Accordéon

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écouter le son de l'accordéon


L'accordéon est un instrument de musique à clavier, utilisant des anches libres, excitées par un vent variable fourni par le soufflet actionné par le musicien. (définition proposée par Emile Leipp)

L'accordéon est utilisé en musique populaire, Musique traditionnelle, musique folklorique, le jazz, le reggae, la musique contemporaine, et en musique classique.

Sommaire

[modifier] Historique

Le sheng, ou orgue à bouche, apparu en 2700 avant J.C., est considéré comme le plus vieil ancêtre de l'accordéon : il est le premier instrument à anche libre.

Le 6 mai 1829, l'Arménien de Vienne, Cyrill Demian dépose le brevet de l'accordéon avec ses fils Carl et Guido.

La même année, le 19 juin, à Londres, Charles Wheatstone dépose lui aussi un brevet pour un "symphonium" (prémices du futur "concertina" dont le brevet sera déposé le 8 février 1844).

En 1863, Paolo Soprani fonde la première industrie de l'accordéon à Castelfidardo qui est considéré comme le berceau mondial de l'accordéon. L'accordéon peut réaliser le rythme aussi bien que la mélodie et l'harmonie. Il équivaut donc à un orchestre, ce qui lui a valu cette place importante dans les bals populaires français. Pourtant, les puristes n'aiment pas cet instrument aux accords tout faits et à la sonorité désaccordée d'où, dès les années trente, l'invention des basses chromatiques (clavier mélodique de main gauche) et une registration variée aux sonorités de plus en plus soignées. Après la guerre, l'accordéon commence à s'essouffler malgré des auteurs comme Jacques Brel qui l'utilisent dans leurs chansons. Si l'instrument est alors considéré comme ringard, cela est dû en partie aux maestros du bal-musette. L'accordéon, vers les années 1980, reprend du poil de la bête. Plusieurs facteurs permettent ce retour en force. D'abord, l'attrait des musiques traditionnelles et folkloriques qui utilisent l'accordéon (musique bretonne, slave, musique cajun...) ; ensuite, l'utilisation par des chanteurs français comme Renaud qui le remettent au goût du jour ; l'apparition d'accordéonistes majeurs, se détournant du musette, comme Marc Perrone ou Richard Galliano ; et, dernier point, son utilisation par des groupes de la scène alternative comme la Mano Negra ou Les Négresses Vertes. Il serait également restrictif de passer sous silence l'émergence de l'accordéon dans la création contemporaine d'avant-garde et ceci dès les années 1980, grâce aux prodigieux progrès de la facture instrumentale et de l'évolution de l'état d'esprit du monde dit "classique". On n'omettra pas de citer Pascal Contet, accordéoniste français et concertiste international qui contribue activement à développer le répertoire contemporain avec des compositeurs comme David Venitucci, Bernard Cavana, Vinko Globokar, Jacques Rebotier, Jean-Pierre Drouet, Bruno Giner, Jean Françaix, etc.

Claude Parle développe l'accordéon dans le domaine des musiques improvisées et en relation avec la danse ou le jazz contemporain (depuis les années 1970).

Aujourd'hui, l'accordéon est largement utilisé aussi bien par des artistes de variétés (Patrick Bruel, Bénabar...) que par des groupes « alternatifs » (Les Ogres de Barback, Les Têtes Raides, Les Taizeurs de bruit, Les Hurlements d'Léo, La rue ketanou, Java) ou des musiciens de jazz tel que Richard Galliano ou Marcel Loeffler, René Sopa, David Venitucci, Daniel Mille. En 2005, Serge Lama a effectué une tournée avec un seul musicien, l'accordéoniste Sergio Tomassi.

[modifier] Centres historiques de fabrication

[modifier] Italie

Castelfidardo et Recanati dans la province d'Ancône, ainsi que Stradella dans la province de Pavie sont les principaux centres historiques de l'accordéon en Italie.

Castelfidardo héberge un musée international de l'accordéon et, chaque année, un concours international d'accordéon y est organisé.

[modifier] France

Lyon avec la célèbre firme Cavagnolo, Sarlat avec la fabrique Accordiola et Tulle avec la fabrique Maugein frères, sont trois des villes importantes pour l'accordéon français. La ville de Brive, avec l'usine Dedenis, fut très longtemps le siège de la première industrie de l'accordéon en France. Outre ces petites fabriques (PME), plusieurs artisans fabriquent en France des instruments sur mesure, principalement destinés aux musiques traditionnelles.

== Fonctionnement de l'accordéon Le musicien écarte et rapproche les deux parties principales, en appuyant sur les touches des claviers de l'instrument. L'air du soufflet passe ainsi dans le mécanisme, et actionne une ou plusieurs anches. Ces anches sont accordées à la lime et au grattoir.

Comme le montre l'illustration, l'anche au repos possède une courbure qui la porte "au vent" et qui lui permet de démarrer. Le réglage de l'ouverture de l'anche a pour but de faciliter l'attaque. Dans l'accordéon et les instruments apparentés, deux lames sont montées côte à côte, une de chaque coté de la plaquette. Une peau (en cuir ou en vinyl) interdit le passage de l'air à travers l'anche voisine. Ainsi une seule des deux anches fonctionne à la fois, suivant le sens d'action du soufflet.

