Sage-femme

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Sage-femme
Image illustrative de l'article Sage-femme

Appellation Sage-femme, maïeuticien ou accoucheur
Secteur d'activité professionnel de santé - santé
Compétences requises Périnatalité, Gynécologie, Obstétrique, Néonatologie, Médecine fœtale
Niveau de formation Diplôme d'Etat Sage-femme - Grade de Master maïeutique
Professions voisines Gynécologue, Obstétricien, Pédiatre
Code ROME (France) J1104 - Suivi de la grossesse et de l'accouchement

Une sage-femme, un maïeuticien ou un accoucheur est, suivant les pays, soit une profession médicale (France), soit paramédicale (la plupart des autres pays du monde), consistant à prendre en charge la femme avant, pendant et après l'accouchement. Pratiquée internationalement et essentiellement par des femmes depuis l'Antiquité, la profession connaît un tournant au XVIIIe siècle et fait aujourd'hui l'objet de différentes formations selon les pays.

Définition[modifier | modifier le code]

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) définit « sage-femme[1] » ou « maïeuticien » comme suit :

« Une personne qui a suivi un programme de formation reconnu dans son pays, a réussi avec succès les études afférentes et a acquis les qualifications nécessaires pour être reconnue ou licenciée en tant que sage-femme. Elle doit être en mesure de donner la supervision, les soins et les conseils à la femme enceinte, en travail et en période post-partum, d'aider lors d'accouchement sous sa responsabilité et prodiguer des soins aux nouveau-nés et aux nourrissons. Ses soins incluent des mesures préventives, le dépistage des conditions anormales chez la mère et l'enfant, le recours à l'assistance médicale en cas de besoin et l'exécution de certaines mesures d'urgence en l'absence d'un médecin. Elle joue un rôle important en éducation sanitaire, non seulement pour les patientes, mais pour la famille et la préparation au rôle de parents et doit s'étendre dans certaines sphères de la gynécologie, de la planification familiale et des soins à donner à l'enfant. La sage-femme peut pratiquer en milieu hospitalier, en clinique, à domicile ou en tout autre endroit où sa présence est requise. »

Il s'agit là de la définition reprise internationalement pour cette profession.

Historique[modifier | modifier le code]

Depuis l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Figurine représentant une sage-femme et une femme en train d'accoucher, provenant de Chypre, début du Ve siècle av. J.-C.

Historiquement, la profession de sage-femme a été une des rares dominées par des praticiennes. Depuis Agnodice en Grèce antique, la prise en charge des femmes enceintes et des parturientes (femmes en travail) a été considérée comme relevant essentiellement du cercle féminin.

Moyen Âge et Renaissance[modifier | modifier le code]

L'ambivalence de la profession, exercée de façon minoritaire par des femmes formées et très majoritairement par des femmes sans aucune connaissance théorique (souvent désignées par le terme matrone), perdure pendant tout le Moyen Âge et l'Époque moderne en Europe occidentale. En France, dans les registres paroissiaux, on rencontrait également le terme « sage-femme » pour désigner la matrone ou encore, de façon très marginale, celui d'« obstétrice ». La langue italienne utilise alternativement les termes « comare », « mammana » et « levatrice ». Le rôle de l'accoucheuse ne se limite pas à l'assistance apportée aux femmes en couches, elle exerce un rôle social et religieux puisqu'elle a la charge d'ondoyer l'enfant lorsqu'il apparaît en danger de mort. C'est souvent la sage-femme qui vient présenter l'enfant sur les fonts baptismaux et qui occupe la fonction de marraine.

Il est possible que la restriction aux hommes d'exercer soit liée au besoin de conserver les possibles écarts des filles-mères sous secret, et aussi à une perception puritaine de tout ce qui touche à l'appareil génital féminin. Il était alors fréquent qu'une fille-mère dissimule sa grossesse au profit de sa mère et que la sage-femme soit alors la seule confidente du secret familial. Dans des sociétés machistes, où la femme est, pour des raisons religieuses essentiellement, encore vue parfois comme l'instrument du malin et où la réputation des femmes a une valeur en soi, la sage-femme se devait alors d'être une femme.

