Abus sexuels sur mineurs dans l'Église catholique

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L'Église catholique fait face depuis la fin du XXe siècle à la révélation de nombreuses affaires d'abus sexuels sur mineurs commis par des prêtres et des religieux. Certaines de ces affaires ont été portées en justice, mais d'autres sont prescrites, souvent parce qu'elles ont été couvertes ou étouffées par la hiérarchie ecclésiastique. Depuis le début du XXIe siècle, de nombreux diocèses tendent à reconnaître publiquement leurs torts et cherchent à mieux collaborer avec les autorités civiles.

Sommaire

Premières mentions[modifier | modifier le code]

Propagande hitlérienne[modifier | modifier le code]

Le ministre nazi des cultes a avancé que 7 000 ecclésiastiques avaient été condamnés pour crimes sexuels entre 1933 et 1937, « le chiffre réel semble avoir été 170 cas, dont une bonne part avait quitté l'état religieux avant les faits »[1]. Ces accusations faisaient partie d'une campagne de désinformation conduite par les hauts responsables du NSDAP (dont notamment Joseph Goebbels), pour réduire l'influence de l'Église dans l'Allemagne hitlérienne durant les années 1930[2], et notamment à la suite de la publication de l'encyclique Mit brennender Sorge condamnant l'idéologie raciste, le culte de l'État et du chef et le paganisme qui sont au fondement du national-socialisme.

Scandales isolés[modifier | modifier le code]

Des scandales publics éclatent à partir des années 1950, mais ils restent relativement peu nombreux. Des études ultérieures montreront pourtant que les cas d'abus sur mineurs, aux États-Unis, en Irlande, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne par exemple, ont surtout été nombreux dans les années 1960-80[3],[4],[5]. Ces affaires étaient souvent étouffées, ou attiraient moins l'attention des responsables et de l'opinion qu'aujourd'hui[3],[4],[5],[6].

Première alerte aux États-Unis[modifier | modifier le code]

En 1985, Thomas Patrick Doyle, prêtre catholique et spécialiste de droit canon, rédige avec F. Ray Mouton Jr. et le père Michaël Peterson, un rapport[7] de 92 pages sur les nombreux abus sur mineurs commis par des membres du clergé aux États-Unis. Le document est envoyé aux évêques américains, certains l'accueillant favorablement[8]. Mais ses conclusions ne seront pas suivies par la conférence épiscopale américaine[8],[9]. Les auteurs proposaient, entre autres, la création d'une commission nationale pour répondre aux plaintes déposées dans toute l'Église aux États-Unis. Mais les évêques préfèrent agir de façon indépendante dans leurs diocèses, avec leurs propres experts[9],[10]. Ce rapport dénonçait pourtant une négligence dans le traitement des affaires et préconisait des mesures qui seront prises plus tard, après les premiers scandales importants des années 1990[Note 1]. Thomas Doyle est par la suite devenu un des porte-paroles des associations de victimes[9].

Premières affaires retentissantes[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Les premières affaires déclarées de pédocriminalité dans l'Église catholique aux États-Unis apparaissent à la fin des années 1980. Des procès très médiatisés, comme celui, en 1993, du prêtre Edward Pipala – condamné pour des viols commis sur une dizaine de jeunes garçons – contribuent à donner la parole aux victimes. Elles sont bientôt des centaines à sortir du silence[11].

Ces premières affaires agissent comme un révélateur. Elles permettent une meilleure appréhension de la gravité de ces abus, et conduisent la hiérarchie de l'Église catholique aux États-Unis à adopter une position plus ferme sur le sujet[3]. En 1993, la conférence épiscopale des États-Unis crée une commission pour lutter contre les abus sexuels dans l'Église (Ad Hoc Committee on Sexual Abuse)[9]. La même année, Jean-Paul II, répondant aux préoccupations des évêques américains, annonce la création d'une commission d'étude pour améliorer les procédures de jugements canoniques des affaires d'abus sexuels. Vers la fin de l'année 1993, cette commission, comprenant des représentants de l'Église américaine et du Saint-Siège, publie des directives pour faciliter la suspension des prêtres fautifs. Le pape approuve ces lignes directrices, sur une base expérimentale, en avril 1994[9]. Les diocèses américains deviennent plus attentifs à la sélection des candidats au sacerdoce. Des tests psychologiques et d'autres moyens de contrôle pour identifier les personnalités à risque sont mis en place[3]. Mais cette prise de conscience n'est pas suffisante et surtout n'est pas encore générale dans l'Église[3].

En Europe[modifier | modifier le code]

En 1995, le cardinal Hans Hermann Groër, archevêque de Vienne, est publiquement accusé d'abus sexuels par deux de ses anciens élèves. Ces faits se seraient produits alors que ces derniers étaient adolescents[12],[13]. Le cardinal ne reconnaît pas ces abus mais renonce, la même année, à ses fonctions de primat des catholiques autrichiens. Le Saint-Siège estime que Hans Hermann Groër est victime de fausses accusations[12]. Quelques mois plus tard, Christoph Schönborn, évêque coadjuteur du cardinal Groër, admet pourtant publiquement la crédibilité des faits qui sont reprochés à son supérieur[14]. En 1998, avant une visite du pape Jean-Paul II en Autriche, l'épiscopat autrichien demande au Saint-Siège de se prononcer officiellement sur cette affaire et d'autres allégations d'abus sexuels[13] ,[15]. À la suite d'une enquête du Saint-Siège, le cardinal Groër renonce à ses fonctions ecclésiatiques[13],[15]. Il décèdera en 2003 sans que sa culpapibilité ne soit publiquement éclaircie[15].

D'après le cardinal Christoph Schönborn, une enquête sur le cardinal Groër avait déjà été demandée en 1995, par le cardinal Ratzinger, alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi. Mais une partie de la curie romaine, dont le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d'état du Saint-Siège, s'y serait alors opposée et aurait obtenu satisfaction[16],[15],[17].

Histoire récente[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

En février 2002, le scandale des abus sexuels commis par des prêtres américains sur des mineurs éclate dans le diocèse de Boston. Vingt-quatre prêtres du diocèse sont accusés de pédophilie[18]. On reproche au cardinal Law, archevêque de Boston (Massachusetts) d'avoir couvert systématiquement pendant des années des prêtres pédophiles[18]. D'autres évêchés américains, notamment ceux de l'Oregon et de l'État de New York, sont concernés par des accusations du même ordre.

En avril 2002, à la suite de ce scandale, le pape Jean-Paul II convoque onze cardinaux américains au Vatican. À cette occasion, il déclare « qu’il n’y a pas de place dans la prêtrise ni dans la vie religieuse pour ceux qui font ou feraient du mal aux jeunes gens »[19].

En juin 2002, l'Église catholique américaine édite une Charte pour la protection des enfants et des jeunes (Charter for the Protection of Children and Young People). Celle-ci prévoit que tout prêtre soit suspendu dès la première accusation, que la justice civile soit systématiquement saisie et que les séminaristes bénéficient d'un accompagnement psychologique durant leur formation[18]. La conférence épiscopale des États-Unis crée la Commission nationale de révision pour superviser les efforts faits pour protéger les mineurs. Cette commission est composée de laïcs ayant des compétences en matière de droit, d'éducation, de communication et de psychologie[20].

Le 13 décembre 2002, le cardinal Law, archevêque de Boston (Massachusetts), démissionne[18]. Son successeur dit prier pour la « guérison de l'Église ».

En 2004, le John Jay report, une étude indépendante du John Jay College of Criminal Justice de New York, rendue publique par l'Église catholique américaine, établit à 4 400 le nombre de prêtres accusés d'abus sur des mineurs aux États-Unis entre 1950 et 2002, soit 4 % de l'ensemble des 110 000 prêtres en fonction pendant cette période. Le nombre de mineurs victimes de ces abus est évalué à 11 000[18], 67 % ayant entre 11 et 17 ans[4].

Les victimes des abus sexuels ont reçu des indemnités pour un total de 2 milliards de dollars[18].

En 2010, les scandales qui se font jour dans plusieurs pays d'Europe suscitent un regain d'intérêt des médias sur les affaires d'abus sexuels dans l'Église. Fin mars 2010, le New York Times attire l'attention sur le cas du père Lawrence Murphy, ayant commis des abus sexuels sur mineurs dans les années 1950 à 1974, et dont le dossier, envoyé à Rome en 1996, n'aurait pas été traité avec suffisamment de rigueur[21],[22], le Vatican[23],[24],[25], et le journal italien l'Avvenire estimant cependant cette interprétation erronée[26],[27],[28]. Cette année 2010 connaît aussi une recrudescence des plaintes et des dédommagements pour des faits commis le plus souvent plusieurs décennies auparavant[29]. Parallèlement, la Commission nationale de révision, créée en 2002 par la Conférence épiscopale des États-Unis, poursuit un travail de fond, en lien avec le John Jay College, sur les causes des abus sexuels commis par des prêtres. Ce rapport de recherche devrait être rendu public en 2011[20].

Condamnation d'un évêque pour non-dénonciation en 2012[modifier | modifier le code]

En septembre 2012, Mgr Robert Finn (en), évêque de Kansas City-St. Joseph et membre de l'Opus Dei[30] devint le premier Prélat américain à être condamné pour ne pas avoir dénoncé à la justice un prêtre pédophile[31],[32],[33].

Canada[modifier | modifier le code]

Au Canada, à partir des années 1990, des milliers d'Amérindiens ayant séjourné dans des pensionnats religieux attaquent en justice le Gouvernement du Canada et les Églises Catholique, Anglicane, Unie et Presbytérienne pour « abus sexuels », maltraitance et « génocide culturel » commis entre 1880 et 1984[34],[11]. Le gouvernement avait donné pour mission aux Églises l'assimilation des Amérindiens[35]. Les parents autochtones étaient tenus d'envoyer leurs enfants dans ces pensionnats (residential schools) sous peine d'emprisonnement[réf. nécessaire]. Dans certaines écoles, les mauvaises conditions et la surpopulation ont causé des décès par tuberculose allant jusqu'à 69 % des élèves. Des allégations de meurtres en grand nombre ainsi que d'expériences médicales sont aussi portées contre les responsables des établissements[réf. nécessaire].

On estime à plus de 100 000 le nombre d'enfants autochtones qui ont fréquenté ces pensionnats. Ceux-ci ont mis fin à leurs activités au début des années 1980[35]. Plusieurs anciens étudiants ont porté plainte, dans la décennie suivante, contre le gouvernement et les groupes religieux qui administraient ces établissements. La plupart d'entre eux étaient tenus par des responsables catholiques. Ainsi, en 1945, 45 pensionnats sur 76 étaient sous la responsabilité de l'Église catholique[35]. Les Amérindiens ont été victimes de brutalités et de violences. Une partie des élèves a subi des abus sexuels[35]. En 2008, l'Église catholique a versé aux anciens élèves des indemnités s'élevant à 79 millions de dollars canadiens[35].

Le 29 avril 2009, le pape Benoît XVI a reçu une délégation du peuple amérindien. Il leur a déclaré sa peine face à « l'angoisse causée par la conduite déplorable de certains membres de l'Église » envers les Indiens du Canada[35].

Article connexe : Orphelins de Duplessis.

Australie[modifier | modifier le code]

Dans les années 2000, des abus commis par le clergé, et datant des années 1970 - 80, ont été révélés en Australie[36]. Selon Broken Rites, une association de défense des victimes, 107 prêtres et religieux catholiques ont été condamnés par la justice pour des agressions sexuelles[18].

En juillet 2008, le voyage du pape Benoît XVI en Australie s'accompagne de critiques d'associations de défense des victimes, estimant que l'Église catholique australienne n'a pas pris la mesure de la gravité des actes d'abus sexuels commis par des prêtres. Le cardinal Pell, archevêque de Sydney ordonne, le 11 juillet, la désignation d'une commission indépendante pour enquêter sur des faits qu'il aurait couverts[18]. Lors de ce voyage, le pape condamne à nouveau les actes de pédophilie[37]. Il célèbre une messe, en privé, en présence d'hommes et de femmes victimes d'abus sexuels de la part du clergé catholique[37].

France[modifier | modifier le code]

Condamnation d'un évêque pour non-dénonciation en 2001[modifier | modifier le code]

Avant les années 2000, les cas d'abus sur mineurs étaient souvent traités, d'après les témoignages des évêques eux-mêmes, dans la confidentialité. La principale mesure prise était le plus souvent un changement d'affectation du prêtre, sans que ni le risque de récidive, ni la nécessité d'une thérapie et d'une sanction pénale, ne soient réellement pris en compte[38].

Le thème de la pédophilie est abordé ouvertement, en 1998, dans un article du bulletin du secrétariat de la conférence des évêques de France[39],[40]. Plusieurs affaires éclatent en France à la fin des années 1990. Une dizaine de prêtres et de religieux sont ainsi mis en examen[18]. Le cas le plus grave est celui de l'abbé Bissey, accusé, en septembre 1998, d'une douzaine de viols et agressions sur mineurs entre 1985 et 1996[41] et condamné, le 6 octobre 2000, à 18 ans de réclusion criminelle[18],[42]. Cette affaire marque un tournant, car l'évêque du diocèse de l'abbé Bissey, Mgr Pierre Pican, a aussi été mis en examen, le 24 janvier 2000, pour « non-dénonciation de crime » et « non-dénonciation d'atteinte sexuelle sur mineurs de 15 ans »[41], et sera condamné en septembre 2001 à 3 mois de prison avec sursis. Depuis 1992, le Code pénal français, entré en vigueur le 1er mars 1994, prévoit en effet que le secret professionnel ne s'applique pas dans les situations de sévices sur mineurs de moins de 15 ans[41],[43],[44].

Assemblée des évêques de France en 2000[modifier | modifier le code]

Le procès annoncé de Mgr Pican entraîne une plus grande prise de conscience de la responsabilité pénale des évêques[45]. Ceux-ci, lors de leur assemblée annuelle à Lourdes en novembre 2000, décident d'aborder de front le problème des abus sur mineurs commis par des prêtres. Ils entendent notamment des experts leur présenter les conclusions d'un rapport de 200 pages sur la pédophilie[45]. Beaucoup comprennent alors qu'ils ont sous-estimé la gravité de ce problème[45],[46]. Le 9 novembre 2000, les évêques de France publient une déclaration commune pour condamner la pédophilie. Ils reconnaissent que l'Église, comme d'autres institutions, n'est pas épargnée « par une réalité dont elle découvre toute la complexité ». Ils manifestent leur compassion et leur solidarité pour les victimes et leurs familles. Les évêques déclarent qu'ils ne peuvent rester passifs, ou couvrir des actes délictueux : « Les prêtres qui se sont rendus coupables d'actes à caractère pédophile doivent répondre de ces actes devant la justice ». Ils notent toutefois « qu'il n'est pas facile à un évêque de réunir les éléments suffisants et sûrs lui permettant de savoir si un prêtre a effectivement commis des actes à caractère pédophile »[47].

