enseigne en 1770, et enfin mestre de camp de cavalerie et chevalier de l'ordre de Saint Louis. Il mourut à Bruxelles dans les armées anti-révolutionnaires en 1794[13].

Les registres paroissiaux d'Acheux sont consultables sur le site des archives départementales d'Amiens[14]. Ceux qui concernent la période 1724-1764, tenus par Manier, curé d'Acheux, fils d'un laboureur de Nibas, rassemblent par exemple 739 actes de baptêmes, 176 actes de mariages et 521 actes de décès (sans compter les décès ayant eu lieu de 1746 à 1764 consignés dans un registre à part). D'émouvants fonts baptismaux datant de la seconde moitié du XVIIe siècle conservés dans l'église Sainte Marie-Madeleine donnent à voir une scène de sortie de baptême avec distribution de dragées qui évoquent les cérémonies du "parrain sec" auxquelles présidait ledit Manier[15].

On compte alors entre 165 et 170 feux à Acheux mais seulement 25 personnes représentent les habitants dans le cadre de l'assemblée villageoise. Ce sont elles qui rédigent les cahiers de doléances: un cultivateur et notaire royal, le syndic, dénommé Jacques Eloy Duminil, une dizaine de laboureurs, deux marchands de laine et de moutons, un serrurier et 9 tisserands et ménagers. Les députés aux États Généraux s'appellent Théodose Anquier et Jean-François Boinet[16].

Parmi les notables du village, outre le noble (absent car aux armées) et le notaire royal, on comptait le curé (l'un de ceux qui précédait Manier, Noël Baron, avait été assassiné par un aristocrate de la famille des Tillette d'Acheux[17]), les 6 meuniers (dont Sébastien Buteleux, meunier banal qui se remarie deux fois et élève une nombreuse progéniture) et une trentaine de familles de marchands-laboureurs (27% de la population) aux fortunes variées. L'assise sociale de Manier se lit dans le fait qu'il fut ainsi à la fois parrain d'enfants de laboureurs et de meuniers et de nombreuses fois témoins au décès d'aristocrates, de charrons et de laboureurs ainsi que de domestiques. D'après Albert Demangeon, dans la paroisse, en 1783, seul le curé brûlait du bois dans sa chambre[18].

Acheux était à cette époque majoritairement un village de tisserands (55%) mais on y note la présence de divers artisans : tailleurs, cordonniers, charrons, maréchal-ferrand, tonneliers, boulanger. Un tableau du musée d'Abbeville acquis à la fin du XIXe siècle, décrivait un intérieur domestique tisserand :

« L’apprenti tisserand, Toile Hauteur 1m15 Largeur 1m40. Intérieur d'un modeste atelier de tisserand de campagne dans le Vimeu. Un jeune homme, tête nue, en bras de chemise, est penché sur son métier où il s’appuie des deux mains ; il tourne la tête du côté d’une vielle femme, vue de profil effacé, portant des lunettes et qui, les mains posées sur la trame du métier, paraît lui donner des conseils. La partie de l’atelier où se trouve l’apprenti est baignée par une lumière intense qui vient de deux fenêtres en largeur,l’une sur le côté, l’autre dans le fond. A droite, près de la femme, on voit un ancien rouet de bobineuse, à gauche, un homme est assis fumant sa pipe le dos appuyé contre la porte dont les ais mal joints laissent filtrer des jets de lumière qui se projettent sur le sol. Salon de 1896 (n°431) Acquis par le Conseil d’administration du musée Boucher de Perthes, 1900. »

La transcription d'un acte de mariage de 1736 ouvre une petite fenêtre sur les grands jours de ces tisserands anonymes :