Au Moyen Age, bon nombre de sages-femmes furent persécutées par l’inquisition. Les sages-femmes étaient généralement des femmes issues de milieux populaires, qui portaient assistance aux paysannes au moment de leur accouchement. Ayant accumulé des connaissances empiriques sur le corps, les plantes médicinales, la prévention et la guérison des maladies, elles furent considérées comme des sorcières par le pouvoir religieux[2],[3]. En 1484, le pape Innocent VIII formula dans son Malleus Maleficarum une déclaration officielle contre le crime de sorcellerie : « Les sages-femmes causent le plus grand dommage. Ainsi, elles tuent les enfants ou les offrent de manière sacrilège aux démons.... La plus grande blessure à la foi est commise par les sages-femmes et cela est clairement mis en lumière par elles-mêmes dans les confessions qu'elles ont faites avant d'être brûlées. »[4] Elles furent non seulement accusées d’empoisonner, de tuer et de conspirer, mais également d’aider et de guérir étant donné que leurs traitements « magiques », même bénéfiques, interféraient avec la volonté de Dieu[2]. À l’époque où l’Eglise n’offrait pour soulagement au peuple que la prière et la repentance, un des plus féroces persécuteurs de sorcières en Angleterre écrivait : « En conclusion, nous devons rappeler que par sorcières nous n’entendons pas seulement celles qui tourmentent et tuent mais bien tout devin, charmeur, jongleur et magicien, communément appelés hommes ou femmes sages… Font partie de ce groupe de gens, tous ceux et celles qu’on considère comme bons et bonnes sorcières, qui ne font aucun mal, qui ne souillent ni ne détruisent, mais qui sauvent et délivrent du mal… Il vaudrait mieux pour nous tous que la terre soit débarrassée de toutes ces sorcières et particulièrement de celles qui sont bienfaisantes »[2]. Durant la même période, l’Église acceptait néanmoins la médecine et les soins médicaux lorsqu’il s’agissait de la classe dirigeante. Les rois et la noblesse avaient leurs propres médecins qui étaient souvent des prêtres[2].

Le métier de sage-femme a survécu à la chasse aux sorcières, mais est souvent resté déconsidéré et empreint de méfiance par une nouvelle classe dirigeante composée de médecins et d’obstétriciens[2].

Le tournant du XVIIIe siècle et l'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Une enseigne de sage-femme - Musée des arts et métiers de Lyon

Le 22 décembre 1779, la première sage-femme exerçant à l'Hôtel-Dieu de Montmorency (Val-d'Oise) est nommée. Il s'agit d'Élisabeth Bourgeois, femme du sieur Baudrang, chirurgien de l'Hôtel-Dieu. Au XVIIIe siècle qui voit le développement des forceps, une division s'est faite entre la pratique chirurgicale (qui relevait, elle, du chirurgien), et celle des sages-femmes. L'essor de la science, associé peut-être à un certain mépris, voyait dans la pratique ancestrale et prétendument folklorique des sages-femmes un art moins efficace et moins sûr. C'est dans ce contexte que les médecins qui avaient jusque là délaissé ce domaine aux matrones (à l'exception des accouchements des familles royales et princières dès le début du XVIIe siècle) se découvrent une vocation pour l'obstétrique[5]. La lutte d'influence entre sages-femmes et médecins accoucheurs (tels Angélique du Coudray, première professeur de la discipline des sages-femmes et François Mauriceau) aboutit en 1750 à l'intervention de l'État qui ordonne que les sages-femmes aient une formation théorique et pratique de 2 ans avec une maîtresse sage-femme, un jury de deux maîtres chirurgiens validant leurs connaissances[6].

Au XIXe siècle, en Angleterre, la plupart des naissances étaient assistées par un chirurgien. En 1882, les Hôpitaux de Paris voient la création d'un corps de médecins-accoucheurs des maternités (première spécialité chirurgicale) qui supplante désormais la profession de sage-femme[7].

Nouvelles tendances[modifier | modifier le code]

La profession de sage-femme, une des plus anciennes qui soit, est aussi une des plus méconnues du grand public.

Ce défaut de connaissance s’explique sans doute par un défaut de reconnaissance : blottie au carrefour de plusieurs professions, il semblerait que la sage-femme ait peiné à délimiter son propre espace, son propre champ de compétences[réf. nécessaire].

