Accident de vélo

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Un accident de vélo est un évènement fortuit entraînant des dommages corporels à une ou plusieurs personnes se déplaçant à bicyclette.

Fréquence et typologie des accidents de vélo[modifier | modifier le code]

La fréquence et la gravité des accidents de vélo sont dépendants de nombreux facteurs, et notamment du type de pratique (course cycliste, entraînement sportif sur route de campagne, déplacement utilitaire en ville, utilisation du vélo comme jouet par des enfants, etc.). Ceci s'explique notamment par les conditions de circulation (partage ou non de la voie avec d'autres utilisateurs : automobiles, poids-lourds, rollers, piétons, etc. ; type de voie utilisée, obstacles présents aux abords) et par les vitesses pratiquées.

Accidents dans le cadre d'une pratique sportive[modifier | modifier le code]

Chaque année, de nombreuses chutes émaillent les courses cyclistes sur route amateurs comme professionnelles, y compris lors du Tour de France.

Les accidents peuvent aussi survenir à VTT, en cyclisme sur piste ou encore en cyclo-cross.

Les traumatismes les plus courants sont généralement ceux des membres supérieurs et de la tête.

Accidents dans le cadre d'une pratique utilitaire[modifier | modifier le code]

Danger d'accident causé par des plantes grimpantes qui bouchent la vue sur une piste cyclable à Steinfurt, en Allemagne

Il est cependant démontré que la fréquence des accidents de vélo tend à diminuer au sein de tous les accidents de la route (11,6 % en 1998 contre 8,2 % en 2000, résultats d'une étude croate à partir de 254 accidents[1].

On a pu constater un lien direct entre la fréquence des accidents impliquant un tiers et la proportion des déplacements urbains effectués à vélo : plus les cyclistes sont nombreux, moins les accidents (par cycliste) sont nombreux et moins ils sont graves. Réciproquement, lorsque le nombre de cyclistes diminue, il apparaît un seuil en dessous duquel le risque d'accident avec un tiers (généralement motorisé) augmente significativement, ainsi que la gravité des blessures.

Ce double phénomène a pu être quantifié dans différents pays européens entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et les années 2000 : après une période d'usage massif du vélo comme moyen de déplacement individuel, la voiture s'est imposée sous l'influence de la croissance du pouvoir d'achat et des politiques d'encouragement menées par différents gouvernements dans les années 1960 et 1970 (notamment en France). En parallèle, la dangerosité des déplacements à vélo a augmenté, avec le nombre de tués à vélo (rapporté au nombre de cyclistes). Depuis la fin des années 1980, la part modale de la bicyclette augmente de nouveau, et les statistiques semblent montrer une baisse du nombre de cyclistes tués (toujours rapporté au nombre de pratiquants).

Accidents dans le cadre d'une pratique ludique[modifier | modifier le code]

On[réf. nécessaire] estime l'incidence, chez l'enfant, de tels accidents à 18,49 pour 100 000 enfants, chaque année. L'apprentissage de la prévention démarre dès l'âge de 3 ans avec les déplacements de piétons puis se poursuit graduellement en fonction des modes de déplacement et du degré d'autonomie de l'enfant. Si le rôle d'éducation et d'exemple des parents est essentiel, l'éducation routière à l'école, lorsqu’elle est mise en œuvre, apporte à l'élève des connaissances sur les règles de circulation et de sécurité, des savoir-faire tels qu'anticiper les situations à risques ou traiter les informations de la route, ainsi que des notions de comportements comme le respect des autres usagers.

Chiffres sur l'accidentologie[modifier | modifier le code]

Les associations de promotion du vélo comme mode de déplacement urbain déplorent que les chiffres officiels soient souvent fournis sans ventilation par type de pratique, quoique des données très complètes existent[2] . Elles constatent en effet que l'agrégation des chiffres nuit à l'image du cyclisme urbain, réputé moins dangereux que les pratiques sportives, où la prise de risque peut être plus importante.

Les chiffres suivants sont donnés sans distinction d'origine des accidents :

  • en France, on compte environ 150 décès et 8 000 accidents par an ;
  • d'après une étude danoise[réf. insuffisante], 81 % des accidents de vélo (dont les chutes en premier lieu) ont lieu sans tiers. Ces accidents sont le plus souvent responsables de lésions de la tête et des bras, et occasionnent plus de fractures et de plaies ouvertes que les autres accidents ;
  • dans le cas de cyclistes sous l'influence de toxiques, 95 % des accidents se passent sans tiers, et sont responsables de traumatismes crâniens dans 63 % des cas[réf. nécessaire].
  • Selon les chiffres 2009 de l'ONISR, 88 cyclistes ont été tués lors d'accidents survenus en rase campagne, et 74 en milieu urbain. 84 % des tués sont des hommes, et 45 % des victimes ont 60 ans et plus (ONISR, 2009).

