Accident ferroviaire de Ryongchon

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Gare de Ryongchon.

L'accident ferroviaire de Ryongchŏn est intervenu dans la ville de Ryongchŏn (Corée du Nord), près de la frontière chinoise le 22 avril 2004.

La catastrophe s'est produite lorsqu'un chargement inflammable explosa dans la gare de Ryongchon à environ 13 h locale (04:00 GMT). La nouvelle a été annoncée par les médias sud-coréens, qui ont rapporté que l'explosion et les incendies consécutifs avaient causé près de 3 000 victimes, morts ou blessés[1]. Le gouvernement nord-coréen a décrété l'état d'urgence dans la région, mais a communiqué très peu d'informations sur l'accident. Peu de temps après l'accident, le gouvernement a coupé les liaisons téléphoniques avec le reste du monde (soit pour empêcher la couverture de l'événement par les médias étrangers, soit pour éviter la diffusion de l'information à la population du pays)[2],[3].

Effets[modifier | modifier le code]

Concession inhabituelle de la part des autorités nord-coréennes, la Croix-Rouge a été autorisée à intervenir dans la zone, et est la seule organisation extérieure à avoir pu visiter le site de la catastrophe. Selon la Croix-Rouge, 160 personnes ont été tuées et 1300 blessées dans la catastrophe[4]. Une vaste zone a été touchée, des débris projetés en l'air étant même retombés de l'autre côté de la frontière, en Chine (des photos satellitaires publiées par la BBC visaient à montrer les dommages étendus dans la ville, mais elles ont été retirées par la suite, car en réalité elles montraient la ville de Bagdad à une date antérieure, et le fort contraste noir-blanc avait été mal interprété[5]). La Croix-Rouge rapporta que 1850 habitations et immeubles avaient été détruits et 6350 autres endommagés[4].

Le 23 avril, les Nations unies reçurent un appel à l'aide internationale de la part du gouvernement nord-coréen. Le 24 avril, quelques diplomates et agents humanitaires ont été autorisés à entrer dans le pays pour évaluer la catastrophe[6].

Causes[modifier | modifier le code]

Les causes et la nature de l'accident ont fait l'objet de beaucoup de conjectures, diverses explications ayant été avancées.

Comment la catastrophe est-elle survenue ?[modifier | modifier le code]

Plusieurs hypothèses ont été envisagées :

  • Des diplomates et agents humanitaires en Corée du Nord ont suggéré plus tard que l'explosion se serait produite lorsque des matières explosives (peut-être de la dynamite ou des formes de poudre) ont été manipulées dans des wagons, et peut-être amorcées par le contact avec un câble d'alimentation électrique sous tension. Cela est corroboré par des communications de représentants nord-coréens à l'agence de presse russe Itar-Tass et de sources gouvernementales à l'agence japonaise Kyodo. Ces explosifs auraient été destinés à des travaux de construction d'un canal.
  • L'agence de presse officielle chinoise Xinhua a rapporté qu'il y avait eu une fuite de nitrate d'ammonium, substance employée dans certains explosifs, comme engrais ou dans des propergols pour moteurs-fusées. Le Sunday Telegraph attribua la catastrophe à « l'explosion d'un train chargé de nitrate d'ammonium »[7]. L'agence centrale de presse nord-coréenne, KCNA, a apparemment confirmé l'information donnée par Xinhua en indiquant que l'accident était « dû à un contact électrique causé par une négligence lors de l'aiguillage de wagons chargés de nitrate d'ammonium pour engrais »[8],[9].

Pourquoi cette catastrophe s'est-elle produite ?[modifier | modifier le code]

Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-il, est passé dans la gare quelques heures avant l'explosion lors de son retour d'un rencontre en Chine. On a émis l'hypothèse que l'explosion aurait pu être une tentative d'assassinat, mais les services de renseignement sud-coréens ont estimé que c'était un accident[8]. Une hypothèse est que l'un des trains impliqués transportait du carburant provenant de Chine. Si l'accident était vraiment lié à une collision de trains, la cause aurait pu résider dans une erreur de communication concernant les horaires ferroviaires, erreur due à l'itinéraire du train de Kim Jong-il[8].

D'autres observateurs ont suggéré que le mauvais état du réseau ferroviaire nord-coréen pourrait avoir contribué à la catastrophe. Il consiste pour près de 90 % de transports de marchandises. Les voies, construites par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, sont signalées comme étant en mauvais état, et le matériel roulant vieillissant est limité en vitesse à 65 km/h (en partie à cause du mauvais état du réseau électrique nord-coréen)[10].

Réponse du gouvernement nord-coréen[modifier | modifier le code]

La reconnaissance de l'accident par le gouvernement nord-coréen, d'une franchise inhabituelle, pourrait être un signe de dégel de l'emprise du parti sur les médias, notoirement connus pour leur secret et leur fonction de porte-voix. Lorsque le pays a souffert de sècheresse au début des années 1990, l'inertie bureaucratique et la réticence à reconnaître l'échec ont retardé les demandes de secours à l'étranger et entraîné la mort d'inanition de millions de personnes[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Mass Casualties Feared in N. Korea Train Blast », Fox News (consulté le 7 mai 2013).
  2. (en) «  'Electrical Contact' Caused Train Collision, North Korea Says », Voice of America,‎ 24 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013)
  3. a et b (en) « N Korea train blast 'kills many'  », Londres, BBC,‎ 22 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013).
  4. a et b (en) « New theory on N Korea rail blast », Londres, BBC,‎ 23 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013). Par la suite, ces chiffres ont été mis à jour à 160 morts et 1300 blessés.
  5. (en) « It was bound to happen Wrong satellite images used to depict North Korean Blast », GlobalSecurity.org,‎ 23 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013).
  6. (en) « North Korea station 'obliterated'  », Londres, BBC,‎ 24 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013).
  7. Sunday Telegraph, p. April 1, 25 2004.
  8. a, b et c (en) « Rumours linger over N Korea blast », Londres, BBC,‎ 24 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013).
  9. (en) « KCNA Report on Explosion at Ryongchon Railway Station », KCNA,‎ 24 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013).
  10. a et b (en) James Brooke, « 3,000 Casualties Reported in North Korean Rail Blast », New York Times,‎ 23 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

39° 58′ 50″ N 124° 27′ 31″ E / 39.9806, 124.45861