En France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sage-femme en France.
Marie Jonet (Mme Dugès), aurait été sage-femme en chef de l'Hôtel-Dieu de Paris à la fin du XVIIIe siècle. Lithographie vers 1833

Depuis 1982, la profession s’est ouverte aux hommes même si aujourd'hui la profession est essentiellement féminine (99 % de femmes contre 1 % d'hommes)[8]. Les termes de « maïeuticien » et d'« accoucheur » figurent également dans le dictionnaire de l'Académie Française, mais ne satisfont pas au métier propre de la sage-femme, puisque la maïeutique de Socrate parle « d'accoucher les esprits » et non des nourrissons.

Il s'agit d'une profession médicale à compétence définie[9].

Pour devenir sage-femme, il faut être classé en rang utile à la fin de la Première Année Commune aux Études de Santé (PACES), année commune aux étudiants en médecine, maïeutique (sages-femmes), odontologie (dentaires) et pharmacie. La deuxième année universitaire (L2) s'effectue dans une faculté de médecine jusqu'au master (M2). Les études seront reconnues grade master à partir de la rentrée 2010 avec la mise en place de la L1 Santé (concours commun des professions médicales : sage-femme, médecine, dentaire et pharmacie). La réforme HPST a ajouté comme compétences aux sages-femmes le suivi gynécologique et la prescription de la contraception aux femmes en bonne santé. La profession attend une revalorisation de statut et donc de salaire (les sages-femmes sont actuellement rémunérées à partir des grilles salariales paramédicales).

Les étudiants sages-femmes le souhaitant peuvent par ailleurs s'inscrire en Master I de Recherche Biomédicale parallèlement à leurs études (en deuxième année), comme le font déjà les étudiants en médecine ou en chirurgie-dentaire, ce qui leur ouvre les voies des Master II de Santé et Sciences.

Étymologie du terme[modifier | modifier le code]

Une étymologie d'abord contestée[modifier | modifier le code]

En Grèce antique, on parlait de maïeutique, ou « l’art d’accoucher », qui avec le temps et sous l’influence de Socrate a fini par désigner un mode d'échange philosophique.

Dans « sage-femme », le mot « sage » est dérivé de sapiens (la connaissance, l'expérience, sources de sagesse) et le mot « femme » fait référence à la femme qui a pour métier - du fait de son expérience et donc de ses connaissances - d'aider les autres à accoucher. Du fait de cette activité professionnelle, la sage-femme s'est distinguée de la « matrone », choisie dans le village sur des critères surtout religieux.

Et pourtant l'origine du mot composé reste contestée. En effet, l'expression se réfèrerait non pas à la praticienne mais à la parturiente : lorsque la femme allait accoucher, on considérait jadis qu'elle était à l'orée d'un nouveau savoir et que l'acte de mettre au monde constituait en soi la frontière vers cette connaissance. Mais cette explication ne correspondrait à rien de reconnu par la tradition, par l'érudition, ni dans les traités d'obstétrique (= l'art des accouchements) les plus anciens eux-mêmes.

La définition donnée dans la première édition (1694) du Dictionnaire de l'Académie Française est la suivante : « On appelle ainsi celle dont le mestier, la profession est d'accoucher les femmes ».

Définition du Littré 

Sage-femme Nature : s. f. Prononciation : sa-je-fa-m'

Étymologie : Sage, dans le sens d'habile, et femme, wallon, seg-damm.

« Celle dont la profession est de faire des accouchements ». Cette définition serait peut-être correcte si, d'une part, elle n'était pas réductrice (la sage-femme est loin de ne faire que des accouchements), et si, d'autre part, elle n'affirmait pas (par le « celle ») quelque chose qui est aujourd'hui sujet à controverse.

Enfin, le terme anglais : midwife ne fait allusion qu'à la « parturiente » (mid = avec, du vieil anglais mid, dérivé de l'allemand mit + wife = « la femme, celle qui accouche »), et non pas au sexe de l'intervenant. De ce fait, les livres anciens anglais de « midwifery » précisent toujours lorsqu'il s'agit d'un intervenant masculin : male midwife (ce qui correspond, à la même époque (XVIe et XVIIe siècles), en France, au terme de chirurgien-barbier accoucheur).