À la suite de cette déclaration, les évêques de France créent un Comité consultatif en matière d'abus sexuels sur mineurs, chargé de travailler de façon interdisciplinaire sur la question des abus commis au sein des institutions ecclésiales. S'ensuivra, en 2002, une brochure intitulée Lutter contre la pédophilie, repères pour les éducateurs[18],[48],[43]. Elle donne des pistes pour détecter les comportements à risque, pour saisir la justice et insiste sur la nécessité d'en finir avec la loi du silence[49]. Tirée à 100 000 exemplaires, elle est remise à jour et rééditée en octobre 2010[50].

Le 4 septembre 2001, Mgr Pierre Pican est condamné à 3 mois de prison avec sursis pour non-dénonciation aux autorités des actes pédophiles commis par un prêtre[42],[18] S'il avait appris certains faits de façon confidentielle, d'autres informations sur l'existence de victimes avaient été obtenues par une recherche de sa part et ne relevaient pas, selon le tribunal, du secret professionnel[51]. C'est la première condamnation pénale d'un évêque depuis la Révolution française[41].

Droit de perquisition dans les institutions diocésaines[modifier | modifier le code]

En août 2001, un juge d’instruction enquêtant sur des affaires de pédophilie imputées à des religieux ordonne une perquisition dans l’officialité interdiocésaine lyonnaise. L'officialité était chargée, dans le cadre de la procédure canonique interne à l'Église, d’instruire sur les faits reprochés aux religieux. Mgr Louis-Marie Billé, archevêque de Lyon, proteste contre cette méthode qu'il juge bafouer la confidentialité nécessaire à l'instruction des procès ecclésiastique. La chambre de l’instruction de Versailles est saisie et annule la perquisition, au motif que la recherche d’une possible preuve dans une procédure canonique diligentée par l’official, pour être utilisée dans une procédure pénale laïque, peut être considérée comme déloyale. Le 17 décembre 2002, la Cour de cassation casse l’arrêt de la chambre d’instruction, en motivant sa décision comme suit : « l’obligation imposée aux ministres du culte de garder le secret des faits dont ils ont connaissance dans l’exercice de leur ministère ne fait pas obstacle à ce que le juge d’instruction procède à la saisie de tous documents pouvant être utiles à la manifestation de la vérité »[52].

En juin 2005, le père François Lefort, figure de l'humanitaire[53] et soi-disant dénonciateur de réseaux pédophiles[54], est condamné à huit ans de prison par la cour d'assises des Hauts-de-Seine[55] pour tentatives de corruption, agressions sexuelles et viols sur mineurs.

En 2008, un membre de la Communauté des Béatitudes, association catholique proche du Renouveau charismatique, est mis en cause pour de nombreuses agressions sexuelles. L'homme reconnaît les faits concernant plus de 50 enfants[56],[57],[58]. Des témoignages confirment l'inaction des responsables[57],[58]. Quatre membres de la communauté ayant révélé l'affaire en sont exclus[59]. Le dossier est placé sous la responsabilité de la justice[60] et l'affaire est jugée en novembre 2011. Le frère Pierre-Étienne Albert est accusé de 38 cas d'agressions sexuelles commis sur des mineurs, d'autres faits avoués étant prescrits. Il est condamné à 5 années de prison ferme[61],[62]. Ce procès met aussi en lumière les manquements des anciens responsables de cette communauté[63],[64],[65]. Mis en causes pour « non-dénonciation d’atteintes sexuelles » ceux-ci bénéficiaient cependant d'un non-lieu pour prescription[66]. Par ailleurs, la OCRVP (Office central de la répression de la violence faite aux personnes) avait enquêté en 2008 au sujet des plaintes déposées pour manipulation mentale, mauvais traitements, abus sexuels, et suicides d'adolescents liés à la communauté des Béatitudes[67].

Mesures prises par les évêques[modifier | modifier le code]

Depuis le début des années 2000, et en particulier depuis la mise en examen puis la condamnation de Mgr Pierre Pican pour « non-dénonciation de crime », l'Église catholique en France a réagi au problème de la pédophilie, en condamnant ces actes et en décidant des mesures pour éviter qu'ils ne se reproduisent[45]. En octobre 2007, Mgr Albert-Marie de Monléon, évêque de Meaux, est partie civile dans le procès d'un prêtre de son diocèse accusé d'atteinte sexuelle sur un jeune garçon[68]. Le 1er avril 2010, l'archevêque de Rouen, Mgr Jean-Charles Descubes, suspend de leurs fonctions deux prêtres de son diocèse[69],[38].

Nombre de prêtres incriminés[modifier | modifier le code]

Selon le journal Le Monde, qui s'appuie sur des sources internes à l'Église catholique en France, une trentaine de prêtres et religieux seraient, début 2010, emprisonnés pour des faits d'abus sexuels sur mineurs et une dizaine d'autres impliqués dans une procédure en cours[49]. Le cardinal André Vingt-Trois confirme ces données en avril 2010, déclarant qu'une « trentaine de prêtres et de religieux purgent la peine à laquelle ils ont été condamnés, conformément à la loi ». Il demande que l'opprobre ne soit pas pour autant jeté sur « l'ensemble des vingt mille prêtres et religieux de France »[70]. D'après une enquête plus récente, menée dans les diocèses pendant l'été 2010, il y aurait, en France, 9 prêtres emprisonnés pour des faits de pédophilie, 51 prêtres mis en examen et 45 prêtres ayant déjà accompli une peine de prison[50].

Irlande[modifier | modifier le code]

Au début des années 2000, près de 3 000 adultes affirment avoir subi des sévices sexuels dans des institutions de l'Église catholique. Celle-ci est contrainte, en janvier 2002, de s'entendre avec l'État pour les indemniser, en échange de l'abandon des poursuites judiciaires[11].

En mars 2006, Diarmuid Martin, archevêque de Dublin, annonce les résultats d'une enquête indépendante menée dans son diocèse. Les dossiers de plus de 2 800 membres du clergé de l'archidiocèse ont été examinés. Plus de cent prêtres et membres d'ordres religieux de son archidiocèse ont été accusés d'abus sexuels contre des enfants depuis 1940. 350 victimes ont été identifiées, une quarantaine d'autres personnes ayant peut-être aussi subi des abus. 105 procès civils ont été intentés[71]. Lors d'une rencontre avec les évêques irlandais, Benoît XVI les enjoint à « établir la vérité » sur les abus dont sont suspectés des prêtres et à tout faire pour éviter ceux-ci à l'avenir[72].

Le 20 mai 2009, le Rapport Ryan, de la commission présidée par le juge Sean Ryan (en) (Commission to Inquire into Child Abuse) dévoile que des centaines d'enfants ont été victimes de sévices, depuis les années 1940, dans des institutions religieuses irlandaises[18]. Le rapport dénonce en 2 600 pages les abus subis par de nombreux enfants accueillis par des structures financées par l'État et gérées en grande partie par l'Église catholique. Le mandat de la commission concernait quatre types d'abus : physiques, sexuels, de négligence et psychologiques[73].

Le Conseil permanent des évêques irlandais déclare, le 29 mai 2009 : « Nous présentons nos excuses à tous ceux qui, durant leur enfance, ont été si cruellement victimes de violences lorsqu'ils étaient à l'école ou dans des maisons d'accueil catholiques »[74]. L'archevêque de Dublin, Mgr Diarmuid Martin, a confessé que les histoires d'abus, « dans de nombreux cas, sont écœurantes ». À ses yeux, toutes les organisations ecclésiastiques impliquées dans le rapport devraient examiner sérieusement « comment leurs idéaux ont été dévoyés à cause des abus systématiques » (…) « C'est un vrai cri d'exhortation pour regarder la manière dont nous prenons soin de nos enfants. Si nous sommes vraiment affligés par ce qui est arrivé par le passé, nous devons nous engager pour un avenir vraiment différent »[73].

Le montant des indemnisations à verser aux victimes d'abus dans des institutions catholiques avait été fixé à 128 millions d'euros. Finalement, la somme totale des indemnité est de plus d'un milliard d'euros, presque entièrement versé par l'État à environ 12 500 des 14 500 victimes. Les montants versés aux victimes vont de 65 000 à 300 000 euros selon les cas »[74].

En novembre 2009, le Rapport Murphy (en)[75], de la commission présidée par la juge Yvonne Murphy (Commission of Investigation into Catholic Archdiocese of Dublin), met en cause une dizaine d'évêques accusés d'avoir couvert les abus perpétrés par des prêtres. Le rapport relève 46 cas de prêtres coupables d'abus sexuels[18], [76]. Cette enquête concerne la période allant de janvier 1975 à mai 2004[76]. Sa publication a entraîné, en décembre 2009, la démission de Mgr Murray, évêque de Limerick et ancien évêque auxiliaire de Dublin[77]. Il est suivi, en mars 2010, par Mgr Magee, évêque de Cloyne[78],[25] et en avril 2010 par Mgr James Moriarty, ancien évêque auxiliaire de Dublin[79].

Les 15-16 février 2010, le pape convoque les évêques irlandais au Vatican. Benoît XVI déclare que la la pédophilie est un « crime atroce » et un « péché grave qui offense Dieu et blesse la dignité de la personne humaine ». Il enjoint les évêques de prendre les mesures nécessaires pour réparer, autant que possible, les fautes commises, prendre en compte les droits des victimes et coopérer avec la justice[37]. Le mars 2010, Benoît XVI envoie une Lettre pastorale aux catholiques irlandais, où il redit sa compassion pour les victimes[80],[81]. En mars 2010, 6 évêques irlandais avaient présenté leur démission, trois étant alors acceptées par le pape[36]. Le 31 mai 2010, le pape nomme neuf prélats pour enquêter sur le scandale des abus sexuels commis sur des mineurs en Irlande. Parmi les enquêteurs figurent les archevêques de Westminster, Boston, New York, Toronto et Ottawa ainsi que deux religieuses. Ils examineront, et chercheront à améliorer, les procédures actuelles visant à lutter contre les abus[82]. En novembre 2010, quatre visiteurs apostoliques arrivent en Irlande pour examiner les moyens pris pour répondre aux cas d'abus et aider l'Église locale à cheminer vers un renouveau[83]. En février 2011, à l'occasion d'une liturgie du repentir dans la pro-cathédrale Sainte-Marie L'Église, Mgr Diarmuid Martin, archevêque de Dublin, dit sa reconnaissance aux victimes d'abus sexuels pour avoir refusé de se taire même lorsqu'on ne les croyait pas. Il les encourage à continuer à témoigner et souligne que les responsables ne sauraient demander pardon sans avoir d'abord reconnu l'injustice commise et leur propre échec pour ce qui s'est passé[84].

Allemagne[modifier | modifier le code]

Reconnaissance de nombreux abus au XXe siècle[modifier | modifier le code]

En janvier 2010, le père Klaus Mertes, actuel supérieur du collège jésuite Canisius à Berlin, déclare que de nombreuses agressions sexuelles sur des mineurs ont eu lieu, dans cet établissement, dans les années 1970 et 1980[18],[85]. « Trois anciens élèves des années 1970 sont venus me voir. De leurs histoires, j'ai conclu qu'un certain prêtre avait sûrement à lui seul abusé de plus d'une centaine d'enfants. Cela semblait systématique »[72]. D'autres révélations suivent : entre janvier et mars 2010, des affaires anciennes de pédophilies sont dévoilées dans 19 diocèses sur 27[85]. Entre janvier et mars 2010, 170 plaintes sont déposées, se rapportant à des faits survenus dans les années 1970 et 1980[36].

Dans une note publiée le 9 mars 2010, le père Lombardi, directeur des médias du Saint-Siège, salue les efforts de transparence des différents diocèses et le fait qu'ils ont invité les victimes à se manifester. Il considère que l'attitude qui consiste à se centrer sur la situation et des préoccupations des victimes, est la bonne façon de procéder[86].

Mgr Robert Zollitsch, président de la conférence épiscopale allemande, déclare, le 12 mars, que « toute la lumière doit être faite », car « les victimes y ont droit ». D'après lui, l'Église allemande a pris de nouvelles mesures de contrôle : « Il n'y a pas d'autres groupes en Allemagne, a-t-il fait remarquer, qui ait pris des mesures aussi claires. »[85]. Mgr Zollitsch fait référence aux « Directives de procédures en cas d'abus sexuels sur des mineurs par des religieux en Allemagne », texte publié par la conférence épiscopale allemande en septembre 2002[87]. Selon ces directives, tout signalement d'abus sexuel doit être examiné avec soin. Si le soupçon se renforce, le suspect est invité à se dénoncer. S'il ne le fait pas, le diocèse doit informer le ministère public[88]. Ces directives garantissent également aux victimes et à leurs proches une aide humaine, thérapeutique et pastorale[89].

Le diocèse de Munich, dont Joseph Ratzinger a été l'archevêque entre 1977 et 1982, est aussi concerné par cette vague de révélations[85]. D'après l'archidiocèse de Munich, le vicaire général actuel, Mgr Peter Beer, a créé un groupe de travail pour analyser la manière dont ont été traitées les affaires d'abus sexuels commis par des membres du clergé, dans les décennies précédentes[90]. Ce groupe a observé, qu'en 1980, un prêtre a été pris en charge par l'archevêché pour suivre une thérapie, probablement à la suite de relations sexuelles avec des adolescents[90]. Ce prêtre, soupçonné d'être pédophile, a ensuite, en 1982, été affecté dans la paroisse de Graffin, par Gerhard Gruber, vicaire général du diocèse de Munich[85]. Il a alors commis des abus sexuels sur des mineurs, pour lesquels il a été condamné en 1986[85]. Mgr Gerhard Gruber a reconnu, en mars 2010, avoir commis une grave erreur en redonnant à ce prêtre des fonctions en paroisse[85],[90]. D'après le New-York Times du 26 mars 2010, Joseph Ratzinger aurait été informé de la réaffectation de ce prêtre[91], information démentie par le Vatican[92].

Le 8 mai 2010, le pape accepte la démission de Mgr Walter Mixa, évêque d'Augsbourg. Celui-ci avait reconnu avoir frappé des enfants dans les années 1970-1980. Il est également soupçonné d'abus sexuel sur mineur pendant les années 1990-2000. Ces allégations ont été signalées par l'Église à la justice allemande et une enquête est en cours[93],[94].

