Accident du Tupolev 144 au Bourget en 1973

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Crash du Tu-144 au Salon du Bourget
Le Tu-144 en vol, quelques jours avant le crash.
Le Tu-144 en vol, quelques jours avant le crash.
Caractéristiques de l'accident
Date 3 juin 1973
Phase Vol de démonstration
Type Erreur humaine
Site Goussainville, Val-d'Oise
Passagers 0
Membres d'équipage 6
Morts 14 (8 au sol)
Survivants 0
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareil Tupolev Tu-144S
Nº d'identification CCCP-77102
Localisation
Coordonnées 49° 01′ 54″ N 2° 27′ 26″ E / 49.031566, 2.457111 ()49° 01′ 54″ Nord 2° 27′ 26″ Est / 49.031566, 2.457111 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Crash du Tu-144 au Salon du Bourget

Le 3 juin 1973, à 15 h 29, un Tupolev Tu-144 s'écrase au cours d'une démonstration en vol lors du 30e Salon du Bourget[1]. L'accident, dû à une erreur de pilotage, a causé la mort des six membres d'équipage de l'appareil et de huit personnes au sol.

L'accident[modifier | modifier le code]

Lors de sa seconde démonstration en vol, le premier modèle de production de l'avion supersonique civil Tupolev Tu-144 (no 77102)[1] s'écrasa en flammes au-dessus de Goussainville[1],[2], détruisant une quinzaine de maisons, une école — heureusement fermée ce jour-là[3] — tuant les six membres d'équipage ainsi que huit personnes au sol[1].

Le dernier jour du salon, le Concorde et le Tupolev 144 étaient présentés devant un public de 350 000 personnes[4]. Concorde fit une première démonstration, suivi par le Tupolev[4]. À la fin de son ascension verticale à pleine puissance[4], aux environs de 1 200 m[4], au moment où les plans canards du fuselage avant furent rétractés[1], l'avion décrocha, bascula en piqué et lorsque le pilote tenta de le redresser[4], tout en redéployant les plans canards[1], l'important facteur de charge causa la rupture de l'aile gauche[4],[1]. Selon des témoins au sol, l'incendie aurait résulté de la rupture d'un plan canard avant gauche qui aurait perforé un réservoir ou se serait introduit dans un moteur et provoqué l'explosion, détruisant l'aile[4],[1]. Pendant la tentative de l'équipage pour redresser l'avion, une caméra d'une chaîne de télévision française, utilisée par un participant russe[5] pour filmer le vol, tomba sur le sol de la cabine de pilotage et fit perdre un temps précieux aux pilotes[4].

Les causes[modifier | modifier le code]

Le Bourget 1973 en.jpg

Des informations d'archives, maintenant ouvertes au public, indiquent que la boîte noire fut ramenée en URSS et analysée. On pense maintenant que la cause de l'accident serait une modification réalisée au sol, par l'équipe d'ingénieurs, sur les capteurs du système de stabilisation automatique, la veille du second jour de démonstration en vol[1]. Ces changements auraient eu pour but d'étendre le domaine de vol Tu-144 en démonstration, afin de réaliser une meilleure démonstration que le Concorde[1]. À l'origine, pour des raisons de sécurité, le contrôle de la surface de déflexion était limité à 5°, avec les plans canards sortis[1]. La modification effectuée consista à désactiver cette limitation, ce qui, après rétractation des plans canards, aurait entrainé une erreur du circuit électronique d'autostabilisation se traduisant par une commande de déflexion des élevons de 10° vers le bas et provoqué une perte de contrôle et la mise en piqué immédiate du Tupolev[1].

Une autre explication avancée à l'époque aurait été que le pilote avait voulu éviter un Mirage III en vol au-dessus de lui et dont il ignorait la présence[4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l (en) « Accident description - Tupolev 144S CCCP-77102 », sur le site AviationSafetyNetwork, aviation-safety.net, consulté le 13 avril 2010.
  2. « Accident Tupolev 144 du 3 juin 1973 », vidéo, journal télévisé de 20 heures, ORTF, 3 juin 1973, sur le site de l'INA, ina.fr, consulté le 16 avril 2010.
  3. C'était un dimanche.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) « Tu-144 SST Accidents – Accident cause », sur le site tu144sst.com, consulté le 13 avril 2010.
  5. L'ingénieur V.N. Benderov.