Depuis, une position tranchée[modifier | modifier le code]

Sage-femme, n.f., est attesté sous cette forme en 1212

On trouve aussi les variantes « femme sage » ainsi que « sage-mère » (XIVe siècle) et « mère sage » (1609). Sage-femme signifie « expert, habile dans son art (1155, « sage » en ce sens) auprès des femmes ». La profession s'ouvrant aux hommes (depuis 1982), on a proposé « sage-homme », « matron » (sur le féminin « matrone »), « maïeuticien » (proposé par l'Académie française) ou « maïeutiste » (hellénismes savants), « parturologue », termes finalement écartés au bénéfice de « sage-femme » pour les deux sexes.

(Le Robert - Dictionnaire historique de la langue française - Alain Rey et al. Paris 1992).

Le pluriel de sage-femme est sages-femmes.

Particularités universitaires selon les pays[modifier | modifier le code]

Sage-femme au Canada[modifier | modifier le code]

Sage-femme au Québec[modifier | modifier le code]

Actuellement, seule l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) offre le programme de baccalauréat en pratique sage-femme, d'une durée de 4 ans (132 crédits). Le programme est contingenté à 20 étudiantes par année.

La profession de sage-femme est règlementée depuis 1999 au Québec, après plusieurs années de projet-pilote avec des maisons de naissance. Les derniers détails d'assurance permettant aux sages-femmes de suivre des accouchements à domicile ont été réglés en avril 2005. Il faut faire partie de l'ordre des sages-femmes du Québec pour avoir droit de porter le titre.

Sage-femme en Suisse[modifier | modifier le code]

Depuis la signature des accords de Bologne par la Suisse, le diplôme de sage-femme est reconnu par les pays européens. La profession reste cependant un métier paramédical au même titre que celui d'infirmier. En Suisse Romande il existe deux façons de devenir sage-femme. La première est d'intégrer la filière sage-femme de La Haute École de Santé de Genève (HEdS). Cette école accueille en moyenne 35 étudiantes par année. Ce cursus dure 3 ans et aboutit à un diplôme Bachelor. La seconde est d'intégrer l'école de Lausanne, pendant 2 ans, après avoir déjà acquis le diplôme d'infirmière.

Sage-femme aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Il existe deux voies pour devenir sage-femme aux États-Unis : celle des infirmières sages-femmes, et celle des sages-femmes.

Infirmière sage-femme[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, les « infirmières sages-femmes » sont des infirmières puéricultrices, ayant suivi une formation complémentaire pendant deux années supplémentaires, soit en maîtrise, pour se spécialiser comme sages-femmes.

Sage-femme : voie directe[modifier | modifier le code]

Leur formation varie selon le mode d'obtention du diplôme : certaines sont diplômées directement d'une école de sage-femme, qui offre diverses formations de taille et de nature différentes. Certaines choisissent de s'inscrire au cursus des infirmières sages-femmes (American College of Nurse-Midwives ou ACNM) : toutes les sages-femmes qui empruntent cette voie doivent ensuite passer le même certificat d'aptitude, les autres acquièrent le statut de sage-femme à l'ancienneté.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

À noter[modifier | modifier le code]

Les Cadiens de Louisiane utilisent le terme de « chaste-femme ».

Sage-femme en Irlande[modifier | modifier le code]

La plupart suivent une formation universitaire de quatre ans. Un numerus clausus s'applique.

Certaines infirmières, après l'obtention de leur diplôme et une certaine expérience professionnelle, peuvent ensuite suivre une formation universitaire de spécialiste.

Toutes les sages-femmes doivent s'inscrire au An Bord Altranais.

Sage-femme en France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sage-femme en France.

Un cursus en cinq ans en France[modifier | modifier le code]

Depuis 1992 à Grenoble, généralisé à toute la France en 2002, le concours d’entrée en école de sages-femmes est commun à celui de médecine. Les sages-femmes devraient bénéficier en outre d’un accès aux masters de Santé. La loi s'y rapportant a été votée, référence décret d'application promulgué en mars 2013. L'accès au masters de santé et son application incombent aux différentes universités[10].

Cinq années d'études sont nécessaires pour accéder au diplôme de sage-femme. En effet, après la première année commune aux études de santé (PACES) sélectionnant le nombre d'étudiants admis à poursuivre leur formation, les études se déroulent ensuite en deux phases de deux ans chacune dans des Écoles rattachées aux UFR de la faculté de Médecine de la région.

Malgré des disparités de formation des sages-femmes au niveau national, ainsi qu'entre pays, tout diplôme d'État obtenu dans un pays européen est valable dans n'importe quel autre pays européen.