Enquêtes et tentatives de réparation[modifier | modifier le code]

En mars 2010, l'archevêque Robert Zollitsch, annonce la nomination d'un évêque référent dans son pays pour suivre les affaires d'abus sur des mineurs[95]. Il s'agit de Mgr Stephan Ackermann, évêque de Trèves, chargé spécial de Conférence épiscopale allemande pour toutes les questions liées aux abus sexuels[89]. Le 16 mars, ce dernier déclare que des dissimulations ont bien eu lieu, par le passé, dans plusieurs diocèses, en vue d'étouffer des affaires d'abus sur mineurs[96],[81]. Le lendemain, la chancelière Angela Merkel intervient au Bundestag pour demander que la vérité soit faite sur ces affaires. Elle estime cependant que l'on ne doit pas limiter les enquêtes à ce qui s'est passé dans l'Église et que les investigations et remises en questions doivent aussi concerner d'autres institutions : « Même si les premiers cas dont nous avons eu connaissance venaient de l'Église catholique, cela ne rime à rien de limiter le phénomène à un seul groupe (…) Cela s'est produit dans beaucoup de secteurs de la société. ». La table ronde organisée pour mieux protéger les enfants réunira donc des dirigeants catholiques et protestants mais aussi des représentants de la société civile[97],[98].

En novembre 2010, la ligne téléphonique ouverte en mars par l'Église catholique pour recueillir des témoignages a déjà reçu 3 500 appels[72]. Le chef de la conférence épiscopale, l'archevêque Robert Zollitsch, reconnait la faute de l'Église et étudie des mesures d'aides aux centaines de victimes pour les aider « à surmonter le passé ». Des indemnisations mais aussi la prise en charge de psychothérapies et la création d'un fonds de prévention sont envisagées[72]. Le 7 décembre 2010, la Conférence épiscopale allemande met en place des mesures pour la prévention des violences sexuelles dans les établissements de l'enseignement catholique. Une brochure et un site internet sont créés pour permettre d'aborder le thème des abus et pour aider à les éviter[99].

En décembre 2010, Antje Vollmer, présidente de la commission Runder Tisch Heimerziehung in den 50er und 60er Jahren chargée depuis février 2009 par le Bundestag de traiter le dossier des violences ayant eu lieu dans des foyers publics et religieux annonce qu'un fonds de 120 millions d'euros va être mis à la disposition des victimes. Il s'agit de mineurs ayant subi des violences (abus sexuels, maltraitance physique et morale…) entre 1949 et 1975 en République fédérale d'Allemagne. Leur nombre exact est inconnu même si environ 2 500 personnes se sont déjà manifestées. Selon la députée Ingrid Matthäus-Maier, il pourrait y avoir eu jusqu'à 30 000 victimes dans les institutions laïques et religieuses. L'État fédéral, les États régionaux (Länder) et l'Église, tous responsables des institutions en cause, devront contribuer à la constitution de ce fonds. L'Église catholique et l'Église protestante ont déjà accepté de verser la part qui leur est demandée[100]. Les associations de victimes estiment que ces indemnisations et les mesures prises sont insuffisantes[100],[101],[102].

Départ de fidèles[modifier | modifier le code]

En mai 2010, des prêtres et responsables ecclésiaux constatent que de nombreux fidèles s'éloignent de l'Église dans les diocèses concernés par les scandales, l'institution traversant une crise de crédibilité[103]. Cette vague de départ est confirmée par une enquête de Christ und Welt (supplément religieux de l'hebdomadaire Die Zeit) publiée le 7 avril 2011. En 2010, 180 000 personnes ont demandé à être rayées des registres de l'Église catholique, contre 128 800 en 2009. Cet accroissement des défections est dû à la crise de confiance liée aux affaires révélées en 2010[104] et a des conséquences financières pour l'Église puisqu'elle affecte le montant de l'impôt religieux.

Belgique[modifier | modifier le code]

Premières mesures à la fin des années 1990[modifier | modifier le code]

En Belgique, plusieurs affaires traitées en justice dans les années 1990, ainsi que l'impact psychologique de l'affaire Dutroux, provoquent la mise en place de premières mesures à la fin des années 1990[105]. En 1997, le cardinal Godfried Danneels ordonne la création d'une ligne téléphonique de dénonciation « verte » destinée aux victimes de prêtres pédophiles. En 1999, Mgr Lanneau et Mgr Danneels sont mis en cause lors d'un procès civil pour non-assistance à personne en danger, un prêtre de leur diocèse s'étant rendu coupable d'actes de pédophilie. Dans le procès en appel, ils sont cependant reconnus innocents. En 2000, la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale est instaurée pour assister les victimes qui se font connaître[106],[107]. Dans les années 2000, moins d'une dizaine de prêtres sont condamnés pour abus sexuels[105]. Le père Rick Devillé, défenseur des droits des victimes, estime toutefois que de nombreux dossiers sont restés sans suite, les faits étant prescrits. Des prêtres n'auraient pas été sanctionné et le point de vue de certaines victimes délaissé[108],[109].

Augmentation du nombre de témoignages en 2010[modifier | modifier le code]

Le 23 avril 2010, l'évêque de Bruges, Mgr Roger Vangheluwe, démissionne après avoir reconnu des abus commis sur un jeune garçon, les faits s'étant produits alors qu'il était encore prêtre diocésain ainsi qu'au début de son épiscopat[110],[111],[112]. Mgr André Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, et primat des évêques de Belgique, estime que Mgr Vangheluwe aurait dû, en raison des actes qu'il avait commis, refuser l'ordination épiscopale[113]. Le fait que Roger Vangheluwe ait pu être ordonné évêque malgré ces abus incite Mgr Léonard à renforcer les enquêtes préalables aux nominations, y compris celles des prêtres et diacres[114],[115]. L'archevêque invite aussi les victimes à se manifester à la commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale. Les jours suivant voient un afflux de témoignages, une centaine de personnes dénonçant des faits anciens[116].

Début mai, Mgr Léonard insiste pour que les victimes portent plainte et « implore ceux qui accomplissent une tâche pastorale et qui ont commis des abus sexuels à se rendre spontanément à la justice »[115]. À la suite des aveux publics de Roger Vangheluwe, la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuel dans une relation pastorale reçoit de nombreux courriers et témoignages sur des faits commis les décennies précédents. En un mois, 350 plaintes sont enregistrées[117]. Le 7 mai, le ministre de la justice annonce qu'un magistrat de référence va être désigné pour centraliser tout ces dossiers[118].

Lettre pastorale des évêques[modifier | modifier le code]

Le 19 mai 2010, les évêques de Belgique rendent publique une lettre pastorale sur cette « onde de choc ». Ils reconnaissent que « des responsables d'Église n'ont pas suffisamment pris la mesure du drame de l'abus sexuel sur mineurs et de l'étendue de ses séquelles ». Les évêques demandent pardon aux victimes. Appelant à une « culture de vérité et de justice », ils remercient « les victimes qui trouvent le courage de briser le mur du silence ». Ils décident d'appliquer plus sévèrement les critères d'admission à l'ordination ou à toute autre responsabilité dans l'Église. Les évêques estiment que la question des abus dans l'Église est en lien avec le mode d'exercice de l'autorité. Aussi, « l'Église doit entreprendre un examen de conscience afin de faire évoluer ces normes d'exercice de l'autorité qui peuvent conduire à des abus de pouvoir sur mineurs. »[119],[120].

Perquisitions en juin 2010[modifier | modifier le code]

Début juin 2010, le ministère de la justice organise, par une circulaire, une collaboration entre les parquets et la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale, qui recueille, au nom de l'Église, les plaintes confidentielles, généralement soumises à prescription[121],[122]. Celles-ci sont alors au nombre de 475[122]. Selon cet accord, la commission prend elle-même la décision de faire connaître à la Justice, avec l'autorisation des plaignants, les faits pouvant constituer une infraction[122]. Des faits prescrits sont notamment signalés pour éviter que leur auteur ne mette en danger d’autres personnes[123]. Toutefois, les juges d'instructions ne sont pas liés par cette convention. L'un d'eux mène, le jeudi 24 juin, une large perquisition dans les établissements de l'Archidiocèse de Malines-Bruxelles[122],[124],[123]. La raison de cette opération est une instruction ouverte à charge d'inconnu pour des attentats à la pudeur commis sur mineurs d'âges[124]. Le palais archiépiscopal de Malines est fouillé, ainsi que la crypte de la Cathédrale Saint-Rombaut de Malines, le domicile du cardinal Godfried Danneels, ancien archevêque, et les locaux de la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale. Du matériel informatique et des dossiers sont saisis, dont ceux traités par la Commission[124].

À la suite de cette perquisition du 24 juin, les membres de la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale démissionnent le lundi 28 juin, estimant que leur travail n'est plus possible dans ces conditions[122],[125]. Le président de la commission, Peter Adriaenssens déplore notamment la méfiance des autorités judiciaires[122],[125]. Certains commentateurs considèrent que la Commission, en recueillant les témoignages des victimes, permettait à l'Église d'éviter que celles-ci se confient directement à la justice[121]. D'autres pensent au contraire qu'elle représentait un sas important, donnant aux personnes la possibilité de témoigner de leur souffrance avec la garantie que leur démarche resterait confidentielle[126],[123]. L'association Child Focus, un groupe de 250 médecins signataires d'une pétition, et le ministre de la Justice déplorent la façon dont les perquisitions se sont déroulées et le fait que les enquêteurs n'aient pas respecté le désir de discrétion des victimes qui s'étaient confiées à l'Église[127],[128],[129].

Pour beaucoup de commentateurs, l'accord entre le ministère de la justice et l'Église sur le traitement des dossiers est bancal dès lors que ceux-ci peuvent être saisis à tout moment par un juge d'instruction[121],[122],[130]. Le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, souhaite toutefois que l'Église assure à nouveau, la gestion des dossiers saisis auxquels la justice ne donnera pas suite. Cela afin que l'Église puisse donner des réponses, et accorder des réparations, aux victimes qui se sont adressées à elle pour des faits prescrits par la justice[127].

Le 13 août 2010, le parquet général estime que les perquisitions menées au sein de l’Église étaient entachées d'irrégularités : « elles furent trop générales, dépassaient la saisine du juge d’instruction », a expliqué l'avocat du cardinal Danneels[131]. Les documents de la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale auraient été saisis illégalement. Les perquisitions menées dans la Commission sont déclarées nulles et les dossiers doivent lui être restitués[132],[133]. Le 9 septembre, la chambre des mises en accusation de Bruxelles conclut que les perquisitions ordonnées en juin au palais épiscopal de Malines et au domicile du cardinal Danneels étaient illégales. Toutes les pièces qui avaient été enlevées devront être rendues[134].

Publication du Rapport Adriaenssens[modifier | modifier le code]

Le rapport de la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale est rendu public par son président Peter Adriaenssens, le 10 septembre 2010[135]. La Commission a enregistré 327 plaintes d'hommes et 161 de femmes pour les soixante dernières années. Les faits ont surtout été commis dans les années 1960-70, et ont eu des conséquences parfois dramatiques. Au moins treize victimes d'abus se sont suicidées[136],[137]. La commission ayant démissionné en juin à la suite des perquisitions, la création d'un centre d'accueil est, un temps, envisagée par l'Église pour aider les victimes, en concertation avec la Justice, le ministère public et les tribunaux interdiocésains[138]. Les évêques renoncent ensuite à ce projet, estimant que le pouvoir judiciaire doit être seul à gérer les plaintes[139]. Les demandes des victimes seront toutefois prises en considération au niveau des diocèses et ordres religieux concernés[140]. Fin décembre 2010, la Conférence épiscopale établit que sur 134 prêtres abuseurs identifiés depuis les années 1960, seuls 21 ont fait l'objet d'une condamnation par l'Église ou la justice. Les autorités judiciaires, ont été saisies de 70 % des cas. Moins d'un abuseur sur six a été suspendu par les évêques[141],[142],[143].

Rapport de la Commission parlementaire[modifier | modifier le code]

De novembre 2010 à mars 2011, une commission parlementaire présidée par la députée Karine Lalieux auditionne les évêques, les supérieurs de congrégations religieuses, les représentants des victimes et des hommes politiques pour analyser les causes des abus commis et les moyens mis en œuvre pour y remédier[144],[145],[146]. Son rapport est rendu public le 1er avril 2011 et contient 70 recommandations. Celles-ci portent entre autres sur les indemnisations, les délais de prescription qui devraient être rallongés, l'éloignement du coupable et le recours à l'association Child Focus pour tout signalement d'abus[147],[148].

Autres pays européens[modifier | modifier le code]

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Au Royaume-Uni, 21 membres du clergé sont condamnés entre 1995 et 1999[11].

Espagne[modifier | modifier le code]

En Espagne, plus d'une dizaine de prêtres ont été condamnés pour abus sexuels[149].

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Aux Pays-Bas, les évêques décident, le 9 mars 2010, d'ouvrir une enquête approfondie en raison du nombre de cas d'abus signalés dans d'anciens établissements catholiques d'enseignement[5]. Trois cent cinquante plaintes de personnes affirmant avoir subi des abus sexuels dans les années 1950 à 1970 ont en effet été envoyées à l'Église pendant les dix premiers jours de mars. La plupart des témoignages concernent des internats catholiques. Les plaintes ont été adressées à la commission consultative épiscopale Aide et Droit, instaurée en 1995 par l’Église catholique des Pays-Bas pour venir en aide aux victimes d’abus sexuels commis par des prêtres et religieux. L’enquête indépendante, qui a été confiée à l’ancien ministre de l’éducation Wim Deetman, doit débuter en avril 2010[150]. Fin août 2010, la Commission consultative épiscopale annonce avoir reçu, depuis mars 2010, neuf cents signalements d'abus supposés commis par des membres du clergé depuis 1945[151]. En décembre 2010, Wim Deetman donne les résultats de l'enquête : 1975 personnes se sont déclarées victimes d'abus sexuels et de mauvais traitements[152]. Ces témoignages doivent encore être étudiés et vérifiés par la commission chargée de l'enquête[153]. Les faits se sont essentiellement produits dans des établissements éducatifs, comme des internats et des écoles accueillant des enfants de familles pauvres. Ces institutions étaient nombreuses dans le pays entre 1945 et les années soixante-dix. L'Église est invitée à indemniser les victimes et à prendre des sanctions contre les auteurs[152].

