Accident nucléaire de Palomares

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37° 14′ 57″ N 1° 47′ 49″ O / 37.24917, -1.79694 ()

La bombe nucléaire B28, retrouvée à 870 m de fond, sur le pont du USS Petrel (ASR-14)

L'accident nucléaire de Palomares, survenu le 17 janvier 1966, est la conséquence d'une collision entre un Boeing B-52G du Strategic Air Command et un KC-135 Stratotanker au cours d'un ravitaillement. L'accident se produit à 9 450 mètres d'altitude au-dessus de la mer Méditerranée, au large des côtes espagnoles, à proximité de Palomares.

Déroulement de l'incident[modifier | modifier le code]

Au cours d'un ravitaillement de carburant en vol au large de Palomares, en Espagne, un KC-135 américain percute le B-52 qu'il ravitaille. Les deux avions explosent, tuant 8 membres d'équipage. Le KC-135 est complètement détruit lorsque ses réservoirs s'embrasent, tuant le personnel naviguant. Le B-52G se brise en plusieurs morceaux, tuant trois des sept membres d'équipage[1].

Des quatre bombes H de type Mk 28 que le B-52G transportait[2], trois sont retrouvées à terre près du village de Palomares en Andalousie. Deux sont détruites à l'impact au sol. Les explosifs conventionnels de deux bombes explosent, dispersant environ 4,5 kg de plutonium sur 250 hectares jusqu'aux fermes situées à 1,6 km des côtes. La troisième bombe touche le sol et reste presque intacte près de Palomares. La quatrième bombe est perdue au large des côtes : tombée dans la mer Méditerranée, elle est récupérée intacte après deux mois et demi de recherches[3].

Suites de l'affaire[modifier | modifier le code]

Le Département de la Défense des États-Unis dément avoir perdu des bombes, alors que la presse est au courant. Une fouille de 80 jours impliquant 3 000 hommes et 38 vaisseaux de l'US Navy permet à un sous-marin ALVIN de retrouver la bombe à 869 mètres de profondeur, à 8 km du rivage.

Durant la décontamination, 1 400 tonnes de sol légèrement contaminé sont expédiées vers le centre de retraitement de Savannah River Site à Aiken en Caroline du Sud. Les plants de tomates contaminés sont enterrés ou brûlés. L'Espagne n'ayant pas édicté de mesures en cas d'accident nucléaire, les États-Unis, en concertation avec l'Espagne, appliquent les recommandations utilisées au site d'essais du Nevada concernant le plutonium et les autres substances radioactives.

En 1971, seuls 100 villageois (6 % de la population) sont examinés. 29 tests de contamination positifs sont écartés car jugés « statistiquement insignifiants ». En date de 2008, certaines zones restent encore contaminées. Selon un rapport de la Defense Nuclear Agency (DNA) de 1975 : « Palomares demeure l'un des quelques sites dans le monde servant de laboratoire expérimental, probablement le seul offrant un regard sur une zone agricole ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « H-bomb incident crippled pilot's career » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  2. (en) Randall C. Maydew, America's Lost H-Bomb: Palomares, Spain, 1966, Manhattan, Sunflower University Press,‎ 1997 (ISBN 978-0-89745-214-4, OCLC 40899508, LCCN 98162850)
  3. (en) Tony Long, « Jan. 17, 1966: H-Bombs Rain Down on a Spanish Fishing Village », Wired,‎ 2008-01-17 (consulté le 2008-02-16)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]