« L'an mille sept cent trente six, le samedi premier jour du mois de Décembre par moi, curé d'Acheux, soussigné, ont été solennellement mariés Monsieur Mathieu Friville, tisserand, agé de 36 ans, du hameau de Frireulle de cette paroisse veuf de défunte Marie Antoinette Forestier d'une part, et Marie Charlotte Dupont agée de vingt-huit ans demeurant à Hamicourt, paroisse de Huppy, fille de François Dupont, maçon et d'Adrienne Blévien la femme, d'autre part, après que les bans ont été publiés en cette Eglise et celle dudit Huppy sans aucune empêchement ny opposition et les fiançailles célébrées en présence de François Friville, d'Antoine Dufossé frère et beau frère dudit marié, dudit François Dupont, père de la dite mariée et de Pierre Dupont, frère, lesquelles ont déclaré ne savoir escrire et fait leur marque hors lesdits mariés, Antoine Dufossé et ledit Pierre Dupont qui ont signé avec nous ci-dessous avec la permission de Monsieur le Curé de Huppy. »
L'apprenti tisserand du Vimeu par Albert Decamps (1861-1908). Copyright par courtoisie de A.Jagerschmidt- Musée Boucher-de-Perthes, Abbeville. Huile sur toile. Le peintre réaliste témoigne ici de l'apprentissage des enfants dès l'âge de 10 ans et de la transmission des savoir-faire entre générations. Noter l'évolution du sens du confort depuis le XIXe siècle lisible dans l'attitude du père de famille fumant la pipe assis près du sol.
Signé: Manier, curé d'Aqueux. Matthieu Friville, marque de la dite Dupont, Antoine Dufossé, François Dupont, Pierre Dupont, marque de François Friville.

Mathieu Friville est donc veuf à 36 ans, sa première femme est, elle, morte en couche comme cela arrivait fréquemment. Il se remarie immédiatement car la maisonnée ne peut fonctionner sans une épouse qui soigne les enfants (comme l'on dit) et travaille elle aussi probablement en filant. La nouvelle épousée est choisie dans un village proche car on ne se marie guère alors à plus d'une dizaine de kilomètres de chez soi. On note aussi que tout le monde ne sait pas écrire dans cette famille et se pose ici la question de l'enseignement primaire donné dans la paroisse, probablement par le curé, en échange d'une obole que tous ne peuvent payer.

On ne compte à Acheux en Vimeu au milieu du XVIIIe siècle que quatre serruriers, faible proportion comparativement aux villages proches de Feuquières ou de Fressenneville par exemple, qui produisent les serrures envoyées chez les marchands parisiens[19]. C'est que les serrures fabriquées dans ce village ne sont pas de grandes qualités et ne sont pas exportées vers Paris comme celles que décrit l'inspecteur de Manufacture Bonnot à la fin du XVIIIe siècle, mais plutôt vers Rouen et au-delà vers le Canada[20]. Dans l'atelier des Creusel travaillaient trois hommes adultes, dans celui des Boinet, deux seulement. Une photographie d'Albert Demangeon, en 1905, donne à voir ce qu'était un tel atelier avec ses cassis (fenêtres à petits carreaux ouvertes sur la rue)[21].

En 1768, la fabrique du village procède à la levée d'un plan de l'église Sainte Marie-Madeleine afin de procéder à des réparations et décide de faire abattre la chapelle de la Vierge qui tombe en ruine et qui se trouvait à côté de la tour ronde abritant l'escalier menant au clocher[22].

Atelier de serruriers à Feuquières en Vimeu avec ses "cassis", d'après Albert Demangeon, La Picardie, 1905.

En 1789, les cahiers de doléances d'Acheux, rédigés par la communauté villageoise probablement sous la plume du notaire, donnent une idée du ressenti de la pression fiscale par la population. Ces cahiers de la commune sont consultables sur le site des Archives départementales, p. 1 à p. 6[23].

Cahier des doléances, plaintes et remontrances des habitants en communauté de la paroisse d’Acheux en Vimeu.

Jusqu’ici nous sommes à la merci de la puissance des privilégiés, intéressés aux abus exercés sur la faiblesse ; sous le joug de l’égoïsme, de l’esprit de corps, de la dureté, paresse des juges des cours souveraines et d’attribution, de la rapacité de leurs secrétaires et de la chicane, sous le despotisme des interprétations, des exactions de toutes espèces en impôts. Ce n’est plus la loy, ce sont des arrêts des décisions du Conseil, surtout celles de la cupidité de la compagnie financière, commettans des armées d’employés et de commis pour les exécuter. Les exactions des plus habiles concussionnaires y procurent l’avancement et impunément le faste insultant de la misère publique.

