Accident ferroviaire de Ryongchon

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Gare de Ryongchon.

L'accident ferroviaire de Ryongchŏn est intervenu dans la ville de Ryongchŏn (Corée du Nord), près de la frontière chinoise le .

La catastrophe s'est produite lorsqu'un chargement inflammable explosa dans la gare de Ryongchon à environ 13 h locale (04:00 GMT). La nouvelle a été annoncée par les médias sud-coréens, qui ont rapporté que l'explosion et les incendies consécutifs avaient causé près de 3 000 victimes, morts ou blessés[1]. Le gouvernement nord-coréen a décrété l'état d'urgence dans la région, mais a communiqué très peu d'informations sur l'accident. Peu de temps après l'accident, le gouvernement a coupé les liaisons téléphoniques avec le reste du monde (soit pour empêcher la couverture de l'événement par les médias étrangers, soit pour éviter la diffusion de l'information à la population du pays)[2],[3].

Effets[modifier | modifier le code]

Concession inhabituelle de la part des autorités nord-coréennes, la Croix-Rouge a été autorisée à intervenir dans la zone, et est la seule organisation extérieure à avoir pu visiter le site de la catastrophe. Selon la Croix-Rouge, 160 personnes ont été tuées et 1300 blessées dans la catastrophe[4]. Une vaste zone a été touchée, des débris projetés en l'air étant même retombés de l'autre côté de la frontière, en Chine (des photos satellitaires publiées par la BBC visaient à montrer les dommages étendus dans la ville, mais elles ont été retirées par la suite, car en réalité elles montraient la ville de Bagdad à une date antérieure, et le fort contraste noir-blanc avait été mal interprété[5]). La Croix-Rouge rapporta que 1850 habitations et immeubles avaient été détruits et 6350 autres endommagés[4].

Le 23 avril, les Nations unies reçurent un appel à l'aide internationale de la part du gouvernement nord-coréen. Le 24 avril, quelques diplomates et agents humanitaires ont été autorisés à entrer dans le pays pour évaluer la catastrophe[6].

Causes[modifier | modifier le code]

Les causes et la nature de l'accident ont fait l'objet de beaucoup de conjectures, diverses explications ayant été avancées.

Comment la catastrophe est-elle survenue ?[modifier | modifier le code]

Plusieurs hypothèses ont été envisagées :

  • Des diplomates et agents humanitaires en Corée du Nord ont suggéré plus tard que l'explosion se serait produite lorsque des matières explosives (peut-être de la dynamite ou des formes de poudre) ont été manipulées dans des wagons, et peut-être amorcées par le contact avec un câble d'alimentation électrique sous tension. Cela est corroboré par des communications de représentants nord-coréens à l'agence de presse russe Itar-Tass et de sources gouvernementales à l'agence japonaise Kyodo. Ces explosifs auraient été destinés à des travaux de construction d'un canal.
  • L'agence de presse officielle chinoise Xinhua a rapporté qu'il y avait eu une fuite de nitrate d'ammonium, substance employée dans certains explosifs, comme engrais ou dans des propergols pour moteurs-fusées. Le Sunday Telegraph attribua la catastrophe à « l'explosion d'un train chargé de nitrate d'ammonium »[7]. L'agence centrale de presse nord-coréenne, KCNA, a apparemment confirmé l'information donnée par Xinhua en indiquant que l'accident était « dû à un contact électrique causé par une négligence lors de l'aiguillage de wagons chargés de nitrate d'ammonium pour engrais »[8],[9].

Pourquoi cette catastrophe s'est-elle produite ?[modifier | modifier le code]

Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-il, est passé dans la gare quelques heures avant l'explosion lors de son retour d'un rencontre en Chine. On a émis l'hypothèse que l'explosion aurait pu être une tentative d'assassinat, mais les services de renseignement sud-coréens ont estimé que c'était un accident[8]. Une hypothèse est que l'un des trains impliqués transportait du carburant provenant de Chine. Si l'accident était vraiment lié à une collision de trains, la cause aurait pu résider dans une erreur de communication concernant les horaires ferroviaires, erreur due à l'itinéraire du train de Kim Jong-il[8].

D'autres observateurs ont suggéré que le mauvais état du réseau ferroviaire nord-coréen pourrait avoir contribué à la catastrophe. Il consiste pour près de 90 % de transports de marchandises. Les voies, construites par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, sont signalées comme étant en mauvais état, et le matériel roulant vieillissant est limité en vitesse à 65 km/h (en partie à cause du mauvais état du réseau électrique nord-coréen)[10].

Réponse du gouvernement nord-coréen[modifier | modifier le code]

La reconnaissance de l'accident par le gouvernement nord-coréen, d'une franchise inhabituelle, pourrait être un signe de dégel de l'emprise du parti sur les médias, notoirement connus pour leur secret et leur fonction de porte-voix. Lorsque le pays a souffert de sècheresse au début des années 1990, l'inertie bureaucratique et la réticence à reconnaître l'échec ont retardé les demandes de secours à l'étranger et entraîné la mort d'inanition de millions de personnes[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Mass Casualties Feared in N. Korea Train Blast », Fox News (consulté le 7 mai 2013).
  2. (en) «  'Electrical Contact' Caused Train Collision, North Korea Says », Voice of America,‎ 24 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013)
  3. a et b (en) « N Korea train blast 'kills many'  », BBC,‎ 22 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013).
  4. a et b (en) « New theory on N Korea rail blast », BBC,‎ 23 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013). Par la suite, ces chiffres ont été mis à jour à 160 morts et 1300 blessés.
  5. (en) « It was bound to happen Wrong satellite images used to depict North Korean Blast », GlobalSecurity.org,‎ 23 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013).
  6. (en) « North Korea station 'obliterated'  », BBC,‎ 24 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013).
  7. Sunday Telegraph, p. April 1, 25 2004.
  8. a, b et c (en) « Rumours linger over N Korea blast », BBC,‎ 24 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013).
  9. (en) « KCNA Report on Explosion at Ryongchon Railway Station », KCNA,‎ 24 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013).
  10. a et b (en) James Brooke, « 3,000 Casualties Reported in North Korean Rail Blast », New York Times,‎ 23 avril 2004 (consulté le 7 mai 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

39° 58′ 50″ N 124° 27′ 31″ E / 39.9806, 124.45861 ()