Facteurs de risque[modifier | modifier le code]

Facteurs généraux[modifier | modifier le code]

  • différentiel de vitesse avec les autres usagers ;
  • mauvaise prise en compte du cycliste par les autres usagers (angle mort des poids-lourds, mauvaises conditions de visibilité, etc.) ;
  • consommation d'alcool (62,5 % des accidentés de nuit avaient bu), de stupéfiants, de sédatifs, fatigue ;
  • manque d'entraînement sportif ;
  • aménagements insuffisants ou inadaptés : une piste cyclable en site propre avec de nombreuses intersections, bien qu'apparaissant de prime abord comme sécurisée, sera plus dangereuse qu'une simple bande cyclable sur laquelle le cycliste reste visible tout au long de son parcours, avec moins de risque de conflit de trajectoire aux intersections;
  • nature et état du revêtement : pavés, humidité, boue (cf. la course cycliste Paris-Roubaix où ces trois facteurs apparaissent simultanément, entraînant nombre de chutes), feuilles mortes, détritus divers, nids de poules, ornières, zones de franchissement de trottoirs insuffisamment abaissées, rails, etc. ;
  • facteurs socio-économiques[3] ;
  • déficit sensoriel (cécité, surdité) ou moteur.

Lieu de résidence[modifier | modifier le code]

L'accidentologie nous apprend que chez l'enfant, 21 % des accidents ont lieu en zone rurale, 18 % semi-rurale, 17 % semi-urbain, 44 % en zone urbaine[4].

Consommation d'alcool[modifier | modifier le code]

Une étude suédoise[réf. insuffisante] portant sur 200 chutes à vélo a observé que la conduite d'un vélo après consommation d'alcool est responsable d'accidents plus souvent nocturnes, le week-end, sans tiers, avec plus de traumatismes crânio-faciaux.

Conséquences d'un accident de vélo[modifier | modifier le code]

Décès[modifier | modifier le code]

142 personnes ont trouvé la mort à vélo en 2007 en France, selon le rapport La sécurité routière en France : bilan de l’année 2008[5] publié par la Sécurité routière, soit 3,1 % des 4620 tués à 30 jours sur la route recensés en France[6].

Traumatismes de la face et de la mandibule[modifier | modifier le code]

Les accidents de vélo représentent la première cause de traumatisme maxillofacial chez l'enfant (26 % des cas), suivi de près par les chutes (25 %). Les adolescents seraient les plus exposés[7].

Traumatismes crâniens[modifier | modifier le code]

Le port du casque peut prévenir ce type de blessure. Si des différences importantes existent entre les différents modèles de casques, leur efficacité dans la protection crânienne lors d'une pratique sportive n'est plus à démontrer[réf. nécessaire]. C'est pourquoi le port du casque est obligatoire en France dans le cadre des pratiques sportives en clubs et associations.

Cependant, rendre obligatoire le port du casque pour les déplacement urbains reste controversé en France. Les associations de cyclistes urbains s'y opposent en mettant en avant que la principale cause de traumatisme à vélo, en ville, est la voiture, or le casque cycliste ne protège pas du choc avec une voiture, mais seulement d'une chute de son vélo. De plus, cette obligation, en compliquant l'équipement nécessaire à la pratique du vélo, freinerait le développement du cyclisme en tant que mode de déplacement utilitaire, or la présence d'autres cyclistes est la meilleure protection contre les voitures  : Plus il y a de cyclistes, moins les automobilistes oublient leurs existences, et donc moins ils les renversent.

Traumatismes des membres[modifier | modifier le code]

  • membre supérieur : en dehors des traumatismes bénins, on retrouve :
  • membre inférieur : les fractures sont moins fréquentes ; ce sont surtout les fractures de jambe, les traumatismes de la cheville (entorses au premier chef).

Traumatisme vasculaire sévère[modifier | modifier le code]

[8]

Traumatismes abdominaux[modifier | modifier le code]

  • les chutes à vélo sont les premières responsables de traumatisme du foie chez l'enfant[9].
  • il en est de même pour les traumatismes du pancréas (environ à hauteur de 60 % des cas), lié dans la quasi-totalité des cas à la présence d'une barre de guidon. Le principal risque est le développement de pseudo-kystes du pancréas à terme.

Autres conséquences[modifier | modifier le code]

  • Traumatismes du pénis : 6 % des traumatismes du pénis ont été rapportés à une chute de vélo, selon une étude rétrospective égyptienne[10].
  • Traumatismes du périnée chez la fille : 3e cause derrière les accidents de voiture et les agressions sexuelles, ils vont souvent nécessiter un geste chirurgical (en particulier avant 10 ans).
  • La littérature[réf. nécessaire] rapporte au moins un cas d'hématome de la vulve chez une femme de 29 ans ayant entraîné une anémie aiguë sévère et nécessité un drainage chirurgical, par choc brutal contre la selle au cours de la chute
  • L'impuissance (par lésions nerveuses et/ou vasculaires) est relativement fréquente et bien étudiée chez les cyclistes, par action chronique de la selle sur les structures pelviennes. Des cas existent cependant de lésions traumatiques aiguës des fonctions érectiles.
  • ecchymoses, éraflures. Le cycliste peut en général remonter sur sa bicyclette et finir son trajet. Peu de données dans la littérature.