Autriche[modifier | modifier le code]

En Autriche, en mars 2010, les institutions catholiques sont mises en cause pour des abus sexuels commis dans les années 1970-80[5]. Le 30 mars, le cardinal Christoph Schönborn reconnait le silence et la dissimulation qui ont régné sur ces affaires. Il déclare : « C'est une expérience douloureuse pour l'Église. Mais que représente cette douleur en comparaison de celle des victimes, que nous n'avons pas voulu voir ni entendre ?! ». Il remercie celles-ci d'avoir osé parler et annonce la tenue d'une enquête ecclésiale sur les abus sexuels commis par des membres du clergé[154]. Le 2 avril, une association de défense de victime dit avoir pris connaissance, via une ligne d'appel téléphonique mise en place deux semaines avant, de plus de 174 cas de maltraitances. « Dans 43 % des cas, il s'agit de violences physiques, dans 34 % d'agressions sexuelles et pour 23 % des cas de violences morales. ». Ces témoignages se rapportent essentiellement à des faits commis dans les années 1960-70, au sein des institutions d'éducation catholique[155]. Début mai 2010, la commission mise en place par l'Église a recueilli, en deux mois, les témoignages de plus de 500 personnes. 150 cas d'abus sexuels et de maltraitance sur mineurs sont retenus comme fiables ; parmi ces 150 cas, 97 % sont prescrits[156],[157]. En avril 2011, après un an de travail, la commission déclare avoir recensé 837 victimes d'abus sexuels sur les décennies passées. La grande majorité des dossiers déjà traités donnent lieu à des indemnisations financières et, selon la volonté des victimes, à un suivi thérapeutique[158].

Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse, en mars 2010, une commission nationale de l'Église catholique enquête sur les « cas les plus sérieux » d'abus sexuels commis au cours des six années précédentes. Quatre cas de pédophilie sont suspectés[159]. Le 31 mars 2010, les évêques suisses font une déclaration sur les abus sexuels dans l'Église. Ils reconnaissent avoir sous-estimé l'ampleur de la situation. La Conférence des évêques demande à tous ceux qui ont souffert d'abus de se faire connaître auprès des centres de consultation pour les victimes ou des centres de consultation diocésains et, le cas échéant, de porter plainte. Elle appelle à une transparence totale sur le passé[160]. En juin 2010, la commission Abus sexuels dans la pastorale donne une estimation des cas d'abus sexuels observés dans les différents diocèses en Suisse. Ces soixante dernières années, 104 victimes ont été signalées. Le nombre des auteurs de ces abus est de 72. La plupart des faits sont anciens. Neuf cas se sont produits après 1990. Les évêques suisses décident, le 2 juin 2010, de dénoncer systématiquement les prêtres et religieux à la justice en cas de soupçons fondés, sauf si les victimes s'y opposent. Auparavant, l'Église ne signalait à la justice que les cas graves et encourageait les victimes à porter elles-mêmes plainte dans les autres cas. La Conférence des évêques suisses décide également que les diocèses n'engageront plus de prêtres sans avoir eu, de la part de leurs précédents supérieurs, des informations sur leur passé[161].

Norvège[modifier | modifier le code]

En Norvège, le 7 avril 2010, l'Église informe l'opinion de la culpabilité d'un ancien évêque. Les faits d'abus sexuels sur un mineur, commis aux débuts des années 1990, sont parvenus à la connaissance des autorités ecclésiastiques en janvier 2009. Ils ont alors été examinés par la nonciature de Stockholm, sur mandat de la Congrégation pour la doctrine de la foi. À la suite de cette enquête, l'évêque a présenté, en mai 2009, sa démission. Celle-ci a rapidement été acceptée par le pape. Les faits étant prescrits, l'évêque n'a pas été inculpé. Il n'a plus aucune fonction épiscopale ou pastorale et suit une thérapie[162]. À la suite de cette révélation, l'Église catholique en Norvège reçoit, les jours suivants, d'autres signalements d'abus qui auraient eu lieu dans ses institutions. Elle annonce l'ouverture d'une enquête pour déterminer s'il s'agit d'affaires non encore connues[163].

Légionnaires du Christ[modifier | modifier le code]

Fondateur en 1941 des Légionnaires du christ, le père Marcial Maciel Degollado est mis en cause en 1956, pour toxicomanie, ainsi que pour abus sexuels sur des jeunes novices de sa congrégation. L'enquête du Vatican se conclut, en 1959, par un non-lieu, bien que le principal enquêteur fasse état, dans le rapport, de ses doutes sur l'innocence du père Maciel. L'un des adolescents alors interrogés dira plus tard que lui, et les autres jeunes, ont tous menti pour protéger le père Maciel qu'ils admiraient[164].

En 1997, la presse américaine relaie les allégations de huit membres de la Légion du Christ, accusant Marcial Maciel d'abus sexuels dans les années 1950-1960, quand ils avaient entre 10 et 16 ans[165],[166]. En 1998, ces huit personnes déposent au Vatican une plainte contre lui[164]. D'après Jean-Marie Guenois, journaliste à La Croix, l’instruction de ce dossier est, selon le témoignage du cardinal Joseph Ratzinger à l’évêque de Coatzacoalcos (Mexique), gelée en 1999 à la demande de Jean-Paul II, en raison de la floraison de vocations dans cette œuvre et parce que les faits, qui remonteraient à plus de trente ans, sont prescrits[166]. Il est possible qu'une partie des membres de la curie romaine, voire le pape, aient voulu protéger la congrégation en lui évitant un scandale touchant son fondateur, les dirigeants des Légionnaires du Christ bénéficiant en effet de puissants appuis à Rome[16],[167],[168]. Le père Marcial Maciel continue de proclamer son innocence, se présentant comme victime de fausses accusations[166].

Toutefois, en décembre 2004, le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, décide de la reprise de l'enquête sur le père Maciel[169],[168]. Le 2 avril 2005, il envoie Mgr Charles Scicluna (en) au Mexique pour auditionner des témoins[166]. En 2006, Joseph Ratzinger, devenu le pape Benoît XVI depuis le 19 avril 2005, écarte le père Marcial Maciel Degollado de tout ministère public. La congrégation pour la doctrine de la foi invite ce dernier « à conduire une existence retirée dans la prière et la pénitence ». Elle confirme ainsi implicitement la culpabilité du père Marcial Maciel tout en renonçant, en raison de son grand âge et de sa santé fragile, à engager un procès canonique contre lui[170],[169],[166]. Le père Marcial Maciel décède le 31 janvier 2008, à l'âge de 87 ans[171].

Le 4 février 2009, le New-York Times révèle que le père Maciel a mené une double vie et a eu, au moins, une fille. Le 5 février, les responsables des légionnaires du christ confirment cette information[164],[171]. En revanche, ils ne se prononcent pas sur les accusations de pédophilie. Certains membres de la congrégation estiment que ces allégations sont sans doute crédibles, d'autres déclarant toujours qu'aucune preuve n'a jamais été retenue[171]. En mai 2009, le Pape décide d'une visite apostolique des institutions des Légionnaires du Christ. Une commission, composée de plusieurs évêques, commence une enquête approfondie sur le père Marcial Maciel et sa congrégation[164],[172].

Fin août 2009, l'existence de trois fils mexicains, nés d'une autre mère, est dévoilée par la presse[164]. En mars 2010, deux de ses fils dénonceront des viols commis à leur encontre par le père Maciel[173]. La double vie du père Maciel, utilisant parfois une fausse identité, et gérant d'une façon opaque une fortune considérable, est de plus en plus mise au jour[173]. Pour le sociologue et psychanalyste Fernando Gonzalez, auteur de deux ouvrages sur la Légion du Christ, son fondateur était « était un calculateur rusé qui s'adaptait parfaitement à chaque situation »[164],[174]. Une partie de la hiérarchie catholique est aussi très critique envers le père Maciel. Pour Edwin O'Brien, archevêque de Baltimore, le père Maciel est un « entrepreneur génial qui, avec des tromperies systématiques, a utilisé la foi pour manipuler les autres en fonction de ses intérêts égoïstes »[164].

Cette double vie pourrait avoir été protégée par certains membres de l'ordre. Ainsi, par un vœu spécial, levé à la demande expresse du Saint-Siège en 2006, les prêtres de la congrégation s'obligeaient à ne pas critiquer leurs supérieurs[164],[174]. Une subordination absolue au supérieur et l'engagement à renoncer à son propre jugement semblent aussi avoir été instaurés[174]. Plusieurs prêtres de la congrégation la quittent en 2009, soulignant des manquements de leurs responsables dans l'élucidation des affaires concernant le père Maciel[175],[174]. D'après le journal La Croix, un argumentaire avait été envoyé par la direction territoriale États-Unis-Canada de la Légion à ses membres, leur indiquant comment répondre aux évêques venus enquêter[174].

Le 15 mars 2010, l'enquête dans la congrégation est terminée, le rapport final devant encore être rendu au Saint-Siège[176],[167]. Le 26 mars 2010, dans un communiqué, les responsables de la Légion du Christ reconnaissent que leur fondateur a commis des « actes d'abus sexuel sur des séminaristes mineurs ». Ils admettent ne pas avoir cru et écouté les personnes ayant dénoncé ses abus. Ils souhaitent rechercher la réconciliation et le dialogue avec ceux qui ont souffert et faire la vérité sur l'histoire de leur congrégation[177].

Le 30 avril 2010, les évêques chargés de l'enquête apostolique rendent leur rapport au pape. D'après un communiqué du Saint-Siège, publié le 1er mai, des comportements très graves et objectivement immoraux du père Maciel sont confirmés par des témoignages incontestables[178]. Ils se « présentent parfois comme de vrais délits et démontrent une vie sans scrupules ni authentique sentiment religieux ». Le communiqué mentionne aussi que « le fondateur avait créé autour de lui un mécanisme de défense qui l'a rendu inattaquable pendant longtemps ». Le Saint-Siège remet en cause l'exercice de l'autorité dans la congrégation et annonce la mise en place de plusieurs mesures de contrôle et de réformes[179],[178].

Conséquences des abus commis par des prêtres[modifier | modifier le code]

Conséquences psychologiques[modifier | modifier le code]

Les personnes abusées sexuellement par un prêtre présentent les mêmes symptômes que d’autres victimes, mais à un degré plus élevé. Elles éprouvent de la douleur, de la colère, un grand désarroi, des problèmes de dissociation et de dépression, des difficultés dans leurs relations sexuelles, et des perturbations du sommeil[180]. D’après une étude réalisée en 2002 par M. J. Bland, elles ont, de façon générale, un score plus élevé sur l’échelle indicielle d’impact traumatique lié aux abus et sur la liste du nombre de symptômes présents à la suite du traumatisme subi[180]. D'après A. W. R. Sipe, auteur d'études sur les abus commis par des prêtres, les effets de ceux-ci sur les victimes varient, mais leurs impacts sont durables et peuvent se traduire notamment, par des problèmes de dépersonnalisation sexuelle, de dépression, et de suicide[181].

Article détaillé : Abus sexuel sur mineur.

Conséquences sur la vie spirituelle[modifier | modifier le code]

À ces souffrances psychologiques des victimes s’ajoutent des difficultés dans leur vie spirituelle. Pour Thomas Doyle, prêtre spécialisé dans le suivi des victimes, « Quelqu’un qui est sexuellement abusé par un prêtre, surtout si cette personne est un catholique pratiquant, vit une sorte de déchirement de l'âme. Ce n’est pas seulement un abus sexuel mais aussi un abus spirituel qu’elles subissent »[182]. Cette impression semble être confirmée par différentes études. Ainsi pour Bland (2002), les victimes ont le sentiment que Dieu les a traitées injustement[180]. Pour Fater et Mullaney (2000) elles vivent dans une grande colère, dirigée à la fois contre elles-mêmes et vers l’extérieur. Elles connaissent aussi une détresse spirituelle qui s’infiltre dans chaque aspect de leur vie[183].

Mac Laughlin (1994) observe que les personnes abusées prennent leurs distances par rapport à l’Église, dans la crainte d’être à nouveau victimes d’abus. Les traumatismes subis affectent clairement, chez les victimes, la fréquentation et la participation à la vie ecclésiale. Concernant la relation personnelle des victimes avec Dieu, les résultats sont moins évidents[184]. C’est ce qui apparaît aussi dans une étude de Rossetti (1995), qui semble indiquer une diminution de la confiance en Dieu chez les femmes alors qu’elle se maintient chez les hommes victimes d’abus[185].

Effet des thérapies pour les victimes[modifier | modifier le code]

Les thérapies peuvent aider ces personnes, mais elles seront d’autant plus longues que les abus ont été répétés et ont été commis par un proche. La guérison passe aussi par un travail de mise au jour, à l’aide d’un spécialiste, des torts subis. Ce travail de vérité peut aboutir au dépôt d’une plainte. Celle-ci permet parfois de découvrir que l’on n'est pas la seule victime et aide à affronter le regard des autres. Cette démarche peut permettre aussi d’arrêter l’action de l’abuseur et de limiter ainsi le nombre de victimes[186]. Pour Jacques Arènes, psychologue, « porter plainte peut être le déclic d’une reprise en main : pour moi, je n’ai rien pu faire, mais je peux aider les autres »[186].

Pour Thomas P. Doyle, il est essentiel que les victimes puissent rencontrer les évêques. Elles ont besoin de compréhension et de compassion. Le fait qu’elles n’aient parfois pas été entendues, que leurs plaintes n’aient pas suffisamment été prises au sérieux, que l’on ait pu les taxer d’exagérations, a augmenté leur sentiment de désarroi. De plus, ces dialogues avec les victimes peuvent aider les responsables ecclésiaux à mieux comprendre la gravité des torts subis et la nécessité d’y remédier[10].

Rapport de la Commission nationale de révision aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Le 21 mai 2010, la Commission nationale de révision de la conférence épiscopale des États-Unis rend public un communiqué sur son travail auprès des victimes d’abus sexuels commis par des membres du clergé. Leurs principales conclusions recoupent celles observées dans d'autres études. D’après ce communiqué, une des principales difficultés des victimes est d’arriver à parler et à témoigner de ce qu’elles ont vécu. « Si l’histoire de chacun est différente, toutes ont en commun le sentiment d’une confiance violée » souligne la présidente de la commission. Ce sentiment peut se traduire ensuite par une méfiance vis-à-vis des personnes qu’elles rencontrent, et aussi par la perte de la foi en Dieu. Le souhait que de tels abus ne se reproduisent plus, dans l’Église, contre des enfants, est au cœur des préoccupations de plusieurs d’entre elles. Les membres de la commission notent que des thérapies appropriées, et le soutien de leurs proches, peuvent aider efficacement les personnes blessées par ces abus[20].