Impositions directes, indirectes et autres charges publiques.

Tailles,accessoires, capitations, corvées, sel ou gabelle, vingtième, contrôles, insinuations de toutes espèces, centième, demi-centième, franc-fiefs, les dix sols par livre sur tout, droits de greffes des juridictions royales, parchemin, papier timbré, aides, trop bu, traites ou douanes, marque des cuirs et argenteries, milices, droits sur les bestiaux, grains et sur toutes les denrées, aux entrées et marchés, huissiers, priseurs, vendeurs, constructions de presbytère et de casernes de la maréchaussée, dîmes ecclésiastiques, enfin, tout est tarifé jusqu’à l’exercice   de notre religion sainte, pour prières, messes, mariages, baptêmes et enterrements, outre les dîmes de sang et autres.Telle est en abrégé la multiplicité effrayante des entraves, des impôts et charges qui nous accablent.

Délibéré et rédigé en notre assemblée, en conformité du procès-verbal d’aujourd’hui, vingt mars mil sept cent quatre vingt neuf, et signé par ceux qui savent signer des dénommés audit procès-verbal, lesdits jour et an.

Signé : Charles Bertel, Pierre-François Ducastelle, Paquez Duminille, Jean-François Boinet, Jean-Baptiste Boudinel, Pierre Alexandre Croizet, Pruvôt, Jean-Louis Mautort, Alexi Haudréchy, Charles-Antoine Tavernier, Bénony Haudréchy, Jean Friville, Jean-Charles Moncheux, Nicolas Boinet, Basil Boucher, François Pruvost, Louis-François Amplement, Pierre Moncheux, Charles Pourvilent, Anquier, Duminil, sindic, Delahaye, Philbert Vasseur.

Procès-verbal[24]

Comparants :Jean-Baptiste Arcade, Théodose Anquier, cultivateur et notaire royal, Jacques-Josse Prévôt, Jacques Eloy Duminil, syndic, Charles Bertel,Charles-François Delahaye, Pierre-François Ducastel, Charles Antoine, Paquez Duminil, Jean-François Boinet, Jean-Baptiste Boudinel, Pierre-Alexandre Croisel, Jean-Louis Mautort, laboureurs, Alexis Haudrechy et Benony Haudrechy, marchands de laines et de moutons, Charles Antoine Tavernier, Jean Friville, Jean-Charles Monchaux, Nicolas Boinet, Basile Boucher, François Pruvôt, Pierre Monchaux, Charles Pourvilin, tisserands et ménagers, Louis François Amplement,serrurier, Pierre Philibert Vasseur, tisserand.

Députés : Théodose Anquier , Jean François Boinet.

En 1817 est réalisé le cadastre napoléonien[25] actuellement conservé aux archives de la Somme[26].

Église Sainte Marie-Madeleine.

Pendant la première guerre mondiale, Acheux se trouvait bien en arrière du front mais le Vimeu abritait des troupes du Commonwealth anglais, des troupes d'Indiens étaient logées dans le village ainsi que leurs officiers, mais eux dormaient dans les maisons les plus cossues. Le village paya un large coût aux diverses offensives de la première guerre mondiale, ce dont témoigne le monument aux morts sur la place du village. Celui ci fut érigé sur souscription en 1921 à la demande du Maire, Monsieur Tavernier. 7 100 francs furent réunis par une population qui se sentait massivement impliquée par son devoir de mémoire.

Inauguration du monument aux morts d'Acheux en avril 1922, au premier rang Jeanne d'Arc et les trois couleurs, carte postale, collection privée.

Grâce à un photographe d'Abeville, Monsieur Borel, qui se déplaça en 1922, quelques images subsistent de la cérémonie inaugurale du 9 avril. Une Jeanne d'Arc en armure, symbole héroïque pour la troisième République, et trois jeunes filles habillées aux couleurs de la France menaient le cortège. Le député prononça un beau discours devant des bourgeois en chapeaux et redingotes et des ouvriers en casquettes.