Prévention et protection[modifier | modifier le code]

  • Maintien du contact avec le leader et le directeur d'équipe dans le cadre des courses cyclistes sur route ;
  • Entretien des routes et des aménagements cyclables ;
  • Des aménagements cyclables de bonne qualité ;
  • Réduction de la vitesse des véhicules motorisés en zone urbaine ;
Panneau C24a indiquant un double sens cyclable
  • Généralisation des Zone 30, des double-sens cyclables et des zones de rencontre
  • Information et formation des usagers – cyclistes et usagers motorisés – par rapport aux dangers les plus importants (ouverture inopinée de portières, angles morts des camions, différentiel de vitesse avec les véhicules motorisés, etc.) et aux moyens de s'en prémunir (tenir sa place, anticiper, etc.) ;
  • Des vélos en bon état (lumières, freins) ;
  • Un comportement responsable de la part des cyclistes
  • Campagnes d'éducation visant à prévenir la conduite d'un vélo sous l'emprise de l'alcool ou d'autres drogues ;
  • Port d'un casque homologué : plusieurs études ont prouvé l'efficacité du port du casque sur la réduction de la morbi-mortalité dans le cadre des pratiques sportives et ludiques, mais pas dans le cadre d'une pratique utilitaire. L'une des positions de la Fédération française des Usagers de la Bicyclette est d'ailleurs la non-obligation du port du casque.

Célébrités mortes à vélo[modifier | modifier le code]

Quelques cyclistes morts en course[modifier | modifier le code]

  • 1967 : Tom Simpson (Ang), décède sur les pentes du Ventoux lors d'une étape du Tour de France. La fatigue, la chaleur étouffante (35 °C), l'effort, la privation d'eau (le ravitaillement en course sera autorisé dans les années suivantes), la prise d'amphétamines (Tonédron dont on retrouva plusieurs tubes dans les poches du maillot, qui repousse le besoin de repos, mais ne l'annule pas) et, marginalement, l'acceptation du cognac des spectateurs sont les facteurs qui ont provoqué le dépassement des capacités thermorégulatrices du corps, provoquant un malaise et l'évanouissement du champion. Il gît quarante minutes à même la caillasse après être sorti de la route avant de mourir dans l'hélicoptère pour Avignon.
  • 1995 : Fabio Casartelli (Ita), décède après une chute lors de la 15e étape du Tour de France le 18 juillet. Son équipe, la Motorola, lui rendra hommage sur la ligne d'arrivée le lendemain en la franchissant ensemble après une étape neutralisée. Tout comme son coéquipier, Lance Armstrong, qui en remporta une autre quelques jours plus tard.
  • 2003 : Andrei Kivilev (Kzk), décède après une chute sur le Paris-Nice alors qu'il réglait son oreillette. Sa mort amena l'UCI à rendre obligatoire le port du casque en toutes circonstances durant les compétitions cyclistes.
  • 2006 : Isaac Gálvez (Esp), double champion du monde de l'américaine et champion en titre, chute en course aux six jours de Gand à la suite d'un contact avec un autre concurrent. Il sera réanimé sur place avant de décéder durant son transfert à l'hôpital
  • 2011 : Wouter Weylandt (Bel) Il décède lors de la troisième étape du Tour d'Italie 2011. Sa pédale gauche a accroché un muret le long de la route : il effectue une cabriole qui lui fait perdre connaissance. Après avoir coupé la jugulaire du casque du coureur, les équipes médicales réalisent un massage cardiaque, sans pouvoir le réanimer immédiatement. Compte tenu des difficultés de relief, l'hélicoptère de secours n'a pu se poser pour l'évacuer vers un service d'urgence.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Croat Med J. 2003 Oct;44(5):610-3)
  2. Toute l'accidentologie notamment du vélo pour l'Europe est synthétisée dans l'étude Care 2007 Report by other Care users : Bicycles
  3. Is there equalisation in socioeconomic differences in the risk of traffic injuries in childhood? A study of three cohorts of Swedish school children in Int J Adolesc Med Health. 2004 Jul-Sep;16(3):253-63
  4. Accid Anal Prev. 2004 Jul;36(4):649-54.
  5. Sécurité Routière, "Comparaisons Européennes" in La sécurité routière en France : bilan de l’année 2008, La documentation Française, 2009, Comparaisons Européennes
  6. Plus de chiffres peuvent être trouvé via la base de données CARE, de la commission européenne Care
  7. Paediatric maxillofacial fractures: their aetiological characters and fracture patterns in Journal of Craniomaxillofaciel Surgery. 2002 Aug;30(4):237-41
  8. Am Surg. 2004 May;70(5):443-7 : Pediatric blunt trauma resulting in major arterial injuries
  9. Liver injury in children: causes, patterns and outcomes
  10. Paediatric penile trauma., in BJU Int. 2002 Jul;90(1):92-6

Liens externes[modifier | modifier le code]