Abu al-Hasan ben Uthman

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Abû al-Hasan `Alî (أبو الحسن علي بن عثمان : abū al-ḥasan `alīy ben `uθmān), né en 1299 (ou 1288) et mort en 1351, est un sultan mérinide qui succède à son père Abû Sa`îd `Uthmân en 1331.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon les sources, Abu al-Hasan est né en 1288 ou en 1299[1]. Sa mère étant d'origine abbyssine, Abu al-Hasan avait une couleur de peau très brune, ce qui lui valut le surnom de « sultan noir »[2],[1].

Il doit compter avec son frère, Abou Ali, rebelle qui tient le versant saharien de l'Atlas dans la vallée du Dra` avec comme capitale Sijilmâsa. Abou Ali s'étant notamment allié avec le sultan zianide Abû Tâshfîn, ennemi des Mérinides. Abu al-Hasan attaque alors Sijilmâsa en 1332 et capture son frère qu'il fait assassiner[3]. Abou Ali éliminé, Abu al-Hasan peut envisager la conquête de territoires plus à l'est. Après le siège de Tlemcen de 1335 à 1337, Abu al-Hasan prend aux Abdalwadides la ville de Tlemcen pendant 11 ans de 1337 à 1348.

Dans le but de chasser les chrétiens d'Espagne et d'unir les pays musulmans d'Afrique du Nord, il attaque et capture Algésiras et Gibraltar en 1333. À cet effet il signe une alliance économique et militaire avec le roi Jacques III de Majorque en 1339[4]. Il gagne le 5 avril 1340 une bataille navale dans le détroit de Gibraltar, mais subit une défaite six mois plus tard, le 30 octobre 1340, à la bataille du rio Salado. Le roi Alphonse XI de Castille prend Algésiras en 1344. Abu al-Hasan abandonne alors son projet de reconquête musulmane de l'Espagne.

Souhaitant faire renaître l'empire almohade, Abu al-Hasan veut dominer le Maghreb. Il s'attaque alors aux Hafsides qui règnent à Tunis. Bien que marié à la fille du sultan hafside Abû Yahyâ Abû Bakr, il prend Tunis le 15 septembre 1347, mais se heurte aux Arabes à Kairouan qui le battent le 10 avril 1348 l'union de son Maghreb n'aura duré que quelques mois.

Fuyant Tunis par la mer, Abu al-Hasan débarque à Alger après avoir tenté de rallier Béjaïa puis Dellys[5]. Il marche sur Tlemcen pour reconquérir la ville que son fils, Abu Inan Faris, régent de l'État mérinide, avait fuie pour se faire proclamer souverain en l'absence de son père. Mais il est vaincu dans la plaine de l'oued Chelif par les Abdalwadides qui restaurent le royaume zianide de Tlemcen. Abu al-Hasan se replie alors sur Sijilmâsa où est il confronté à une rébellion conduite par son fils Abu Inan Faris. Abandonné par ses troupes, il abdique et se replie jusqu'au sud du Maroc dans l'Atlas où il meurt d'une blessure infectée le 24 mai 1351.

Le règne d'Abu al-Hasan marque un certain apogée de la dynastie des Mérinides[1] mais aussi son impuissance à réussir l'union par les armes. La personnalité de ce monarque parfois trop impulsive confère l'attaque non conventionnelle du souverain de Tunis pourtant son beau-frère. Le précipita à l'isolement de la population locale et au désaveu de son propre clan. Ceci a fortement limité « son » unité du Maghreb et de l'Espagne qui n'aura finalement duré qu'une poignée de mois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord : Des Origines à 1939, Grande Bibliothèque Payot,‎ octobre 1994 (ISBN 2-228-88789-7), p. 540
  2. Mouloud Gaïd, Les berbères dans l'histoire : de la Kahina à l'occupation turque. Tome II., Editions Mimouni,‎ 2009 (ISBN 9961-68-053-7), p. 175
  3. Mouloud Gaïd, Ibid., page 176
  4. Traité passé par le vicomte de Narbonne au nom du roi de Majorque avec le sultan Abou al-Hassan à Tlemcen en 1339
  5. Mouloud Gaïd, Ibid., page 180

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]