Conséquences dans la communauté ecclésiale[modifier | modifier le code]

La première réaction de la plupart des paroissiens, lorsqu’ils apprennent l’inculpation d’un prêtre ayant commis des abus est souvent l’incrédulité. Pour Thomas P. Doyle, lors de la révélation, en 2002-2004, des affaires d’abus sexuels concernant les 50 années précédentes, beaucoup de fidèles catholiques n’ont pas admis combien ces affaires étaient sérieuses[10]. Les mêmes réactions semblent aussi s’être parfois produites en France, notamment lors de la condamnation du père P. André Montrichard, en octobre 2000[45].

Une étude de Nason-Clark (1998)[187], s’est penchée sur les réactions de 24 femmes catholiques à la suite de la révélation, à la fin des années 1980, d’affaires d’abus sexuels dans l’orphelinat catholique de Newfoundland, au Canada[188]. Toutes se souvenaient de l’endroit où elles étaient lorsqu’elles avaient appris l’existence de ces abus, signe que la nouvelle les a marquées. Elles n’ont d’abord pas cru dans l’authenticité des faits. Plus tard, une fois les faits reconnus, elles ont réagi, pour la plupart d’entre elles, avec colère. Celle-ci était dirigée contre les prêtres coupables, l’évêque, d’autres prêtres catholiques, la hiérarchie de l’Église et parfois même contre les catholiques vivant dans les paroisses où les prêtres exerçaient leurs ministères. Elles éprouvaient un sentiment de trahison et de culpabilité, qui a ensuite changé leur relation avec l’Église. Quatre ans après l’interview, certaines étaient revenues au sein de l’Église, alors que d’autres s’en tenaient éloignées[187]. Une enquête de Rossetti (1997), menée dans plusieurs groupes de fidèles catholiques, indique aussi un déclin de la confiance dans l’Église et le sacerdoce à la suite d'affaires d’abus sexuels dans leurs paroisses ou leurs diocèses[189].

En Allemagne, à la suite des révélations, en mai 2010, d'abus sexuels commis dans les années 1960-80, on constate un mouvement de défiance vis-à-vis de l'institution. Ainsi, le nombre de personnes qui demandent à être rayées des listes fiscales des paroisses, de façon à ne plus payer l’impôt d’Église, est en augmentation dans les diocèses touchés par les scandales[103],[104].

Études et statistiques[modifier | modifier le code]

Rapports d'enquêtes[modifier | modifier le code]

On dispose de relativement peu d'études statistiques sur les abus sexuels sur mineurs commis par des religieux et des membres du clergé. Plusieurs rapports ont toutefois été publiés ces dernières années et peuvent donner des indications sur la proportion de prêtres et religieux impliqués. Parmi les enquêtes réalisées, on peut noter :

  • L'étude de l'archidiocèse catholique de Chicago, faite au début des années 1990, et portant sur les 40 années précédentes[190].
  • Le John Jay report[191], une étude indépendante du John Jay College of Criminal Justice (New York), commandée en 2002 et rendue publique en 2004 par l'Église catholique américaine. Cette vaste enquête concerne les abus sexuels perpétrés par des prêtres catholiques, aux États-Unis, entre 1950 et 2002[4] ,[3].
  • Le Rapport Ryan, de la commission présidée par le juge Seán Ryan (Irish judge) (en) (Commission to Inquire into Child Abuse) publié en mai 2009, qui traite des sévices commis, depuis les années 1940, à l'encontre de mineurs dans des institutions religieuses irlandaises[18].
  • Le Murphy Report (en)[75], de la commission présidée par la juge Yvonne Murphy (Commission of Investigation into Catholic Archdiocese of Dublin), sur les abus sexuels commis par des prêtres dans l'Archidiocèse de Dublin entre 1975 et 2004[18],[76].
  • Le Rapport Adriaenssens, de la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale. Cette commission, instaurée en l'an 2000, en Belgique, par l'Église catholique a surtout recueilli de nombreux témoignages entre avril et juin 2010. Son travail, fait dans l'urgence et stoppé par des perquisitions en juin 2010[192], donne toutefois des indications importantes sur les abus commis dans les années 1950 à 1980. 484 témoignages ont été enregistrés[137],[193],[135].

Proportion par rapport au nombre total de prêtres[modifier | modifier le code]

L’étude de l’Archidiocèse catholique de Chicago concerne tous les prêtres ayant servi dans le diocèse entre le début des années 1950 et le début des années 1990[190]. Sur 2200 prêtres, 40 d'entre eux, soit 1,8 %, ont probablement commis des abus envers des mineurs. Parmi eux un seul avait commis des actes de pédophilie. Le plus souvent, les abus avaient été commis contre des adolescents de 16 à 17 ans[190].

D’après le John Jay report[191], 4 392 prêtres ont été accusés d'actes d'abus sexuels, entre 1950 et 2002 aux États-Unis. Cela représente plus de 4 % des 109 694 prêtres ayant servi pendant cette période. Peu élevé dans les années 1950, le nombre de cas connus a augmenté dans les années 1960, atteint un pic à la fin des années 1970, diminué dans les années 1980 pour retrouver, dans les années 1990, le même niveau que dans les années 1950[191],[4]. Parmi les victimes, dont 81 % sont des garçons, 3,6 % avaient moins de sept ans, 29 % avaient entre sept et onze ans, 67,4 % avaient entre douze et dix-sept ans[194]. L'âge pris en compte dans les statistiques lors des abus répétés, était celui du mineur lors du premier abus[194]. D'après le rapport, publié en 2004, il y avait 10 667 cas d'abus sexuels déclarés. Le nombre réel est sans doute plus élevé, toutes les victimes n'ayant pas forcément témoigné. En 2005, le nombre de cas rapportés, pour cette période de 1950 à 2002, était passé à 13 000 victimes d'abus commis par plus de 5 000 prêtres[4]. Sur les 10 667 cas déclarés, à peu près 3 000 n'ont pas fait l'objet d'enquête, le prêtre concerné étant décédé avant qu'une plainte ne soit déposée contre lui. Parmi les 7 700 plaintes restantes, les diocèses ont trouvé matière à donner suite dans 6 700 cas, tandis que 1 000 autres étaient sans fondements[195].

Comparaison avec d'autres organisations[modifier | modifier le code]

Dans la société prise dans son ensemble[modifier | modifier le code]

La majorité des crimes pédophiles commis dans la société sont liés à l'inceste et ont pour auteurs des membres de la famille de l'enfant ou des proches[196]. Ainsi, un rapport publié en 2008 par le Réseau irlandais de crise sur les viols (RCNI), relève que 50,8 % des agresseurs sont des parents, 34 % des voisins et amis et 3,4 % des figures d'autorité (prêtre, instituteur…)[5].

Le John Jay report (États-Unis, 2004), relève les manquements des responsables ecclésiaux, qui n'ont pris conscience que tardivement de la gravité du problème. Il appelle aussi les journalistes et la population américaine à réaliser qu'il s'agit d'un problème national : « Les enfants américains souffrent et personne ne prête attention à eux. Personne ne veut parler de ce problème »[3]. Le John Jay report note que dans la période allant de 1992 à 2000, il y a eu, chaque année, entre 89 355 et 149 800 cas d'abus sexuels dans l'ensemble de la société américaine[4].

Concernant l'évolution sur le long terme, d'après le John Jay report, les abus commis par des prêtres, ont diminué à partir du début des années 1980 et ceux dans l'ensemble de la société américaine à partir de 1992[4].

Dans d'autres Églises[modifier | modifier le code]

Le professeur Philip Jenkins (en), auteur de Pedophiles and Priests: Anatomy of a Contemporary Crisis[197] déclarait, en 2002 : « Mes recherches sur des cas concernant les 20 dernières années ne donnent pas de preuves que le clergé catholique, ou d'autres clergés ayant pour discipline le célibat, sont plus susceptibles d'être impliqués dans des inconduites ou des abus, que le clergé d'autres Églises, ou même que des personnes n'appartenant pas au clergé »[190], [Note 2]. Le même constat est fait par Thomas G. Plante (en), professeur de psychologie à l'Université de Santa Clara, et auteur d'ouvrages sur les abus sexuels commis dans l'Église Catholique[198] ,[199].

Dans l'enseignement[modifier | modifier le code]

Il y a encore très peu d'études permettant des comparaisons généralisées avec d'autres organisations publiques ou privées ayant une mission éducative[190],[200].

On dispose toutefois de plusieurs enquêtes sur le milieu éducatif américain. D'après une étude menée en 1994 à New-York, déplacer d'une école à l'autre les professeurs coupables d'abus sexuels est un procédé courant[201]. En 2002, le Department of Education a mené une étude sur les abus sexuels dans le système éducatif américain. D'après celle-ci, 6 à 10 % de tous les élèves inscrits dans les Public-School seraient victimes d'abus sexuels pendant leurs scolarité[202]. En 2005, une étude nationale de l'Associated press investigation portant sur la période de 2001 à 2005 conclut, d'après un article du Washington Post, que les enseignants et éducateurs coupables d'abus sexuels sont rarement inquiétés. La plupart des cas d'abus ne sont pas signalés et, quand ils le sont, c'est souvent pour être classés sans suite. D'après les auteurs, les écoles, la justice, les États et le gouvernement fédéral réunis n'ont pas encore trouvé de solution efficace pour éloigner les abuseurs du système scolaire[203],[Note 3].

En France, le problème des abus sur mineurs commis à l'école ou dans les familles est un sujet qui est longtemps resté tabou[204],[205]. Une circulaire sur les violences sexuelles, diffusée par le ministère de l'éducation nationale le 4 septembre 1997 a permis de commencer à rompre avec ce climat de silence. Ce document rappelait au personnel enseignant l'obligation légale de dénoncer les cas d'abus sexuels dont il avait connaissance. Dans les 4 mois qui ont suivi, plus de 345 cas ont été signalés. Ces abus concernaient des professeurs et surtout des familles (inceste et maltraitance)[204]. Auparavant, les affaires concernant les éducateurs étaient souvent traitées en interne, et se traduisaient par des blâmes ou des mutations[204],[205].

Couverture médiatique[modifier | modifier le code]

En 2002, Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, plusieurs voix se sont fait entendre pour critiquer la focalisation quasi-exclusive des média sur les affaires d'abus commis par des membres du clergé catholique. Ils relèvent que des phénomènes d'ampleur égale, voire supérieure, dans d'autres groupes religieux ou institutions publiques ont été ignorés ou traités avec beaucoup de discrétion dans les medias. Leur silence est ainsi critiqué dans les affaires visant l'institution scolaire[206],[202]. C'est notamment l'avis de Charol Shakeshaft, auteur en 2004 d'un rapport de synthèse pour le département américain d'éducation, sur les abus sexuels commis en milieux éducatif aux États-Unis[207] ,[202]. Le journaliste Tom Hoopes a noté que, dans le premier semestre 2002, les 61 plus grands journaux californiens avaient consacré près de 2 000 articles aux cas d'abus sexuels commis dans l'Église catholique, la plupart de ceux-ci s'étant produits dans le passé. Dans le même temps, ces journaux ont écrit 4 articles sur les découvertes du gouvernement fédéral de cas pourtant bien plus nombreux, et plus actuels, d'abus sexuels dans les Public schools[202].

Le professeur Philip Jenkins (en), de l'Université de Pennsylvanie relève également un grand biais médiatique au détriment de l'Église catholique, par comparaison avec d'autres religions. Pour lui, la couverture médiatique de ces affaires a montré « une violente résurgence de la rhétorique anti-catholique »[208].

En 2010[modifier | modifier le code]

Dès février 2010, les révélations des affaires ayant eu lieu en Irlande, en Belgique, en Allemagne et dans d'autres pays d'Europe font l'objet de nombreux articles dans la presse européenne. Des compte-rendus médiatiques sont parfois remis en cause pour leurs présentations anachroniques des faits. Des événements qui se sont produits il y a des décennies sont parfois présentés comme s'ils s'étaient passés récemment[209]. En France, le cardinal Vingt-Trois déplore ainsi une pratique consistant à « ressortir des faits anciens et connus depuis longtemps comme des révélations nouvelles »[70].

Mi-mars 2010, le journal La Croix met toutefois en garde contre une théorie du complot qui expliquerait que tant d'affaires sortent aujourd'hui dans la presse : « ces révélations sont l’aboutissement du travail mené depuis plusieurs années par les associations de victimes auprès de la justice de leurs pays. » Le journal rappelle aussi que Benoît XVI, en encourageant une politique de transparence et de « tolérance zéro », a favorisé cette prise de parole[5].

Début avril, la presse francophone constate, de la part de l'Église un sentiment d'injustice face à l'ampleur et à la teneur de la couverture médiatique[210],[211]. Elle fait également le point sur la communication du Saint-Siège et de la blogosphère[211], notant, par exemple, que les prêtres catholiques ressentent ou subissent un climat de suspicion à leur encontre[212]. Les journaux se font aussi l'écho d'une lettre signée par 70 intellectuels français, invitant « les médias à une éthique de responsabilité à travers un traitement plus déontologique de ces cas », et estimant que « de raccourcis en généralisations, le portrait de L'Église qui est fait dans la presse actuellement ne correspond pas à ce que vivent les chrétiens catholiques »[210],[211].

Analyse des causes[modifier | modifier le code]

Associations s'occupant d'un public jeune[modifier | modifier le code]

Les pédophiles sont particulièrement attirés par les institutions s'occupant de jeunes et d'enfants[196] ,[5],[186]. Il peut s'agir d'institutions à caractère éducatif, d'associations sportives, de centres aérés, d'associations organisant des camps de jeunes, de services sociaux[196],[5]… Les mêmes difficultés peuvent se poser dans des professions, comme la magistrature chargée de la protection des mineurs, ou bien encore la médecine[196]. L'Église ayant de nombreuses activités pour la jeunesse, les personnes pédophiles peuvent, pour cette raison, tenter de devenir prêtres. La première solution pour lutter contre la pédophilie dans l'Église consiste donc à être particulièrement attentif aux conditions de discernement d'accès à la prêtrise[196].