Le champ de compétences de la sage-femme[modifier | modifier le code]

Matrone à la maternité de Niodior (Sénégal).

Traditionnellement, la sage-femme est une femme ou un homme qui aide à l'accouchement.

Dans les sociétés industrialisées, il s'agit d'une profession médicale à part entière. Elle relève du domaine médical en France car la sage-femme bénéficie du droit de prescription, ne dépendant d'aucun médecin. La liste des médicaments, stupéfiant, dispositifs médicaux que peuvent prescrire les sages-femmes est fixé entre autres par l'arrêté du 23 février 2004 modifié par l'arrêté du 12 octobre 2005. L'attribution d'un numéro RPPS délivré par le Conseil national de l'Ordre des sages-femmes et qui remplace le numéro ADELI gérés par les DASS permet aux sages femmes (profession libérale) de recevoir les feuilles de soins émises par les CPAM.

En Belgique, le caractère médical de la profession de sage-femme est fixé par l'Arrêté Royal 78 du 10 novembre 1967. Le texte modifié de l'AR 78 du 13 décembre 2006 élargit le domaine de compétence des sages-femmes belges en y incluant, notamment, le droit de prescrire certains médicaments pendant la grossesse, l'accouchement et la suite des couches.

En France, elle répond à la définition suivante :

  • exerçant une profession médicale, la sage-femme assure, en toute autonomie, le diagnostic, la déclaration (L. 2004-806 du 9 août 2004 art. 101-1) et la surveillance de la grossesse normale, du travail et de l'accouchement, ainsi que celle de la mère et de l'enfant après l'accouchement ;
  • elle pratique les examens cliniques et para-cliniques nécessaires (échographie, etc.) et participe activement à toutes actions de prévention dans le domaine de la santé. Elle prescrit les examens et thérapeutiques (médicament, vaccin, etc.) nécessaires au bon déroulement de la grossesse, de l'accouchement, des suites de couches ;
  • en cas de pathologie, elle exerce en collaboration avec le médecin obstétricien, l'anesthésiste et le pédiatre ;
  • par ailleurs, l'exercice de la profession de sage-femme ne se réduit pas à la pratique des accouchements. La sage-femme assure aussi la surveillance prénatale, la préparation à la naissance et à la parentalité des parents et le suivi à domicile des femmes et des nouveau-nés en cas de sortie précoce de la maternité jusqu’au 21e jour qui suit l’accouchement[11] ;

Pour coordonner ces actions, elle rencontre dès le quatrième mois de grossesses les futurs parents, et peut apprécier dans un entretien personnalisé, les attentes, inquiétudes et souhaits des futurs parents. Moment pour accueillir leur volonté d'expression sur un projet de naissance en vertu de la loi de 2002[12]. Ce moment est aussi privilégié pour se faire partenaire des situations vulnérables : apporter aide et soutien aux femmes précaires, aux problèmes d'addictions, à celle qui subissent des violences ou dont la grossesse n'était pas attendue[13] ;

  • elle pratique également les consultations, les échographies obstétricales, y compris dans le cadre du diagnostic prénatal. Elle pratique également la consultation postnatale (L. 2004-806 du 9 août 2004 art. 101-2) ;
  • la sage-femme assure les suivis des grossesses physiologiques (d'évolution normale) en cabinet ou à domicile ;
  • elle surveille, conseille, accompagne la mère et l'enfant après la naissance. Elle pratique aussi la rééducation périnéale des patientes. Elle conseille les couples et participe au suivi des différents modes de contraception. Elle peut prescrire une contraception hormonale (y compris le dispositif intra-utérin) dans le post-partum, le post-abortum et lors d'une consultation gynécologique de contraception et de prévention qu'elle peut réaliser depuis la loi HPST du 21 juillet 2009 modifiant les articles L4151-1, L5134-1, et L2122-1 du code de la santé publique. Une sage-femme peut désormais poser des dispositifs intra-utérins et les implants contraceptifs ;
  • elle peut aussi avoir une place active dans les services d'orthogénie, de gynécologie, de procréation médicalement assistée ;
  • comme chez les autres professions médicales, les sages-femmes relèvent d'un code déontologique professionnel et doivent justifier, pour pouvoir exercer, de leur inscription au tableau du conseil national de l'ordre des sages-femmes ;
  • depuis 2010 le suivi gynécologique des femmes, en dehors de toute pathologie, appartient désormais à son domaine de compétence. À ce titre elle réalise l'examen des seins, l'examen génital, le frottis cervico-vaginal, la prescription de la contraception, et ce pendant toute la vie génitale de ses patientes. Son rôle primordial dans le dépistage va permettre un meilleur suivi des patientes, et une collaboration avec les gynécologues obstétriciens dont la mission pourra se concentrer sur les pathologies, hélas trop nombreuses, dépistées plus précocement (augmentation déplorée des cancers du sein chez les femmes jeunes).

