Direction spirituelle

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Dans le catholicisme comme dans l'orthodoxie, la direction spirituelle d'un croyant est assurée par un directeur spirituel (ou accompagnateur spirituel, précédemment appelé directeur de conscience). Celui-ci a pour objectif de guider une personne dans une réflexion sur sa foi et sur sa vie[1]. C'est un personnage récurrent dans la littérature européenne du XVIIe au XXe siècle. Il s'agit presque toujours d'un prêtre qui joue le rôle de confesseur. Aujourd'hui des religieuses, notamment à spiritualité ignatienne, peuvent jouer un rôle d'accompagnement, ainsi que des laïcs ayant reçu une formation adéquate.

Notion[modifier | modifier le code]

La notion de direction spirituelle implique un lien de causalité entre la foi elle-même et son application pratique, que le catholicisme qualifie volontiers d'« œuvres » ou d'« actes » (acta) régis par une discipline. Ce rapprochement conceptuel, qui semble remonter au concile de Trente[2], a longtemps été jugé incompatible avec la sola fide du protestantisme. Ce clivage, pourtant, s'est peu à peu estompé après Vatican II, jusqu'à disparaître à partir des années 2010 à la suite des pourparlers entre Benoît XVI et les représentants des Églises réformées. Saint François de Sales avec sa fameuse Introduction à la vie dévote a popularisé et répandu la notion de discernement spirituel dans la vie courante et pas uniquement dans les monastères ou couvents.

Une même notion sous-tend la spiritualité de l'Église orthodoxe, mais venant de la tradition monastique avec des directeurs spirituels issus de différents monastères, comme la Nouvelle Jérusalem ou le monastère du Lac Blanc. Raspoutine a pu jouer un rôle relativement comparable à celui d'un starets auprès de la tsarine Alexandra Féodorovna et de sa famille, ou de façon plus éloignée de l'Église, Léon Tolstoï, à la fois éveilleur de conscience dans le cadre de la philosophie tolstoïenne et disciple d'un directeur de conscience.

Histoire et littérature[modifier | modifier le code]

L'abbé Bonnet, personnage central du Curé de village, roman de Honoré de Balzac, est un directeur de conscience. Des personnages comparables émaillent les romans de Bernanos, d'Evelyn Waugh, de Mauriac...

L'Éminence grise, tableau de Gérôme représentant le « père Joseph », directeur spirituel de Richelieu

Les capucins et les jésuites ont traditionnellement joué ce rôle, depuis la fondation de leurs ordres respectifs, auprès des souverains temporels, notamment auprès de Louis XIV.

L'abbé Mugnier, surnommé le « confesseur des duchesses », fut le directeur spirituel de nombre de personnalités du faubourg Saint-Germain mais aussi de Huysmans, dont la « conversion » occupe l'essentiel de son Journal. Le philosophe catholique Jacques Maritain a eu plusieurs directeurs spirituels successifs, dont Léon Bloy et Réginald Garrigou-Lagrange. Le père Philippe, o.p., a joué ce rôle jusqu'à sa mort, en 2006, auprès de plusieurs mouvements religieux, de différents centres d'enseignement et de diverses personnalités.

Les Exercices spirituels d'Ignace de Loyola représentent une variante de la direction spirituelle, mais il est indiqué que leur lecture ne suffirait pas et qu'elle nécessite la présence d'un prêtre qui fasse office d'accompagnateur spirituel. À la différence de nombreux ouvrages de piété, les Exercices spirituels ne sont pas conçus pour être « lus » mais « pratiqués ». Ils sont pratiqués dans une grande partie des mouvements de l'Église d'aujourd'hui (Chemin neuf, Foyers de Charité, Sœurs du Sacré-Cœur etc.)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catholic Encyclopedia.
  2. Catholic Encyclopedia.