Sentiment d'immunité lié à l'exercice de l'autorité[modifier | modifier le code]

Les pédophiles sont souvent attirés par les fonctions leur donnant un pouvoir reconnu, a fortiori quand celui-ci s'exerce sur les enfants[186]. L'autorité liée à l'exercice du ministère sacerdotal a ainsi pu donner aux abuseurs le sentiment qu'ils bénéficieraient, en tant que prêtres, d'une certaine immunité[196]. À propos des cas commis en Irlande dans la seconde moitié du XXe siècle, Benoît XVI retient, parmi les facteurs qui ont contribué aux abus, « une tendance dans la société à favoriser le clergé et d'autres figures d'autorité »[213]. Dans une lettre pastorale où ils reconnaissent leur responsabilité, les évêques belges estiment également que la question des abus dans l'Église est liée au mode d'exercice de l'autorité[119].

D'après Frédéric Lenoir, historien des religions, la parole des prêtres soupçonnés avait, a priori, plus de poids que celles des mineurs[214]. Les mêmes difficultés se posent, par exemple, dans le corps diplomatique, où des pédophiles ont pu passer à l'acte car ils pensaient qu'ils seraient moins rapidement dénoncés[196].

Jugements erronés des évêques[modifier | modifier le code]

Le rapport Murphy et le rapport Ryan en Irlande, le John Jay report aux États-Unis, ont mis en exergue la trop grande clémence des évêques et des supérieurs d'ordres religieux envers les prêtres et religieux coupables d'abus sexuels[18],[5]. Le fait que des prêtres n'aient pas été dénoncés rapidement, ou qu'ils aient été parfois maintenus dans des fonctions où ils étaient à proximité des enfants a contribué à augmenter le nombre de cas[5],[42]. En 2001, le cardinal Darío Castrillón Hoyos, préfet de la congrégation pour le clergé, estimait qu'un évêque n'avait pas à dénoncer aux autorités civiles un prêtre de son diocèse. Il justifiait cet avis par la relation sacramentelle et les liens de paternité spirituelle unissant les prêtres à leurs évêques[215],[216]. Mgr Scicluna, membre de la congrégation pour la doctrine de la foi relève aussi cette difficulté, en comparant les évêques à des parents contraints de dénoncer leur fils[217]. Toutefois ces réticences se sont maintenues au détriment des victimes. Le cardinal Christoph Schönborn a ainsi déploré que « malheureusement dans l'Église, par le passé, les auteurs des faits (aient) été à tort souvent plus protégés que les victimes »[218]. Plusieurs évêques ont ainsi protégé leurs prêtres sans manifester de vrai souci pastoral pour les fidèles victimes d'abus[3],[219]. Nombre d'entre eux n'ont pas pris le temps de rencontrer et d'écouter les victimes[3].

Benoît XVI, dans la Lettre aux catholiques d'Irlande, observe que des évêques « ont manqué, parfois gravement, dans l'application des normes du droit canonique codifiées depuis longtemps en ce qui concerne les crimes d'abus sur les enfants. (…) il faut admettre que de graves erreurs de jugement furent commises et que des manquements dans le gouvernement ont eu lieu »[213]. Une des raisons de ces manquements est, d'après le pape, « une préoccupation déplacée pour la réputation de l'Église » et une volonté « d'éviter les scandales »[213],[220].

Problème de société[modifier | modifier le code]

Ces erreurs de jugement sont aussi liés à une méconnaissance de la pédophilie, dans l'Église, et dans la société, où ce sujet a longtemps été négligé[204],[5],[47],[46]. Le cardinal Roger Mahony, de l'archidiocèse de Los Angeles, déclarait, en février 2009 : « Nous avons dit à plusieurs reprises que (…) notre compréhension de ce problème et la façon dont il est traité ont évolué aujourd'hui ; il y a des années, des décennies, les gens ne mesuraient pas combien ce problème était grave. Aussi, plutôt que de démettre directement et complètement les personnes de leurs ministères, on les changeait de poste. » [221],[Note 4]. Le procédé consistant à déplacer les coupables plutôt que de les dénoncer avait cours aussi dans d'autres institutions, comme l'éducation nationale[204],[203].

Bien que les abus sur mineurs soient condamnés par la loi, la prise de conscience générale de la gravité de ces actes, et du droit des victimes à être particulièrement écoutées et protégées, n'ont eu lieu que dans un passé récent[5],[6],[41],[47],[204], et de façon encore incomplète[203]. La perception de la pédophilie, dans les années 1970, était particulièrement laxiste et confuse pour une partie des élites[200]. En France, les travaux scientifiques concernant les abus sexuels sur les mineurs se sont surtout développés, d'après Caroline More, à partir de 1984, à la suite du Congrès international de Montréal sur l'Enfance maltraitée[222],[Note 5],[Note 6]. Mais ce n'est que dans les années 1990 que les tabous et une certaine loi du silence qui protégeaient les coupables ont commencé à être levés[223].

Cette méconnaissance de la gravité des traumatismes subis par les victimes peut en partie expliquer un manque de rigueur de la part des responsables[5]. Toutefois, sur un plan doctrinal et législatif, les abus commis sur des mineurs étaient bien condamnés par l'Église depuis l'antiquité[224] et ces principes n'étaient pas remis en cause dans le seconde moitié du XXe siècle[225]. Ainsi, lorsqu'en 1985 les Verts allemands, incluent dans leur programme, des propositions visant à abolir les articles de loi sur la majorité sexuelle[226], les représentants allemands de l'Église catholique sont parmi ceux qui s'opposent le plus farouchement à ces mesures[227]. De plus, le droit canon, propre a l'Église catholique, prévoyait bien, durant cette période, comme à d'autres époques, l'application de sanctions pour les membres du clergé coupables d'abus sexuels[224],[225].

Trop grande confiance dans le succès des thérapies[modifier | modifier le code]

D'après le John Jay report, près de 40 % des prêtres accusés d'abus sur des mineurs aux États-Unis entre 1950 et 2002 ont suivi une thérapie[4]. En 2004, les évêques américains ont admis que beaucoup parmi eux avaient cru trop vite au succès de celles-ci. Ils ont dit avoir pris conscience, récemment, à travers des avis d'experts, qu'on ne guérit que rarement de la pédophilie ou l'éphébophilie. Et qu'un suivi thérapeutique restait nécessaire pour éviter une rechute[227]. Le John Jay report confirme que la trop grande confiance que les évêques ont eu dans le travail des psychiatres est une des causes du nombre important d'abus. Il pointe aussi l'erreur de plusieurs responsables de centres de traitement thérapeutiques, qui ont fréquemment recommandé aux évêques le retour en paroisse des prêtres après leurs thérapies[3]. Plusieurs centres, d'après ce rapport, ont ainsi promis des résultats mirobolants afin d'augmenter leurs activités et leurs revenus[3]. Certains centres et thérapeutes manifestaient aussi une trop grande complaissance vis-à-vis de la pédophilie[228].

D'après Thomas G. Plante, auteur d'ouvrages sur les abus commis par des prêtres dans l'Église catholique, la majorité des recherches sur les abus sexuels commis sur des mineurs, n'ont vu le jour qu'à partir du début des années 1980. Jusqu'alors, il paraissait raisonnable de faire suivre une thérapie aux prêtres et de les renvoyer ensuite à leurs ministères[198].

Structures éducatives trop répressives[modifier | modifier le code]

Les institutions fermées, avec un système éducatif autoritaire, peuvent créer un climat propice aux abus commis impunément. L'Église, en prenant en charge une part importante de l'enseignement dans de nombreux pays, a tenu, au XXe siècle, de nombreux établissements de ce type[186]. Des abuseurs sont plus facilement passés à l'acte, de façon répétée, dans ces systèmes clos.

En Allemagne et en Irlande, les abus se sont surtout produits dans les années 1960 à 1980, dans « des instituts religieux fermés, exclusivement masculins, silencieux sur les questions de sexualité et marqués par un climat de répression »[5]. En Irlande, il s'agissait souvent d'internats, de maisons de correction, d'orphelinats, où le personnel usait, souvent impunément, de moyens de correction violents et excessifs. C'est dans ce cadre coercitif que des abus sexuels ont été commis[209]. En Autriche, ce se sont essentiellement des institutions catholiques des années 1960-70 qui sont mises en cause, une association de défense des victimes soulignant également des méthodes éducatives violentes[155]. Au Canada, les amérindiens ont subi des actes de violence et des abus sexuels dans des pensionnats catholiques[35]. Aux Pays-Bas, la majorité des plaintes proviennent de personnes étant passées dans leur jeunesse par des internats catholiques[150]. Le fonctionnement des internats des années 1950-60 est aussi remis en cause par le Rapport Adriaenssens en Belgique. Le nombre plus élevé d'abus dans le nord du pays s'expliquant par le plus grand nombre d'internats qui y était tenus par des congrégations religieuses[193],[137].

Ce facteur peut, par exemple, expliquer qu'en France il y ait eu moins d'abus, le clergé étant moins impliqué dans ce type d'institutions éducatives[49].

Pardon sans responsabilisation[modifier | modifier le code]

Le pardon reçu lors du sacrement de réconciliation, ou confession, implique que la personne qui a commis une faute en assume la responsabilité et cherche à la réparer[229]. D'après plusieurs observateurs, la culture du pardon, propre à l'Église, a toutefois donné lieu à des dérives dans le cas des abus sexuels. Pour l'historien Philippe Levillain, « l'Église a longtemps pensé que la confession valait absolution et que la rémission des péchés devait suffire à faire cesser les pratiques délictueuses »[230]. Une juriste qui a travaillé sur ces questions avec l’épiscopat français estime que « le clergé a considéré la pédophilie comme une faiblesse passagère, au même titre qu’une liaison avec une femme ou un homme, alors que l’on est là face à un acte criminel »[231]. De même, Stephane Joulain estime que « la théologie du pardon a parfois joué un rôle dans l'étouffement des affaires de pédophilie, longtemps jugées par le clergé comme un péché ou un égarement passager. La théologie catholique est marquée par la conversion, la résipiscence du délinquant. Des prêtres ont pu dire à des victimes à propos de l'abuseur : « Dieu lui a pardonné, vous finirez bien par lui pardonner aussi ». »[49].

En réponse à ces dérives, le livret Lutter contre la pédophilie, repères pour les éducateurs, publié en 2002 par les évêques de France, aborde la question du secret professionnel dans l'Église : « Il ne doit pas fonctionner comme un lieu de non-droit ou une échappatoire devant les responsabilités juridiques et morales de chacun. »[39],[43].

Question du célibat[modifier | modifier le code]

Certains, comme le théologien Hans Küng, ou le cardinal Christoph Schönborn ont envisagé que le célibat sacerdotal pouvait être un facteur favorisant la pédophilie ou les abus sexuels sur mineurs[218],[232]. D'après Stephane Joulain, prêtre, thérapeute familial et psychanalyste, il n'existe pas de lien de causalité entre le célibat consacré et la pédophilie : « Travaillant ces questions depuis déjà plus de quinze ans, je n'ai jamais rencontré dans la littérature scientifique (la sérieuse) de quoi alimenter la thèse d'Hans Küng »[196]. Selon Stephane Joulain, 96 % des affaires d'abus sexuels et de maltraitance sur mineurs ayant lieu dans le cercle familial de l'enfant, le célibat peut difficilement être considéré comme une cause en soi de la pédophilie[196]. En revanche, en tant que statut social permettant d'avoir une identité sociale non liée au mariage, le célibat consacré a pu attirer des pédophiles vers la prêtrise[196].

Philip Jenkins et Thomas Plante, chercheurs américains, spécialisés dans les abus sexuels commis par des prêtres et religieux, relèvent que des affaires importantes d'abus sexuels sur mineurs ont aussi été le fait de pasteurs protestants et de responsables d'autres religions, qui, dans la plupart des cas, peuvent se marier[190],[198],[Note 7].

Responsabilité du Saint-Siège[modifier | modifier le code]

Sanctions ecclésiales prévues[modifier | modifier le code]

Les abus sexuels commis par des clercs sur des mineurs ont été régulièrement condamnés dans les textes législatifs de l'Église. La plus ancienne mention dont on ait connaissance date du concile d'Elvire, en l'an 306[224]. Dans le langage juridique propre au droit canonique, le terme Sollicitatio fait référence aux abus sexuels commis par des prêtres. Le crime de sollicitation désigne le péché du prêtre, qui lors du Sacrement de pénitence (c'est-à-dire la confession), ou sous prétexte de celui-ci, fait des avances sexuelles à un fidèle. Des sanctions sévères ont été décrétées par de nombreux papes pour de tels délits[233]. Ainsi, en 1741, Benoît XIV condamne cet abus dans le document Sacramentum pœnitentiæ[233],[225]. Le 20 février 1866, une instruction du pape Pie IX complète ce document, tout en imposant l'obligation du secret dans la conduite des procédures[225]. En outre, le Code de droit canon de 1917 condamne explicitement les crimes de sollicitation (canon 2368,1) ainsi que tout abus sexuel sur des mineurs (canon 2359,2)[225],[234].

En 1962, le Saint-Office envoie secrètement à tous les évêques la lettre Crimen sollicitationis, qui reprend l'essentiel d'un document similaire déjà adressé confidentiellement en 1922 aux évêques[225],[217]. Crimen sollicitationis donne les dispositions à prendre dans le cas où des prêtres seraient accusés de fautes graves, et notamment d'avoir utilisé le sacrement de pénitence pour faire des avances sexuelles à des pénitents. D'après ce document, tout catholique doit obligatoirement dénoncer aux autorités ecclésiales une telle faute commise par un prêtre. Le prêtre peut alors être jugé par un tribunal ecclésiastique. En cas de faits avérés, il peut être suspendu de la célébration des sacrements ou même être soumis à la dégradation (démis de ses fonctions et réduit à l'état laïc)[235]. Tous les cas de pédophilie commis par des prêtres, que ce soit dans le cadre du crime de sollicitation ou dans n'importe quel autre cas, sont aussi condamnés[225].

Cette lettre n'envisage pas le recours à une juridiction civile. Elle ne l'exclut pas non plus[225]. Une polémique est née du caractère confidentiel de ces procès ecclésiaux. Certains y ont vu une volonté de cacher le scandale au public[236]. D'autres ont relevé que les victimes restaient libres de porter aussi le jugement devant les autorités civiles si elles le désiraient[217] ,[237],[225]. William Woestman, ancien professeur de droit canon à la Saint Paul University d'Ottawa, et membre du tribunal ecclésiastique de l'archidiocèse de Chicago, a estimé que le strict secret que le document de 1962 imposait pour assurer la conduite de l'instruction a probablement pu être interprété par des responsables ecclésiaux comme les empêchant de notifier aux autorités civiles les accusations d'abus commis par des prêtres[237]. Pour le père Thomas Doyle, canoniste et défenseur de victimes d'abus commis par des clercs, ce document n'a pas été rédigé en vue d'organiser la couverture des cas d'abus sexuels. En revanche, il participe d'une politique plus ancienne de confidentialité sur ces affaires qui s'avèrera de plus en plus préjudiciable pour certaines victimes souhaitant que leurs souffrances soient officiellement reconnues[225].