Code déontologique[modifier | modifier le code]

Le premier alinéa de l’article R.4127-325 du Code de la santé publique dispose que, dès lors qu'elle a accepté de répondre à une demande, la sage-femme s'engage à assurer personnellement avec conscience et dévouement les soins conformes aux données scientifiques du moment que requièrent la patiente et le nouveau-né. Le caractère personnel de l’exercice de la profession de sage-femme et la notion de responsabilité sont intimement liés. Voici les chapitres du Code de la santé publique relatifs aux sages-femmes (modifié par le décret 2006-1268 du 17 octobre 2006) :

CODE DE LA SANTÉ PUBLIQUE

Professions de santé → Organisation des professions médicales → Déontologie

Section 3 : Code de déontologie des sages-femmes

  • Devoirs généraux des sages-femmes
  • Devoirs envers les patientes et les nouveau-nés
  • Règles particulières aux différentes formes d'exercice
  • Devoirs de confraternité
  • Devoirs vis-à-vis des membres des autres professions de santé
  • Dispositions diverses

Rémunération[modifier | modifier le code]

Les étudiants sagefemmes sont rémunérés au titre de leurs stages dès la troisième année. En 2013, la rémunération au titre des stages de troisième année s’élève à 100 € brut par mois pour 150 heures travaillées.

Au terme de ses études, une sagefemme débutante à l’hôpital touche, hors primes, 1 600 €[14] brut par mois, rémunération comparable à celle d’une infirmière.

Sage-femme au Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Certaines obtiennent leur diplôme d'infirmière et suivent ensuite une formation de dix-huit mois (degree classification). D'autres suivent une formation plus indépendante de trois ans ou plus. Toutes les sages-femmes doivent s'inscrire au Nursing and Midwifery Council.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Depuis la réforme de l'orthographe de 1990, il est recommandé d'écrire « sagefemme »
  2. a, b, c, d et e EHRENHEICH, B., ENGLISH, D., « Sorcières, sages-femmes et infirmières, une histoire des femmes et de la médecine », les éditions du remue-ménage, bibliothèque nationale du Québec, 1976.
  3. BRAU, J.-L., « La sorcellerie », Les cahiers de Fontenay n° 11/12, E.N.S. Fontenay/Saint-Cloud, septembre 1978.
  4. Katie Allison Granju, Midwives under the fire.
  5. Jürgen Schlumborg, « Comment l’obstétrique est devenue une science », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, no 143,‎ juin 2002, p. 18-30
  6. Y.Knibiehler, Maternité. Affaire privée, affaire publique, Bayard,‎ 2001, p. 61-76
  7. Robert Vial, Histoire de L'enseignement des Hôpitaux de Paris : Les blouses blanches en formation initiale et continue, Editions L'Harmattan,‎ 1999 (lire en ligne), p. 107
  8. lrb/mfo/ed Relaxnews avec AFP, « L'homme, une sage-femme comme les autres », Le Parisien,‎ 12 août 2013 (lire en ligne)
  9. et non pas limitée, ce dernier terme ne figurant à aucun moment dans la législation française
  10. pdf sur le site de l'Ordre national des sages-femmes
  11. Recommandations HAS [PDF]
  12. loi de 2002
  13. en France, pdf
  14. [1]

Loi du 21 juillet 2009 « Hôpital, Patients, Santé, Territoires »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chaumette (Paloma) Parents et sages-femmes : l'accompagnement global, éditions Yves Michel 2005
  • Gélis (Jacques), L'Arbre et le fruit, Paris, Fayard, 1984.
  • Gélis (Jacques), La sage-femme et le médecin, Paris, Fayard, 1988.

Liens externes[modifier | modifier le code]