Pendant la seconde guerre mondiale, les troupes allemandes arrivèrent dans le village fin mai 1940. Une section SS était stationnée à Acheux et s'occupait notamment de faire lever dans le pays grâce au travail forcé des asperges de Rommel, c'est-à-dire des pieux empêchant les avions anglais d'atterrir. Les troupes logeaient dans le groupe scolaire qui se situait alors près du cimetière actuel ainsi que dans des étables aménagées[27]. Les officiers, eux, étaient hébergés chez l'habitant et la Kommandantur était située dans une maison particulière sur la place. Dans le clocher de l'église, on peut encore déchiffrer les graffitis laissés par un soldat en faction. Un train militaire allemand dérailla en 1943, par faits de résistance, sur la ligne Abbeville-le Tréport, au niveau d'un pont à Frireulles. De lourdes pertes subies par l'occupant ont fait craindre des représailles[4]. Le 2 septembre 1944, après 4 ans d'occupation, les Nazis s'enfuirent face à l'avance des alliés. Une division canadienne entra dans le village avec quelques blindés et fut reçue à bras ouverts par la population.

Après guerre, en 1956, un peintre américain, William Einstein (1907-1972), originaire du Missouri, s'installa à Acheux, le village de son épouse. Il s'était formé en France vers 1927-1933 et avait été l'élève de Fernand Léger et fut très inspiré par Chaïm Soutine[28]. On lui doit notamment des vitraux conservés à l'église Saint Vulfran d'Abbeville et un très beau tableau peint en 1964 intitulé Le faucheur d'Acheux[29].

Acheux-en-Vimeu, en 1947, avant le remembrement.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1960 1978 Marcel Bonvallet PS puis PCF instituteur
mars 1983 2001 Jean Mabille PS agriculteur
mars 2001 2008 Déric Hollier    
mars 2008[30] en cours
(au 6 mai 2014)
Bruno Bouvet   Réélu pour le mandat 2014-2020[31]

Résultats politiques[modifier | modifier le code]

Élection présidentielle de 2012 à Acheux-en-Vimeu[modifier | modifier le code]

Source : Ministère de l'Intérieur - Somme (Picardie)

Candidat Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Eva Joly (EÉLV) 1 0,28
Marine Le Pen (FN) 70 19,27
Nicolas Sarkozy (UMP) 77 21,69 139 41,87
Jean-Luc Mélenchon (FG) 40 11,27
Philippe Poutou (NPA) 6 1,73
Nathalie Arthaud (LO) 2 0,56
Jacques Cheminade (SP) 0 0,00
François Bayrou (MoDem) 33 9,30
Nicolas Dupont-Aignan (DLR) 9 2,54
François Hollande (PS) 119 33,52 193 58,13
Inscrits 405 100,00 405 100,00
Abstentions 49 12,10 44 10,86
Votants 356 87,90 361 89,14
Blancs et nuls 1 0,28 29 8,03
Exprimés 355 99,72 332 91,97

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 523 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
821 818 969 929 1 003 1 010 946 978 964
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 010 1 061 1 058 1 011 1 005 923 918 883 875
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
926 811 694 634 679 614 605 523 570
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
579 543 538 537 527 503 503 498 528
2012 - - - - - - - -
523 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[32] puis Insee à partir de 2004[33].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Sainte Marie-Madeleine, une des plus anciennes églises du Vimeu[34],[35]. Le chœur date du XIIIe siècle, la nef, reconstruite au XVe siècle, est dotée de fenêtres en tiers-point, la chaire est d'époque Louis XV, les fonts baptismaux Louis XVI.
  • Chapelle du Saint-Esprit, de Frireulles, datant du XVIIe siècle, avec des pierres funéraires de 1656[36].
  • Chapelle Saint-Fiacre de Zoteux, récemment restaurée et où ont lieu, régulièrement, des expositions, grâce notamment à l'action de l'association picarde « À la Croisée des Chemins ».
  • Pigeonnier médiéval à Zoteux
  • Très beau château privé, construit sur les ruines de l'ancien.
  • Croix de Pierre de Frière, d'époque carolingienne.
  • Tombes du Commonwealth.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ledieu Alcius, Etude sur l'étymologie de nombreuses localités situées principalement dans l'ancienne Picardie, Delattre- Lenoel,‎ , p.90
  2. Dauzat A. et Rostaing Ch., Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Larousse,‎ 1963, révisé en 1984.
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