Le code de droit canonique de 1983 rappelle, au no 1387, les sanctions prévues en cas d'abus commis par un prêtre. Selon la gravité du délit, les sanctions ecclésiales suivantes sont appliquées : suspense, interdictions, privations, et dans les cas les plus graves, renvoi de l'état clérical[238]. Crimen Sollicitationis reste une référence, dans les procédures ecclésiales, jusqu'en 2001, où ce document sera explicitement remplacé par le Motu Proprio Sacramentorum sanctitatis tutela de Jean-Paul II et la lettre De delictis gravioribus (Les délits les plus graves), envoyée par le cardinal Joseph Ratzinger aux évêques[225].

Prise en compte tardive de la situation[modifier | modifier le code]

Plusieurs observateurs ont relevé que le Saint-Siège avait tardé à réaliser l’ampleur du problème des abus sexuels commis par des prêtres[214],[239],[240]. Pour Bernard Lecomte, Jean-Paul II, sans être indifférent, a pu être négligent sur ce problème[239]. De façon générale, l'habitude de traiter ces affaires dans la discrétion, une certaine culture du silence qui prévalait sur ces sujets, n'ont pas favorisé la reconnaissance publique des souffrances subies par les victimes[214].

Le fait que les dossiers étaient traités, jusqu'en 2001, dans les diocèses, a pu empêcher une prise en compte globale de ce phénomène. Toutefois, des évêques ont aussi envoyé des dossiers à Rome concernant des prêtres ayant commis des abus. Ceux-ci, étudiés par la Congrégation pour la doctrine de la foi, n'ont pas toujours été traitées avec un conscience suffisante de la gravité des faits. Ainsi, la demande, adressée en 1981 à Rome, de perte de l'état clérical du prêtre Stephen Kiesle, coupable de plusieurs abus, n'a été suivie d'effet qu'en 1987[241], le diocèse étant toutefois compétent pour sanctionner et suspendre ce prêtre[Note 8] et l'affaire ayant déjà été portée devant une juridiction civile[242]. L'étude indépendante du John Jay report estime que la curie romaine n'a pas assez soutenu les évêques américains dans leur volonté, à partir des années 1990, de mettre en place des procédures plus rapides pour décréter la perte de l'état clérical de prêtres accusés d'abus sur des mineurs[3]. D'après le même rapport, à partir des années 2000, la curie a accordé plus d'attention et de moyens à la lutte contre les abus sexuels commis par des prêtres[3].

Le Saint-Siège a eu aussi à traiter des affaires qui étaient directement de sa compétence, mais ne l'a pas toujours fait avec rigueur. Ainsi, les plaintes déposées en 1998 contre le père Maciel, fondateur des légionnaires du Christ, n'ont peut-être pas été traitées avec suffisamment de moyens et de rapidité[239],[164],[166],[240], une partie de la curie romaine ayant probablement voulu épargner un scandale public à cette congrégation florissante. Les relations privilégiées de la congrégation avec certains membres influents de la curie lui ont longtemps permis d'éviter une enquête approfondie[16],[167]. D'après le cardinal Christoph Schönborn, une partie de la curie a également refusé, au début des années 1990, la proposition du cardinal Ratzinger de créer une commission d'enquête sur le cardinal Hans Hermann Groër, pourtant soupçonné d'abus sexuels sur des séminaristes[16],[14],[15]. Le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d'état du Saint-Siège, semble avoir choisi de minimiser la portée de ces affaires[17],[156]. En 2001, le cardinal Darío Castrillón Hoyos, préfet de la congrégation pour le clergé trouvait anormal qu'un évêque dénonce aux autorités civiles un prêtre coupable d'abus, d'autres moyens d'actions devant être privilégiés[215],[216],[243]. Par ailleurs, des médias ont noté qu'un prêtre, le père canadien Bernard Prince, ayant abusé de mineurs entre 1964 et 1984, avait plus tard travaillé de nombreuses années dans l'administration vaticane, ses responsables étant informés de ses agissements passés[244].

Pour plusieurs vaticanistes, un tournant est cependant pris en 2001, avec le Motu Proprio Sacramentorum sanctitatis tutela de Jean-Paul II et la lettre De delictis gravioribus (Les délits les plus graves), envoyée par le cardinal Ratzinger, imposant aux évêques de faire remonter les dossiers d'abus sexuels à Rome[230],[81],[243]. Une plus grande transparence est alors préconisée, la lutte contre les abus sexuels commis par des membres du clergé devenant ensuite une des priorités du pontificat de Benoît XVI[230],[37] : le pape a ainsi mis fin à la culture du silence, reconnu la responsabilité des évêques, renforcé l'arsenal législatif interne et déposé le père Maciel. Il est également le premier souverain pontife à avoir rencontré des victimes lors de ses voyages. Entre 2004 et 2013, 90 évêques ont été destitués pour avoir couvert ces crimes, 848 prêtres ont été et destitués et 2572 punis. En juillet 2014, le pape François demande officiellement « pardon » pour « le pêché d'omission » commis par « une partie des chefs de l'Église » : c'est la première fois qu'un pape met ainsi en cause la haute hiérarchie de l'Église sur le sujet[245].

Mesures prises par l'Église catholique à partir des années 2000[modifier | modifier le code]

Dans les diocèses[modifier | modifier le code]

L'Église a, à plusieurs reprises, condamné les abus sexuels sur les mineurs[5]. Mais quand un prêtre se rendait coupable de tels agissements, ou en était soupçonné, les responsables de l'institution préféraient souvent chercher des solutions en interne, sans en référer systématiquement aux autorités civiles, ou sans suffisamment tenir compte du droit des victimes. C'est ce qu'ont mis à jour les différentes enquêtes réalisées en Irlande (Rapport Murphy et Rapport Ryan) et aux États-Unis (John Jay report)[18],[5]. C'est aussi ce qu'ont reconnu plusieurs évêques irlandais, américains et allemands[5],[37]. L'archevêque de Munich, Mgr Reinhard Marx a ainsi déclaré : « Il y avait sûrement des tendances, dans le passé, à ne pas entacher l'image de l'institution »[5].

À la suite de ces scandales, plusieurs conférences épiscopales ont revu, au cours des années 2000, leur façon de procéder[37]. En Australie, aux États-Unis, en Irlande, en Allemagne par exemple, l'Église a demandé pardon aux victimes et s'est engagée à mieux former ses prêtres[37]. Une plus grande transparence est également de mise[37]. Dans l'Église américaine, une seule plainte suffit désormais à suspendre un prêtre[37]. En Irlande, une collaboration totale avec la justice a été instaurée[37]. En France, depuis l'an 2000, le recours systématique à la justice pénale est préconisé[5],[246]. Dans plusieurs pays, des enquêtes sont menées, à titre préventif, auprès des personnes employées par l'Église qui sont appelées à travailler auprès des enfants[37].

De plus, depuis 2001, dès qu'un évêque a vérifié la crédibilité des faits reprochés à un prêtre ou un religieux de son diocèse, il doit obligatoirement en référer à la Congrégation pour la doctrine de la Foi à Rome. Celle-ci peut alors se saisir de l'enquête ecclésiastique, ou ordonner à l'évêque de la poursuivre jusqu'à son terme[5].

Des observateurs ont aussi remarqué des cas d'accusations calomnieuses. Dès les années 1990, aux États-Unis, des problèmes de dénonciations mensongères contre des prêtres, en vue d'obtenir des indemnités, ont été signalés. La tolérance zéro, prônée par exemple par l'Église américaine, doit donc aussi s'accorder avec le respect de la présomption d'innocence[209].

Colloque scientifique sur la pédophilie[modifier | modifier le code]

En 2003, un colloque scientifique sur les abus sexuels commis par des prêtres est organisé à Rome[227]. En février 2004 les actes de ce colloque sont publiés (document intitulé Sexual Abuse in the Catholic Church: Scientific and Legal Perspectives)[247]. Les scientifiques et psychiatres invités rappellent la gravité des traumatismes subis par les victimes : dépression, développement sexuel anormal, tentatives de suicides. Ils mettent aussi en garde contre une politique trop stricte de tolérance zéro, craignant que les prêtres renvoyés de leur ministère ne soient abandonnés à eux-mêmes dans la société, sans suivi thérapeutique et avec un risque accru de récidive[227]. Tout en saluant les efforts entrepris pour repérer, dès la formation à la prêtrise, les personnes pouvant avoir un comportement déviant, ils notent que cette stratégie ne peut-être fiable à 100 %, car il est impossible à un scientifique d'affirmer qu'une personne n'abusera jamais d'un enfant[227].

Compétences accrues de la Congrégation pour la doctrine de la foi[modifier | modifier le code]

Motu Proprio Sacramentorum sanctitatis tutela[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2001, les évêques pouvaient traiter les affaires d'abus sur mineurs commis dans l'Église sans en référer à la Curie romaine[81],[5]. Par le Motu Proprio Sacramentorum sanctitatis tutela[248], Jean-Paul II décrète que les délits les plus graves commis contre les mœurs, doivent obligatoirement être signalés par les évêques, après enquête préliminaire, à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Celle-ci peut alors traiter elle-même le dossier ou ordonner à l'évêque de poursuivre la procédure à travers son propre tribunal[5],[249]. D'après Mgr Scicluna, promoteur de la justice de la Congrégation pour la doctrine de la foi, c'est seulement à partir de 2001, avec ce Motu Proprio, que le « crime pédophile » est redevenu de la compétence exclusive de la Congrégation[217].

Le 18 mai 2001, la lettre De delictis gravioribus (Les délits les plus graves), envoyée par le cardinal Ratzinger aux évêques, précise la nature des délits dont l'examen est réservé à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il s'agit notamment des délits commis par des clercs contre des mineurs de dix-huit ans[250]. Cette lettre, qui oblige les évêques à faire remonter les dossiers à Rome, rompt avec une tradition du secret sur ces questions[230],[243]. D'après le père Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, elle « a été un signal déterminant pour attirer l'attention de l'épiscopat sur la gravité du problème (…). »[86]. Pour le vaticaniste Marco Politi, « ce fut (…) le signe d'un début de changement d'attitude du Vatican sur ces affaires car, auparavant, tout était géré dans les diocèses »[81]. Plusieurs évêques témoignent de l'importance de cette mesure et de l'exigence de la Congrégation pour la doctrine de la foi dans le traitement, désormais centralisé, des dossiers[38].

Activité de la Congrégation entre 2001 et 2010[modifier | modifier le code]

De 2001 à 2010, d'après Mgr Scicluna, la Congrégation pour la doctrine de la foi a traité 3 000 cas d'accusations concernant des prêtres diocésains ou des religieux, pour des crimes commis ces 50 dernières années. Dans 60 % des cas, des mesures disciplinaires ont été prises sans qu'un procès ait lieu. Dans 20 % des cas, un procès a eu lieu dans le diocèse concerné. Enfin, environ 10 % des prêtres ont demandé à être eux-mêmes relevés de leurs devoirs sacerdotaux. Et à peu près 10 %, les cas les plus graves, ont été réduit à l'état laïque par le pape. En 2010, le nombre de cas signalés à la Congrégation pour la doctrine de la foi, était de 250. Le total de prêtres ordonnés dans le monde est de 400 000[217].

Concernant les recours à la justice civile, les situations varient selon les pays. Dans certains d'entre eux, les évêques sont obligés légalement d'avoir recours à l'autorité judiciaire. Dans d'autres pays, les lois civiles ne leur imposent pas à le faire. Dans ce dernier cas, d'après Mgr Scicluna, la Congrégation pour la doctrine de la foi ne force pas les évêques à dénoncer les prêtres aux autorités civiles, mais elle les encourage à inviter les victimes à porter plainte. Elle demande aussi aux évêques de fournir à ces victimes toute l'assistance nécessaire[217].

Nouvelles mesures en 2010[modifier | modifier le code]

Le 12 avril 2010, le Saint-Siège publie sur son site internet[251] les lignes directrices de la lutte contre la pédophilie au sein de l'Église catholique. Celles-ci incluent la dénonciation systématique des abus à la justice civile et la possibilité, pour le pape, de décréter plus rapidement la perte de l'état clérical pour les prêtres coupables d'actes pédophiles[252]. Ces mesures sont renforcées le 15 juillet 2010 par le Saint-Siège, dans un document intitulé Normes sur les délits les plus graves[253], qui complète la lettre apostolique en forme de motu proprio Sacramentorum sanctitatis tutelala et la lettre De delictis gravioribus, publiées en 2001[249]. Ces nouvelles règles comprennent des procédures accélérées pour les cas les plus urgents, la désignation de laïcs dans les tribunaux ecclésiastiques, des sanctions contre la pédopornographie. De plus la prescription pour les délits d'abus sexuels passe de 10 ans à 20 ans, avec toujours la possibilité de dérogation au-delà de cette limite[254],[255].

Déclarations et interventions des papes[modifier | modifier le code]

En avril 2002, au début du scandale des abus sur mineurs perpétrés par des prêtres aux États-Unis, le pape Jean-Paul II a convoqué les cardinaux américains au Vatican. À cette occasion, il a déclaré : « les gens ont besoin de savoir qu’il n’y a pas de place dans la prêtrise ni dans la vie religieuse pour ceux qui font ou feraient du mal aux jeunes gens ». Il ajoute être « profondément peiné » et tient à exprimer sa « solidarité aux victimes des violences sexuelles et à leurs familles où qu’elles soient »[19].

D'après Henri Tincq, le pape Benoît XVI a, à plusieurs reprises, manifesté son intransigeance concernant les affaires d'abus sexuels[37]. Avant son élection, il dénonce les « souillures dans l'Église » et particulièrement parmi les prêtres[256],[37]. Dès le début de son pontificat, il a des mots souvent justes à l'égard des victimes[37]. À bord de l'avion qui le conduit à Washington, le 15 avril 2008, le pape se dit particulièrement honteux de tous les cas relevés dans l'Église, ajoutant « qu'un pédophile ne peut pas être prêtre »[37]. Au cours de ce voyage aux États-Unis, il rencontre des victimes de prêtres, geste qu'il renouvellera en Australie, en juillet 2008[37], au Vatican, en avril 2009, où il reçoit des Amérindiens venus du Canada[35], à Malte, en avril 2010[243] et en Grande-Bretagne en septembre 2010[257]. Pour le journaliste vaticaniste Giancarlo Zizola, Benoît XVI « a prôné la tolérance zéro, engagé les évêques à dénoncer les prêtres fautifs et permis une assistance matérielle aux victimes »[230].