La vibration est due à un phénomène dit de relaxation : elle n'est donc pas sinusoïdale et comporte de nombreux harmoniques responsables d'une famille typique de timbres. Les harmoniques sont utilisés pour faciliter l'accord des basses fréquences (< 100 Hz environ) : combinés avec leurs homologues d'une fréquence de référence, ils donnent en effet des battements dont la fréquence est multipliée en fonction de leur rang.

La fréquence de vibration est pratiquement indépendante de la puissance du souffle d'air, l'anche vibrante jouant d'ailleurs, à pleine puissance, le rôle de limiteur de débit. Cependant, lorsque des anches de fréquence extrémement proche (différence inférieure à 1 Hz, tout au plus) sont alimentées en air par un système commun, il arrive que l'anche la moins stable en fréquence s'accorde à la fréquence de l'autre par effet de "couplage" ou "pilotage", masquant leur "désaccord", voire interdisant un vibrato différentiel intentionnel de fréquence inférieure à 1 Hz.

Dans l'accordéon, les lames donnant les sons les plus graves (< 50 Hz environ) ont une longueur de près de 10 centimètres et sont chargées, près de leur extrémité vibrante, par une masse de plomb ou de laiton. Les lames produisant les sons les plus aigus (jusqu'à 3 Khz dans l'aigu du piccolo) ont une longueur inférieure à 6 millimètres.

En raison de la très courte longueur d'onde des sons les plus aigus produits (de l'ordre de quelques cm) on constate souvent des phénomènes d'ondes stationnaires dues aux "obstacles" à leur propagation ("cases" exigûes du sommier qui supporte les plaques, soupapes...) qui peuvent affaiblir, voire neutraliser totalement, le son produit ! Des solutions empiriques de facture permettent d'éliminer ce phénomène.

L'accord se fait en jouant sur les paramètres raideur et masse : on augmente la fréquence en diminuant la masse par enlèvement de matière (limage d'épaisseur) à l'extrémité libre (ou de sa charge rapportée). On diminue la fréquence en diminuant l'épaisseur (raideur) de la lame (enlèvement par grattage : grattoir) prés de sa partie fixe, flexible (le "ressort").

Autre application de l'anche libre :

Une anche vibrante de grandes dimensions et de fréquence infrasonique, destinée à produire un vibrato en amplitude, a été utilisée dans l'accordéon de concert Cavagnolo : cette anche est placée dans une paroi séparatrice (équivalente à une "plaque") disposée entre le soufflet et la "caisse du chant". Ce système générateur de vibrato semble être resté sans suite en raison, sans doute, de sa fréquence invariable, de son effet trop systématique (un accord, grave ou aigu, vibre "en bloc" ) et de sa limitation du débit d'air (contradictoire avec l'expressivité naturelle de l'instrument), en dépit de la présence d'un moyen de neutralisation (très large soupapape shuntant le dispositif).

[modifier] Types

Accordéon diatonique
Accordéon diatonique

[modifier] Surnoms

  • Piano à bretelles.
  • Piano du pauvre (popularisé par une chanson de Léo Ferré).
  • Boîte à frisson.
  • Branle-poumons.
  • Boîte à chagrin.
  • Soufflet à punaises (Pierre Perret) -> aussi entendu, "Boîte à punaises".
  • Dépliant.
  • Calculette prétentieuse (Jamait).
  • Boîte à soufflets (Têtes raides).
  • Boîte du diable ( Boest an diaoul , surnom en Bretagne )

[modifier] Voir aussi

wikt:

Voir « accordéon » sur le Wiktionnaire.

commons:Accueil

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur les accordéons.

[modifier] Sites des fabricants français

[modifier] Liens externes

  • (fr) Site entièrement consacré à l'accordéon par un spécialiste, amoureux des instruments anciens et de leur réparation ou transformation ; description des divers types d'instruments, anciens et actuels, accord, FAQ, ...
  • (fr) Blog Généraliste de Musique et d'Accordéon, Accordéon tous styles : classique, jazz, musique contemporaine, musique du monde, rock, techno, folk, etc : Informations sur concerts, stages, masterclasses, cours, pédagogie, professeurs, concours internationaux, artistes, musiciens, accordéonistes, orchestres, compositeurs, festivals, accordeurs, libraires, fabricants, démonstrations, ...
  • (fr) www.myspace.com/blogaccordeonmusique, Sylvie Jamet l'accordéonaute crée sur Myspace un réseau d'accordéonistes du monde entier, dans tous les styles de musique (classique, jazz, musique contemporaine, musette, chanson, musique du monde, folk, rock, ska, punk, techno).
  • (fr) Blog "ACCORDEONistes de concert", Blog dédié aux accordéonistes de concerts (classique, jazz, ...), avec des portraits d'accordéonistes internationaux.
  • (fr) Blog "Bistrot de l'accordéon, blog où Michel Rebinguet nous invite chaque jour à des bonheurs musicaux relatifs à l'accordéon (classique, jazz, tango, musique contemporaine, musique du monde, ...) : CD, vidéos, impressions de concerts, ...