Le pape est aussi amené à réduire à l'état laïc (« perte de l'état clérical ») les prêtres s'étant rendus coupables d'abus grave. Ainsi, 10 % des 3 000 dossiers traités depuis 2001 par la Congrégation pour la doctrine de la Foi ont abouti à cette issue[217].

Benoit XVI remet également en cause collectivement les épiscopats des pays concernés par les scandales[37]. En février 2010, il convoque, de manière exceptionnelle, l'ensemble des évêques catholiques irlandais, ceux-ci étant accusés par les rapports Murphy et Ryan[37]. Le mars 2010, le pape rend publique la Lettre pastorale aux catholiques irlandais[80], où il aborde ces questions douloureuses[220],[256],[81]. Le pape redit sa compassion pour les victimes, qu'il envisage de rencontrer. Il comprend qu'il leur soit difficile de pardonner ou de se réconcilier avec l'Église[213]. Il reconnaît la responsabilité des évêques et condamne vivement les prêtres coupables[220],[213]. Benoît XVI identifie plusieurs facteurs à cette crise : des procédures inadéquates pour évaluer les candidats au sacerdoce et à la vie religieuse, des manquements dans la formation des séminaristes, une tendance à favoriser, dans la société, le clergé et d'autres figures d'autorité, une « préoccupation déplacée » pour la réputation de l'Église, la non-application des peines canoniques en vigueur[213], [Note 9]. Il demande aux évêques « d'appliquer les normes du droit canonique en affrontant les cas d'abus sur les enfants » et de « continuer à coopérer avec les autorités civiles »[213]. Il encourage les prêtres et les religieux innocents qui sont parfois perçus comme « coupables par associations » en raison de la faute de leurs confrères[213].

En mai 2010, malgré certains courants de l'Église mettant en cause le rôle des médias[258], et en réponse à une question à propos des révélations récentes sur les abus sexuels commis par des prêtres et religieux, Benoît XVI déclare « que la plus grande persécution de l'Église ne vient pas d'ennemis extérieurs mais naît du péché de l'Église. » Pour le pape, l'Église a donc un profond besoin de ré-apprendre la pénitence et d'accepter la purification. Il rappelle l'importance du pardon dans l'Église, tout en insistant sur la nécessité de la justice, soulignant que « le pardon ne remplace pas la justice »[259],[Note 10].

Le 11 juin 2010, à la fin de l'Année du sacerdoce, le pape revient sur la révélation des abus sexuels commis par des prêtres sur des enfants : « Et il est ainsi arrivé que, proprement au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière les péchés des prêtres - en particulier l'abus à l'égard des petits, où le sacerdoce chargé de témoigner de la prévenance de Dieu à l'égard de l'homme se trouve retourné en son contraire ». Le pape demande alors pardon à Dieu et aux personnes impliquées, promettant de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir[260].

À la fin de l'année 2010, dans son discours à la Curie romaine, Benoît XVI revient longuement sur les abus contre les mineurs commis par des prêtres : « sous le manteau du sacré ils blessent profondément la personne humaine dans son enfance et lui cause un dommage pour toute la vie. ». Il évoque le visage de l'Église « qui est couvert de poussière », et dont « le vêtement est déchiré - par la faute des prêtres ». Il parle d'une humiliation qui est un appel au renouvellement de l'Église dans la vérité, à la réparation des fautes et à la prévention contre ces abus. « Nous sommes conscients de la gravité particulière de ce péché commis par des prêtres et de notre responsabilité correspondante. »[Note 11].

Cinéma et littérature[modifier | modifier le code]

Romans et Théâtre[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Délivrez-nous du mal, documentaire de 2006 sur l'affaire Oliver O'Grady, prêtre auteur de viols sur des dizaines d'enfants des années 1970 aux années 1990, aux États-Unis

Cinéma[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Philip Jenkins, Pedophiles and Priests: Anatomy of a Contemporary Crisis, éd. Oxford University Press, New York, 1996 et 2001, 214 pages
  • Conférence des évêques de France : Lutter contre la pédophilie : repères pour les éducateurs, 2003, 52 p. Document en ligne
  • (en) William H. Woestman, Ecclesiastical Sanctions and the Penal Process, a commentary on the Code of Canon Law, éd. Faculty of Canon Law, Saint Paul University (Ottawa), 2003, 377 pages
  • Garry Wills et Paul Rozenberg, L'église catholique et la pédophilie, éd. Les Empêcheurs de penser en rond, 2003, 112 pages
  • (en) Philip Jenkins, The New Anti-Catholicism: The Last Acceptable Prejudice, éd. Oxford University Press, New York, 2003, 258 pages
  • Maryvonne Ollivry et Fabrice Guillermet, Esprit de corps : l'Église face à la pédophilie, éd. J.C. Lattès, 2004, 250 pages
  • (en) Karen Terry et al., The Nature and Scope of the Problem of Sexual Abuse of Minors by Priests and Deacons, (John Jay Report), by the John Jay College of Criminal Justice, Washington DC: USCCB, 2004
  • (en) Académie pontificale pour la vie, Sexual abuse in the Catholic Church: scientific and legal perspectives (Actes du colloque Abuse of Children and Young People by Catholic Priests and Religious organisé à Rome en 2003), éd. Librairie vaticane, 2004, p. 224
  • (en) Charol Shakeshaft, U.S. Department of Education, Office of the Under Secretary, Educator Sexual Misconduct: A Synthesis of Existing Literature, Washington, D.C., 2004 Rapport consultable en ligne.
  • (en) Thomas G. Plante, Sin against the Innocents: Sexual Abuse by Priests and the Role of the Catholic Church, Greenwood, 2004
  • Gérard Leclerc : L’Église face à la pédophilie, éd. L'œuvre, 2010, 128 p., (ISBN 978-2-35631-070-5)
  • Massimo Introvigne, Preti pedofili. La vergogna, il dolore et la verita sull'attaco a Benedetto XVI, Edizioni San Paolo.
  • Anne Bamberg, L’évêque face à la sainteté des sacrements. Loi et procédure concernant les délits les plus graves, in Revue de droit canonique, 57/2, [2010], p. 409-433.
  • Karine Lalieux, Abus sexuels dans l’Église. Paroles libérées, Bruxelles, Belgique, Luc Pire, 2012

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Among the insights in this document are clear statements that while help can be provided for abusive priests, there is “no hope” for a cure for some of them, that a bishop “should suspend immediately” a priest accused of sexual abuse when “the allegation has any possible merit or truth, ” and that “In this sophisticated society a media policy of silence implies either necessary secrecy or cover-up.” It said, “clichés such as ‘no comment’ must be cast away.” » Thomas C. Fox, What they knew in 1985, NCR Online, 17 mai 2002 Article en ligne
  2. (en) « My research of cases over the past 20 years indicates no evidence whatever that Catholic or other celibate clergy are any more likely to be involved in misconduct or abuse than clergy of any other denomination -- or indeed, than nonclergy. » (Philip Jenkins, Zénit, 3 mars 2002)
  3. « Most of the abuse never gets reported. Those cases reported often end with no action. Cases investigated sometimes can't be proven, and many abusers have several victims. And no one _ not the schools, not the courts, not the state or federal governments _ has found a surefire way to keep molesting teachers out of classrooms » (Martha Irvine and Robert Tanner, AP: Sexual Misconduct Plagues US Schools, Washington Post, 21 octobre 2007)
  4. « Cardinal Roger Mahony of the Los Angeles archdiocese, reacting in February to a federal investigation into his handling of the crisis, said: « We have said repeatedly that… our understanding of this problem and the way it's dealt with today evolved, and that in those years ago, decades ago, people didn't realize how serious this was, and so, rather than pulling people out of ministry directly and fully, they were moved ». (in Tom Roberts, Bishops were warned of abusive priests, National Catholic Reporter, 30 mars 2009)
  5. « À partir de 1984, l'intérêt pour les sévices sexuels sur mineurs s'est développé en France, à la suite du Congrès international de Montréal sur l'enfance maltraitée. Jusque là, les travaux partaient du principe que les agresseurs étaient des pervers et les victimes provocantes, les fausses allégations étant considérées comme très nombreuses. En 1987, une cellule interministérielle est mise en place pour superviser le lancement de la première campagne nationale de prévention des abus sexuels » Caroline More, Les violences sexuelles sur mineurs : la justice peut-elle contribuer à la reconstruction des victimes, éd. L'Harmattan, 2006, p. 43-44
  6. « Il n’est pas facile d’admettre que des adultes- souvent ceux-là mêmes qui ont la responsabilité d’un enfant- se livrent sur celui-ci à des actes de violence, physique ou mentale, au point de compromettre son développement, sa santé et parfois sa vie : cela semble tellement contraire aux lois élémentaires de protection de l’espèce ! Il est encore moins aisé, pour un pays ou une société, de reconnaître que de tels faits ont lieu en son sein : d’où, sans doute, " la loi du silence " qui a si longtemps entouré, et entoure encore parfois, ce problème de l’enfance maltraitée. » Pr. Manciaux et Straus, Les enfants maltraités, Encyclopédie Médico-Chirurgicale, (Paris, France), Pédiatrie, 4126 A10,2 - 1986
  7. « Literally every denomination and faith tradition has its share of abuse cases, and some of the worst involve non-Catholics. Every mainline Protestant denomination has had scandals aplenty, as have Pentecostals, Mormons, Jehovah´s Witnesses, Jews, Buddhists, Hare Krishnas -- and the list goes on. One Canadian Anglican (Episcopal) diocese is currently on the verge of bankruptcy as a result of massive lawsuits caused by decades of systematic abuse, yet the Anglican church does not demand celibacy of its clergy. » (Philip Jenkins, Zénit, 3 mars 2002)
  8. D'après Massimo Introvigne, la procédure entamée à Rome en 1981 examinait une demande de dispense des fonctions sacerdotales, demandée par le prêtre lui-même, en vue d'un éventuel mariage. Elle n'empêchait pas le diocèse de conduire une enquête canonique sur les abus, pouvant aussi aboutir à la perte de l'état clérical Explication des procédures de droit canonique par Massimo Introvigne
  9. « Ce n'est qu'en examinant avec attention les nombreux éléments qui ont donné naissance à la crise actuelle qu'il est possible d'entreprendre un diagnostic clair de ses causes et de trouver des remèdes efficaces. Il est certain que parmi les facteurs qui y ont contribué, nous pouvons citer : des procédures inadéquates pour déterminer l'aptitude des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse; une formation humaine, morale, intellectuelle et spirituelle insuffisante dans les séminaires et les noviciats; une tendance dans la société à favoriser le clergé et d'autres figures d'autorité, ainsi qu'une préoccupation déplacée pour la réputation de l'Église et pour éviter les scandales, qui a eu pour résultat de ne pas appliquer les peines canoniques en vigueur et de ne pas protéger la dignité de chaque personne. » (Benoît XVI, Lettre aux catholiques d'Irlande, 20 mars 2010)
  10. « (…) les attaques contre le Pape et contre l'Église ne viennent pas seulement de l'extérieur, mais les souffrances de l'Église viennent proprement de l'intérieur de l'Église, du péché qui existe dans l'Église. Ceci s'est toujours su, mais aujourd'hui nous le voyons de façon réellement terrifiante : que la plus grande persécution de l'Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, mais naît du péché de l'Église et que donc l'Église a un besoin profond de ré-apprendre la pénitence, d'accepter la purification, d'apprendre d'une part le pardon, mais aussi la nécessité de la justice. Le pardon ne remplace pas la justice. En un mot, nous devons ré-apprendre cet essentiel : la conversion, la prière, la pénitence et les vertus théologales. » Benoît XVI, 11 mai 2010, Ag. Zénit ZF10051211 - 12-05-2010
  11. (…) Nous devons accueillir cette humiliation comme une exhortation à la vérité et un appel au renouvellement. Seule la vérité sauve. Nous devons nous interroger sur ce que nous pouvons faire pour réparer le plus possible l'injustice qui a eu lieu. Nous devons nous demander ce qui était erroné dans notre annonce, dans notre façon tout entière de configurer l'être chrétien, pour qu'une telle chose ait pu arriver. Nous devons trouver une nouvelle détermination dans la foi et dans le bien. Nous devons être capables de pénitence. Nous devons nous efforcer de tenter tout ce qui est possible, dans la préparation au sacerdoce, pour qu'une telle chose ne puisse plus arriver. C'est aussi le lieu pour remercier de tout cœur tous ceux qui s'engagent pour aider les victimes et pour leur redonner la confiance dans l'Église, la capacité de croire à son message. (…) C'est l'occasion pour remercier aussi les si nombreux bons prêtres qui transmettent dans l'humilité et la fidélité, la bonté du Seigneur et qui, au milieu des dévastations, sont témoins de la beauté non perdue du sacerdoce. Nous sommes conscients de la gravité particulière de ce péché commis par des prêtres et de notre responsabilité correspondante. Mais nous ne pouvons pas taire non plus le contexte de notre temps dans lequel il est donné de voir ces événements. (…) (Discours 2010 de Benoît XVI à la Curie romaine, Ag. Zénit, 20/12/2010

Références[modifier | modifier le code]

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  2. Evans, Richard J. « The Third Reich in Power » ISBN 978-0-7139-9649-4 page 244-245
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Jerry Filteau, « Report says clergy sexual abuse brought 'smoke of Satan' into church », sur catholicnews.com, Catholic News Service,‎ 27/02/2004 (consulté le 15 mars 2010)
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i Thomas J. Reese, « Facts, Myths and Questions », sur Americamagazine.org, America, National catholic weekly,‎ 22 mars 2004 (consulté le 14 mars 2010)
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u et v Marianne GOMEZ, Céline HOYEAU et Frédéric MOUNIER, « Les scandales de pédophilie secouent l’Église catholique », sur Lacroix.com, La Croix,‎ 10/03/2010 (consulté le 15 mars 2010)
  6. a et b Georges Vigarello, Histoire du viol, Le Seuil, Coll. Points Histoire, 2004, p. 271-281
  7. Rapport de 1985, par Thomas Doyle, disponible en PDF
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  10. a, b et c Thomas Doyle, « Reflections from the eye of the hurricane », sur nationalcatholicreporter, National Catholic Reporter,‎ 11/06/2002 (consulté le 3 avril 2010)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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